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lundi 14 novembre 2016

[Track of The Day] Leonard Cohen - Treaty

Je dois avouer que la mort de Leonard Cohen est arrivée comme quelque-chose de totalement inattendu pour moi. Pourtant notre homme avait 82 ans. Pourtant, je savais que la mort de sa muse Marianne Ihlen (qui lui ont inspiré, notamment, So Long, Marrianne et Bird on a Wire) l'avait touché et qu'il lui annonçait dans sa dernière lettre qu'il la suivrait de près (ce très beau texte est à lire là). Pourtant son dernier album, aussi bien de par son titre 'You Want It Darker' que par les paroles de la chanson du même nom (« I'm ready my Lord »), annonçait la couleur. Pourtant, le même dernier album regorge de passages exprimant une fin prochaine (« I'm leaving the table... I'm out of the game »). Pourtant, sa voix était plus que caverneuse que jamais. Et pourtant, s'il est un disque pieux, cet album peut se lire doublement, comme des adieux à sa muse de toujours.

Et malgré tout ce faisceau d'indice, je suis tombé tristement des nues dans la nuit de vendredi quand la famille de Leonard Cohen a appris au monde entier son décès. Sûrement parce que, justement, son dernier album est une splendeur et qu'on arrive - presque - à en oublier le côté sombre. Parce qu'il y apparait magnifique. Parce que ses textes sont beaux. Parce que sa voix sombre, sans doute jamais aussi grave qu'aujourd'hui, est belle de douceur et de force. Parce qu'on y trouve de beaux silence. Et parce qu'on arrive à déceler quelques moments lumineux.

Leonard Cohen s'en va donc sur cet album et un dernier morceau, String Reprise / Treaty, comme une bien sublime façon de dire au-revoir. Ah, quel testament que ceci !

NB : Je ne saurais que trop vous conseiller les deux lectures suivantes : 
- le très beau portrait que The New-Yorker a consacré à Leonard Cohen il y a quelques semaines. Un très long papier en tout point passionnant. 
- le brillant article de Jean-Marie Pottier de Slate au lendemain de l'annonce du décès de Leonard Cohen : « Leonard Cohen, de la démocratie en Amérique ».

Album : You Want It Darker
Année : 2016
Label : Columbia


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En plus du lecteur Spotify et Deezer, Treaty est également en écoute ci-dessous :



Autre chanson de cet album, You Want It Darker, la chanson titre donc :



Enfin, et pour finir ce papier, String Reprise / Treaty, la toute dernière chanson du tout dernier album de Leonard Cohen. Quelle clôture... :


mardi 10 mars 2009

Emmy The Great – First Love [Close Harbour]

Si j’ai souvent fait l’éloge d’artistes féminines dans la partie Oldies (de Millie Jackson à Evie Sands en passant par Syreeta), je n’ai que trop rarement évoqué (au moins à mon gout et à quelques Nina Nastasia, Rosie Thomas, Delphine Dora ou Mira Calix près) dans ces pages des albums récents d’artistes du, soit disant, sexe faible.

Alors quand je suis tombé sur le premier album d’Emmy The Great (de son vrai nom Emma-Lee Moss), je me suis dit qu’il était temps de rattraper mon retard en la matière. Car cette anglaise de 25 ans a du talent à revendre et son premier album, ‘First Love’, un sacré charme qui ne cesse croître au fur et à mesure des écoutes.

Emmy The Great, pour peu que l’on ait suivi l’actualité musicale de début 2008, n’est pas une nouvelle venue. Elle était en effet une des guests vocales du premier album de Lightspeed Champion, ‘Falling Off the Lavender Bridge’.

Après une presque dizaine de singles, la belle brunette saute donc le pas et sort son premier album, ‘First Love’. Un disque apparemment anodin au départ mais qui s’avère rapidement bien plus que cela. Car derrière son apparence épurée, cet album est un voyage au pays du doux et du beau, entre folk, americana et country, porté par des accords de guitare acoustique, des chœurs doucereux, des cordes et une mandoline délicates; et surtout par cette voix délicieuse, presque timide par moment, qui a le bon goût de ne jamais s’échapper dans d’improbables montées lyriques chères à tant de ses consœurs.

‘First Love’ n’est pas à proprement parler un disque qui respire la joie de vivre. On sent derrière quelques élans enjoués une tension, de vraies déchirures et de grandes souffrances, symbolisées par des paroles douce-amères et d’excellentes tenues.

Sorte de mélange de Nina Nastasia, Kimya Dawson, Jenny Lewis et Nickel Creek, Emmy The Great est une songwriter qui possède un talent fou pour dépeindre un quotidien pas toujours rose et des souffrances qui ne veulent pas s’atténuer. Et quand elle rend hommage ou simplement évoque Bob Dylan, MIA ou Leonard Cohen (et son Hallelujah via un vibrant First Love: «Now the thought of you is burnt // on my body from the first time you did rewind that line from Hallelujah // The original Leonard Cohen version»), elle n’en est que plus touchante. (sortie: 2 février 2009)


Son :
Myspace (un titre de ce ‘First Love’ en écoute)
Site officiel
Deux titres en écoute, très représentatif de l’album. Absentee, qui ouvre ce ‘First Love’, et son refrain divin, et Dylan, une chanson qui évoque le grand Bob de façon inhabituelle («And you say Dylan is a sentiment // That no one else will ever understand // And you say Dylan is a sentiment to you // But you are only just a man»), malheureusement plus en écoute.


Trois beaux clips de la demoiselle à regarder également : First Love (où elle s’amuse à rendre hommage à l’Hallelujah de Leonard Cohen), Easter Parade (qui rappelle Nina Nastasia) et un We Almost Had A Baby qui semble avoir été composé dans les années 60 :


Emmy the Great- First Love 



Emmy The Great - Easter Parade




Emmy The Great - We Almost Had A Baby


jeudi 24 novembre 2011

[Track of The Day] Leonard Cohen - Show Me The Place

A chaque nouvel album, la voix de Leonard Cohen devient de plus en plus grave. Sur Show Me The Place, premier extrait de 'Old Ideas' son nouvel album à paraître début 2012, la voix du canadien n'a jamais été aussi caverneuse. Comme s'il sortait tout droit de la tombe. Comme me le faisait justement remarquer Kill Me Sarah hier, «Tu te demandes s'il ne va pas clamser à la fin». Effectivement.

Mais ce Show Me The Place me plaît beaucoup. Je trouve cette chanson très touchante, aussi bien par son orchestration, cette façon bien à lui de «chanter», cette orchestration discrète, que par ses paroles.

Show Me The Place ne respire pas la joie de vivre, n'est pas un ouragan de couleur et de bonheur intense, mais elle est belle.

Album: Old Ideas
Année: 2012
Label: Columbia


Show Me The Place est également en écoute sur le soundcloud officiel de Leonard Cohen et ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

samedi 12 novembre 2016

[Track of The Day] Leonard Cohen - Boogie Street


J'aurais pu choisir sans doute une plus belle chanson de Leonard Cohen pour lui rendre hommage. Ce n'est pas ce qui manque dans sa discographie. Mais Boogie Street est celle avec laquelle j'ai - vraiment - découvert ce Monsieur au début des années 2000. So long Leonard, et merci pour tout.

« A sip of wine, a cigarette,
And then it’s time to go.
I tidied up the kitchenette;
I tuned the old banjo.
I’m wanted at the traffic-jam.
They’re saving me a seat.
I’m what I am, and what I am,
Is back on Boogie Street. »

dimanche 30 mars 2008

Track of The Day (25-31 mars 2008)

Une semaine musicale avec des géants et quelques nouveaux groupes charmants. Ainsi que la suppression des pages persos où j'entreposais de la musique pour la mettre en écoute ici, et ce uniquement en streaming. Ce qui explique donc le fort ralentissement dans l'écriture et la publication de nouvelles chroniques (et c'est pas l'envie qui manque). Merci Free! Mais heureusement, il reste deezer! (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 31 mars 2008:

* Leonard Cohen - Boogie Street [Sony]
Le grand Leonard Cohen sera de passage en France cet été. Auteur-compositeur-interprète mythique, il distille ses albums au compte-gouttes (le dernier, 'Book of Longing' composé avec Philip Glass, est sorti en 2007. Et je viens de l'apprendre). Ses dernières productions ont un son particulièrement froid: une boite à rythme, sa voix burinée au whisky et ses textes, toujours aussi bons. Il faut aimer. Et j'avais bizarrement beaucoup apprécié son 'Ten New Songs' de 2001, malgré cette production chaude comme du marbre en hiver. La présence de deux voix féminines sur cet album aidant surement à l'affaire. Comme sur ce Boogie Street, renversant...
(disponible sur Ten New Songs, 2001)

Dimanche 30 mars 2008:
* Young Republic - Girl From The Northern States [End Of The Road]
Entre Belle and Sebastian, Adam Green voire Herman Düne, ce disque pop est un vrai bonheur. On ressortira quand même ce Girl From The Northern States, qui évoque un des plus grands titres de Bob Dylan et qui semble avoir pris la bande de Stuart Murdoch en backing band.
(disponible sur 12 Tales From Winter City, 2008)

Samedi 29 mars 2008:
* Lee Hazlewood - It's Nothing to Me [Four Music]
Dans quelques semaines, quand j'aurais plus de temps, quand mon hébergeur ne me fera pas de coups dans le dos, je reprendrai les chroniques de disques Oldies. J'en consacrerai une chronique au grand Lee Hazlewood qui nous a quitté l'an passé et à un de ses albums majeurs. Avant cela, retournons en 2006 et écoutons un It's Nothing to Me qui me donne à chaque fois les larmes aux yeux. Putain de vie.
(disponible sur Cake or Death, 2006)

Vendredi 28 mars 2008:
* Bon Iver - For Emma, Forever Ago [Jagjaguwar]
Je reparlerais de ce disque splendide dans quelques temps (comprendre: quand j'aurais trouvé un nouvel hébergeur de son). Mais avant, voilà For Emma, Forever Ago, titre qui clôt l'album du même nom de Bon Iver. De la pop matinée de folk, avec des cuivres et des voix douces et hauts perchées. Merci Jagjaguwar!
(disponible sur For Emma, Forever Ago, 2008)

Jeudi 27 mars 2008:
* Scenario Rock - Histrionics [Jive]
Deuxième et nouvel album pour ces français, plus célèbres par les remix de Justice de leurs tubes (Skitzo Dancer pour ne pas le nommer) qu'autre chose. Un second opus plutôt frais et réussi d'où on ressortira le titre éponyme, Histrionics, long titre baroque de plus de dix minutes et vrai grand morceau de bravoure pop.
(disponible sur Histrionics, 2008)

Mercredi 26 mars 2008:
* The Hold Steady - Chips Ahoy! [Vagrant]
Du rock pompier? Du hard-rock Fm? Bof, à dire vrai, je ne sais pas trop. Un album pas forcément parfait mais quelques passages réjouissants, comme ce Chips Ahoy!, aux riffs gros comme une maison. Ou quand Springsteen rencontre Blue Öyster Cult. En gros.
(disponible sur Boys and Girls in America, 2006)

Mardi 25 mars 2008:
* Alain Bashung - La Nuit Je Mens [Barclay]
Son nouvel album, 'Bleu Pétrole' vient de sortir et il est encensé de partout. Avant de revenir dessus dès que j'aurais pu y mettre une oreille dessus, retour sur 'Fantaisie Militaire', peut-être le plus bel album d'Alain Bashung, géant parmi les géants. Un disque porté par ce poppy La Nuit Je Mens, sublimé par le talent des Valentins.
(disponible sur Fantaisie Militaire, 1998)

lundi 15 décembre 2025

[Track of The Day] Cory Hanson - Bird on a Swing

En 1969, pour ouvrir son deuxième album 'Songs From a Room', Leonard Cohen avait choisi Bird on the Wire. Une chanson destinée à être une de ses plus célèbres compositions, qui marqua son monde à l'époque (Tim Hardin la reprendra et lui donnera même le titre de son album de 1971), à tel point même que Kris Kristofferson, à son écoute, demanda à ce que les trois vers inauguraux (« Like a bird on the wire / Like a drunk in a midnight choir / I have tried in my way to be free ») figurent sur sa pierre tombale le jour il passerait de l'autre côté.

Cinquante-six ans plus tard, Cory Hanson ouvre son quatrième album 'I Love People' par Bird on a Swing. Et il est difficile de ne pas y voir une référence évidente au chef d’œuvre de Cohen. A ceci près que Cory Hanson renverse tout. Musicalement déjà où, à l'ambiance presque austère de Bird on the Wire, Bird on a Swing oppose un folk plein de pop, aux légers accents country, aux chœurs soulful à souhait, mené par une mélodie au piano, certes mélancolique, mais enjouée. Stylistiquement aussi : là où Bird on the Wire voyait un narrateur épris de liberté qui s'excusait de ceux qu'il avait pu blesser en devenant libre, Bird on a Swing est une chanson où le héros vit mal cette libération : le texte est amer (« I can count on my friends / Like I count on my debts »), désabusé (« I'm a lonely bitter soul / I got sadness in my skull / And I'm only kind to strangers / They're the only people I don't know ») voire désespéré par moments (« I rode on the darkest range / I worked a thousand graveyard hours / I have no blood left in my veins »), et l'on se dit très vite que cette liberté gagnée est beaucoup plus contrainte que souhaitée (« That's the cost of being free »).

Et le résultat final est grandiose. Car Bird on a Swing est sans doute une des toutes meilleures chansons d'ouverture de 2025. Vous comprendrez donc qu'à quinze jours de la quille, il était temps pour moi de l'évoquer. Surtout quand on sait que 'I Love People' de Cory Hanson est sorti le 25 juillet dernier.

Album : I Love People
Année : 2025
Label : Drag City

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bird on a Swing de Cory Hanson est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Bird on a Swing, chanson qui ouvre 'I Love People', le nouvel album de Cory Hanson :

lundi 10 mars 2008

Track of The Day (04-10 mars 2008)

Un peu de son black (ça faisait longtemps), quelques nouveautés et avant-premières ainsi qu'une reprise des plus délicates. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, colonne de droite).


Lundi 10 mars 2008:

* Sebastien Tellier - La Ritournelle [Recordmakers]
La France a donc choisi Sebastien Tellier pour la représenter à l'Eurovision. On se fout de cette compétition à deux sous certes, mais ça fait quand même plutôt plaisir de voir un gars comme lui sur le devant de la scène. Histoire donc de célébrer l'évènement (et parce que je n'ai toujours pas écouté son tout nouveau 'Sexuality'), replongeons nous dans sa Ritournelle qui l'a rendu (presque) célèbre. Toujours aussi délicieux.
(disponible sur Politics, 2003)

Dimanche 9 mars 2008:
* The Kills - Black Balloon [Domino]
Sur leur nouvel album, 'Midnight Boom', The Kills y sont surprenant et s'écartent de ce qui a fait leur succès avec leur deux premiers opus. Il n'empêche que Alison Mosshart (dit VV) et Jamie Hince (aka Hotel) y sont très convaincants. La preuve avec ce Black Balloon, tout en douceur.
(disponible sur Midnight Boom, 2008)

Samedi 8 mars 2008:
* Feeder - Miss You [Echo]
Alors que le trio est toujours en studio, ce premier titre du prochain album (prévu pour cette année) vient de faire son apparition sur le net. Un Miss You nerveux et concis, tubesque à mort, qui devrait enfin faire de Feeder un des groupes à succès des prochains mois.
(disponible sur leur futur nouvel album, 2008)

Vendredi 7 mars 2008:
* The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) [Ninja Tune]
En 2005, The Herbaliser rendait hommage à Serge Gainsbourg avec ce titre sobrement intitulé Serge, sur lequel Katerine vient poser sa voix dans un déluge de cordes à la Melody Nelson. Grand moment.
(disponible sur Take London, 2005)

Jeudi 6 mars 2008:
* Danger Mouse & Jemini - The Only One [Lex]
Premier album à faire éclater le talent dingue de Danger Mouse, le 'Ghetto Pop Life' avec Jemini (ce dernier au flow, lui à la prod) s'imposera à la fin de la décennie comme un des meilleurs disques hip-hop de son temps. Fin, pas gling-gling pour un sou, encore moins vulgaire: juste énormément bon.
(disponible sur Ghetto Pop Life, 2003)

Mercredi 5 mars 2008:
* Dub Incorporation - Life (feat. Tiken Jah Fakoly) [Productions Speciales]
Les Stéphanois de la Dub Incorporation invitent Tiken Jah Fakoly sur leur premier album. En résulte ce duo reggae-mais-pas-que Life d'une efficacité sans borne, entre accents africains et chants kabyles.
(disponible sur Diversité, 2003)


Mardi 4 mars 2008:
* Keren Ann - Hallelujah [Delabel]
La belle Keren Ann reprend le Hallelujah de Leonard Cohen (ou plutôt la version de John Cale, à peine différente de l'originale) et la pond à sa sauce. Intimiste, charmante. Comme elle.
(disponible sur Keren Ann (Bonus CD), 2007)

lundi 23 mai 2011

[Track of The Day] Mayer Hawthorne - Don’t Turn The Lights On (Chromeo cover)

Et le titre de meilleur Ep de l'année à ce jour est attribué à… Mayer Hawthorne! Et histoire de le faire partager au plus grand nombre, la petite pépite black music de chez Stones Throw offre ce 'Impressions Ep' gratuitement.

Au programme, six reprises de classiques à compositions plus underground, d'une classe folle, entre soul, rythm'n'blues et funk. Du très bel ouvrage, tantôt lascif (sublime Don't Turn The Lights On, en écoute, aux faux airs du 'Ten Songs' de Leonard Cohen), tantôt festif (belle relecture du Mr Blue Sky de Electric Light Orchestra, pourtant reprise à foison depuis quelques temps), tantôt câlin (Fantasy Girl) toujours porté par un groupe genre parfait qui assure bien plus que le minimum et un Mayer Hawthorne qui pose sa voix très justement.

Mayer Hawthorne avait donné de gros espoirs avec son premier album, 'A Strange Arrangement' il y a deux ans. Il fait plus que confirmer avec ce 'Impressions Ep', disque dont il est vraiment difficile de se passer une fois écouté. Immense coup de cœur du moment.

Album: Impressions Ep
Année: 2011
Label: Stones Throw

Ce 'Impressions Ep' de Mayer Hawthorne est donc à télécharger gratuitement et légalement en allant directement sur la page du disque chez Stones Throw, ici même.

vendredi 21 février 2025

James Felice - The Little Ones [Million Stars]

« C'est quand on s'y attend le moins que l'amour frappe à la porte » dit l'adage. Sachez que c'est aussi le cas en musique : c'est quand on s'y attend le moins qu'on tombe sur un bijou. Un petit diamant noir venu un peu de nulle part, inattendu mais dont le premier morceau, ses mesures et ses premières paroles vous happent et font résonner en vous quelque-chose que vous n'aviez pas ressenti depuis longtemps.

Le disque en question, c'est 'The Little Ones' de James Felice. James Felice, un des trois frères de The Felice Brothers, groupe à tenir en haute estime, toujours actif ('Valley of Abandoned Songs' remonte à juin dernier) mais qui voit donc un de ses membres s'émanciper le temps d'un premier album solo, publié lui aussi chez Million Stars, le nouveau label de Conor Oberst de Bright Eyes.

Si les biographies d'albums regorgent en général de lieux communs, les mots de James Felice pour présenter et résumer 'The Little Ones' sont ici très justes : « Little stories about little people up against the enormity of the universe and the hideous length of eternal time, and the endless confusions of love and being loved. Big serious ideas, funny little people. All sung softly in a song ».

Car 'The Little Ones', c'est un peu tout cela : des histoires banales d'amour de gens comme vous et moi, de losers paumés (« Did it hurt when you fell from heaven? » chante James Felice sur l'excellente chanson d'ouverture Pick Up Line), parfois cachées derrière quelques questionnements presque métaphysiques, et où désespoir, blessures et nostalgie douloureuse ne sont jamais très loin. Le tout dans une ambiance mélancolique, sans flonflon ni paillettes, mais jamais austère (la production ample n'y est pas étrangère), où l'orchestration, parfois quasiment nue (Tiny Man en clôture), souvent plus fournie (My Enemies, More Than a Pet, Less Than a Friend ou le sublime The Giantess), ne fait jamais dans le superflu et le clinquant.

Enregistré presque en secret lors de chaudes nuit de l'été dernier, 'The Little Ones' est un disque intime, construit autour d'un piano délicat et qui aime intégrer le silence à ses mélodies, agrémenté d'accordéon, d'une boite à rythme, de quelques touches discrètes de cordes, de guitare et de basse, et magnifié par des chœurs d'une grande justesse. Un album qui, sous ses airs jazzy et quelques atours soul, se retrouve à la croisée des chemins de Leonard Cohen, Randy Newman, David Gray, Fiona Apple, Tom Waits et Bob Dylan, dont on ressent l'influence, si ce n'est l'âme, tout du long. Un premier album solo saisissant, touchant, désenchanté et d'une beauté rare de la part de James Felice. Rien de moins qu'un petit chef d’œuvre que l'on va adorer chérir. (Sortie : 14 février 2025) 


Plus :

'The Little Ones' de James Felice est en écoute sur Soundcloud
'The Little Ones' de James Felice est à l'achat sur le site officiel de Million Stars
'The Little Ones' de James Felice est à l'écoute un peu de partout


Trois chansons de 'The Little Ones' de James Felice en écoute aujourd'hui. The Giantess en ouverture, sublime avec son accordéon tendu
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Pick Up Line et son fameux « Did it hurt when you fell from heaven? », accroche de drague la plus pétée qui soit. Et enfin Tiny Man en clôture, presque totalement dénudé mais à vous donner des frissons :



mercredi 25 décembre 2019

Purple Mountains - Purple Mountains [Drag City]

J'ai parfois vu passer le nom de David Berman. J'ai plus souvent vu celui de son groupe, Silver Jews, revenir. Mais je ne m'y suis jamais arrêté, quand bien Stephen Malkmus, quand bien même Bob Nastanovich. Alors en août dernier, quand la mort de David Berman a été annoncée, je n'ai pas été spécialement touché. Mais les tombereaux d'hommages, de gens tristes à en pleurer, les témoignages bouleversés disant à quel point cet homme avait marqué leur vie, tout ceci m'a interpellé.

Quelques semaines plus tôt, j'avais écouté le premier album de Purple Mountains, nouvelle formation de David Berman qui revenait après un silence de près de 10 ans (et la séparation des Silver Jews). Une écoute rapide, parmi d'autres, vite expédiée, pas spécialement marquante, qui plus est dans un été qui commençait mal. Et puis est arrivé le 7 août, la tristesse des uns, les pleurs et l'incompréhension des autres. Et Purple Moutains s'est ré-imposé dans mes oreilles ; pour savoir qui était cet artiste qui avait touché et ému tant de personnes. Pour comprendre à côté de quoi j'étais passé passé ces 30 dernières années. En quelques écoutes, la réponse s'est présentée d'elle-même. On appelle ça un choc à retardement.

Car ce disque est d'une beauté transcendante. Par sa musique, indie-pop aux accents country, ses morceaux que David Berman construit et sait embellir au moment du refrain (superbe Nights That Won’t Happen), les fantômes qu'il convie (celui du Range Life de Pavement sur That’s Just the Way That I Feel et Maybe I’m the Only One for Me, deux chansons qui ont la même ligne mélodique,  ceux des Rolling Stones sur She’s Making Friends, I’m Turning Stranger), la chaleur qui se dégage de ses mélodies - avec invariablement une douce mélancolie en arrière-plan -, et la voix de David Berman, des tournures joliment troussées plein la bouche (« Ghosts are just old houses dreaming people in the night »), parfaite pour conter ces histoires empreintes de désespoir et de fatalisme.

Car s'il rend un hommage touchant à sa maman décédée (I Loved Being My Mother’s Son), 'Purple Mountains' est un album où il est question de peine, d'amertume et de tristesse (un sens encore plus aigu depuis le 7 août dernier) : que David Berman parle de sa rupture d'avec sa femme Cassie après 20 ans de mariage (She’s Making Friends, I’m Turning Stranger), de son incapacité désormais à être heureux (Maybe I’m the Only One for Me) ou de la fatalité qui semble l'habiter (« My every day begins with reminders I've been stranded on this planet where I've landed beneath this gray as granite sky. A place I wake up blushing like I'm ashamed to be alive » sur Margaritas at the Mall, tube indie en or massif du disque ; « I spent a decade playing chicken with oblivion, day to day, I'm neck and neck with giving in, I’m the same old wreck I've always been » sur le tristement prémonitoire That’s Just the Way That I Feel). 

Pour autant, le mélange des deux n'en fait un disque dépressif. Non, l'alliage est subtil et penche vers un ensemble d'où s'échappe une touchante mélancolie et une troublante sincérité. Surtout, 'Purple Mountains' est un album somptueux et majeur. Le genre de révérence sublime, à la 'You Want It Darker' de Leonard Cohen. Un disque qui préfigure en quelques sortes les évènements futurs, sans que nous ne nous en rendions vraiment compte sur l'instant. Et qui fait de David Berman un artiste pour lequel on ressent rapidement un amour immodéré - quand bien même (et c'est très perturbant) ce papier n'aurait sans doute jamais vu le jour sans sa disparition. (Sortie : 12 juillet 2019)

Plus :
'Purple Mountains' de Purple Mountains est en écoute sur le bandcamp du groupe
'Purple Mountains' de Purple Mountains est à l'achat sur le bandcamp du groupe
'Purple Mountains' de Purple Mountains est également en écoute sur Spotify et Deezer (notamment)
Beaucoup de beaux papiers ont été écrits suite au décès de David Berman. Mais si vous ne deviez en lire que deux pour comprendre à quel point cet homme touchait les gens, il faut lire ceux de Pauline Le Gall : l'un sur l'album 'Purple Mountains', écrit quelques jours avant son décès. L'autre publié quelques jours plus tard.

Trois chansons de cet album de Purple Mountains. Margaritas at the Mall, tube imparable de l'album (également en écoute dans les playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc) dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Nights That Won’t Happen et son sublime refrain. Et enfin That’s Just the Way That I Feel et son côté prophétique :






Pour finir, les deux clips de cet album de 'Purple Mountains' : Darkness and Cold et All My Happiness Is Gone :





EDIT : On vient de me faire découvrir le très bel éloge de Jeffrey Lewis, quelques jours après la disparition de David Berman, lors d'un concert en appartement. Jeffrey Lewis y parle de Berman, de sa joie de travailler avec lui pour pour concevoir la pochette de 'Purple Mountains', de sa réaction à l'écoute du disque (« It was the saddest most depressed and suicidal record I have ever heard. (...) When you hear this record, this is the work of a guy about to kill himself. The most hopeless depressed record that anybody ever made »), de ses échanges à ce propos avec Berman. Et du dernier message qu'ils se sont envoyés. Cela dure 8mns, c'est touchant au départ, bouleversant au final :



lundi 9 octobre 2017

Wolf Parade - Cry Cry Cry [Sub Pop]

Il y a des chansons qui sont tellement incroyables qu’elles ont la fâcheuse tendance d’écraser de leur force l’album dans lequel elles se trouvent. Et qui empêchent d'apprécier un disque dans sa globalité. Deux exemples marquant chez moi : le Bloodbuzz Ohio de The National et le Bullets de Tunng. Mais il en existe évidemment plein d'autres.

Et puis, il y a d'autres chansons, tout aussi fortes mais dont la puissance réside dans le fait qu’elles rendent le reste de l’album encore plus beau (un exemple parmi des milliers, No One Said It Would Be Easy de Cloud Cult).

Lazarus Online, la chanson qui ouvre le nouvel album des canadiens de Wolf Parade est à ranger dans la deuxième catégorie. D’une puissance incroyable, d’une mélodie à se damner, avec un piano comme hanté, celle-ci ouvre la voie de façon magistrale à la suite du disque.

Un disque qui voit la reformation du duo Spencer Krug/Dan Boeckner, six ans après leur split faisant suite à un 'Expo 86' sans réelle saveur. Loin d’avoir abandonné leurs innombrables projets parallèles, les Wolf Parade se sont remis en selle, et de quelle manière, avec ‘Cry Cry Cry’, leur 4è album, et sans doute leur meilleur avec ‘At Mount Zoomer’.

Car passé Lazarus Online, magnifique ouverture donc, le duo va dérouler dix autres chansons aux mélodies imparables pleines de guitares sublimes, de synthés, de piano, de cuivres. Véritable synthèse des appétences musicales de Spencer Krug et Dan Boeckner, rendant même de discrets hommages aussi bien à Bowie (Lazarus Online) qu'à Leonard Cohen (« But it's all inside the heart and Marianne won't let them near it » sur Valley Boy), ‘Cry Cry Cry’ est un disque impeccable et qui réussit à mélanger avec une grande subtilité textes désabusés et mélodies dansantes (voire festives) et enivrantes.

Un retour par la très grande porte donc pour les Wolf Parade, à l'instar de LCD Soundsystem, la sincérité dans la démarche en plus, le cynisme de James Murphy en moins. ‘Cry Cry Cry’, album de l’année ? On fera le point dans quelques semaines, mais on en sera sans doute pas très loin. (Sortie : 6 octobre 2017)

Plus :
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est en écoute sur le bandcamp du groupe
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est (notamment) à l'achat sur le bandcamp du groupe
'Cry Cry Cry' des Wolf Parade est en écoute sur Deezer et Spotify (et bien d'autres)
Le site officiel de Wolf Parade


Trois chansons de ce 'Cry Cry Cry' de Wolf Parade. Lazarus Online (également en écoute dans le lecteur Deezer et Spotify dans la colonne de gauche), Incantation et Weaponized :
 





Pour finir, deux clips tirés de ce 'Cry Cry Cry' de Wolf Parade  : Valley Boy et You're Dreaming :

Wolf Parade - Valley Boy


Wolf Parade - You're Dreaming



jeudi 20 mars 2008

Tanakh - Ardent Fevers [Alien8]


En cette période de paresse musicale (comprendre: une préférence à plonger dans quelques vieux disques plutôt qu'autre chose), je me suis dit qu'il serait temps de vous présenter (enfin, pour ceux qui ne le connaissent pas) un songwriter que j'aime beaucoup: Jesse Poe.

Américain de son état, Jesse Poe n’est pas quelqu’un qui se laisse aller à la facilité. Jesse Poe n’est pas du genre à perdre son temps à faire deux fois la même chose. Non. Bien au contraire, Jesse Poe est quelqu’un qui a une vision bien singulière de sa passion, tentant de défricher un grand nombre de styles musicaux. Et à chaque fois, il le fait avec classe.

Tanakh, en dépit de nombreuses autres collaborations et d’autres groupes dont il assume le leadership, reste sa principale «créature». Une bête fascinante qui dévoile à chaque nouvel album un visage qu’on ne lui connaissait pas.

De 'Villa Claustrophobia', on se souvient d’un disque plein d’abstraction, de grands espaces d’orients aux contrées occidentales. De son successeur, le splendide 'Dieu Deuil', on a la réminiscence d’un folk planant, très post-rockien. Quant à leur album éponyme sorti en 2004, c'était un grand moment de musique expérimentale, aussi délicat d’accès qu’hypnotique.

En 2006, le bougre a pris tout le monde a revers en osant sortir 'Ardent Fevers', un disque de folk/folk-rock, chez Alien8 (et un dans mon top 3 de l'année). Un disque d’une beauté manifeste et d’une classe folle. Car autant ne pas cacher la fin de l’histoire plus longtemps, 'Ardent Fevers' est un grand album. Indéniablement, le plus beau de folk/folk-rock sorti cette année là. Un album digne des plus grands qui frappe par la force de ses compositions et par une production absolument effarante de précision et de perfection.

En onze titres, Tanakh convie guitares sèches et électriques, batterie soignée, cuivres lyriques, chœurs apaisés et cordes déchirées. Il faut se voir frissonner devant la trompette de Grey Breathes, humer l’air des Etats-Unis des années 50 sur Hit The Ground ou fredonner un Restless Hands très sixties.

Sans s’éloigner des codes traditionnels du folk, Jesse Poe y apporte sa touche, en prenant un malin plaisir à laisser la musique prendre le pas sur le chant, autorisant ainsi l’esprit de l’auditeur à aller vagabonder et se perdre dans des contrées oniriques faites de plaines désertiques ou embrumées, parfois uniquement troublées par quelques accords bluesy d’une guitare acérée (les splendides Still Trying to Find You Home et Takes and Read).

Il y a dans les morceaux de Tanakh ce je-ne-sais-quoi de Neil Young et de Leonard Cohen. Un petit riff pour sublimer un rien, un souffle pour faire frissonner, une phrase pour dérouter. Un grand songwriter qui à chaque nouvel album confirme encore plus tout le bien que l’on pensait de lui. Un artiste assez hors-norme, comme cet album qui reste longtemps en bouche, tel un succulent bonbon que l’on voudrait éternel. (sortie: 4 avril 2006)
Son:
Myspace (4 titres en écoute)

Deux titres en écoute, un tout en douceur (
5 a.m) et un autre qui semble rendre hommage aux années 70 et à ses longs solo qui pourraient (devraient?) en faire hurler quelques uns (Take and Read). (malheureusement, plus en écoute).

vendredi 26 novembre 2021

[Track of The Day] Papercuts - Try Baxter's Bliss

Les faits sont décidément têtus : si les albums de Papercuts ont du mal à me passionner sur la longueur, les Ep, eux, y arrivent très bien. Après 'Kathleen Says Ep' de 2019 et ses trois chansons (dont la très belle reprise de Blues Run The Game de Jackson C. Frank, Jason Robert Quever réussi à nouveau son coup avec 'Baxter's Bliss Ep' et ses cinq titres de toute beauté.

Cinq chansons donc au menu, dont deux reprises : When Will You Come Home de Galaxie 500 et The Partisan de Leonard Cohen. Si celles-ci sont réussies (la première très retravaillée, la seconde dans la lignée de l’originale), on succombera avant tout à Try Baxter's Bliss, à son piano et sa rythmique plein d'écho, à sa douce mélancolie et à ces petits côtés Casiotone and The Painfully Alone et Radiohead (qui irradie sur le refrain, la voix de Jason Robert Quever rappelant quelques élans de Thom Yorke).

Album : Baxter's Bliss Ep
Année : 2021
Label : Psychic Friends

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Try Baxter's Bliss de Papercuts est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson extraite de 'Baxter's Bliss Ep' de Papercuts, voilà End Times Daily :

Le clip de Try Baxter's Bliss de Papercuts :

mercredi 13 décembre 2023

[Track of The Day] Loverman - Who's Going To Love You

Si tout n'est pas emballant sur 'Lovesongs', si l'ensemble est sans doute un peu trop long, il y a de belles choses à aller dénicher dans ce premier album du belge Loverman, sorte de rencontre entre Leonard Cohen et Matt Elliott. Un disque aux chansons folk sombres sur lesquelles planent un rien de gospel qui amène autant de charme que de chaleur. Mais surtout il y a une petite merveille, que dis-je une merveille, un diamant noir à la pureté incroyable : Who's Going To Love You.

Une chanson mélancolique à souhait que Loverman chante d'une voix douce, qu'on perçoit comme profonde, sur quelques notes de guitares. Et ce qui ne devait être qu'un morceau folk déprimé prend une toute autre ampleur dès le premier refrain quand il est rejoint par une voix féminine pour chanter « Who’s going to love you? Now that you’ve made up your mind... Who’s going to love you? And what will you leave behind? ». La chanson part alors vers des sommets plus célestes et en même temps désespérés, qu'elle atteint sur sa dernière partie lorsque l'orchestration se fait plus généreuse, où les deux voix se conjuguent pour répéter comme un mantra « Who’s going to love you? » avant que Loverman éteigne les lumières en quelques murmures. Un morceau aussi habité que splendide.

Album : Lovesongs
Année : 2023
Label : PIAS

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Who's Going To Love You de Loverman est également en écoute ci-dessous :
 

samedi 1 décembre 2007

[Oldies] Tim Hardin – Bird on a Wire (1971)

Si l’on devait résumer la carrière discographique de Tim Hardin, ange déchu de la folk-music des années 60/70, on citerait deux titres. Le premier serait If I Were a Carpenter, son morceau qui a connu le plus de succès - pas forcément sa version, mais celle d’autres, comme Bobby Darin qui hissera le titre tout en haut, ou presque, des charts US en 1966.

Le second serait Bird on a Wire, une reprise de Leonard Cohen qui, osons-le, surpasse l’original. Un titre soulfull comme disent les anglophones (voir plus bas), plein d'ambiances et avec un chant noir surprenant. C'est ce morceau qui donne son nom au disque dont il est question ici. Et qui l’ouvre même.

Septième album (si l’on compte les lives) de Tim Hardin, 'Bird on a Wire' est un des tous derniers enregistrements correct du folkeux de l’Oregon. Un beau disque qui compte presque à part égale des compositions originales et des reprises de standards vraiment aguicheuses (celle de Georgia on My Mind est assez réussie avec une voix qui rappelle par moment celle de Stevie Wonder).

Trente-cinq minutes pour dix morceaux dont quelques grands moments comme ce Southern Butterfly tire-larmes malgré un côté classique et basique (ces quelques accords de guitares folk, surmontés de cuivres et de cordes toutes légères, voir plus bas) ou ce Satisfied Mind (écrit par Joe Hayes et Jack Rhodes) somptueux et délicat comme jamais.

'Bird on a Wire' n’est peut-être pas le meilleur album de Tim Hardin. Ses premiers opus (I, II et III) sont sûrement plus beaux, plus grands. Mais ce disque là reste la dernière vraie production discographique du compositeur américain. Dès 1973 et jusqu’à sa mort en 1980, ses albums ne seront qu’une suite de déceptions et de titres sans force, sans grâce, sans talent. La faute à une addiction beaucoup trop grande à une poudre blanche légèrement destructrice.

Lorsque le 29 décembre 1980, il subit finalement les lois conjuguées de l’héroïne et de la morphine, Tim Hardin vient tout juste d’avoir 39 ans. Et laisse derrière lui un sac entier de chansons indémodables (qu’ils seront nombreux à aller reprendre, de Johnny Cash à Okkervil River, des Small Faces à Paul Weller), quelques jolis (voire même plus) albums et une reprise renversante en guise d’oraison funèbre. Comme un oiseau sur un fil barbelé…

Première sortie : 1971 (Columbia)
Réédition : 2005 (Sony)


Son :
Myspace (trois titres dont un de ce ‘Bird on a Wire’)

Et en écoute, Bird on a Wire (bien sûr), A Southern Butterfly, à tomber et Love Hymn, qui clôt le disque :