Album : The Magnolia Electric Co. « 10th Anniversary Deluxe Edition »
Année : 2013
Label : Secretly Canadian
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Une sélection qui débute par les Extended Play ou Ep. Car ils ont été nombreux à rythmer mon année. Comme le premier des 1973, groupe français faisant de la pop ouvragée un véritable sacerdoce, qui est un petit bonheur sans fin et annonce un premier album pour le printemps prochain que l’on espère de haute tenue. A suivre l’enregistrement sur leur blog, on peut espérer sereinement (1973 ‘Ep’ Blonde Music +).
Sereins, ce n’est pas forcément le mot qui viendrait à l’esprit pour parler de l’énième petite merveille de ces tarés d’Animal Collective, ‘Fall Be Kind Ep’. Certains trouvent que l’on en fait trop sur eux ? Je préfère passer plutôt que m’entêter à expliquer pourquoi ce groupe est le plus important des années 2000, de par sa discographie album et sa discographie Ep. Et je préfère souligner qu’une fois de plus, ils font évoluer leur musique après un ‘Merriweather Post Pavilion’ détonnant, tendant vers une comédie musicale hallucinée plutôt que vers une pop-electroïsée et psychédélique (Animal Collective ‘Fall Be Kind Ep’ Domino +).
Broadcast, quant à eux, sont revenus sur le devant de la scène, via un album avec The Focus Group (Julian House), 'Investigate Witch Cults Of The Radio Age'. Un mini-album (selon leurs propres termes) de plus de 50 mns, qui tranche avec l'univers Broadcast. Peu de chants et au contraire beaucoup de collages expérimentaux. Un voyage assez initiatique, comme celui d'Alice au Pays des Merveilles: tout est surprenant et incongru ici. Et à chaque fois on a envie d'aller plus loin. Suite de leurs aventures durant le premier semestre 2010 (Broadcast and The Focus Group 'Investigate Witch Cults Of The Radio Age' Warp).
L’ami Clark, quant à lui, continue de suivre son chemin, plein d’électro. Non content d’avoir sorti un très beau ‘Totem Flares’, il avait eu la bonne idée de mettre dans nos oreilles quelques mois auparavant un ‘Growls Garden Ep’ de très haut niveau, annonçant la couleur, forcément organique et analogique (Clark ‘Growls Garden’ Warp +).
Les barcelonais de Delorean la joue moins sérieuse. Leur ‘Ayrton Senna Ep’, hormis le fait d’avoir le titre le plus classe de l’année, est un recueil d’electro-pop totalement dans l’air d’un temps qui aime et veut de la synth-pop (Kris en parle très bien chez lui ici: cherchez les papiers du 2 au 8 novembre). Un Ep qui ne paye pas de mine de prime abord mais qui vaut rapidement son pesant de rayons de soleil ! (Delorean ‘Ayrton Senna Ep’ BCore +).
Et puis il y a la révélation de l’année, LE groupe de 2010. Ne cherchez pas plus loin, c’est lui. Un quatuor de new-yorkais qui aime les clappings et qui lorgne tantôt (c’est à la mode) du côté 80s et d’un son très anglais – new-wave et cold-punk, il y a du Joy Division et plus généralement de Factory chez ces garçons là – et tantôt vers une sunshine pop plus américaine. Leur ‘Summertime! Ep’ est un grand mini-album. Confirmation de leur potentiel que l’on peut imaginer très grand dans les mois qui viennent (The Drums ‘Summertime! Ep’ Moshi Moshi +).
Dans une veine bien plus noisy-pop, mais allant chercher son inspiration aux mêmes endroits que The Drums, voilà Dum Dum Girls, groupe dont on ne sait pas grand chose (Dee Dee, la leader, est-elle vraiment tout seule ?) mais qui aime le lo-fi et les distorsions. Quand on sait que les Crocodiles ou Blank Dogs font partie de ses amis, on comprend mieux. Une jeune femme à suivre de près (Dum Dum Girls ‘Yours Alone Ep’ Captured Tracks).
Hauschka ne connaitra surement pas une consécration comme celle qui attend The Drums. Pourtant, le compositeur allemand, continue d’écrire de bien beaux morceaux, tout au piano, en y insérant ici et là des petites touches électro. Son ‘Snowflakes and Carwrecks Ep’ (40 mns quand même !) est une grande œuvre une fois de plus, auprès de laquelle peu de gens, malheureusement, se seront arrêtés (Hauschka ‘Snowflakes and Carwrecks Ep’ Fat Cat +).
Enfin, finissons cette catégorie EP par The Pains of Being Pure at Heart, qui non content d’avoir surfé tout en haut de la vague d’un shoegaze en plein retour avec un premier album très réussi (on y reviendra), sortent un ‘Higher Than The Stars Ep’ du même acabit, le côté plus «joyeux ». Sarah Records semble plus que jamais vivant! (The Pains of Being Pure at Heart 'Higher Than The Stars Ep' Slumberland +).





Au niveau des compilations, impossible de ne pas citer ‘Dark Was The Night’, un double album – pour la bonne cause – de 31 chansons (compositions originales ou reprises) et qui accueille pour l’occasion la fine fleur de l’indie-pop/rock/folk du moment, de Yeasayer à Iron & Wine, de Sufjan Stevens à The Books, de Blonde Redhead à The Decemberists. Un tout totalement hallucinant. Jamais entendu une compilation aussi éclectique et en même temps aussi réussie (A Red Hot Compilation ‘Dark Was The Night’ 4AD +).
Finissons ce petit round-up par quatre rééditions qui me tiennent à cœur. A tout seigneur tout honneur, commençons par celle de la discographie des Beatles. Un énorme travail pour un résultat au-delà des attentes mais pour un prix totalement indécent. On pourrait en écrire dix pages, alors le mieux à faire, c’est d’aller voir le papier le plus abouti et le plus complet écrit sur le sujet, chez Kill Me Sarah, forcément (The Beatles ‘Remastered’ Apple).
A leur niveau, The Miracles ont sorti une sacrée réédition avec un ‘Depend on Me : The Early Albums’. Pas de boxset à 100€ ici. Non, juste un double album rempli à ras bord (53 chansons) compilant les cinq premiers albums du groupe. Moi qui ne connaissais que vaguement le groupe (comprendre «deux chansons à tout péter») et embrigadé par un français presque allemand jamrékien à l’éclectisme assez fou, j’en ai eu pour mon argent (même pas 15€). Savoureux, délicieux, chaleureux. Rajoutez tous les en «-eux» que vous voulez, cela n’y changera rien : cette réédition est un bonheur sans fin (The Miracles ‘Depend on Me : The Early Albums’ Hip-O Select).
‘Memoryhouse’ de Max Richter est un bonheur dans son genre aussi. Car le premier album du compositeur écossais était introuvable depuis des années ! Fat Cat, maison hôte de Max Richter depuis son deuxième album, a récupéré les droits et après quelques reports a ENFIN réédité (sur son sous-label 130701) la splendeur. Cet album est un véritable bijou : symphonique mais sans en faire trop, légèrement électronique, ‘Memoryhouse’ est la première pierre philosophale d’une carrière presque sans accroc (Max Richter ‘Memoryhouse’ 130701).
L'immense Dominique A a donné corps, en 2007, à un album live assez miraculeux, suite à la sortie de 'L'Horizon' l'année précédente. Un live très réussi qui restitue bien tout la classe de cette tournée magistrale, très rock. La version de son célèbre Le Courage des Oiseaux en est la meilleure preuve.
Une des belles découvertes de fin d'année dernière. Bienvenue dans les froides contrées de l'Alaska. Beirut version grand nord, avec quelques touches d'electro. D'ailleurs, l'ami francophile est présent sur ce titre là, qui clôt leur premier album.
The Chemical Brothers ont tendance à bien m'ennuyer depuis la sortie de leur 'Come With Us' il y a quelques années de cela. Mais comme à chaque fois, il y a toujours un titre à ressortir sur leurs albums. Sur leur 'We Are The Night' de l'an passé, c'est leur tout dernier titre, celui où Midalke est invité. On a vu pire conclusion...
Le toujours prolifique Jason Molina, en 2006, pondait ce The Old Horizon totalement habité, au piano d'où il ressort une grande tristesse. Pourtant, ce titre se trouve sur l'album 'Fading Trails', plus léger à l'écoute, plus happy que ses prédécesseurs. Sauf ce titre donc.
Album découvert assez tardivement pour ma part (le titre ne m'ayant pas bizarrement donné trop envie de m'y plonger), je rattrape le retard, me jette dedans régulièrement avec délice. Comment ne pas écouter un disque comme ça quand il commence par un titre comme Don't Make Me a Target? Impossible. Juste impossible.
En 2006, Iron & Wine et Calexico, le temps d'un mini-album, m'avait mis à genoux. On retient souvent de cette collaboration le splendide He Lays In The Reins. A juste titre. Mais comme ce disque est entièrement plein de merveilles, autant écouter un titre moins "connu" (tout est relatif) comme ce bijou qu'est Burn That Broken Bed où la trompette Calexic-ienne fait merveille tout du long.
Je ne connais pas la demoiselle ou la dame qui se cache derrière le pseudo de Morley. Jamais entendu parler d'elle. Mais son Call On Me, entendu l'autre jour au détour d'un rayon de disque, m'a scotché. Je reviendrais sur l'album s'il y a lieu. Mais ce titre là est déjà un bonheur tout simple et sans fin.
Je suis tombé sur cet album un peu par hasard. A dire vrai, si je n'avais pas vu le nom de Benjamin Gibbard, je ne m'y serais même pas arrêté. Oui mais voilà: Ben Gibbard, c'est un peu Death Cab For Cutie et The Postal Service. Et en plus, sa femme c'est Zooey Deschanel (ca ne change pas grand-chose mais il faut avouer que ça ne gâche rien). Bref, Ben Gibbard est un homme de gout, dont chaque nouvelle sortie attire toujours mon oreille.Découvert il y a une quinzaine d'années lors de la publication de 'Molina & Johnson', disque méconnu, si ce n'est mésestimé, qu'il avait enregistré au débotté avec Jason Molina, Will Johnson fait avec 'Diamond City' un retour fracassant dans mes oreilles. Un album pas loin d'être merveilleux, de country/folk parfois contemplative, de blues électrique ténébreux, et de mélodies enchantantes, fussent-elles déprimées, qui ne cessent se développer et de prendre de l'ampleur. Habité en partie par l'aura de l'homme derrière Songs:Ohia/Magnolia Electric Co., 'Diamond City' est un très beau disque, souvent touchant et dont on ressortira avant toutes autres Rabbit Run, Unfamiliar Ghost et surtout Cairo (en écoute aujourd'hui), balade simple et superbe que vient relever un petit gimmick mélodique à souhait sur le refrain.
NB : L'article de Paste consacré à 'Diamond City' de Will Johnson est à lire ici : "Will Johnson: Through the Clutter and the Chaos"
Album : Diamond City
Année : 2025
Label : Keeled Scales
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Autre très belle chanson de 'Diamond City' de Will Johnson, voilà le très électrique Rabbit Run :






