jeudi 18 juin 2020
[Track of The Day] Michael Stipe & Big Red Machine - No Time For Love Like Now
jeudi 19 février 2009
A Red Hot Compilation – Dark Was The Night [4AD]
Je n'aime pas les compilations. J’ai toujours trouvé ça d'une inutilité crasse. Elle représente tout ce que je peux détester : l'éloge du single, l’apologie du marketing et toute l’opposé de la création. Oh bien sûr, j’en ai bien quelques unes dans la discothèque. Un 'Greatest Hits' de Queen datant de quand je partais fortement dans les aigus, un 'Best-Of' de Chris Rea offert par une connaissance pas forcément très avisée sur mes goûts musicaux (ceci dit, je dois avouer avoir toujours eu un faible pour Road to Hell et son solo de guitare final) et quelques autres. Mais peu à dire vrai.D’ailleurs, je me suis toujours promis qu'il fallait que j'arrête d'en acheter. Sauf que ‘Dark Was The Night’ vient tout remettre en cause.
Qu’est ce donc que ‘Dark Was The Night’? Rien de moins que la 20è compilation de Red Hot Organisation, une association de lutte contre le SIDA. Fêtant malheureusement ses 20 ans, Red Hot Organisation a mis les petits plats dans les grands pour sortir un disque le plus attractif possible, afin d’amasser le maximum d’argent.
Au programme donc un double album et surtout une liste ahurissante d’artistes plus talentueux les uns que les autres proposant, chacun, des titres inédits. Jugez plutôt : Andrew Bird, Blonde Redhead et Devastations, Bon Iver, Yeasayer, Feist en duo avec Ben Gibbard de Death Cab For Cutie (pour une reprise de Vashti Bunyan), Iron & Wine (pour un titre d’à peine une minute mais d’une beauté à couper le souffle), The Decemberists (et une balade déchirante d’émotion), Grizzly Bear (seul sur un titre et en compagnie de Feist sur un autre), My Brightest Diamond (reprenant le Feeling Good de Nina Simone), Beirut, Arcade Fire (le seul vrai raté de la compilation avec un Lenin très fadasse), Kronos Quartet (qui reprend la chanson de Blind Willie Johnson qui donne son nom à la compilation) j’en passe et pas des moindres (le tracklisting complet se trouve au bas de ce papier).
Cinq titres se détachent légèrement des 31 qui composent ce ‘Dark Was The Night’ (ils sont tous les cinq en écoute plus bas) : La reprise de Cello Song – chanson composée et chantée par le grand Nick Drake sur 'Five Leaves Left’ en 1969 – par The Books et Jose Gonzales, ou la rencontre entre cordes délicates et légère electronica ; un nouveau titre de The National, So Far Around The Bend, dans la plus pure tradition du groupe et pour une de ses plus belles compositions; Sharon Jones and The Dap Kings qui reprend Shuggie Otis et son Inspiration Information, tout de soul vêtu ; et Sufjan Stevens qui s’amuse sur You Are The Blood des Castanets, en deux parties. Une première de dix minutes, tout simplement ahurissante, où le grand timonier de la pop des années 2000 mêle pop et touches électronique pour finir dans un feu d’artifice de frissons ; puis une seconde où il n’apparaît qu’en featuring du flow de Buck 65.
Au début de ce papier, je disais donc que j’avais décidé il y a quelques années de ne plus acheter ce genre de disque. Quand ce double album est tombé dans les griffes de l’Internet, je me suis résolu à briser mon serment après avoir écouté six titres (ici, et pour même pas 15€). L’objet est beau, le but final sert une bonne cause (tous les bénéfices seront reversés à Red Hot Organisation) et la qualité et la diversité des artistes présents est terrifiante (à noter que la grande majorité de ces titres là ne seront disponible qu'ici). Best compilation ever? (sortie : 16 février 2009)
Site officiel
Myspace (Un titre de ce ‘Dark Was The Night’ en écoute)
Acheter le disque ici
Exceptionnellement et vu la durée de ce double album (plus de 2h de musique), cinq titres en écoute. Les cinq cités plus haut, tous divers et variés (et dans l'ordre du tracklisting) (malheureusement plus en écoute).The Books et Jose Gonzales – Cello Song (Nick Drake cover)
The National – So Far Around The Bend
Sufjan Stevens – You Are The Blood (Castanets cover)
Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)
Tracklisting:
Disc 1
01. Dirty Projectors et David Byrne - Knotty Pine
02. The Books et José González - Cello Song (Nick Drake cover)
03. Feist and Ben Gibbard - Train Song (Vashti Bunyan cover)
04. Bon Iver - Brackett, WI
05. Grizzly Bear - Deep Blue Sea
06. The National et Nico Muhly - So Far Around the Bend
07. Yeasayer - Tightrope
08. My Brightest Diamond - Feeling Good (Nina Simone cover)
09. Kronos Quartet - Dark Was the Night (Blind Willie Johnson cover)
10. Antony Hegarty et Bryce Dessner - I Was Young When I Left Home (Bob Dylan cover)
11. Justin Vernon et Aaron Dessner - Big Red Machine
12. The Decemberists - Sleepless
13. Iron & Wine - Stolen Houses (Die cover)
14. Grizzly Bear et Feist - Service Bell
15. Sufjan Stevens - You Are the Blood (Castanets cover)
Disc 2
01. Spoon - Well-Alright
02. Arcade Fire - Lenin
03. Beirut - Mimizan
04. My Morning Jacket - El Caporal
05. Sharon Jones & The Dap-Kings - Inspiration Information (Shuggie Otis cover)
06. David Andrew Sitek - With a Girl Like You (The Troggs cover)
07. Buck 65 Remix (avec Sufjan Stevens et Serengeti) - Blood Pt. 2 (Castanets cover)
08. The New Pornographers - Hey, Snow White (Destroyer cover)
09. Yo La Tengo - Gentle Hour (Snapper cover)
10. Stuart Murdoch - Another Saturday
11. Riceboy Sleeps - Happiness
12. Cat Power et Dirty Delta Blues - Amazing Grace
13. Andrew Bird - The Giant of Illinois (The Handsome Family cover)
14. Conor Oberst et Gillian Welch - Lua
15. Blonde Redhead et The Devastations - When the Road Runs Out
16. Kevin Drew - Love Vs. Porn
mercredi 30 août 2023
[Track of The Day] Bonnie 'Prince' Billy - Like It or Not
'I See A Darkness' date de 1999. Vingt-quatre ans plus tard, l'aura de Bonnie 'Prince' Billy a fini par s'émousser, lui qui fut longtemps aussi bien héros que héraut d'une scène folk/country dont il était l'un des - si ce n'est le - patrons. Pourtant, l'américain continue sa carrière, comme si de rien n'était, en publiant des albums à un rythme très régulier (au moins un tous les ans), qu'il soit seul ou en compagnie d'autres musiciens (Bill Callahan, Matt Sweeney, Bryce Dessner ces dernières années).
Dernière sortie en date, 'Keeping Secrets Will Destroy You', sorti chez les fidèles Drag City. Et sans doute un de ses plus beaux disques récents. Un album simple, aux atours country-folk, avec sa voix et sa guitare au centre de tout, avec en soutien la voix de Dane Waters et quelques arrangements légers et léchés (quelques cordes par ci, un orgue ou un cuivre par là) souvent en périphérie, parfois plus centraux, et qui savent toujours embellir sans jamais alourdir. Un album au dénuement partiel mais délicat, souvent touchant et qui s'ouvre par une chanson tout à fait remarquable, Like It or Not (en écoute aujourd'hui), sur laquelle Bonnie 'Prince' Billy avance ses pions au fur et à mesure pour mieux lui faire prendre une bien belle ampleur.
Année : 2023
Label : Drag City / Domino Records
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Autre très belle chanson tirée de 'Keeping Secrets Will Destroy You', le très dénudé Kentucky Is Water :
lundi 31 août 2020
[Track of The Day] Thousand - Jeune Femme à l'Ibis
mercredi 1 septembre 2010
[Track of The Day] Clogs - Last Song (feat. Matt Berninger)
Et Clogs se mit à chanter. A l'instar d'Eluvium, le quatuor mené par Bryce Dessner de The National, invite l'organe vocal sur son nouvel album, 'The Creatures in the Garden of Lady Walton'.Instrumentaux jusque là, les quatre premiers albums de Clogs proposaient des mélodies recherchées, construites à base de violons, violoncelles, pianos, cuivres et autres guitares. Une sorte de pop-classique, tout dans le feutrée, tout dans la finesse, préférant le beau au clinquant, la délicatesse à la vulgarité et la facilité.
Sur 'The Creatures in the Garden of Lady Walton', Clogs invite donc un nouvel instrument à se joindre à sa musique: la voix. Et le groupe n'invite pas n'importe quoi: Shara Worden de My Brightest Diamond et Matt Berninger - qui me semble être de partout cette année - le chanteur de The National.
Résultat? Il est beau. 'The Creatures in the Garden of Lady Walton' est un disque aussi réussi que les précédents, qui voit le groupe évoluer sans se fourvoyer et dont les guests n'accaparent pas l'attention mais mettent encore plus en lumière la musique, la chose la plus importante chez Clogs.
Album: The Creatures in the Garden of Lady Walton
Année: 2010
Label: Brassland
lundi 8 octobre 2012
[Track of The Day] Sufjan Stevens - Christmas Unicorn
Album: Silver & Gold (Songs for Christmas #6-10)
Année: 2012
Label: Asthmatic Kitty
jeudi 15 janvier 2026
[Track of The Day] Mina Tindle - Pour Le Soleil
« Bizarrement » parce que tout est beau dans cet album très Sufjan-ien, de la voix et du chant de Mina Tindle, tantôt en anglais (où sa fragilité rappelle souvent Emiliana Torrini époque 'Fisherman's Woman'), tantôt en français (où là c'est plus l'ombre de France Gall qui volette à travers son chant, ses inflexions et sa douceur) aux compositions très mélancoliques, dont l'inspiration est à chercher du côté de 'The Ascension', dont 'Compass Rosa' reprend certains codes.
Mais encore plus bizarre, malgré mon adoration absolue de Sufjan Stevens, ce n'est pas une chanson en duo avec lui qui est en une de ce papier. Pourtant, il y avait de quoi faire avec How Many (quelle merveille d'ouverture) ou Heaven Thunder (sorte de titre écarté du tracklisting final de 'The Ascension'). Mais partons sur Pour Le Soleil. Une chanson en français, à la composition superbe, aux arrangements soyeux (dont les cordes évoque la fin de l'épopée 'Illinoise'), à la progression belle comme jamais, où Mina Tindle sonne plus qu'ailleurs sur 'Compass Rosa' comme une France Gall de la fin des années 70. En un mot comme en cent, splendide, pour celle qui est en train de s'imposer comme la Laetitia Sadier de son temps.
Album : Compass Rosa
Année : 2025
Label : S76
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Autre chanson très réussie de 'Compass Rosa', voilà Heaven Thunder, que Mina Tindle chante avec Sufjan Stevens :
Le clip/paroles de How Many, la chanson d'ouverture de 'Compass Rosa', un des quatre morceaux que Mina Tindle partage le micro avec Sufjan Stevens :



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