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jeudi 14 février 2008

Top 6 "Break-Up"

En ce jour béni des fleuristes, restaurateurs en tout genre et vendeurs de rose à la sauvette qu’est la Saint Valentin, si nous prenions le contre-pied de la fête qui sent bon la guimauve, le rose bonbon, les cœurs dessinés au feutre rouge et le tiroir-caisse?

Etant entendu que l’ambiance générale est plutôt synonyme aujourd'hui de «bonheur», «joie» et «vie à deux», étant établi que, pour moi, toutes les conditions, ne serait-ce que la troisième, ne sont pas réunies, je me suis laissé tenté par une un Top 6 ‘Rupture’. Six break-up songs, six morceaux qui parlent de cœurs brisés, de plaquages intempestifs ou de dépression à la perte d’un amour.

Un thème donc (très) large et qui m’a obligé à faire quelques choix délicats. Car oui, l’artiste musical écrit principalement sur trois thèmes : l’amour (le plus largement répandu, le léger aussi), la drogue (on y reviendra un jour dans ces pages) et la peine, la douleur ou la déception amoureuse. Et ce dernier, il l’aime notre ami l'artiste. Beaucoup même. Comme si avoir mal et retourner le couteau dans la plaie était une seconde nature.

Bien sûr, beaucoup de classiques auraient mérité une place dans ce top 6, du Ne Me Quitte Pas de Jacques Brel, au Je suis venu te dire que je m'en vais de Gainsbourg en passant par le Yesterday des Beatles ou le Last Goodbye de Jeff Buckley. Mais j’ai préféré opter pour des titres plus obscurs, moins connus (tout est évidemment relatif) mais pas moins forts pour autant. Aidé par quelques forumeurs émérites et aux idées judicieuses de Sound Of Violence, j’ai donc sélectionné six titres, qui parlent, chacun à leur façon, d'une des facettes du thème du jour.

Garbage et Shirley Manson évoque le désarroi dans lequel on tombe quand on nous annonce que l’on ne nous aime plus avec Cup of Coffee (peut-être le morceau qui colle le plus à ce top 6), Lush et Jarvis Cocker tentent de se persuader qu’ils seront bien mieux l’un sans l’autre et que se séparer est la meilleure décision de leur vie (Ciao!), Robert Smith revient avec son ex sur sa relation passée dans Cut Here, Spearmint via It Will End anticipe la rupture que Bob Dylan a subi et qu’il n’arrive pas à surmonter. Et pendant ce temps là, Miossec, dans un de ces tous meilleurs morceaux se met à engueuler son amour perdu, passé de vie à trépas, d'être parti trop tôt.

Bref, un tour d’horizon (très pop) des douleurs, des atermoiements, des questionnements qui nous déchirent dans des moments pareils. Certes, sortir un tel top 6 le jour de la Saint-Valentin n’est peut-être pas la chose la plus maligne du monde. Mais les textes (voir extraits plus bas) sont tellement bons, les morceaux sont tellement grands, qu’il n’y a pas de raisons. Quand c'est beau, c'est bon, point final. A vos marques ?... Prêts… Pleurez!

Ps: Merci aux forumeurs de SoV donc, notamment à Sublimestyle (pour Lush & Jarvis Cocker), Swank (Cut Here des Cure) et Pitseleh (It Will End des Spearmint).



Tracklisting:
Garbage - Cup of Coffee (Beautiful Garbage, 2001)
Lush (feat. Jarvis Cocker) - Ciao! (Lovelife, 1996)
The Cure - Cut Here (Cut Here Ep, 2001)
Spearmint - It Will End (A Different Lifetime, 2001)
Bob Dylan - Love Sick (Time Out of Mind, 1997)
Miossec - Dégueulasse (1964, 2004)
















Et voilà quelques passages des titres en questions. Un conseil: trouvez les paroles (dans leur totalité) sur Internet, ça vaut franchement le détour.

Garbage - Cup of Coffee
'I smoke your brand of cigarettes 

And pray that you might give me a call 
I lie around in bed all day just staring at the walls
Hanging round bars at night wishing I had never been born
And give myself to anyone who wants to take me home'

Lush (feat. Jarvis Cocker) - Ciao!
'Oh I must've been crazy to have stayed with you

 I can't believe I thought I was in love with you 
But now the scales have fallen I can really see 
And I say go to hell, 'cause thats where you took me'

The Cure - Cut Here
'It's so hard to think "It ends sometime 

And this could be the last 
I should really hear you sing again 
And I should really watch you dance"
Because it's hard to think 
"I'll never get another chanceTo hold you... to hold you... "'

Spearmint - It Will End
'Oh it would be lovely

If it could just stay like this 
But of course it won't 
You know that don't you 
By meeting someone else 
Meeting someone else 
You start questioning your feelings 
Or simply fizzled out 
Simply fizzled out 
Till suddenly you're leaving 
By phone or in a letter
Regret or in relief
 

In silence or in screaming'

Bob Dylan - Love Sick
'I'm sick of love; 

I wish I'd never met you 
I'm sick of love; 
I'm trying to forget you
Just don't know what to do
I'd give anything to
Be with you'

Miossec - Dégueulasse
'C'est dégueulasse de m'avoir tiré dans le dos 

De ne m'avoir rien dit en face 
C'est comme si il y avait quelque part
Un défaut, une sorte de fêlure dans la cuirasse
C'est dégueulasse d'avoir quitté ta peau 
Au printemps ou à la fonte des glaces 
Que ce soit le cœur ou la moto 
Pas une vie sur terre ne se remplace'

mercredi 18 avril 2012

[Track of The Day] Garbage - Battle In Me

Après quelques jours passés à travailler la sortie de Gulcher (Quoi? Vous n'êtes pas au courant? Mais cliquez donc vite ici bande de foufous!), retour au cours normal de ce blog. Et avec un groupe qui avait disparu des radars depuis quelques temps. Trop longtemps.

Garbage. J'ai toujours une grande affection pour la bande à Shirley Manson. Bon, déjà à cause d'elle. Belle, piquante, séduisante. Et plume de grande qualité (on oublie souvent de le dire. Un exemple? Ce sublime Cup of Coffee, en écoute ici).
Et puis pour leurs deux premiers albums, simplement brillants ('Version 2.0' ou l'album à tubes par excellence).

Perdu depuis deux albums (d'où ressortaient quelques chansons efficaces, malheureusement perdues dans un ensemble peu homogène), Garbage remet le travail sur l'ouvrage sept ans après un poussif 'Bleed Like Me'.

Pour l'instant, deux chansons ont vu le jour. Un Blood For Poppies pas franchement transcendant. Et Battle In Me, très (trop dirons certains, mais on ne refait pas Butch Vig) produit mais à la mélodie et au rythme très efficaces. Il y a ici un retour « aux sources », époque 1995 et leur premier album 'Garbage', qui n'est pas pour me déplaire. Confirmation/infirmation le 15 mai prochain. Peu de dire que j'ai hâte!

Album: Not Your Kind of Peole
Année: 2012
Label: STUNVOLUME



Histoire de bien faire les choses, ci-dessous se trouve le clip officiel de Blood For Poppies :




Et là, la version youtube de Battle in Me :



lundi 19 novembre 2007

Track of The Day (13-19novembre 2007)

Des vallées grenobloises aux déserts africains, de l'electro mélodique à un rock serein, un brin d'éclectisme au programme cette semaine. (et toujours dans le lecteur deezer, colonne de droite)


Lundi 19 novembre 2007:
* Rien - Partie de Chasse a Deauville [Amicale Underground]
Deuxième album pour les Grenoblois de Rien. Et un vrai petit chef d’œuvre. 'Il ne peut y avoir de prédictions sans avenir' est un grand disque, inventif et inspiré, qui sent bon le post-rock pas chiant. Le groupe propose l'album en téléchargement libre sur son site (clique ici jeune foufou). Et le disque vaut l'achat, le packaging en forme de pyramide étant superbe. Quant à cette Partie de Chasse à Deauville, c'est juste très bon.
(disponible sur Il ne peut y avoir de prédictions sans avenir # 2007)

Dimanche 18 novembre 2007:
* Arctic Monkeys - Do Me a Favour [Domino]
Second album des Arctic Monkeys, 'Favourite Worst Nightmare' est un disque réussi, très homogène, moins blindé de tubes comme pouvait l'être 'Whatever People Say I Am, That's What I'm Not', leur premier opus. On ressortira quand même cet excellent Do me a favour, serein comme jamais.
(disponible sur Favourite Worst Nightmare # 2007)

Samedi 17 novembre 2007:
* Tinariwen - Cler Achel [Independiente]
Touaregs, Tinariwen ne jouent pas dans la cour de la world music. Mais plutôt dans celle du blues avec des guitares dans tous les sens. Une production qui donne un sentiment d'espace et quelques titres fameux, dont ce Cler Achel, riffeur à souhait.
(disponible sur Aman Iman # 2007)

Vendredi 16 novembre 2007:
* Bill Callahan - Sycamore [Drag City]
Smog reprend son nom de jeune homme, oublie ses joyaux passés, pond un disque vaguement chiant (et produit à la machette) dont on ressortira quand même ce Sycamore, plutôt réussi.
(disponible sur Woke On A Whaleheart # 2007)


Jeudi 15 novembre 2007:
* Four Tet - Unspoken [Domino]
Si l'on ne devait retenir qu'un album de Four Tet, ça serait 'Rounds'. Si l'on ne devait retenir qu'un titre de lui, ça serait dur. Certes. Mais au moment du choix, on se jetterait forcément sur ce Unspoken absolument... comment dire... pfu, je manque de mots.
(disponible sur Rounds # 2003)

Mercredi 14 novembre 2007:
* Page France - Chariot [Fall]
Un des petits bijoux de 2005. Un disque pas sorti chez nous mais d'une beauté à tomber. Sufjanien dans l'âme, folk chrétien assumé, ce disque est illuminé (entre autres) par ce Chariot de feu. Alléluia.
(disponible sur Hello, Dear Wind # 2005)


Mardi 13 novembre 2007:
* Garbage - Cup of Coffee [Interscope]
Un titre empreint d'une vérité qui fait peur et d'une beauté glaçante, sorti sur un 'Beautiful Garbage' sympatoche à défaut d'être génial et aussi bon que les précédents disque du groupe. Tout donne envie de pleurer: le texte, les arrangements. Une Shirley vraiment inspirée ce jour là. Retombé sur ce Cup of Coffee par hasard aujourd'hui. Un bien bon résumé tiens quand j'y pense. Brrr.
(disponible sur Beautiful Garbage # 2001)

mardi 11 février 2025

[Track of The Day] Heartworms - Just To Ask A Dance

Contrairement à ce qu'on pourrait penser (et moi le premier), Heartworms n'est pas un groupe à part entière mais le projet solo d'une certaine Josephine Orme, surnommée Jojo. Dans le circuit depuis 2020 et la sortie de son premier single, la londonienne a très vite attiré les oreilles toujours avisées de Dan Carey et de son label Speedy Wunderground, révélateur de talent et lanceur de carrière comme personne. S'en sont suivis d'autres singles, un premier Ep remarqué ('A Comforting Notion Ep' en 2023) et aujourd'hui un premier album, 'Glutton For Punishment', toujours sur la structure anglaise.

Un disque particulièrement réussi qui s'ouvre (ou presque) par Just To Ask A Dance, un morceau à l'introduction comme martiale, à la mélodie mélancolique mais sous laquelle le feu semble brûler, que Heartworms chante d'une voix aux variations qui rappellent Shirley Manson, et un dernier tiers, lancé par quelques riffs noisy, où l'anglaise lâche les chevaux, rend presque le titre dansant et l'envoie dans une dimension qu'on n'aurait pas soupçonnée. Just To Ask A Dance est une chanson définitivement magistrale, goth sans l'être, et qu'on croirait avoir été écrite par Garbage à mi-chemin entre son premier et son deuxième album, 'Version 2.0'. Du Garbage v 1.5 en quelque sorte.

Album : Glutton For Punishment
Année : 2025
Label : Speedy Wunderground

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Just To Ask A Dance de Heartworms est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 6 septembre 2021

[Track of The Day] Torres - Don't Go Puttin Wishes in My Head

Souvent croisée depuis ses débuts il y a dix ans, Torres (de son vrai nom Mackenzie Scott) est vraiment une artiste qui m'intrigue depuis quelques années, notamment - et bêtement - à cause de son nom (et sans que j'ai une explication de pourquoi du comment). Pour autant, ses chansons n'ont jamais réussi à provoquer chez moi autre chose qu'un désintérêt poli. En tout cas, jusqu'à 'Thirstier', son cinquième et dernier album en date, publié le 30 juillet dernier.

Car ce disque change tout. Naviguant entre chansons aux élans mainstream et rock estampillé nineties (le larsen d’ouverture de l'album sur Are You Sleepwalking? pose bien le décor) mais mâtiné de pop, la floridienne rend une copie parfaite avec ce disque séduisant de bout en bout.

En dix titres souvent faits de changements de breaks ou de silences qui ne perdent jamais en route leur composition, Torres balance aussi bien du tube pop (l'évident Don't Go Puttin Wishes in My Head, en écoute aujourd'hui) que rock (le nerveux Hug From a Dinosaur, Are You Sleepwalking?), de la belle bluette (Big Leap) et de la balade rock tuante (sublime Thirstier qu'on dirait avoir été écrite il y a 25 ans), des titres plus synthétiques mais tout aussi efficaces (Kiss The Corners) et même un Keep The Devil Out que n'auraient pas renié Garbage.

Chanté d'une voix qui n'aurait sans doute pas dépareillée dans une scène indie-rock du milieu des années 90 et porté par une production puissante et très adaptée (Butch Vig mais sans le côté vulgaire), 'Thirstier' est un album aussi énergique qu'irrésistible de la part de Torres. Et sans conteste un des albums les plus écoutés sous ce chapeau depuis le début de l'année.

Album : Thirstier
Année : 2021
Label : Merge

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Don't Go Puttin Wishes in My Head de Torres est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de cet album de Torres, voilà la chanson titre, Thirstier :

Le clip de Don't Go Puttin Wishes in My Head de Torres : 

lundi 28 juillet 2008

Track of The Day (22-28 juillet 2008)

Une semaine placée une nouvelle fois sous le signe de la nouveauté, à peine troublée par deux "presque" vieilleries magiques. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 28 juillet 2008:
* George Harrison - Horse To The Water [Warner]
Quelques semaines avant sa mort, George Harrison avait écrit et enregistré ce Horse to The Water, pour son ami Jools Holland, musicien émérite et présentateur d'un show live à la télé anglaise comme on n'a jamais su en faire chez nous. Un titre (le dernier de sa carrière) d'une vigueur et d'une classe folle, alors même que le crabe finissait d'aiguiser ses pinces autour du corps du grand George.
(disponible sur Small World, Big Band, 2001)

Dimanche 27 juillet 2008:
* Jeff Buckley - Hallelujah/I Know It's Over (Live) [Columbia]
Pire que Jimi Hendrix, le travail de Jeff Buckley a été violé, mis en lambeaux par une mère avide d'argent et de gloire. Et si les premières sorties posthume de Buckley fils ont de la gueule (ce 'Mystery White Boy Tour', le 'Live @ Sin-é'), le reste franchement rire. Ou pleurer. Reste des versions comme celle-ci, un Hallejlujah couplé à quelques strophes de I Know It's Over des Smiths, enregistré en 1995 à Seatlle.
(disponible sur Mystery White Boy Tour, 2000)

Samedi 26 juillet 2008:
* Miossec - La Non-Demande en Mariage [Mercury]
Aujourd'hui, j'ai deux très bons amis qui se passent la bague au doigt. En leur honneur, la plus belle chanson d'amour française qui soit, écrite par Georges Brassens, reprise avec un brio fou par Miossec: La Non-Demande en Mariage. Mes meilleurs vœux!
(disponible sur Les Oiseaux de Passage, 2001)

Vendredi 25 juillet 2008:
* Clinic - The Witch [Domino]
Les Clinic enchaînent les disques depuis quelques années. Et force est de constater que ce sont souvent le même genre de disque. Mais vu qu'ils le font bien, on ne va pas bouder notre plaisir à l'écoute ce 'Do It!'. Qui plus est à l'écouter de ce The Witch, aux faux-airs de Sympathy For The Devil des Rolling Stones.
(disponible sur Do It!, 2008)

Jeudi 24 juillet 2008:
* Calexico - Two Silver Trees [Touch & Go]
Enfin! Après un très bon 'Garden Ruin', qui s'échappait de la routine dans laquelle le groupe s'était (un peu) enfermé, Calexico revient avec un nouvel album, 'Carried to Dust', le 9 septembre prochain. Histoire de patienter, Touch & Go propose en téléchargement gratuit un premier titre, Two Silver Trees (clique droit et enregistre sous l'ami(e)). Un titre tronqué certes (il manque une dizaine de secondes. Pas fou le label!), mais annonciateur d'un grand cru une nouvelle fois. Miam miam miam!
(disponible sur Carried to Dust, 2008)

Mercredi 23 juillet 2008:
* Santogold - You'll Find a Way [Downtown]
Premier album solo pour cette Américaine. Et première réussite. Car son 'Santogold' est un disque bourré de tubes jusqu'à la lie, entre pop, rock, hip-hop et ragga (oui oui, rien que ça). Ça sonne comme du M.I.A, ça a l'air d'être du M.I.A, c'est plus accessible que du M.I.A. Putassier et efficace, cet album est une sucrerie dont on va se délecter longtemps. Et sans crier "Pull Up" pour autant.
(disponible sur Santogold, 2008)

Mardi 22 juillet 2008:
* Against Me! - Borne on the FM Waves of the Heart (feat. Tegan Quin) [Sire]
Ouch! Ce quatrième album des ricains de Against Me! est un "in your face Twist" magistral. Sorti en 2007, réédité cette année par Fargo, ce disque est un concentré qui se veut punk mais qui est résolument rock. Produit par Butch Vig (le mec derrière 'Nevermind' et membre de Garbage) avec ce son si particulier qui est le sien, 'New Wave' est un concentré d'énergie et d'hymnes essentiels. Ce Borne on the FM Waves of the Heart (avec Tegan Quin de Tegan and Sara) est peut-être le titre le plus pop de cet album jouissif comme jamais.
(disponible sur New Wave, 2007)

vendredi 15 mai 2009

[Track of The Day] Yeah Yeah Yeahs - Runaway

Bizarrement, la discographie des Yeah Yeah Yeahs ne m'a jamais intéressé. Et pourtant, c'est le genre de groupe fait pour moi. Ça devrait marcher. Et ça ne marche pas.
La nouvelle d'un troisième album, 'It's Blitz', des New-Yorkais ne m'avait donc pas chatouillé l'oreille ni l'aorte. Mais après avoir lu quelques louanges à son propos puis appris un changement de cap de la part des Yeah Yeah Yeahs, j'ai tenté ma chance.
Et à dire vrai, je suis ravi de l'avoir fait. Clairement, il y a changement de style: on remise les guitares punk-rock au placard, et on part dans un son plus new-wave, plus eighties, sorte de rencontre des New Order (période 'Waiting For The Siren's Call') et de Garbage, avec un côté électro. Le tout rue moins dans les brancards (sauf sur quelques titres comme Dull Life) mais gagne en originalité et en profondeur de banc.
Le seul bémol que l'on pourrait émettre serait celui de la production: David Sitek est membre des Tv On The Radio, déjà producteur du 'Fever to Tell' des Yeah Yeah Yeahs. Et ça se sent: Skeletons est le pendant 2009 de Lover's Day, Hysteric est trop marqué.
A part ca, 'It's Blitz' est un bien bel album de la part d'un groupe qui a osé changer de style. Pour le meilleur, quoiqu'en dise les fans du premier jour. La preuve avec ce Runaway, délicat à souhait, qui se termine sous une pluie battante de cordes. 

Album: It's Blitz! 
Année: 2009 
Label: Interscope

mardi 14 février 2012

Top 6 "Break-Up" (Vol.2)

Aujourd'hui c'est la Saint Valentin. Ca sent bon les dessous délicats, les roses rouges, le plat spécial "14 février" à 30% plus cher qu'hier et que demain (foutue TVA!), des mains dans d'autres mains, les « vient poser ta tête sur mon épaule », les nuits d'amour enfiévrées, les sourires aux lèvres le lendemain et le debrief avec les copines. Bref, ça sent l'amour. Parce qu'on nous a dit que le 14 février, il fallait aimer. Alors aimons.

Il y a de cela quatre ans, j'avais fait un top 6 spéciale St Valentin déjà. Un top 6 qui parlait de désarroi, de cœurs brisés, d'amours perdus. Avec au programme The Cure, Bob Dylan, Miossec, Garbage, Lush et Spearmint (en écoute complète ici). En gros, des chansons plus belles les unes que les autres et déchirantes à souhait (Cup of Coffee et Dégueulasse me foutent à chaque fois des frissons).

Quatre années plus tard, remettons ça. Mais cette fois en s'ancrant dans la culture pop-fm. Vous savez le rendez-vous de ces bluettes qui font le sel des fins d'épisodes séries à l'eau de rose; ces chansons aux mélodies à siffloter, tire-larmes implacables, et aux paroles souvent faciles mais désespérées. Et ces groupes aux goût toujours douteux en ce qui concerne leur look et le choix de leurs artworks (voir plus bas).

Ces chansons là font partie de mes péchés mignons. Dans les six titres d'aujourd'hui, il y a de tout: des morceaux grandiloquents, des bluettes mélancoliques, des balades poignantes, de la power-pop efficace. Mais à chaque fois des histoires d'amours impossibles, de coucheries qui brisent un couple, des regrets éternels, des souffrances. Et toujours, oui toujours, de la pop, dans le sens le plus strict du terme.

Il serait finalement assez vain de nommer ici (mais vous les retrouverez plus bas) les six groupes et artistes qui composent ce top 6. Découverts pour la plupart dans les dernières minutes d'une série quelconque (ou non), il n'est pas dit que je plonge plus profondément dans leurs discographies respectives.
Mais ces six chansons sont réussies. Faciles oui. Écrites pour faire pleurer les filles (mais pas que), oui encore. Mais réussies.

Et c'est à l'écoute de ce genre de chansons qu'on se souvient de la tirade de Nick Hornby dans 'High Fidelity' (responsable de cette rubrique) :

« Les gens s’inquiètent de voir les gosses jouer avec des pistolets, les ados regarder des films violents ; on a peur qu’une espèce de culture du sang ne les domine. Personne ne s’inquiète d’entendre les gosses écouter des milliers – vraiment des milliers – de chansons qui parlent de cœurs brisés, de trahison, de douleur, de malheur et de perte. Les gens les plus malheureux que je connaisse, sentimentalement, sont ceux qui aiment la pop music par-dessus tout ; je ne sais pas si la pop music est la cause de leur malheur, mais je sais qu’ils ont passé plus de temps à écouter des chansons tristes qu’à vivre une vie triste. A vous de conclure. » Nick Hornby





Tracklisting:
Matthew Perryman Jones - Save You (Swallow the Sea - 2008)
Lifehouse - Broken (Who We Are - 2007)
Angels And Airwaves - Lifeline (I-Empire - 2007)
Vega4 - Life is beautiful (You and Others - 2006)
A Fine Frenzy - Ashes and Wine (One Cell in the Sea - 2007)
James Carrington - Ache (Ache single - 2005)
 















Nb: Tous les Top 6 de ce blog ont été mis à jour. Six chansons à chaque fois, sélectionnées pour leur appartenance aux thèmes suivants:
Top 6 "Eastern Europe"
Top 6 "Emilie"
Top 6 "Weather"
Top 6 "Break-up"
Top 6 "Madeleine"
Top 6 "R.I.P"
Top 6 "Drug"
Top 6 "London Baby, London"
Top 6 "Hot Songs"
Top 6 "Let The Sun Shine In"

En espérant agrandir cette liste plus régulièrement que ces derniers mois...


jeudi 20 octobre 2011

[Track of The Day] Damien Rice - One (U2 cover)

Q Magazine, mensuel britannique aux gouts aussi douteux que parfois étonnants, a annoncé il y a quelques semaines de cela qu'il allait sortir une compilation de reprises de U2 à l'occasion des 20 ans d''Achtung Baby', disque encensé s'il en est mais qui ne m'a jamais renversé. Un disque de covers au nom alambiqué, 'AHK-toong BAY-bi Covered'. Mais soit.

Jack White, Depeche Mode, Garbage, Nine Inch Nails, Patti Smith et Damien Rice devaient être de la partie. Soit encore.

Ce dernier devait reprendre, je vous le donne en mille, One, la très belle chanson de U2. Pourquoi pas. Mais il faut avouer que dans le genre cliché, on ne fait pas mieux. Damien Rice qui cover One, c'est The Tallest Man on Earth qui reprend Dylan.

Sauf que. Car oui il y a un sauf que, Damien Rice, plein de talent qu'il est, remporte tous les suffrages avec cette reprise de One. Alors certes, ça reste dans la veine de l'originale, mais en plus sombre et le père Damien ne s'autorisant aucun éclat de voix comme se le permettait Bono à l'époque.

Une reprise qui ne fera pas pleurer dans les chaumières, contrairement à ce que devait penser la rédaction de Q, mais une chanson qui prouve que Damien Rice reste un artiste de haute tenue. 

Album: AHK-toong BAY-bi Covered 
Année: 2011
Label: Q Magazine

vendredi 26 juillet 2019

Joseph Fisher - Chemin Vert [-]

'Eureka Street', excellent roman de Robert McLiam Wilson, sorte de mix entre le 'Tortilla Flat' de John Steinbeck et 'The Big Lebowski' des Frères Coen (mais à la sauce irlandaise), s'ouvre par ces mots : « Toutes les histoires sont des histoires d'amour ».

Et ce n'est pas 'Chemin Vert' de Joseph Fisher qui viendra contredire cette vérité. Premier album du parisien, ce disque est, comme l'indique son sous-titre, « une collection de chansons à propos des filles, des salauds et de l'amitié.»

Musicalement, évidemment, l'ensemble est très bien ficelé, avec un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles mélodies, montées sur des structures qui de temps à autres s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson.
Un tout très anglo-saxon (il ne cite pas sur Chemin Vert les Red House Painters pour rien, et ce n'est pas non plus un hasard qu'il ait tenu la guitare lors du concert de Michael Hiscock de The Field Mice au Paris PopFest l'an passé), au plus fort sur Désordre ; mais où l'on retrouve tout de même quelques traces du Miossec des débuts.

Toutefois, l'atout principal de 'Chemin Vert', ce sont les textes de Joseph Fisher. Car ils touchent au plus profond. Rarement il m'a été donné l'opportunité d'écouter un disque parlant aussi bien des affres de l'amour, des ruptures, des déceptions, parfois des joies, de la mise à mort d'un sentiment et de tous les questionnements inhérents à ce genre de relations humaines.

En trouvant souvent le mot juste, en ne sacrifiant jamais ses rimes à une facilité d'écriture, Joseph Fisher est brillant, qu'il évoque les sentiments non-réciproques (« Toi tu voudrais bien vieillir avec moi mais dans 20 ans, moi je voudrais que ça commence maintenant » sur Je Ne Suis Pas Gentil), les plans culs qui n’en sont jamais vraiment (« Pour un garçon si détaché tu as souvent les larmes aux yeux », « Mais je vois que ton cœur se serre quand je me vais au bras d’un autre », « Tu ne trompes personne - je suis partageur et partagé - tu sais que c’est faux - je suis partageur et partagé - ce ne sont que des mots », « Combien de temps encore faudra t-il faire comme si nous faisions fi des conventions? » sur Partageur et Partagé) ou les douleurs d’une séparation (« J’ai toute ma tête mais mon cœur saigne et vient mourir aux portes de ton corps » sur Désordre).

Mieux encore : de toutes les chansons parlant de la douleur de la séparation et de la douleur qui ne veut pas diminuer, c'est sans nul doute le Cup of Coffee de Garbage qui a toujours eu ma préférence, tant le titre écrit par Shirley Manson est d'une justesse folle. La chanson titre Chemin Vert est du même acabit. Sans doute apogée de l'album, Joseph Fisher y questionne au plus près le sentiment amoureux et surtout sa perte. L'histoire d'un homme qui revient sur les pas d'une ancienne relation, dont il se rappelle les débuts (« Tu me recevais nue et fumant dans ton lit. J’y restais le dimanche, parfois jusqu’au jeudi »), la passion qui s'emparait d'eux (« comme nos deux peaux faisaient des étincelles »), le bonheur qui irradiait (« même si cet été là il ne plut pas beaucoup, le ciel ne pleurait plus, il se calquait sur nous »), les projets qui s'amoncellent (« on rêvait aux enfants que l’on aurait plus tard, en voyant ceux des autres gambader dans les squares. Le bonheur pour une fois ne tombait pas des mains, on s’y croyait, on s’y voyait enfin »). Avant que l'on comprenne que c'est l'amour qu'il a perdu et non la compagne, qui elle, a changé (et Joseph Fisher l'explique bien dans l'interview donnée à Sun Burns Out, voir plus bas).

Trente-cinq minutes, neuf chansons : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense, plein de doutes, d'espoir, de renonciation, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. Et au-dessus de tout cela plane l'amour. Oui, décidément, toutes les histoires sont des histoires d'amour. (Sortie : 30 avril 2019)

Plus :
'Chemin Vert' est en écoute sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' est à l'achat sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' de Joseph Fisher est également en écoute sur Spotify et Deezer
La chronique de 'Chemin Vert' de Joseph Fisher par Mathieu Gandin pour Pop News

Trois chansons de Joseph Fisher en écoute. A tout seigneur tout honneur, voilà donc la chanson Chemin Vert, dont j'ai évoqué la beauté juste au-dessus. Puis Partageur et Partagé, seule chanson en duo (avec Albane Honoré) où un couple qui se veut libre ne l'est finalement pas tant que cela. Et enfin le très beau Ville Nouvelle, plein de rêves évanouis :







jeudi 17 novembre 2022

[Track of The Day] Send Me Love Letters - Bride

La première rencontre avec Send Me Love Letters, c'était à L'Épicerie Moderne en juin dernier. Ils venaient d'ouvrir pour Parquet Courts et les deux seules chansons que j'avais pu les voir jouer alors m'avaient beaucoup plu.

Cinq mois plus tard, voilà le quatuor formé il y a tout juste deux ans lancé dans une petite tournée pour présenter son premier Ep 'At Least We Tried', avec un arrêt à Lyon, au Périscope, pour une Release Party qui devrait valoir le détour. Car ce premier Ep a de bien beaux atours. Cinq chansons bien produites, entre rock enlevé et balade, mais toujours sombre et surtout mélancolique - et que d'aucuns qualifieront de romantique. Avec l'ombre de Garbage (en tout cas, celui des débuts) qui flotte au-dessus du disque, notamment sur les deux premiers titres (Little Vampires et surtout Bride, en écoute aujourd'hui). Prometteur donc. Et à (re)découvrir sur scène cette semaine.
 
Album : At Least We Tried Ep
Année : 2022
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bride de Send Me Love Letters est également en écoute via son clip :