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mercredi 30 juillet 2025

Destroyer - Dan's Boogie [Merge Records]

'Dan's Boogie' fait partie de ces disques qui ne séduisent pas au premier abord. Il faut dire que si sa deuxième partie est plus sage et piano-centré, tout le début est trop dans l'excès, voire dans le mauvais goût (sirupeux par ci, grotesque par là, avec la voix de Dan Bejar qui sonne presque comme un agent étranger), porté par une production là rien que pour amplifier le moindre de ces défauts.

Et puis, bizarrement, sans que l'on s'en rende réellement compte, on relance l'écoute. Déjà parce qu'il s'agit de Destroyer, que si Dan Bejar m'a un peu perdu depuis quelques albums, cela reste un artiste assez à part sur la scène actuelle. Ensuite parce que très vite, on se rend compte que la première impression était fausse tant on est séduit par cet ensemble volontairement un peu de guingois. Plus on avance, plus on se dit que le disque s'ouvre par une chanson (The Same Thing as Nothing at All) non pas too much mais au contraire absolument sublime et qui met vraiment 'Dan's Boogie' sur orbite. Que la suivante (Hydroplaning Off the Edge of the World) est d'une efficacité sans borne et que ses effets de style (ce riff de guitare qui apparait à contre courant du reste pour aussitôt disparaitre) n'est pas de mauvais goût, bien au contraire. Que Bologna et son ambiance trip-hop est un morceau merveilleux. Que Sun Meets Snow et ses cuivres qui débarquent d'un coup d'un seul, comme s'ils s'incrustaient à une soirée avant d'être raccompagnés sans délai à la porte par un maelstrom aussi bruitiste que mélodieux, fait mouche.

On pourrait détailler plus en profondeur chacune des neuf chansons qui composent 'Dan's Boogie'. Dire à quel point la voix de Dan Bejar, pas entendue depuis longtemps, est en fait au diapason de ses mélodies, qu'il n'en est rien distancié mais qu'il y vogue avec un flegme charmeur. Mais on proposera plutôt d'écouter cet album, le meilleur de Destroyer depuis 'Kaputt' en 2011. Et à tous ceux qui, comme moi sont passés à côté au départ, de l'écouter vraiment et de lui redonner quelques chances, car comme souvent avec Dan Bejar, tout se mérite. Puis tout s'éclaire d'un coup. Sa grandiloquence vous veut du bien. (Sortie : 28 mars 2025)

Plus :
'Dan's Boogie' de Destroyer est à l'écoute sur bandcamp
'Dan's Boogie' de Destroyer est à l'achat sur bandcamp
'Dan's Boogie' de Destroyer est à l'écoute et à l'achat un peu de partout sur ce lien

Trois chansons de 'Dan's Boogie' de Destroyer en écoute aujourd'hui. The Same Thing as Nothing at All, la chanson d'ouverture, parfaite mise en bouche (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la superbe Bologna (en duo avec Fiver). Et enfin le déroutant mais si efficace Hydroplaning Off the Edge of the World :

Deux clips extraits de 'Dan's Boogie' de Destroyer : Hydroplaning Off the Edge of the World et Bologna

mercredi 9 octobre 2013

[Track of The Day] Destroyer - El Rito

Pour la première fois emballant (pour moi s'entend) avec son dernier album ('Kaputt' en 2011), Destroyer revient sur le devant des news avec un nouvel Ep... entièrement chanté en espagnol. Coquetterie ? Envie de changement ?

Sûrement un peu des deux de la part de Dan Bejar. Le leader des Destroyer semble en avoir eu marre de chanter en anglais. Et il a donc opté pour l'espagnol, qu'il connait, et en a profité pour reprendre des chansons d'un certains Sr. Chinarro, dont la musique et le nom me sont totalement inconnus.

Il faudra voir sur la longueur des cinq chansons du bien nommé 'Five Spanish Songs Ep', mais le premier titre extrait, El Rito, très puissant et nerveux (il est produit par JC/DC, forcément) mélodiquement parfait, augure de belles choses. 

Par contre, quand vous avez fait, comme moi, allemand 2è langue et italien 3è langue, c'est difficile de biter quelque-chose à ce que Dan Bejar et son acolyte Antonio Luque peuvent bien raconter. Mais à dire vrai, on s'en fiche un peu.

Album : Five Spanish Songs Ep
Année : 2013
Label : Merge

Acheter


El Rito est également en écoute sur le soundcloud de Merge Records. Et ci-dessous :




lundi 15 septembre 2008

Track of The Day (09-15 septembre 2008)

Du 2008. Du 2008. Du 2008. (et toujours disponible dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 15 septembre 2008:

* Pumuckl - La Jalousie de la Vierge Marie (Jérôme Minière cover) [-]

Pumuckl (dont j'ai parlé ici, et dans ce coin-ci) me (et vous) fait l'honneur de donner sur ce blog un avant-goût de son album à venir. Un disque qui mêlera les anciens titres et des nouveautés. Selon lui, "Le mixage n'est sans doute pas aller jusqu'au bout de sa maturation... les prises sont définitives mais pas le mix". Ben qu'est-ce que ça va être alors quand ça sera fini? Premier extrait donc, avec la reprise d'un titre de Jérôme Minière, La Jalousie de la Vierge Marie. A la sauce Pumuckl. Et franchement, c'est excellent. N'hésitez pas à donner votre avis et vos critiques (toujours constructives).
(non disponible pour le moment, 2008)

Dimanche 14 septembre 2008:
* Black Kids - I Wanna Be Your Limousine [Almost Gold]
Les Américains de Black Kids, après un premier Ep qui avait fait sensation l'an dernier ('Wizard of Ahhhs Ep'), s'entourent de Bernard Butler (ex-Suede), prennent le parti d'une production plus marquée (et un peu plus putassière) et sortent leur premier album, 'Partie Traumatic', efficace résumé des vingt dernières années de la pop music made in Uk. Affolant.
(disponible sur Partie Traumatic, 2008)

Samedi 13 septembre 2008:

* Be Your Own Pet - Bitches Leave [XL]
Clair. Net. Précis. Efficace. Voilà comment définir le second (et dernier) album des Be Your Own Pet, mené aussi bien par leur urgence punk et rock que par la voix et la présence de la belle Jemina Pearl. Depuis quelques semaines, le groupe a splitté. Il ne nous reste donc plus que des titres comme Bitches Leave pour chougner.
(disponible sur Get Awkward, 2008)

Vendredi 12 septembre 2008:
* Dirty Pretty Things - Hippy's Son [Vertigo]
Second opus pour la bande à Carl Barat et Gary Powell (tous de deux de feu The Libertines). Un disque très critiqué, surtout quand on le compare au premier album, 'Waterloo To Anywhere'. Vu que ce dernier ne m'avait pas retourné, je ne suivrai donc pas le feu nourri des attaques en affirmant que ce 'Romance At Short Notice' est une belle réussite, avec de grands titres comme ce Hippy's Son et un Carl Barat, qui n'a jamais été aussi prêt de Joe Strummer, vocalement parlant.
(disponible sur Romance At Short Notice, 2008)

Jeudi 11 septembre 2008:
* The Black Keys - Pyschotic Girl [Nonesuch]
Nouvel album et encore une bien belle réussite de duo guitare/batterie The Black Keys. Cette fois, c'est Danger Mouse qui prend les commandes niveau production. Et qui appose sa touche avec finesse et touché. Psychotic Girl est la meilleure preuve de l'apport de l'homme souris.
(disponible sur Attack & Release, 2008)

Mercredi 10 septembre 2008:
* Animal Collective - Cobwebs [Domino]
Après un 'Strawberry Jam' gigantesque en 2007, les Animal Collective reviennent aux affaires en janvier prochain. D'ici là, pour patienter, ils ont concoté cet Ep, une nouvelle fois divin. Cobwebs, en écoute aujourd'hui, est un titre tout vaporeux et volatile, à la sauce Panda Bear.
(disponible sur Water Curses, 2008)

Mardi 9 septembre 2008:
* Destroyer - Foam Hands [Merge]
Dan Bejar (New Pornographers, Swan Lake, Hello, Blue Roses) revient avec un autre de ses projets parallèles Destroyer. Un disque que je trouve plus réussi au final que son 'Destroyer's Rubies' de 2006. Un 'Trouble in Dreams' dont on ressortira un somptueux Foam Hands.
(disponible sur Trouble In Dreams, 2008)

lundi 30 décembre 2013

Bilan 2013 : Top 15 'Ep, 12", 7" & Compilations'



Comme chaque fin d'année (à celle de l'année dernière près, mais ce n'est que partie remise), il est temps de passer au top de l'année qui vient de s'écouler. Un bilan en trois temps :
- Le premier sera consacré aux Eps, aux 45-tours, aux 12" et autres compilations de tous les genres.
- Le second se tournera vers les chansons de l'année.
- Enfin le troisième, cette fois en 3 parties, permettra de faire le point sur les albums que j'ai trouvé les plus marquants en 2013.

Avant de passer donc à la première partie, un petit tour d'horizon (et ce sera le cas à chaque fois) des choix de la blogosphère musicale (française et internationale). Car les tops ont fleuri de partout depuis le début des fêtes (voire bien avant) et permettent de tomber sur quelques perles oubliés de nos radars.
Vous pourrez ainsi allez voir les choix éditoriaux de :

Ceci dit, il est temps de lancer donc la machine. On commence donc par la partie « Eps & ». Ils sont au nombre de 15, dans des styles aussi divers que variés. 
Chaque chronique présente également une petite icône « + » (qui vous renverra vers une chronique plus complète, d'ici ou d'ailleurs) ainsi qu'un lien pour vous procurer le disque en question.
Et tout en bas de cette chronique, vous retrouverez un lecteur grooveshark orange avec une chanson de chacun des disques présentés en écoute. Parce que lire de la musique c'est bien, l'écouter c'est mieux !

Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums » : 10-01
Top 50 « Albums » : 30-11
Top 50 « Albums » : 50-31

EP


Apes & Horses est un groupe parisien dont l'Ep 'Bleu Nuit' est renversant. Ces jeunes gens font dans la dream-pop. La leur est faite de grands élans vocaux et d'ambiance nocturne. Très américain dans l'ensemble et un vrai ravissement tout au long des quatre titres.  
(Apes & Horses - Bleu Nuit Ep - [Cracki Records] - + - acheter)



Il a beau être le plus gros vendeur de l'histoire de Stones Throw Records avec son 'Good Things' en 2010, Aloe Blacc n'aura jamais autant touché de monde que cette année en étant la voix d'un des tubes eurodance de l'année, Wake Me Up d'Avicii. Bien que ravi de cette collaboration (lui aux paroles, Avicii au boum-boum indigeste), Aloe Blacc aura sorti en 2013 sa version de Wake Me Up sur un Ep de 4 titres tout bonnement parfait, à l'écriture soignée et au savoureux mélange des genres.  
(Aloe Blacc - Wake Me Up Ep - [XIX Recordings] - + - acheter)


Dan Bejar, jamais avare de projets en tout genre, se sera mis à l'espagnol en 2013 avec Destroyer. Son 'Five Spanish Songs' est un bijou de 5 titres, aussi mélancolique que nerveux, mais mélodiquement toujours très au point.
(Destroyer - Five Spanish Songs Ep - [Merge] - + - acheter)
 

Voix profonde à la Tom Smith d'Editors, guitares nerveuses, basses emballantes et batterie aux accents divers (pas moins de 6 batteurs se relaient sur l'Ep !), le premier Ep d'IT GIRL est aussi réussi que surprenant en 2013. Réussi car les 7 chansons qui le composent sont autant de tubes potentiels. Surprenant car il aurait du sortir il y a 10 ans, comme à la grande époque du retour au premier plan du post-punk plein de fougue. Mais qu'importe, le résultat est excellent.  
(IT GIRL - Neon Signs - + - acheter)


Dans la foulée de son 45-tours 'Night Birds Lurking 7"' (voir plus bas) chez Without My Hat Records, MiNORS a enchaîné quelques semaines plus tard par la sortie de 'This Is Not Happening', un Ep façon grande classe chez Travelling Music. Un disque présentant toutes les facettes de MiNORS, sa capacité à sublimer un silence ou à émouvoir en quelques accords. Fameux.  
(MiNORS - This is Not Happening Ep - [Travelling Music] - + - acheter


Rennes aura eu de beaux accents américain en 2013. A cause de PALM et de son 'El Sereno Ep', les deux pieds enfoncés dans l'Amérique de Jason Molina, entre americana et folk-blues nerveux. Un disque qui rappelle aussi bien Songs : Ohia - donc - Calexico que les Electric Fresco. A suivre de très près.  
(PALM - El Sereno Ep - + - acheter)


Bien que sorti en 2012, le premier album des Parquet Courts aura surtout marqué son monde en 2013. Mais la vraie sortie cette année des Parquet Courts aura été 'Tally All The Things That You Broke Ep', un disque dans la lignée de leur album, toujours entre les Strokes, les Clash et Television. Et qui rend même un hommage aux Beastie Boys. Classique.  
(Parquet Courts - Tally All The Things That You Broke Ep - [What's Your Rupture?] - + - acheter)


Qui se souvient encore des We Are Scientists en 2013 ? Tombé par le plus grand des hasards sur leur 'Business Casual Ep', j'ai donc envie de répondre « moi » tant celui-ci est d'une redoutable efficacité et marrie à merveille tube pop, tubes électriques et balade tuante. Retour gagnant, artistiquement parlant en tout cas.  
(We Are Scientists - Business Casual Ep - [Dine Alone Records] - + - acheter)




12"

Groupe parisien, signé après une demie écoute par Requiem Pour un Twister,  Venera 4 est un groupe de shoegaze et noise-pop. Cinq chansons de très haute volée, entre My Bloody Valentine et Jesus and Mary Chain. Un groupe dont l'avenir semble aussi radieux que ses chansons sont sombres.  
(Venera 4 - Deaf Hearts 12" - [Requiem Pour un Twister] - + - acheter)



7"

Première sortie du micro-label allemand Laughing SEVEN Records, Any Version of Me est un artiste français. Parisien, il a beaucoup écouté les Beatles et les Beach Boys et cela se ressent dans les 2 chansons de ce 45-tours épatant.  
(Any Version of Me - Can't You See 7" - [Laughing SEVEN Records] - + - acheter)


En un 45-tours, le duo australien de The Creases m'aura emballé. Dernière signature de Rough Trade, leurs chansons sont pop, à la production nerveuse et pleines de guitares fuzz. Je leur souhaite (et leur prédis) un très grand avenir. Assurément le groupe le plus attendu en 2014 par ici.  
(The Creases - I Won't Wait 7" - [Rough Trade] - + - acheter)


Semblant s'être lancés dans une tournée sans fin, les russes de Motorama n'en continuent pas moins de composer de nouvelles chansons. Et quelles nouvelles chansons ! Un 45-tours de haute volée, dans la lignée de leur précédent album (le fameux 'Calendar'), qui prouve, comme s'il en était besoin, que ces jeunes gens ne seront pas un énième feu de paille, bien au contraire. 
(Motorama - Eyes 7" - Talitres - + - acheter)


Another Sunny Night est devenu en quelques éditions le repère pour tout parisien amateur de pop music. Mieux, en 2013, ils auront sorti leur premier 45-tours, celui de White Town. Trois chansons de haute tenue. Pop jusqu'au bout des ongles. Tout est dit. 
(White Town - She's A Lot Like You 7" - + - acheter)




COMPILATIONS



Compilation sortie à 500 exemplaires seulement, 'Liverpool 2013' a vu le jour pour le Liverpool Psych Fest dont Trouble in Mind était un des principaux invités. L'occasion pour le label de Chicago de présenter certains de ses meilleurs artistes, de Maston à Jacco Gardner, de Fuzz à The Limiñanas. Beaucoup d'inédits au final pour un résultat détonnant et épatant pour une compilation. Chapeau.  
(Various Artists - Liverpool 2013 - [Trouble in Mind] - + - acheter



Le décès de Jason Molina fut un véritable choc. Elle nous est tombée sur le coin de la gueule sans crier gare. La mort, cette vieille catin, s'est donc empressée de ramener vers elle un des tous derniers génies américains, à la discographie pléthorique et d'une grande qualité, où la mélancolie se disputait le trône à la noirceur et aux blues ténébreux. Prévue avant son décès, 'Weary Engine Blues' est une compilation initialement prévue pour amasser des fonds afin de financer une partie des soins médicaux de Jason Molina. Il n'en aura malheureusement pas besoin.
Reste donc ce double album, qui propose une relecture de l'oeuvre du leader de Songs : Ohia par des invités prestigieux (Mark Kozelek, Will Oldham, John Vanderslice, Scout Niblett, Jeffrey Lewis, Jonathan Meiburg et beaucoup beaucoup d'autres) et forcément fans de son oeuvre.  
(Various Artists - Weary Engine Blues - [Graveface Records] - + - acheter)



WITHOUT MY HAT RECORDS

J'aurais pu mettre les deux disques suivants dans le top du dessus, mais cela n'aurait pas été très équitables, je ne suis pas particulièrement objectif.   Il n'empêche, en 2013, Without My Hat Records est très fier d'avoir sorti deux « formats courts » de grand standing.

D'abord MiNORS via 'Night Birds Lurking 7"', un 45-tours de grande beauté quelques semaines avant leur Ep 'This is Not Happening Ep' (voir plus haut). Deux chansons aussi mélancoliques que belles, vibrantes que délicates. 
(MiNORS - Night Birds Lurking 7" - [Without My Hat Records] - + - acheter)    





Et puis évidemment, les petits derniers, ces jeunots rageux de Nine o'Nine, dont l'Ep (CD cette fois) est aussi rock, garage que sixties. Un Ep sans concession au rythme effréné et à la qualité qui ne se dément pas.
(Nine o'Nine - Back to Basics Ep - [Without My Hat Records] - + - acheter)    

 



Comme promis, une chanson de chacun des disques évoqués ci-dessus est en écoute ci-dessous. Soit 17 morceaux donc :



Pour rappel :
Top 50 « Chansons »
Top 50 « Albums » : 10-01
Top 50 « Albums » : 30-11
Top 50 « Albums » : 50-31

vendredi 24 décembre 2010

Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


Le top des blogueurs à la grande élégance avait ouvert les hostilités et depuis les tops tombent comme à gravelotte. Chez Requiem pour un Twister, chez Blake ou chez Cecile ou Benjamin. Tandis que La Buze fait son top des concerts qu'il a ... raté en 2010!

Car oui, comme toute fin d'année qui se respecte et comme le veut la tradition, voilà donc le top de fin d'année. En tout cas, le mien. Histoire de faire un bilan de l'année écoulée, de ce que j'ai aimé, adoré et écouté plus que de raisons.


Comme à chaque fois dans ces pages, tout va se passer en trois parties:

1) Une sélection de 20 Eps, 7", Compilations et tout le tralala

2) Une sélection de 50 chansons/singles

3) Une sélection de 50 albums pour finir, les 50 à mes oreilles


Vous trouverez un lecteur grooveshark en bas de chaque top présentant une chanson de chacun des disques présentés. En espérant que chacun y trouve son compte en chouettes ritournelles.


Ainsi, pour débuter, petit retour sur une année riche en formats courts et en compilations. Une sélection qui met de côté les rééditions (j'aurais pu citer celles d'Arab Strap, mais il faut bien faire quelques choix) pour mieux se concentrer sur une flopée d'Ep exquis et autres 7" de haute tenue. Notamment.


Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Albums 2010': 50-31
Top 50 'Chansons/Singles 2010'


7"










Je pourrais sélectionner bien plus de quatre seven-inch. Mais l’affaire serait un peu longue. Et il faut savoir trancher.
Commençons donc avec un peu de soul et la sublime reprise de Femme Fatale du Velvet Underground par Aloe Blacc, servie dans un très bel écrin (Aloe Blacc – Femme Fatale 7" – Stones Throw – +).

On enchaîne par LE groupe qui fait le plus honneur à ce très beau format qu’est le 45 tours ces dernières années, The Pains of Being Pure at Heart, auteur cette année de deux sorties de très grande qualité, mais dont la plus récente est au-dessus. Deux chansons qui laissent présager du meilleur pour leur nouvel album à venir, plus shoegaze-noisy rock que jamais. (The Pains of Being Pure at Heart – Heart In Your Heartbreak 7" – Slumberland – +)

On continue avec le duo canadien de Japandroids et leur garage-punk-noise (que sais-je encore). Moins bruyant que leur 'Post-Nothing', 'Heavenward Grand Prix 7"' a un côté noise-pop plus prononcé. Et est d'une efficacité qui vous prend aux oreilles pour ne plus vous lâcher. (Japandroids Heavenward Grand Prix 7" Polyvinyl)

Et que dire de la belle Laura Marling et de sa guitare folk qui rend un vibrant hommage à deux monstres de la musique que sont Jackson C. Frank et Neil Young ? Merci, tout bêtement (Laura Marling – Blues Run The Game 7" – Third Man Records – +)











12"

A chaque année son groupe qui fera l’année 2011. Le grand gagnant de 2010 est Wu Lyf (World Unit/Lucifer Youth Foundation), originaire de Manchester et très mystérieux sur son identité, pour qui le net semble avoir pris fait et cause depuis quelques semaines déjà. Auteur d’un premier 12" intriguant avec lo-fi empreint d’ambiance de cathédrale et voix habitée et décharnée, les Wu-Lyf sont quelque part la rencontre entre le Animal Collective des débuts (certes en beaucoup moins expérimental) et Mark E. Smith. Plus que très prometteur. (Wu Lyf – Heavy Pop 12"+)



S'il n'a pas la folie du leader de The Fall, Simmo, chef de troupe des Souvaris, est tout de même fou. Simmo aime aussi les bisous. Et la France. D’ailleurs, c'est tout Souvaris qui aime notre contrée hexagonale. A tel point que le groupe partage l’affiche avec Sincabeza, combo girondin, sur un ‘Clown Jazz 12"’, disque qui voit les anglais de Nottingham s’éloigner du post-rock de leurs débuts pour mieux embrasser une musique aussi rock, math, noise que jazz qui leur va bien. Et vu que Sincabeza via son punk et son atmosphère tendue fait le boulot, vous comprenez pourquoi ‘Clown Jazz 12’’’ se retrouve dans ce top 20. (Souvaris / Sincabeza – Clown Jazz (Split 12") – Gringo – + )


Stupéfiant. ‘Archer on the Beach 12"' de Destroyer est stupéfiant. Un disque qui voit Dan Bejar inviter Tim Hecker et Loscil pour deux chansons d’ambiant splendides où le leader du groupe canadien se met littéralement au service de ses deux invités d’un jour. Deux très longs morceaux dont un Grief Point renversant (Dan Bejar parle, Loscil s’occupe du reste). (Destroyer – Archer on the Beach 12" – Merge – +)




C'est l'électro qui clôt ce quatuor de 12". Vu que leur première collaboration avait été fructueuse, l’allemand Boys Noise et l’anglais du Bosphore Erol Alkan ont remis ça pour un split 12’’ qui mêle aussi bien puissance sonore que longues montées lancinantes s’achevant dans de grandes déflagrations. Et à chaque fois, l'efficacité en point de mire. (Boys Noize / Erol Alkan – Avalanche/Lemonade 12" – Phantasy Sound – + )





Ep












La large sélection des Eps débute par ‘Leaves Eclipse The Light Ep’ d’Eluvium, disque qui fait suite au très bon ‘Similes’ où Eluvium (aka Matthew Cooper) se découvrait un organe vocal sur des compositions toujours éthérées et planantes. Ici, trois chansons, dont une originale (de près de 11 mns) et un remix aussi subtil que divin de Four Tet. (Eluvium – ‘Leaves Eclipse The Night Ep’ – Temporary Residence – +)

Un titre qu'Eluvium peut partager avec Low qui propose de télécharger gratuitement depuis quelques semaines son ‘Live at Eindhoven Ep’, enregistré en janvier 2009 dans une église. Low, un groupe qui à chaque nouvelle sortie semble repousser toute épreuve du temps. Car ces quatre titres live sont un bonheur absolu. Fins, habités, ces versions live sont à l’image de Low : essentielles. (Low – ‘Live at Eindhoven Ep’+)

Vous voulez un autre artiste essentiel ? Prenez Florent Marchet alors. Continuant à alimenter sa belle discographie, albums après albums, Florent Marchet a sorti de sous sa peau de bête six chansons de noël. Souvent comparé à Sufjan Stevens, le berrichon suis la même voie que l’américain. Il aurait eu tort de se priver : son Ep propose des relectures de classiques bien trouvées, avec en point d’orgue une bien belle version instrumentale et électrique de Petit Papa Noël. (Florent Marchet & Le Courchevel Orchestra – Noël's Songs Ep – Nodiva – +)

Mondrian n’est pas aussi confirmé que Florent Marchet. Forcément, ils viennent de sortir leur premier disque. Mais si leurs prochains essais discographique ont le coffre de leur ‘Pop Shop Ep’, nul doute qu'ils perceront très vite. Voilà un disque épatant où se mêle clappings, banjos, piano et chant en anglais ; Bref, le symbole d’une pop française (ou frenchy) qui se porte comme un charme. (Mondrian – Pop Shop Ep+)

Troisième disque français de ce top, ‘3’ de Rien est le premier disque d’un triptyque annonçant la soit-disant fin du groupe en 2014. Rock, qu’il soit post, math ou prog, ‘3’ voit les grenoblois tracer leur route sur fond d’hyper espace, avec toujours ce soin si particulier accordé à la production de leurs compositions. Ces gens là ont définitivement TOUT pour eux. (Rien – 3 – Amicale Underground – +)












L’autre qui a tout pour lui, c’est Sufjan Stevens. Auteur d’un retour aussi fracassant qu’inattendu, un des héros de l’auteur de ces lignes aura commencé par amadouer son auditoire par un des Ep les plus longs de l’histoire (60mns, 8 titres !), véritable retour en fanfare, en mélodies, en guitare, en cordes, en chœurs et en cuivres. Enivrant. (Sufjan Stevens – All Delighted People Ep – Asthmatic Kitty – +)

Depuis leur premier album, les Mumford and Sons sont devenus de vrais chouchous de ces pages. Leurs mélodies, leur entrain, tout me plait chez eux. Sous le nom de The Wedding Band, le groupe a sorti un 4 titres, disponible uniquement en vinyle (et à leurs concerts), entre folk, country et musique traditionnelle. Qui donne envie d’en écouter bien plus. (The Wedding Band – The First Dance Ep)

Première sortie de Warmest Chord, label formé notamment par des ex-Rough Trade, 'Evertide Ep' a été un coup de foudre eighties instantané. J'ai découvert ce groupe d'un seul homme (Jack Tatum) par ce biais là. Et sur les trois titres, ce voyage sur les terres du shoegaze, d'une pop quelque peu rêveuse et d'ambiances rappelant certaines des Cure, est bien plus qu'agréable. (Wild Nothing - Evertide Ep - Warmest Chord)

Mais s’il ne devait rester qu’un seul Ep sur cette année 2010, cela serait assurément lui : la collaboration entre Mumford and Sons, Laura Marling et le collectif indien Dharohar Project. Un mélange de mélodies anglo-saxonnes avec ambiances indiennes. A moins que cela soit l’inverse. Décapant, très inspiré, efficace comme rarement, cet Ep ne contient que quatre chansons. Mais même après des dizaines et des dizaines d’écoutes, il est toujours aussi difficile de s’en passer. Ah, Meheni Rachi... (Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project – Mumford and Sons, Laura Marling and Dharohar Project Ep – Island – +)











Compilations


Plongée remarquable dans l’œuvre d’avant-garde de David Sylvian, ‘Sleepwalkers’ est une compilation comme on en fait que trop rarement. Intelligente, foisonnante, passionnante, elle est une formidable porte d’entrée dans l’esprit talentueux de cet indie-crooner auteur de certains de mes plus beaux émois. Histoire de faire les choses bien, la pochette de l’album est en totale adéquation avec la compilation qu’elle orne. Must-have. (David Sylvian – Sleepwalkers – SamadhiSound – +)



Très talentueux eux aussi, les Piano Magic continuent leur petit bonhomme de chemin, alignant les albums comme si de rien n’était. Leur dernière livraison en date est une compilation faites maison où le groupe anglais propose une relecture plus acoustique de certaines de ses plus belles chansons. Aventure qui aurait pu s’avérer vaine et poussive. Il n’en est rien, loin de là. (Piano Magic – Home Recordings – Second Language)



La découverte des Carissa’s Wierd, je la dois à J-P de Next Music qui au détour d’un papier m’avait converti en moins d’une chanson qu'il ne faut pour le dire à ce groupe de Seattle. Il faut dire que leur pop/pop-rock, leurs mélodies tristes mais belles, pleines de cordes et portées par de jolis grains de voix très harmonieux, sont extrêmement touchants. Séparé depuis 2003, Carissa’s Wierd aura sorti cette année ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’, au titre qui reflète bien l’esprit de leurs chansons. Une compilation qui vaut le détour. (Carissa’s Wierd – ‘They'll Only Miss You When You Leave (1996-2003)’ – Hardly Art)



Histoire de faire les choses bien, et comme prévu, voilà un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des disques évoqués ci-dessous. Bonne(s) écoute(s)!