Et toujours, en bas, un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.
30. Why? – Alopecia [Anticon]J’ai du mettre huit mois à comprendre ce disque. Tout du moins à l’aimer. Restant sur l’exceptionnel
‘Elephant Eyelash’ (pour moi un des plus grands disques pop des années 2000), je ne m’attendais surement pas à autant de lenteur et de noirceur. C’est sûrement cela. Car mis à part un ou deux singles, le tout m’ennuyait. Et puis là, ces derniers temps, j’ai retenté ma chance. Et force est de constater que j’avais totalement tort. Non,
Yoni Wolf n'est pas mort et continue de sortir de grandes compositions. Ce disque n’a peut-être pas à mes yeux la grandeur de son prédécesseur, mais il n’en est pas loin. Très habité, torturé,
Why? gagne en profondeur et sort une sorte de synthèse entre le côté volontairement bancal d’
’Oaklandazulasylum’ et le côté pop d’
’Elephant Eyelash’. Grand album.
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29. Pumice – Quo [Soft Abuse]Voilà à quoi cela sert de ne pas aller trop vite en besogne en fin d'année. Découverte de fin d’année, le nouvel album
Pumice, artiste néo-zélandais, dont j’avais adoré le précédent
‘Peebles’, est une nouvelle fois une réussite. Pop déglingo, rock 60s noisy, le tout lo-fi à mort, avec un côté mélodieux plus prononcé que sur le disque précédent. Un régal.
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28. Tobacco – Fucked Up Friends [Anticon]Un peu de lo-fi, beaucoup de synthés, du sample, des sons analogiques comme s'il en pleuvait, un background hip-hop mais une ambition pop, un délire psyché, un
Aesop Rock qui vient poser - alors que ce
'Fucked Up Friends' est essentiellement instrumental, un album sacrément euphorisant, des clips qui démoulent. Bref, dans la galaxie hip-hop, Anticon reprend du poil de la bête avec ce
Tobacco. Et sacrément même.
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27. Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]Depuis le premier et unique album des
Postal Service, il me manquait mon apport annuel d’electro-pop-cheap. 2008 m’aura apporté mon palliatif avec
Styrofoam, belge de son état, ami de
Ben Gibbard et
Dntel (avec qui il a déjà collaboré). Un disque qui a de nombreuses accointances avec
‘Give Up’ et qui fait plaisir à entendre. Du tubes à tous les étages et une cohérence tout du long.
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26. Titus Andronicus – The Airing of Grievances [Troubleman Unlimited]Alors qu'XL s'apprête à rééditer l'album et lui faire connaître une sortie mondiale, il faut que je dise tout le bien que je pense de cet album: ce
'The Airing of Grievances' a de faux-airs des premiers albums de
Bright Eyes - quand
Conor Oberst composait des titres à fleur de peau surlesquels il appréciait éructer - voire même de
Kimya Dawson sur une chanson. De l'indie rock-punk-folk en gros. Et de bon aloi.
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25. ¡Forward, Russia! - Life Processes [Cooking Vinyl]Deuxième (et dernier, le groupe a splitté depuis) album des
¡Forward, Russia!, moins brutal que le premier. Un disque qui prend son temps pour amener l'auditeur à point avant de le prendre à la gorge à coups de déferlantes de riffs et de ne plus le lâcher. Un album qui s'autorise quelques dérapages réussis vers le post-rock. Un
'Life Processes' qui, sans une production aussi "lisse" sur
Welcome to the Moment (the rest of your life), le titre qui ouvre l'album, aurait fini tout en haut des charts de fin d'année. Il n'en est finalement pas très loin.
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24. Foals – Antidotes [Transgressive]Sorte de mix entre
The Rapture,
Battles et les
!!!, les
Foals sortent un premier album absolument irrésistible, qui fait lever la tête et donne envie de bouger beaucoup plus. Les titres s'enchaînent, la basse sautille, la rythmique est implacable: Ça sonne ça sonne ça sonne. Et ça envoie sévère. Ces anglais sont des dj à gratte.
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23. Fleet Foxes - st [Sub Pop]J'ai mis du temps à rentrer dedans. Je ne trouvais pas ce que, justement, tout le monde leur trouvait. Et j'estimais que la hype était démesurée. Et puis un soir, les yeux embrumés, la voix rocailleuse, un mouchoir à la main, j'ai retenté ma chance, une dernière fois. Juste pour voir. Et j'ai vu la lumière. Cet album est somptueux, ce groupe est divin. En fait, c'est juste magistral, produit à la perfection. Rien d'extraordinaire de prime abord. Mais en fait, si c'est à tomber par terre et à la renverse... Du folk pastoral à vous rendre fou de dieu.
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22. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de
Will Oldham et de
Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment
Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants, où, entre pop, electro et hip-hop, leurs cœurs balancent.
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21. Noah and The Whale - Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]Un album de pop folk, entre
Beirut,
Micah P. Hinson,
Jens Lekman et
Adam Green (pour la voix). Beau disque, mélodieux dans tous les coins, de ces londoniens de Twickenham, pleins de clapping, chœurs et cordes qui pleurent. Clairement une de mes découvertes de l'année.
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20. Son Lux - At War With Walls And Mazes [Anticon]La musique de
Son Lux (
Ryan Lott pour les intimes) est pesante, oppressante, doit autant à la pop qu'au hip-hop, mais est surtout d'une beauté froide. Très mélodique, masquée par un brouillard de basses, la musique de
Son Lux se révèle au fur et à mesure des écoutes. Et prouve qu'elle a tout d'une grande.
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19. Autistic Daughters - Uneasy Flowers [Kranky]Très bel album que celui-là. Une sorte d'histoire racontée avec en fond musical une musique expérimentale qui ne l'est pas tant que ça, guidée qu'elle est par une idée directrice et quelques belles mélodies. Un album court (36' pour 7 titres), une ambiance sombre et pesante mais un résultat des plus touchant et enivrant et qui rappelle beaucoup
Tanakh par moments.
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18. Get Well Soon – Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon [City Slang]Premier album d'un multi-instrumentiste de talent,
Konstantin Gropper,
'Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon' est un disque d'une richesse folle, aussi bien au niveau des influences (il y en a beaucoup, mais elles ne sont pas un obstacle à la qualité de ce disque), des arrangements (divins!) que des mélodies troussées à merveille. Pop, rock, post-rock, mâtiné de musiques de l'Est: c'est un vrai régal. Un des grands disques, inspirés, de 2008.
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17. Okkervil River - The Stand-Ins [Jagjaguwar]Ce qui ressort à l'écoute de ce nouvel album des
Okkervil River c'est qu'on a enfin retrouvé la bande à
Will Sheff. Vraiment je veux dire. Non pas que les quelques précédents albums soient mauvais. Juste qu'ils manquaient un petit quelque chose pour que je sois totalement convaincu. Suite de
'The Stage Names',
'The Stand-Ins' est un concentré de folk-rock (géant
Lost Coastlines) de folk, de pop et d'Americana. Peut-être rarement aussi inspirés les
Okkervil River.
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16. Girl Talk – Feed The Animals [Illegal Art]Gregg Gillis est plus connu sous le nom de
Girl Talk. Son style? Une utilisation sur-massive de samples de tous bords (pop, rock, electro, hip-hop, mainstream) et un mash-up de tout cela. Sur son quatrième album, ils utilisent plus de 300 (!!) samples très courts; et il y en a pour tous les gouts: du
Sexy Boy de
Air au
Gimme More de
Britney, du
Purple Haze de
Jimi Hendrix au
Paranoid Android de
Radiohead en passant par
Ice Cube,
Spank Rock,
The Cure,
Queen,
Of Montreal,
The Velvet Underground ou
Prince. Le mix de l'année, une relecture originale et euphorique de l'histoire de la musique contemporaine; et l'album le plus bandant de l'année, largement.
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15. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – 13 Blues for Thirteen Moons [Constellation]Ce n’est pas avec leur tout nouveau
‘13 Blues for Thirteen Moons’ que je vais changer d’avis sur
Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band et cracher sur leurs longues mélopées enflammées. Non, bien au contraire car ce disque, s’il suit la ligne directrice du groupe depuis (plus ou moins) ses débuts, se pare d’une couleur noire assez saisissante, d'un noise destructeur et d'une tension à couper au couteau. Plus que jamais un des groupes essentiels des années 2000.
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14. Aidan Baker & Tim Hecker – Fantasma Parastasie [Alien8]Aidan Baker et ses 113 sorties discographiques en 8 ans (!) s'acoquine avec
Tim Hecker le temps d'un album à la texture sonore incroyable et qui a pour but de construire une cathédrale sonique absolue.
'Fantasma Parastasie' est un disque tout en apesanteur, fait de déluge de riffs, de drones contemplatifs et d’électro ambiante. Un chef d'œuvre du genre.
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13. Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel]Un an presque jour pour jour après
‘The Meaning of 8’, le groupe mené par le couple
Minowa revient avec un sixième album,
‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Si
Cloud Cult restent les mêmes (pop tourmentée, baroque, endiablée, déjantée aux passages lo-fi, aux pointes d’électro, et ces contre-pieds constants dans chaque morceau), ils la jouent cette fois plus simple. Semblant s’éloigner de la mort du fils
Minowa qui pèse tant dans les paroles du groupe et sortant une pochette moins hideuse que ses devancières,
Cloud Cult pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible. Et l’album est d’une qualité une nouvelle fois étonnante.
+
12. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]Mix entre une electro à la
Autechre,
Battles et les
!!!. Le tout, uniquement instrumental. De la batterie, une basse bien funky (froide) et des nappes. Voilà en gros
'O Soundtrack My Heart', premier album sur Warp de
Pivot. Un disque très cohérent et homogène. Totalement euphorisant, assurément addictif, il faut écouter
Pivot.
+
11. Malcolm Middleton – Sleight of Heart [Full Time Hobby]Loin de son électrique
‘A Brighter Beat’,
Malcolm Middleton met les choses à plat et au calme, presque en acoustique, convie
Paul Savage (feu
Delgados) à la batterie,
Barry Burns (
Mogwai) au piano, rappelle
Jenny Reeve pour les chœurs féminins, reprend joliment
Jackson C. Frank et pond une des chansons d'amour déçu les plus déchirantes qu'il m'a été donné d'entendre (
Love Comes In Waves). Somptueux de bout en bout.
+ Ci-dessous, un lecteur reprenant une chanson de chacun des albums cités ci-dessus. Classées de 30 à 11. Bonne(s) écoute(s)!