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mercredi 24 novembre 2021

[Track of The Day] The Felice Brothers - We Shall Live Again

Cela faisait quatre ans que je n'avais pas croisé la route des Felice Brothers. Et la dernière fois, c'est lorsqu'il avait officié comme backing band de Conor Oberst sur son 'Salutations' de 2017. Et les retrouvailles sont du genre très réussies pour ainsi dire avec 'From Dreams to Dust', le huitième album du groupe mené par les frères Felice.

Un album enregistré dans une vieille chapelle new-yorkaise désaffectée de la fin du XIXè siècle, entre folk-rock de bon aloi, balades sublimes, et soupçons jazzy du meilleur effet. Un disque de près de 55 minutes dont plus de huit sont consacrées à We Shall Live Again (en écoute aujourd'hui), titre qui clôt l'album de façon majuscule. Une longue mélopée dans un style très dylanien, qui voit s'enchaîner les couplets comme s'évadent les idées et les pensées du narrateur, assis dans un train à voir le monde se déchirer, et où à l'écoute de ces « We shall live again... We shall live again... » répétés comme un mantra l'on croit entendre « Wish I live again ». Une chanson en tous points sublime où se côtoient Proust, François d'Assise, Hegel, Graceland, AC/DC, les plaines de l'Ouest et les montagnes de l’Argentine. Epic comme disent les américains.

Album : From Dreams to Dust
Année : 2021
Label : Yep Roc Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, We Shall Live Again de The Felice Brothers est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'From Dreams to Dust' de The Felice Brothers, voilà le Dylan-esque To-Do List

Le clip de Jazz on the Autobahn, chanson d'ouverture de 'From Dreams to Dust', un des trois singles extraits de cet album de The Felice Brothers :

 

vendredi 21 février 2025

James Felice - The Little Ones [Million Stars]

« C'est quand on s'y attend le moins que l'amour frappe à la porte » dit l'adage. Sachez que c'est aussi le cas en musique : c'est quand on s'y attend le moins qu'on tombe sur un bijou. Un petit diamant noir venu un peu de nulle part, inattendu mais dont le premier morceau, ses mesures et ses premières paroles vous happent et font résonner en vous quelque-chose que vous n'aviez pas ressenti depuis longtemps.

Le disque en question, c'est 'The Little Ones' de James Felice. James Felice, un des trois frères de The Felice Brothers, groupe à tenir en haute estime, toujours actif ('Valley of Abandoned Songs' remonte à juin dernier) mais qui voit donc un de ses membres s'émanciper le temps d'un premier album solo, publié lui aussi chez Million Stars, le nouveau label de Conor Oberst de Bright Eyes.

Si les biographies d'albums regorgent en général de lieux communs, les mots de James Felice pour présenter et résumer 'The Little Ones' sont ici très justes : « Little stories about little people up against the enormity of the universe and the hideous length of eternal time, and the endless confusions of love and being loved. Big serious ideas, funny little people. All sung softly in a song ».

Car 'The Little Ones', c'est un peu tout cela : des histoires banales d'amour de gens comme vous et moi, de losers paumés (« Did it hurt when you fell from heaven? » chante James Felice sur l'excellente chanson d'ouverture Pick Up Line), parfois cachées derrière quelques questionnements presque métaphysiques, et où désespoir, blessures et nostalgie douloureuse ne sont jamais très loin. Le tout dans une ambiance mélancolique, sans flonflon ni paillettes, mais jamais austère (la production ample n'y est pas étrangère), où l'orchestration, parfois quasiment nue (Tiny Man en clôture), souvent plus fournie (My Enemies, More Than a Pet, Less Than a Friend ou le sublime The Giantess), ne fait jamais dans le superflu et le clinquant.

Enregistré presque en secret lors de chaudes nuit de l'été dernier, 'The Little Ones' est un disque intime, construit autour d'un piano délicat et qui aime intégrer le silence à ses mélodies, agrémenté d'accordéon, d'une boite à rythme, de quelques touches discrètes de cordes, de guitare et de basse, et magnifié par des chœurs d'une grande justesse. Un album qui, sous ses airs jazzy et quelques atours soul, se retrouve à la croisée des chemins de Leonard Cohen, Randy Newman, David Gray, Fiona Apple, Tom Waits et Bob Dylan, dont on ressent l'influence, si ce n'est l'âme, tout du long. Un premier album solo saisissant, touchant, désenchanté et d'une beauté rare de la part de James Felice. Rien de moins qu'un petit chef d’œuvre que l'on va adorer chérir. (Sortie : 14 février 2025) 


Plus :

'The Little Ones' de James Felice est en écoute sur Soundcloud
'The Little Ones' de James Felice est à l'achat sur le site officiel de Million Stars
'The Little Ones' de James Felice est à l'écoute un peu de partout


Trois chansons de 'The Little Ones' de James Felice en écoute aujourd'hui. The Giantess en ouverture, sublime avec son accordéon tendu
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Pick Up Line et son fameux « Did it hurt when you fell from heaven? », accroche de drague la plus pétée qui soit. Et enfin Tiny Man en clôture, presque totalement dénudé mais à vous donner des frissons :



lundi 20 novembre 2017

[Track of The Day] Conor Oberst - Empty Hotel by the Sea

Il y a encore quelques années, les disques de Bright Eyes brillaient de mille feux. Puis, peu à peu, Conor Oberst et ses copains ont perdu la flamme, leurs derniers albums ne contenant que de simples flammèches. Et ce projet a été mis entre parenthèses.
La carrière de Conor Oberst ne s’est pour autant pas arrêtée, et vu son talent de compositeur comme de parolier, c'eut été ballot vous admettrez.
Il a ainsi multiplié les disques que ce soit sous son propre nom, accompagné de The Mystic Valley Band ('Outer South') ou formant le temps d'un album un super groupe, Monsters of Folk, dont l'intérêt se limita finalement aux membres le composant (Conor Oberst donc, Jim James, M. Ward et Mike Mogis). Rien de bien remarquable en somme. L’an passé, Conor Oberst a sorti ‘Ruminations’, son sixième album solo. Un disque guitare-harmonica-piano-voix assez dénudé, très cru, joli et que sombre mais assez anodin au final.

Mais l'américain semble tenir énormément à ce disque vu qu’il a décidé de lui donner une seconde vie en le réenregistrant entièrement en compagnie d'un groupe cette fois (ce qui, soit dit en passant, n'est pas vraiment la norme dans ce sens là). Et ce sont les Felice Brothers qui s'y sont collés, plus Jim Keltner, batteur qui a officié sur bon nombres de disques ces dernières décennies, dont certains de Neil Young, Bob Dylan, John Lennon, George Harrison et même... Starmania.

A l'écoute de 'Salutations' (c'est donc le nom de cet album full band), une chose est sûre : si la pochette est plus lumineuse que celle de 'Ruminations', l'homme qui flotte a priori sans vie au milieu de sa piscine nous rappelle vite que les chansons sont les mêmes (agrémentées de sept nouveaux titres), et qu'on n'est pas là pour rigoler.

Sans doute trop long, l'ensemble prend en tout cas un second souffle bienvenu. Et cela va définitivement au teint et surtout la voix de Conor Oberst. Mieux, les sept chansons supplémentaires se révèlent être parmi les meilleures du disque ; Empty Hotel by the Sea, en écoute aujourd'hui, est d'ailleurs la plus réussie (et est une sorte de suite textuelle au Let's Not Shit Ourselves (To Love and to Be Loved) de Bright Eyes).
Plus Dylanien que jamais sur certains passages (Napalm en est le meilleur exemple, et à tous les niveaux), Conor Oberst ne ressuscite peut-être pas avec ‘Salutations’ ses Bright Eyes. Mais il en ranime l'esprit lors de quelques - courts - passages.
Espérons que ceux-ci lui donneront envie de relancer la machine d'un des groupes qui m'a procuré certains de mes plus beaux émois musicaux des années 2000. Parce que franchement Conor, ça fait bientôt 7 ans, il est temps mon gars.

Album : Salutations
Année : 2017
Label : Nonesuch


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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Empty Hotel by the Sea de Conor Oberst est également en écoute ci-dessous :


samedi 1 janvier 2022

Bilan 2021 : Top 50 « Chansons »


Ayé, nous sommes en 2022. Pas dit que l'année prochaine soit formidable, loin de là. Elle a même tout pour être de même nature que sa devancière. Pour autant, on ne pleurera pas la disparition dans les limbes de 2021, année affreuse s'il en est et qui aura réussi à faire pire que 2020, ce qui n'est pas rien.
Musicalement en revanche, quelle année ! Comme déclinée sur les trois premières parties de ce bilan annuel, 2021 fut un grand cru à mes oreilles. Des disques absolument merveilleux. Des claques prises plus souvent qu'à mon tour. Et des chansons, mes aïeux, je ne vous en parle même pas.

Mais avant d'aller plus loin et de détailler ce Top 50 des meilleurs morceaux de l'année, regardons une nouvelle fois ce que les copines, copains et autres voisins ont tiré de cette année 2021 :
- Le bilan de 2021 de Mathieu chez Random Songs, avec le petit mix qui va bien 
- Le traditionnel "Best of Songs" de l'année par l'indispensable Said The Gramophone
- Autre traditionnel, celui de Starsky, avec un mix en deux parties (ici et )
- Les 80 titres essentiels de 2021 selon Stars Are Underground
- La playlist 2021 de la rédaction d'Addict Culture
 
Nous disions donc 50 chansons. Cinquante morceaux qui auront passé leur temps dans mes oreilles, certains en partant pour mieux y revenir encore plus puissant. Le numéro 1 a été évident du moment où j'ai posé mes oreilles dessus (je vous conseille d'ailleurs de regarder le clip, d'une classe et d'une beauté folle). Le numéro 2 est un titre fou, du post-punk qui finit comme en électro. Quant à la troisième marche du podium, c'est la plus belle chanson française de l'année, sans conteste possible (et qui ouvre un album qui a raté le cut d'un rien de mon top album). Le reste ? Des chansons presque du même acabit, avec beaucoup de guitares, de la pop dans tous les sens, des vieux sur le retour qui font dans le cliché mais qui le font bien, quelques petites douceurs dont je n'arrive pas à me lasser et quelques tubes sur lesquels on dansera encore dans vingt ans. Bref, cinquante titres. Cinquante chansons. A découvrir ci-dessous.
Et évidemment, au bas de ce classement, des lecteurs Spotify, Deezer et Youtube pour écouter - et voir - ces 50 chansons. Bonne lecture et surtout, bonne écoute !
 


 
50. Randolph's Leap - Moment Passed
49. Thee More Shallows - Ancient Baby
48. Wallice - 23
47. Flyying Colours - Big Mess
46. Fightmilk - Overbite
 
45. Public Service Broadcasting - Blue Heaven (feat. Andreya Casablanca)
44. Aaron Frazer - Over You
43. Agave Tongue - Yellow Moon
42. The Staves - Best Friend
41. Torres - Thirstier
 
40. Danny George Wilson - Lost Future
39. Rat Columns - I Can't Live On Love
38. Massage - In Gray & Blue
37. Pale Blue Eyes - Motionless
36. Bestfriend - Hannah In The City
 
35. Johanna Samuels - All Is Fine
34. The Felice Brothers - We Shall Live Again
33. Francis Lung - Bad Hair Day
32. Chevalrex - Tant De Fois
31. Pearl Charles - Only For Tonight
 
30. Julien Ribot - Hey You Know Wonderland!
29. Mush - B2BCDA
28. Wet Leg - Chaise Longue
27. Islands - (We Like To) Do It with the Lights On
26. Black Country, New Road - Instrumental
 
25. Afrique Victime - Mdou Moctar
24. The Liminanas & Laurent Garnier - Que Calor!
23. Parquet Courts - Walking at a Downtown Pace
22. Mannequin Pussy - To Lose You
21. Sam Fender - Get You Down
 
20. A Place To Bury Strangers - Playing The Part
19. Maximo Park - Versions of You
18. Elton John and Stevie Wonder - Finish Line
17. Kìzis - Kiss For The Valley
16. Team Me - Song for a Drummer
 
15. David Gray - Dún Laoghaire
14. Sam Forrest - The Best Is Yet to Come
13. Sports Team - Happy (God's Own Country)
12. Amyl and The Sniffers - Hertz
11. The Notwist - Exit Strategy to Myself
 
10. Cub Scout Bowling Pins - Heaven Beats Iowa
09. Cheekface - We Need a Bigger Dumpster
08. Middle Kids - Questions
07. Gang of Youths - The Angel of 8th Ave.
06. Clap Your Hands Say Yeah - Thousand Oaks
 
05. Lucy Dacus - Hot & Heavy
04. Cassandra Jenkins - Hard Drive
03. Pharaon de Winter - L'Habitacle
02. Squid - Narrator (feat. Skye Murphy)
01. Little Simz - Introvert
 

 
Et vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait pas d'intérêt, ci-dessous, non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube (qui permettra notamment de voir le clip aussi formidable que la chanson d'Introvert de Little Simz). Bonnes écoutes !