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mardi 30 janvier 2024

[Track of The Day] Jalen Ngonda - Come Around and Love Me

Avec ses histoires d'amour, sa voix haut perchée et ses orchestrations léchées et luxuriantes, Jalen Ngonda aura été une des révélations de 2023. Discrète au moment de la sortie du disque en septembre dernier mais de plus en plus prégnante à mesure que ses chansons commencent à infuser de partout. Il faut dire que son premier album 'Come Around and Love Me' a de quoi emballer les foules.

Originaire du Silver Springs dans le Maryland, Jalen Ngonda est depuis une dizaine d'années installé à Liverpool en Angleterre. Pourtant, c'est bien de ses origines américaines que vient sa musique, toute de Motown et de rhythm'n'blues vêtue. Pas étonnant que Daptone Records l'ait signé, eux qui avaient fait surgir de l'oubli Sharon Jones et Charles Bradley.

Sur ce premier album réussi, qui manque sans doute un peu de coffre en son milieu comme de savoir terminer ses chansons autrement que par un fade-out pour convaincre totalement, on trouve notamment That's All I Wanted From You, superbe morceau entre soul et rhythm'n'blues qui doit être amené, si tout va bien, à devenir un tube. Mais quand bien même, on lui préfèrera (d'un rien) Come Around and Love Me (en écoute aujourd'hui) qui ouvre l'album du même nom, merveilleuse chanson à l'orchestration qu'on dirait être une chute de studio du What's Going On? de Marvin Gaye. Le futur s'annonce plus que radieux pour ce jeune homme.

Album : Come Around and Love Me
Année : 2023
Label : Daptone Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Come Around and Love Me de Jalen Ngonda est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson extrêmement réussie de 'Come Around and Love Me' de Jalen Ngonda, voilà That's All I Wanted From You :

 

Les clips de Come Around and Love Me et That's All I Wanted From You de Jalen Ngonda :

lundi 22 janvier 2024

[Track of The Day] Maple Glider - Don't Kiss Me

On a beau être le 20 janvier, ce n'est pas une raison pour ne pas continuer d'évoquer les belles choses entendues l'an passé et qui n'ont pas fini dans mon bilan 2023. Aujourd'hui, place à Maple Glider, chanteuse originaire de Melbourne en Australie (une de plus) et auteure l'an passé de 'I Get Into Trouble', son deuxième album. Un disque de folk aux contours pop, assez délicat et qu'elle chante d'une jolie voix.

Sur 'I Get Into Trouble', on trouve Don't Kiss Me, une chanson plutôt sublime où il est question de consentement dans une relation entre une jeune femme et un homme plus âgé. Un morceau qui démarre sur une simple guitare folk mais où l'on perçoit assez vite une fureur qui gronde sous la glace. L'ambiance se fait plus pesante et la guitare s'électrise à mesure que Maple Glider répète comme un mantra « Sometimes my own body doesn't feel like my body But definitely don't kiss me » pour essayer d'enfin faire comprendre à son interlocuteur que c'est elle et elle seule qui décide. Une chanson pas loin d'être bouleversante (« Don't kiss me, my safety should not have to be earned. I was just a baby until you made me into a lesson to be learned ») et qui n'est pas sans rappeler la tout aussi admirable Body de Julia Jacklin.

Album : I Get Into Trouble
Année : 2023
Label : Pieater / Partisan Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Don't Kiss Me de Maple Glider est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson qui vaut le détour, voilà Do You, qui ouvre ce 'I Get Into Trouble' de Maple Glider :

Le clip de Don't Kiss Me de Maple Glider :

mercredi 17 janvier 2024

[Track of The Day] Slow Pulp - Cramps

A chaque génération son revival et sa passion pour une décennie qu'elle n'a pas connue. La mienne c'était les sixties/seventies. Dans la cour du collège et du lycée, si tout tournait évidemment des affreux Guns, de Nirvana, de Pearl Jam et de tous les groupes que Fun Radio et Skyrock mettaient en avant à longueur de journées et de soirées, il y avait aussi cette passion indéfectible pour les Doors (qui étaient d'ailleurs souvent raillés pour je ne sais quelle raison), le MC5 (la preuve, Rachel dans Friends avaient un t-shirt à leur effigie), les Stooges et, évidemment, Bob Marley.

Pour la génération née au tournant du nouveau millénaire, on sent plus que poindre une passion pour les années 90, après des années 2010 particulièrement centrées sur un revival eighties. On n'en fera pas du tout des porte-étendards, mais les chicagoans de Slow Pulp symbolisent bien cette mouvance. Leur second album 'Yard' publié l'an passé plante ses deux pieds dans cette décennie régulièrement décriée (pourquoi, je ne sais pas là aussi) et balance son indie-rock mâtiné de grunge ou de shoegaze, avec une production qui ne laisse rien au hasard. Sans doute trop influencé pour (me) convaincre totalement sur la longueur, mais difficile de ne pas trouver des chansons comme Cramps (en écoute aujourd'hui), Slugs ou la très belle balade Fishes en fermeture comme fortement réussies.

Album : Yard
Année : 2023
Label : ANTI-

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Cramps de Slow Pulp est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'Yard' de Slow Pulp, voilà Fishes :

jeudi 11 janvier 2024

[Track of The Day] Laura Veirs - The Archers

Perdue de vue depuis dix ans et un 'Warp & Weft' délicieux et qui n'a pas perdu de sa beauté et de sa vigueur (That Alice reste toujours un formidable single), Laura Veirs n'a pas changé. Enfin si, elle a vieilli comme nous tous (mais au contraire de certains n'a rien perdu de son charme), vient de fêter ses cinquante ans et, surtout, a troqué ses petites lunettes ovales pour des montures plus en adéquation avec son style actuel. Mais à part ça, rien.

Preuve en est 'Phone Orphans', son quatrième album en cinq ans sorti à la fin de l'automne dernier. Une pochette sobre et des chansons folk intimes qu'elle déroule simplement, sa guitare à la main, avec des détails de vie qui volettent un peu de partout autour d'elle. Des quatorze morceaux de ce joli disque, c'est The Archers qui se détache. Une chanson tout à fait acoustique, aux accords de guitare glissés qui couinent légèrement sous les doigts de Laura Veirs. Un titre qui a des faux airs d'un poème, aussi bien dans sa structure que dans ses paroles, que l'américaine chante d'une voix douce et délicate, au diapason de sa mélodie si simple et si belle à la fois. « Oh like love, the archers are blind »...

Album : Phone Orphans
Année : 2023
Label : Raven Marching Band Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, The Archers de Laura Veirs est également en écoute ci-dessous :

mardi 9 janvier 2024

[Track of The Day] David Fakenahm - Movin' On

Qui dit début d'année dit « sortie de nouveaux albums au compte-gouttes ». Alors plutôt que d'attendre le premier coup de coeur de 2024, profitons de ces premiers jours de janvier pour évoquer les chansons ou les albums à côté desquels je ne me suis pas arrêté l'an passé, celles et ceux que j'ai trop vite écoutés pour leur trouver un intérêt quelconque ou tout simplement les disques à qui il manquait un rien pour finir dans mes Bilans 2023.

A tout seigneur tout honneur, mettons en lumière un album qui a fini au pied de mon top albums d'il y a quelques jours : 'Family Tree' de David Fakenahm. Ou le retour de l'orléanais après dix ans de silence. Un disque (autoproduit une nouvelle fois) qui navigue entre folk et rock, aux racines qui vont piocher dans un indie-rock eighties, et qui est assez divers et varié (un peu de Air sur Plestin Les Grèves, un peu d'Arab Strap sur Lies and Guilt) pour être tout à fait recommandable.

Sur 'Family Tree', on trouve Movin' On. Elle, fait partie de toutes ces chansons renversantes qui vous bousculent sans que vous n'ayez rien demandé. Movin' On démarre sur des guitares toutes cordes dehors. Puis le pont arrive, amenant avec lui un peu de calme, qu'on pressent temporaire sans vraiment savoir pourquoi. Un clavier laisse planer le doute, la batterie se fait métronome et David Fakenahm répète « I'm movin' on and on... and on ». Et d'un coup, alors que vous n'avez rien vu venir, la guitare revient, acérée comme jamais pour vous prendre par le colbac, vous plaquer au mur et placer un riff absolument imparable. Une chanson puissante et climax impeccable d'un album qui prend du coffre à chaque nouvelle écoute.

Album : Family Tree
Année : 2023
Label : -

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Autre chanson très réussie de 'Family Tree' de David Fakenahm, voilà Just a Boy :

lundi 8 janvier 2024

[Track of The Day] Bad Moves - New Year's Reprieve

Quoi de mieux pour commencer cette nouvelle année qu'une chanson qui parle... de nouvelle année ? Alors lançons la dix-septième saison de ce blog avec New Year's Reprieve, la nouvelle chanson des américains de Bad Moves, groupe découvert et plus qu'apprécié en 2020 avec leur second album 'Untenable' qui contenait entre autre l'épatant single Party With The Kids Who Wanna Party With You.

Un nouveau morceau sorti à la toute fin de l'année dernière et qui, bien que cela n'ait pas été encore annoncé, devrait être la première pierre d'un troisième album à venir, toujours chez Don Giovanni Records. Et au programme de ce New Year's Reprieve ? De l'indie-pop à guitares à chanter à tue-tête (vous devriez vous mettre comme moi à rapidement fredonner « Do you believe that there’ll be relief? Do you believe that it’ll be ok? » plus que de raison), à l'allure optimiste et qui contraste avec des paroles pleines de fatalisme. A l'image de 2024 ? On verra bien. En tout cas, bonne année à vous toutes et tous qui venaient, régulièrement ou non, dans ces pages.

Album : -
Année : 2023
Label : Don Giovanni Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, New Year's Reprieve de Bad Moves est également en écoute ci-dessous :
 
 


jeudi 21 décembre 2023

[Track of The Day] A7PHA - Many Headed (Deluxe) (feat. Buck 65, Aesop Rock, Self Jupiter, WHY?)

Décidément, cette fin d'année est propice à faire revenir d'entre les morts Anticon et tous ses affidés. Après la publication de 'North American Adonis', l'album perdu de Buck 65, doseone et Jel (son histoire folle est à lire ici), voilà qu'il est à nouveau question de toute cette clique pour la sortie de 'Many Headed Ep', le dernier Ep de A7PHA. Et à dire vrai, rien d'étonnant là dedans vu que derrière cet acronyme curieux se cachent Mestizo et... doseone.

Pour l'occasion, ils ont invité une partie de la bande à venir rapper avec eux sur les deux premiers morceaux du disque. Derrière une production abstract comme on les aime (Meaty Ogre est à la production), ce ne sont pas moins que Buck 65, Aesop Rock, Self Jupiter qui viennent poser en compagnie des deux d'A7PHA. Cinq à se relayer derrière le micro, à se jouer de la mélodie répétitive et hypnotique et des scracths qui parsèment le morceau, tandis que WHY? (sur la version Deluxe, en écoute aujourd'hui) vient s'occuper des partie plus pop qui font office de respirations.

Many Headed (Deluxe) est un titre chorale monstrueux, à la pochette qui résume bien notre affaire, où chacun amène sa touche et qui n'est pas sans rappeler Chorus Collection de C-Rayz Walz & Parallel Thought en 2007, morceau gargantuesque et indépassable.

Album : Many Headed Ep
Année : 2023
Label : Handsmade Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Many Headed (Deluxe) de A7PHA et sa cohorte de featurings est également en écoute ci-dessous :

mercredi 20 décembre 2023

[Track of The Day] Oneohtrix Point Never - Krumville

Il y a dans le dernier album de Oneohtrix Point Never (sans doute un des noms les plus abscons de la scène musicale de ces quinze dernières années) une chanson qui rappelle bien des souvenirs. Elle s'appelle Krumville.

Dans ce morceau à la mélancolie assez prégnante, très vite, c'est la mémoire de Hood qu'on ravive et réactive. Il y a en effet, aussi bien dans la construction que dans le chant (assuré ici par Xiu Xiu) beaucoup des anglais, notamment de leur dernier album en date (quasiment vingt ans déjà, misère), le merveilleux 'Outside Closer' où l'on trouvait l'incroyable Any Hopeful Thoughts Arrive. Cette façon métallique de faire sonner la mélodie. Ces guitares qui jouent l'une contre l'autre. Et ce côté comme en déséquilibre. Le tout dans une ambiance aussi claire qu'obscure.

Album : Again
Année : 2023
Label : Warp Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Krumville de Oneohtrix Point Never est également en écoute ci-dessous :
 
 


jeudi 14 décembre 2023

[Track of The Day] The Polyphonic Spree - Section 44 (Galloping Seas)

A chaque sondage un peu débile qui circule sur les réseaux sociaux demandant « quel est le groupe que vous regrettez de ne jamais avoir vu en concert ? », malgré toutes les idoles que j'ai ratées, ma réponse est invariablement la même : The Polyphonic Spree. Sans aller à dire que c'est un crève-cœur, ne pas avoir pu découvrir cette horde de fanatique de pop habillés de toges blanches sur scène et chanter avec eux à tue-tête leurs chansons baroques et exubérantes est un très grand regret.

A défaut de les voir sur scène un jour (ils sont texans, se déplacent en nombre et n'ont plus la cote qu'ils avaient à l'époque de 'The Beginning Stages Of...' et de Light & Day, notamment pour son utilisation dans 'Eternal Sunshine of the Spotless Mind' de Michel Gondry), réjouissons nous au moins de leur retour, dix ans après 'Yes It's True', disque tout aussi jubilatoire que ses prédécesseurs.

Leur nouvel album (le cinquième) s'appelle 'Salvage Enterprise', reprend le compte des chansons là où il s'était arrêté (de Section 44 et Section 52), propose deux pochettes totalement opposées (celle en une pour le vinyle et le CD et un dessin plus clair et lumineux pour la version digitale) et, surtout, voit nos amis calmer leurs ardeurs et proposer des balades à défaut de grandes envolées lyriques.
Mais que les fans soient rassurés : les Polyphonic Spree ont toujours la pop chevillée au corps et Tim DeLaughter, leur meneur de revue et grand manitou de la bande, n'a rien perdu de son talent pour composer des mélodies accrocheuses et qui font mouche (Section 44 (Galloping Seas) est une merveilleuse chanson d'ouverture, en écoute aujourd'hui) : les chœurs font à nouveau merveille tout du long et si leurs emballements ne sont jamais très loin (Got Down To The Soul et Shadows On The Hillside s'en approchent presque avant de faire demi-tour), le résultat est toujours aussi charmant, touchant, enivrant et mélancolique à la fois.
Alors certes, ils ont perdu de leur fougue passée. Mais que voulez-vous, les Polyphonic Spree sont comme tout le monde : ils vieillissent. Reste maintenant à savoir si nous vieillissons aussi bien qu'eux.

Album : Salvage Enterprise
Année : 2023
Label : Good Records Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Section 44 (Galloping Seas) de The Polyphonic Spree et ses cordes grisantes est également en écoute ci-dessous :

Autre excellente chanson de 'Salvage Enterprise' de The Polyphonic Spree, voilà Section 47 (Got Down To The Soul) et son gimmick de cordes que vous fredonnerez plus souvent qu'à votre tour :

mercredi 13 décembre 2023

[Track of The Day] Loverman - Who's Going To Love You

Si tout n'est pas emballant sur 'Lovesongs', si l'ensemble est sans doute un peu trop long, il y a de belles choses à aller dénicher dans ce premier album du belge Loverman, sorte de rencontre entre Leonard Cohen et Matt Elliott. Un disque aux chansons folk sombres sur lesquelles planent un rien de gospel qui amène autant de charme que de chaleur. Mais surtout il y a une petite merveille, que dis-je une merveille, un diamant noir à la pureté incroyable : Who's Going To Love You.

Une chanson mélancolique à souhait que Loverman chante d'une voix douce, qu'on perçoit comme profonde, sur quelques notes de guitares. Et ce qui ne devait être qu'un morceau folk déprimé prend une toute autre ampleur dès le premier refrain quand il est rejoint par une voix féminine pour chanter « Who’s going to love you? Now that you’ve made up your mind... Who’s going to love you? And what will you leave behind? ». La chanson part alors vers des sommets plus célestes et en même temps désespérés, qu'elle atteint sur sa dernière partie lorsque l'orchestration se fait plus généreuse, où les deux voix se conjuguent pour répéter comme un mantra « Who’s going to love you? » avant que Loverman éteigne les lumières en quelques murmures. Un morceau aussi habité que splendide.

Album : Lovesongs
Année : 2023
Label : PIAS

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Who's Going To Love You de Loverman est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 6 décembre 2023

[Track of The Day] Jonathan Wilson - The Village Is Dead

Mettons un peu de frénésie et de folie pop dans ce mercredi avec The Village Is Dead, de loin la meilleure chanson d''Eat The Worm', le nouvel album de l'américain Jonathan Wilson, publié à la rentrée dernière. Une morceau aussi énergique que mélancolique qui évoque Greenwich Village, longtemps parangon de la contre-culture américaine et qui est depuis largement rentré dans le rang. 
 
Surtout, The Village Is Dead est une chanson de même pas trois minutes, mené tambour battant par des cordes délicieuses et extatiques sur lesquelles vient se greffer un piano martelé. Un titre absolument superbe, seventies à tout crin, aux envolées presque lyriques.

Album : Eat The Worm
Année : 2023
Label : BMG

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, The Village Is Dead de Jonathan Wilson est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de The Village Is Dead, un des singles de 'Eat The Worm' de Jonathan Wilson :

mardi 5 décembre 2023

[Track of The Day] Guided By Voices - The Race Is On, The King Is Dead

Une année sans mention d'un disque de Guided By Voices n'est pas une année réussie. Alors ne cassons pas la tradition et évoquons aujourd'hui le dernier album en date de la bande à Robert Pollard, 'Nowhere To Go But Up'. C'est le troisième de 2023, un chiffre dans la moyenne presque basse de ces dix dernières années ; même si à leur décharge, ils ont aussi réédité trois des albums de leur monstrueux catalogue.

'Nowhere To Go But Up' est le trente-neuvième album de Guided By Voices (heureusement, ils tiennent la comptabilité pour nous) et le meilleur publié cette année. Déjà parce qu'il a la plus belle pochette. Ensuite parce qu'il y a un côté poppy qui s'échappe de leurs compositions, quelques discrets hommages qu'on pourra rattacher à quelques légendes ici et là (ne me dites pas qu'il n'y a pas un peu de A Day In The Life des Beatles dans ce piano qui s’effondre sur la fin de How Did He Get Up There) et plus globalement un clinquant et une grandiloquence qui leur vont bien au teint.

Enfin, parce que 'Nowhere To Go But Up' s'ouvre par The Race Is On, The King Is Dead (en écoute aujourd'hui), que c'est une de leurs meilleures compositions de ces dernières années et que son intro - qu'on dirait de saison - embarque son monde sur un lit de guitares évidemment bruyantes et des cordes du meilleur effet pour en faire, disons le carrément, une sorte d'hymne pas loin d'être imparable.

Album : Nowhere To Go But Up
Année : 2023
Label : Guided By Voices Inc.

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, The Race Is On, The King Is Dead de Guided By Voices est également en écoute ci-dessous :

Autre excellente chanson de 'Nowhere To Go But Up' de Guided By Voices, voilà Puncher's Parade :

lundi 4 décembre 2023

[Track of The Day] Fin Del Mundo - El Próximo Verano

Alors que nous entrons dans les tous derniers mètres de cette année 2023, les concerts commencent à se raréfier entre Rhône et Saône. Heureusement, il en reste quelques uns (tous répertoriés par l'indispensable Ville Morte, dont on ne louera jamais assez le travail, mois après mois). Et notamment celui de Fin Del Mundo, ce mercredi 6 décembre dans la cave du Trokson (et donc gratuit).

Derrière ce nom un rien dramatique se cache un quatuor d'argentines qui vient de publier 'Todo va hacia el mar', compilation de leurs deux premiers Ep, 'Fin del Mundo' de 2020 et 'La ciudad que dejamos' de 2022. Quatre jeunes femmes qui auront organisé une petite tournée européenne en Espagne, Italie, Suisse et France, où elles seront passées par Bordeaux, Lyon (ce mercredi donc) et Montpellier (le 8) tout en évitant, ce qui n'arrive quasiment jamais, Paris.

Quant à 'Todo va hacia el mar' me direz-vous ? Un disque qui fait dans l'indie-rock d'obédience post-rockienne, avec un rien de shoegaze, aux guitares qui semblent venir de partout. Et dont quelques compositions (El Próximo Verano, en écoute aujourd'hui, La Noche, Desvelo) font montre d'un talent certain et qui confirme que la hype à leur encontre n'est pas basée sur du vent.

Album : Todo va hacia el mar
Année : 2023
Label : Spinda Records

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Autre chanson à retenir de 'Todo va hacia el mar' de Fin Del Mundo, voilà La Noche :

Le clip de El Próximo Verano de Fin Del Mundo :

mercredi 29 novembre 2023

[Track of The Day] Treeboy & Arc - Human Catastrophe

« And as the shadows pass, the tension builds » chante Ben Morgan sur Human Catastrophe. Et ce vers résume à lui seul cette chanson, faite d'une tension qui ne fait que croître au son d'éclats de guitares n'ayant de cesse d'éprouver et de provoquer une batterie et une basse métronomiques.

Human Catastrophe est une des meilleures chansons de 'Natural Habitat', le premier album de Treeboy & Arc, groupe originaire de Leeds et qui a publié, ô surprise, un single chez Speedy Wunderground. C'était en 2019 et quatre ans, c'est le temps qu'il aura fallu aux cinq anglais pour écrire, enregistrer et peaufiner cet album réussi, post-punk dans l'âme et qui laisse entrevoir quelques sacrées promesses, avec des compositions sûres et de qualités (Behind The Curtain, Midnight Mass, Box of Frogs, Retirement) et dont la gestion des deux guitares est un petit régal.

Album : Natural Habitat
Année : 2023
Label : Clue Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Human Catastrophe de Treeboy & Arc est également en écoute ci-dessous :

Autre excellente chanson extraite de 'Natural Habitat' de Treeboy & Arc, voilà le single Behind The Curtain :

Le clip du parfait Behind The Curtain de Treeboy & Arc : 

jeudi 23 novembre 2023

[Track of The Day] Lispector - Self-Driving Car

Je suis loin de connaître toute la discographie de Lispector, mais m'est avis que ce 'The Return of the Old Flame ' est le meilleur de tous ceux que j'ai pu découvrir jusque-là. Il faut dire qu'avec son ambiance ouatée, sa basse ronde, ses sonorités qui rebondissent et ses mélodies qui dégagent une jolie lumière, il a tout pour se rendre attachant.

Disque presque copieux (quinze titres), très justement produit, où la voix de Julie Margat (son nom dans le civil) continue de ne pas bouger, comme si le temps n'avait aucune accroche sur son timbre, 'The Return of the Old Flame ' est un petit bonbon délicieux de bedroom pop, aux saveurs indie-pop et synthétiques.

Un album duquel on ressortira - notamment - quatre chansons : le très poppy Do You Happen? (première vraie chanson après le court instrumental d'ouverture), La femme à quatre bras (seul titre en français), Your Silence Is Loud (superbe morceau de clôture) et Self-Driving Car (en écoute ce jour), single de l'album, aux nappes et au refrain très catchy dont on se surprendra à fredonner les paroles plus que de raison (« There must be someone for everyone, someone, someone... »). Oui, c'est cela : ce disque de Lispector est un paquet de bonbons. Et Self-Driving Car son dragibus noir.

Album : The Return of the Old Flame
Année : 2023
Label : Ponytail Records

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Autre chanson très réussie de 'The Return of the Old Flame' de Lispector, voilà Do You Happen? :

Le clip de Self-Driving Car de Lispector, single de 'The Return of the Old Flame' :

mardi 21 novembre 2023

[Track of The Day] Jerry David DeCicca - New Shadows

Quelqu'un a dit un jour que le saxophone était la pire chose qui soit arrivée au rock'n'roll. Quand bien même, Jerry David DeCicca n'en a cure et en a mis sur son nouvel album, l'intriguant 'New Shadows'. Intriguant parce qu'il prend le contre pied de son disque de 2018, le très beau et apaisant 'Time The Teacher'. Et parce qu'il a un côté « mauvais goût » (totalement assumé) avec des moments cheap au possible et des sonorités datées que Jerry David DeCicca chante d'une voix trainante et pâteuse qui hésite entre le chant et le parlé.

Et pourtant ? Hé bien ça marche. Sans doute trop calme dans l'ensemble pour véritablement emballer totalement (alors que New Shadows, en écoute aujourd'hui, est une sacrée chanson d'ouverture), tout se tient tout de même ici, dans une sorte de mélange entre les moments soft de Dire Straits et les Bob Dylan et Leonard Cohen des années 80, où se côtoient saxophone, trompette - pas des plus vilaines d'ailleurs, trombone, clarinette, synthé et la toute la panoplie liée aux eighties.

Quelqu'un a dit un jour que le saxophone était la pire chose qui soit arrivée au rock'n'roll. Jerry David DeCicca n'est pas de cet avis. Et très franchement, il a plutôt raison.  

Album : New Shadows
Année : 2023
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, New Shadows de Jerry David DeCicca est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'New Shadows' de Jerry David DeCicca, voilà Sing et ses riffs so années 80 : 

Le clip de New Shadows, single de l'album du même nom de Jerry David DeCicca :

vendredi 17 novembre 2023

[Track of The Day] Modern Cosmology - Le Train Ne Passera Pas

Mes amis vous le diront : je vois des sosies partout. Mais attention, c'est moins un talent qu'un toc car dans la majorité des cas il y a plus souvent du « à peu près » que du sosie certifié conforme. Par contre, oui, j'en vois partout.
Mais voyez-vous, cette « maladie » ne s'arrête pas au physique. Elle marche aussi bien au niveau musical (je vous laisse parcourir les innombrables pages de ce blog qui en accumulent un paquet) qu'au niveau de la voix et du phrasé.

Prenez par exemple cet album de Modern Cosmology, groupe que Laetitia Sadier forme avec Mombojó, quintet brésilien avec qui l'ex Stereolab a déjà enregistré en 2017. On y trouve Le Train Ne Passera Pas, seule chanson en français du disque. Hé bien figurez-vous que j'ai beau faire, sur ce titre,  Laetitia Sadier me fait penser à une version féminine de Michel Berger. Cette façon d'articuler, de prononcer les mots, de dérouler ses vers, de faire tomber ses fins de strophe : tout me rappelle l'ancien compositeur français. 
 
Que faire de cette information me direz-vous ? Pas grand chose à dire vrai, c'est tout à fait anecdotique mais cela donne un cachet supplémentaire à ce très beau morceau et ce joli album qui navigue entre pop un peu arty, ambiances psyché et groovy, bossa ronde comme une balle, et sur lequel ronronnent quelques guitares qui aimer prendre leur temps. A l'image de ce disque qui a la tête dans les nuages.
 
Album : What Will You Grow Now?
Année : 2023
Label : Duophonic

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Le Train Ne Passera Pas de Modern Cosmology est également en écoute ci-dessous :
 
 
 
Autre chanson réussie de 'What Will You Grow Now?' de Modern Cosmology, voilà sa chanson titre :


Le clip de What Will You Grow Now? de Modern Cosmology :

mercredi 15 novembre 2023

[Track of The Day] Le collage de France - Autoporté

Il avait promis que la suite arriverait vite. Et il a tenu parole. Après un 'Rue des Boulets Ep' aguicheur et qui donnait envie d'en savoir plus, Rémi Nation (plus connu pour être l'homme derrière Orouni) donne un peu plus de corps à sa nouvelle aventure Le collage de France avec un nouveau single, Autoporté - qu'on peut imaginer sans trop de mal être la première pierre d'un album à venir.

Autoporté qui poursuit - très bien - les premiers travaux de 'Rue des Boulets', avec sa mélodie joliment pop aux faux-airs synth-pop et que chante Cyriane Girouard d'une voix aux atours presque diaphane. Un nouveau single enthousiasmant et plutôt entêtant.

 
Album : -
Année : 2023
Label : Les Disques du Pavillon

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mardi 14 novembre 2023

[Track of The Day] Animal Collective - Stride Rite

Cela fait vingt ans que je crie dans ces pages mon amour pour Animal Collective. De l'importance qu'ils ont eu sur les productions de leur époque et les suivantes. De leurs albums qui sans cesse se renouvelaient. Des idées foisonnantes que Panda Bear, Avey Tare,  Geologist et Deakin apportaient sur chaque disque. Et si les années ont passé, si leur importance et leur aura ont baissé, le constat ne change pas.

Plutôt que de recommencer et de me répéter à nouveau, faisons vite, faisons bien : leur nouvel album 'Isn't It Now?', s'il ne révolutionnera pas de prime abord leur discographie est en réalité une drogue à l’accoutumance. Un disque brillant, extrêmement bien produit, à la première partie très Animal Collective, presque classique (tout de même Soul Capturer, quel morceau d'entrée) mais qui dès Defeat (chanson pivot merveilleuse de 22 minutes) renvoie beaucoup de monde à ses chères études en faisant des pas de côtés, en explorant à nouveaux d'autres territoires et en ravivant plus que jamais leur flamme (Gem & I, All The Clubs Are Broken).

En point d'orgue, on trouve Stride Rite, sublime chanson, sorte de rencontre entre les Beach Boys et les Fleet Foxes, qui démarre sur un simple piano conduit par Deakin, tandis que des cymbales s’époumonent à l'arrière et que les voix se doublent et se complètent tout du long sur une ambiance de plus en plus psychédélique. Sans aucun doute une de leurs meilleures compositions des dix dernières années.

Album : Isn't It Now?
Année : 2023
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Stride Rite d'Animal Collective est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Isn't It Now?' d'Animal Collective, voilà All The Clubs Are Broken

lundi 13 novembre 2023

[Track of The Day] Lewsberg - Communion

Vendredi soir dernier. La fatigue m'étreint sur les coups de 19h. Comme souvent, une petite sieste de pré-soirée s'impose. Parfois, cette sieste se transforme en nuit complète sans que je m'en rende compte, ouvrant alors les yeux vers 5h du matin, requinqué, frais et dispo. Mais pas ce vendredi non. Car ce vendredi, il y a Protomartyr en ville. Et je n'ai pas envie de rater les américains, auteurs avec 'Formal Growth in the Desert' d'un des meilleurs albums de l'année. J'ai encore moins envie de les rater que la soirée s'ouvre par les néerlandais de Lewsberg, groupe vu à de nombreuses reprises déjà sur Lyon (ils doivent avoir un truc avec la ville). Alors je décolle mes paupières une trentaine de minutes après les avoir fermées, et mon cerveau, conscient de l'opportunité qui m'est donné ce soir, rentre dans un âpre combat avec mon corps qui m'ordonne lui de continuer ce que j'ai si bien commencé.

Un coup d'eau sur le visage et un voyage en tram plus tard, nous voilà au Marché Gare, salle dont la reconstruction récente m'épate à chaque fois. Sur les visages de l'assistance et notamment de toutes les connaissances que je croise, les visages sont fatigués, presque fermés, les cernes réelles. L'envie d'être là semble mitigée mais que voulez-vous, le concert est complet et nous avons tous payé notre place. Et puis... et puis miracle.

Tout d'abord, Lewsberg s'avance sur scène. Il est 20h30. L'ambiance est feutrée. Les néerlandais démarrent leur set dans un silence poli, avec leurs chansons qui naviguent entre le Velvet Underground, Lou Reed solo et un rien de Belle & Sebastian des débuts - notamment dès qu'une des filles prend le chant, une des nouveautés de leur dernier album 'Out And About'. Les titres s'enchainent et très vite, on sent le public réceptif aux mélodies de ce quatuor stoïque et presque timide, et encore plus dès qu'il aligne les chansons les plus énergiques de son répertoire, avec en point d'orgue Six Hills, l'excellent single sorti il y a deux ans chez Speedy Wunderground. Une heure plus tard, Lewsberg tire sa révérence en ayant conquis une bonne partie du public avec leurs chansons moins post-punk décharné que par le passé et plus pop/jangle-pop sèche comme une trique mais tout à fait séduisante.

Autre ambiance avec Protomartyr qui en 1h15 va  renverser la table le temps d'un  set mené tambour battant, en alignant les meilleures chansons de 'Formal Growth in the Desert' (notamment en ouverture) et en faisant monter gentiment la pression sous le chant et les cris d'un Joe Casey en grande forme, avant de retourner totalement la salle au milieu du concert, pour ne plus la lâcher.

Après un rappel dantesque, les lumières se rallument, l'ambiance retombe, et les visages ont une toute autre apparence que quelques heures avant. Le plaisir et la puissance que Lewsberg et Protomartyr ont envoyé chacun à leur façon ont remis les pendules à l'heure. Il n'est plus question de bâillement, de grosse fatigue. L'énergie est revenue.

Reste à reprendre une bière, passer au merch acheter le dernier album de Lewsberg, en profiter pour échanger quelques mots avec Arie van Vliet et Michiel Klein (souriant et affable, très loin de l'image sérieuse et fermée qu'il affiche sur scène, ce qui fera dire notamment à mon ami Mathieu « lui, à mon avis, il rit quand il se brûle »), qui confirment donc qu'ils joueront bien (encore décidément !) sur Lyon le 18 décembre prochain à Grrrnd Zero à Vaulx-en-Velin, et que si leur dernier album 'Out And About' sort à nouveau sans label, c'est un vrai choix de leur part, pour être totalement libre. Des dernières paroles qui confirment, au delà de leurs chansons et de leurs mélodies, à quel point ce groupe est à part et qu'il mériterait un succès bien plus grand que celui qui est le sien jusque là.

Sur le trajet du retour, sous un léger crachin, et alors qu'on continue de deviser sur les prestations du soir, qu'on évoque les concerts à venir avant de dévier pour mieux parler des désespérantes saisons footballistiques de nos clubs de cœur respectifs, je me dis qu'à l'heure qu'il est je pourrais être dans mon lit depuis cinq longues heures. Mais qu'au final, la vie n'est pas si mal faite. Et que des vendredis revigorants comme ça valent toutes les siestes du monde.

Album : Out and About
Année : 2023
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Communion de Lewsberg est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'Out and About' de Lewsberg, voilà Out For Milk :