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mercredi 11 décembre 2013

Nine o'Nine - Back to Basics Ep [Without My Hat Records]


Après avoir présenté une à une les 5 chansons de 'Back to Basics', le nouvel Ep de Nine o'Nine, il est temps de faire un bilan et de le présenter globalement. Car après Pumuckl, Gulcher, Mondrian et MiNORS, ce disque est la 5è sortie de ce micro-label lyonnais, Without My Hat Records.

Cette fois, pas de vinyle mais un CD. Une infidélité aux sillons pour des raisons de timing essentiellement. Mais au final, l'essentiel est ailleurs.
Car les Nine o'Nine, sur vinyle, cd ou en digital, sonne. Originaire de Limoges, la ville de la porcelaine et de Richard Dacoury, le quatuor (chant/guitare/basse/batterie) va chercher son inspiration et son son dans un garage-rock - aux influences sixties - des plus tendus, noisy et nerveux.

Cinq chansons au programme, dont deux tubes potentiels : Don't Ask Me Why (avec un clip à l'image du groupe, complètement délirant) et The Voiceless Confession, titre aux contours montagnes russes et qui se termine dans une ambiance noisy et très bruitiste, toutes guitares dehors.
On notera aussi le très sixties Make Desire More Acceptable (qui dit tout en 1'55''), la balade électrique Suit up Suzie au final stoner et un 5319009 à l'urgence sous-jacente et dont il faut taper le titre sur une calculatrice pour en comprendre le sens.

Membre de l'éminente et passionnante compilation 'Limoges City Rockers' en 2012, les Nine o'Nine confirment tout le bien que l'on pensait d'eux.
Alors oui, ils ne sont peut-être pas le futur du rock. Mais à dire vrai on s'en fiche un peu : les conjonctures et les peut-être, très peu pour nous. Retournons donc à la base. Back to Basics en somme. (Sortie : 30 novembre 2013) 


'Back to Basics Ep' des Nine o'Nine est à l'achat (6€) en cliquant là
N'hésitez pas à venir en parler ici ou (notamment)

'Back to Basics Ep' est en écoute ci-dessous :


Et pour finir, le clip déjanté, rock, fun et plein de confettis de Don't Ask Me Why :




mardi 12 novembre 2013

Turin Brakes - We Were Here [Cooking Vinyl]

Vous vous souvenez de Turin Brakes ? Mais si, ce duo anglais auteur d'un premier album, 'The Optimist Lp' plutôt épatant et qui contenait son lot de bien jolies chansons (au premier rang desquelles Underdog (Save Me), le single, et son solo acoustique que je ne cesse de air-jouer à chaque fois que je l'écoute).

Complètement sortis de mon radar personnel (après quelques albums inintéressants), les revoilà avec un nouvel album, 'We Were Here' (leur sixième, auquel il faut rajouter deux live). La formule n'a pas changé, la voix (très féminine) de Olly Knights est toujours là. Et il y a de quoi s'enthousiasmer ce nouvel album des Turin Brakes.

Belles ritournelles, pop aux accents acoustiques, 'We Were Here' est vraiment réussi. Notamment en son milieu, avec des chansons fortes (l'enchainement Blindsided Again / Part of The World, merveilleux), un tracklisting intelligent et des mélodies travaillées et les chansons fortes (sublime et poignant No Mercy de près de 6mns), sont de partout.

On mettra en avant notamment Blindsided Again, aux airs d'hommage à Pink Floyd, dont la trame et la musicalité rappellent immanquablement Shine on You Crazy Diamond.

Alors l'artwork n'est pas des plus jolis, sorte de gloubi-boulga photoshopé à l'arrache, très moche. Mais au-delà de cela, on se félicitera d'ailleurs d'avoir recroisé la route des Turin Brakes, comme on se satisfait souvent de retrouver de vieux amis après une longue absence. Et qu'on a envie qu'ils redeviennent nos meilleurs potes, là, tout de suite. Avant peut-être de les laisser s'éloigner à nouveau. (Sortie : 30 septembre 2013)



Plusieurs chansons en écoute : Time and Money, premier single de ce 'We Were Here' des Turin Brakes, et enfin We Were Here, chanson qui donne donc son nom à l'album :



Pour finir, le clip de Time and Money, premier single extrait de ce 'We Were Here' des Turin Brakes :


Enfin, la sublime chanson qu'est No Mercy :



jeudi 7 novembre 2013

Okkervil River - The Silver Gymnasium [ATO Records]

'The Stand-Ins' annonçait la fin de la collaboration Will Sheff/Jonathan Meiburg, le second préférant se concentrer sur Shearwater, son projet (trop) plein d'emphase. Quid de l'avenir d'Okkervil River ? On pouvait douter de la suite des affaires, tant le duo fonctionnait bien. Pis : en écoutant 'I Am Very Far', on se disait qu'on avait eu raison de douter.

Et puis est arrivé 'The Silver Gymnasium', un départ de chez Jagjaguwar (pour ATO Records) et un retour de l'inspiration (aucune lien de cause à effet, soit dit en passant).

Will Sheff annonçait à grand renfort d'interviews que 'The Silver Gymnasium' était le meilleur album d'Okkervil River jusque là: « And I know people always say this, but this is my favorite album we've done. Writing-wise, performance-wise, experience-wise. No question ». Je n'irais pas jusque là ('Down The River of Golden Dreams' et 'The Stand-Ins' auront toujours ma préférence), mais force est de constater qu'il n'a pas fondamentalement tort.

Fort d'un début d'album parfait, composé de trois chansons de haute volée (It Was My Season / On a Balcony / Down Down The Deep River, dont deux sont en écoute plus bas) avec tout ce qu'il faut de cordes et de cuivres pour emballer les mélodies, 'The Silver Gymnasium' déroule tout du long de beaux moments. On ergotera rapidement sur le milieu de l'album un peu en dedans, mais l'album tient plus que la route. La voix de Will Sheff est toujours aussi mélancolique, la musique aussi folk-rock qu'épique, plongeant avec joie dans les années 80 que dans ce qui a toujours fait la force du groupe (All The Time Every Day qui aurait sa place sur beaucoup d'albums d'Okkervil River).

Au contraire de groupes du même acabit (The Decemberists, si vous me lisez), Okkervil River continue sans coup férir d'entretenir une discographie quasi sans faille. La belle aventure n'est donc pas terminée, l'inspiration est toujours bien présente. Et 'I Am Very Far' n'était en fait qu'un rebound-album pour oublier Jonathan Meiburg et passer à autre chose. Chose faite. Et bien faite. (Sortie : 3 septembre 2013) 


Plus :
Acheter The Silver Gymnasium sur le site d'Okkervil River


Deux chansons en écoute. Down The Deep River, un morceau parfait de 6mns, dans la pure veine d'Okkervil River et Stay Young, premier single de 'The Silver Gymnasium', à l'accent eighties :


Avant deux clips, une bizarrerie. Groupe pas comme les autres, Okkervil River propose pour la sortie de 'The Silver Gymnasium'... un jeu vidéo du même nom et gratuit. 
Format plateforme 8-bits, avec chanson du groupe dans ce format là, il propose les pérégrinations d'un jeune garçon (Will Sheff) à la recherche de sa grande sœur, dans un monde rapidement effrayant et bien loin de notre réalité. Curieux, bien foutu et très jouable. A découvrir ici.
It Was My Season, la chanson qui ouvre 'The Silver Gymnasium' a également son clip. Pour jouer au karaoké :



Le clip de Stay Young. Manque juste « and Dumb » au titre :


mardi 8 octobre 2013

Joseph Arthur - The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2 [Lonely Astronaut]

Mon cher Joseph Arthur,

Qu'es donc tu devenu ? Toi, découvert par Peter Gabriel, signé chez Real World, le label du même Peter Gabriel, toi qui a composé un album parfait ('Come to Where I'm From') sur lequel on pouvait trouver des chansons brillantes à quasi toutes les pistes, dont un tube certifié (In The Sun), toi qui a vu un certain Michael Stipe (REM) et Chris Martin (Coldplay) reprendre cette même chanson (et de quelle façon !) pour un Ep en faveur des victimes de l'ouragan Katerina en 2007. Toi, Joseph Arthur, comment en es-tu arrivé là ?

Par « là », je veux dire sans label, à part le tien (Lonely Astronaut Records), depuis ton départ de Real World : obligé de te débrouiller pour que ton nom émerge à nouveau entre toutes les nouveautés pas essentielles qui peuplent les blogs comme celui-ci, les tweets, les statuts facebook et les magazines (ça existe encore oui). Qu'est ce que tu as fait ? Que s'est il passé ?

Pourtant, tes albums restent toujours de qualité. Au hasard, 'Nuclear Daydream', en 2006. Le genre d'albums qu'ils ne sont pas nombreux à être capable d'écrire. Et tout ceux passés inaperçus, les 'Temporary People' et autres 'The Graduation Ceremony'. Même celui de l'an passé, 'Redemption City', bien qu'inégal, avait beaucoup de grands moments.

Pourtant, à l'écoute de 'The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2', ton nouvel album (ton dixième), sache, mon cher Joseph Arthur, que j'ai confiance. Oui, j'ai foi. Je sens poindre une reconnaissance qui irait bien plus loin que ces accueils polis mais sans fougue que tu connais depuis le début de ta carrière.

Une nouvelle fois, tu n'y es pas allé avec le dos des sessions studios : double album, 24 chansons, 'The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2' ne fait pas dans la demi-mesure.
Mais ce disque, bien plus que le précédent 'Redemption City' (dont tu reprends ici un des titres phares I Miss The Zoo) tient la longueur, ne s'éparpille pas entre chansons inutiles et peu inspirées. Non, tout sur 'The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2' est beau, bien composé, bien écrit. Tu changes de style régulièrement sans que cela choque ou soit un frein à l'écoute. De la pop au rockabilly, de la balade pleine de mélancolie au titre soulful au possible, du rock au blues délicieux.

Et puis, tu retrouves Real World, certes en distribution vu que 'The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2' sort sur ton propre label, mais quand même.

Voilà pourquoi cher Joseph Arthur, je crois à ta (re)naissance médiatique. Oui. Je sens que des chansons comme Still Life Honey Rose, Maybe Yes, Famous Friends Along The Coast ou All the Old Heroes ont de vrais potentiels pour plaire au plus grand nombre.

Oh, je ne dis pas que tu vas en vendre des millions. Je ne suis pas fou. Mais ta cote va remonter. On ne sort pas un double album de cette qualité là, plus qu'essentiel en cette année 2013, sans obtenir un minimum de reconnaissance. Je parie même que certains recroiseront ton chemin d'ailleurs avec plaisir, peut-être via cette chronique - bien trop longue. Dans cette époque boulimique de nouveautés et de zapping incessants, pouvoir s'appuyer des artistes que l'on a côtoyés - et appréciés - à une époque, ça n'a pas de prix.

En tout cas, c'est tout ce que je te souhaite. Qu'un jour ta bouille et ta voix (et pour les deux, le mélange toujours aussi surprenant de Liam Gallagher et Richard Ashcroft) truste les charts ne serait-ce qu'indie. Et qu'on mette enfin sur un piédestal un artiste comme toi, prolifique, à la carrière quasi-exemplaire et au dernier album merveilleux.

Cher Joseph Arthur, je vais te laisser. Non sans espérer pouvoir te croiser à la fin d'un de tes concerts, où tu viendras vendre des cds gravés de la prestation que tu viens de terminer..

Un de tes discrets fans,

-Twist-

(sortie : 9 septembre 2013)

Son :

Vu la quantité de chansons de qualité à disposition sur 'The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2', pas moins de 5 titres (plus 2 clips) en écoute aujourd'hui.
Ainsi, dans le lecteur grooveshark ci-dessous, déjà trois : la balade tuante Famous Friends Along The Coast, histoire de se convaincre que Joseph Arthur a la mélancolie dans la peau, Blue Lights in the Rear View, qui ouvre le cd 2, et Maybe Yes, tube quasi rockabilly.  (malheureusement plus en écoute)


Dans les deux lecteurs soundcloud ci-dessous, deux autres chansons : Saint of Impossible Causes qui permettra à ceux qui ont perdu Joseph Arthur de vue depuis longtemps de le retrouver facilement ; et Junkies and Limousines qui démarre comme une folk song lumineuse et qui se termine en titre soul-rock (coincé au milieu du disque 2 de 'The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2').
 




Et pour finir, deux clips : celui de All The Old Heroes, qui passe en revue une quantité de héros de Joseph Arthur (en tout cas, on l'imagine), de Andy Warhol à Michael Jordan, de Joey Ramone à Ghandi, de Captain Beefheart aux Drôles de Dames, de Nina Simone à Miles Davis, dans un patchwork formidable de très belles photos :


Le clip d'I Used To Know How To Walk On Water, très jolie balade sur laquelle Ben Harper vient donner de la guitare et de la voix, discrètement :



Beaucoup d'autres clips réalisés pour 'The Ballad of Boogie Christ : Act 1 & 2' sont à voir sur la page youtube de Joseph Arthur.

mardi 1 octobre 2013

Natti - Still Motion [APOS Music]

Cela fait bien trop longtemps que je n'ai évoqué dans ces pages des sorties hip-hop. J'ai l'impression de répéter cette phrase tous les six mois, mais quand même.  Ainsi donc, une envie dernièrement m'a poussé à chercher des informations sur l'actualité récente des CunninLynguists, groupe chéri de ces pages. Et là, j'apprends que Natti, un des emcee du groupe vient de se lancer en solo, trois ans après ces deux acolytes (Deacon the Villain avec Sheisty Khrist pour 'Niggaz With Lattitude', Kno seul sur 'Death is Silent').

Son premier album est sorti il y a une semaine, s'appelle 'Still Motion' et vaut le coup d'oreille. Dans une veine très CunninLynguiststique, à l'ambiance que j'ai trouvé particulièrement nineties, Natti réussi un petit tour de force avec un disque à la qualité remarquable.

Alternant morceaux lascifs et titres percutants et aux punchlines bien senties, 'Still Motion' est une grande réussite aussi bien par le flow de Natti, ses influences (black, jazz, pop), ses samples, que par l'intelligence de ses featurings qui ne viennent jamais vampiriser des chansons mais plutôt se mettre vraiment au service de leur hôte (notons les titres avec Freddie Gibbs et de Mino Slick), qui gère parfaitement son affaire.

Évidemment, et comme tout album hip-hop qui se respecte, Natti convoque du monde pour lui donner du répondant. Et naturellement, Deacon The Villain et Kno, ses deux acolytes des CunninLynguists sont de la partie. Et si les deux se relaient derrière la console, Deacon The Villain est le plus impliqué des deux, présent sur trois morceaux (et parmi les plus fameux) et produisant 80% de 'Still Motion'.

Tout du long, et à l'instar des albums des CunninLynguists, Natti insiste sur les mélodies, racées, ne tombant jamais dans une facilité qui ne lui irait de toutes façons pas au teint. On ressort en tout cas convaincu très rapidement par ce 'Still Motion', très CunninLynguists dans l'esprit, mais qui a sa vraie touche. Un disque qui est plus qu'une mise en bouche pour le prochain album des CunninLynguists, prévu pour 2014. (Sortie : 24 septembre 2013)


Son :
Acheter 'Still Motion' de Natti sur le bandcamp des CunninLynguists
(Pour info, l'album est au prix de 14.79€, frais de port en France compris)


 
Trois chansons de 'Still Motion' de Natti en écoute aujourd'hui : le tube du disque Bright Lights Big City, le très CunninLynguists Architecture (feat. Sha Stimuli & Substantial) et le sublime Gospel-hop Underground Railroad (feat. Mino Slick) :
 


 



mardi 24 septembre 2013

Action Dead Mouse - ä [Greed Recordings]

Je dois parler de cet album depuis des mois. Dix pour être précis. Et j'ai repoussé, tentant de trouver les bonnes formules pour évoquer comme il se doit un de mes albums de l'année.  Et un des labels qui ne m'a jamais déçu, Greed Recordings, dont bon nombre des sorties se trouvent chroniqués en ces pages.

Alors je ne sais pas si j'ai trouvé les bonnes formules pour parler de 'ä', le troisième album des italiens (car comme son nom ne l'indique pas, ce groupe vient de Bologne) d'Action Dead Mouse mais il fallait que je vous en cause un brin.

Action Dead Mouse donc. Un groupe qui m'avait plus qu'enthousiasmé avec 'Revenge of Doormats and Coasters', son second disque en 2009 (voir ici et ). Et qui continue, inexorablement de le faire.

Action Dead Mouse fait dans le math-rock. Et sur 'ä', il ne change pas sa formule. Il s'éloigne certes un peu du post-rock qui habillait certaines de ses compositions précédentes, mais c'est pour mieux se recentrer sur ses premiers amours.

Tout au long de 'ä', Action Dead Mouse envoie de la guitare à qui mieux-mieux. Quasi-instrumental (« quasi » pour quelques chants hurlés), cet album est une nouvelle réussite, fait de ruptures de rythmes, de changement de directions impromptues, de batterie martelant le propos, et de titres idiots (moins que sur le précédent, mais tout de même : It's You, It's Me, It's a House Built by Antony Quinn). Sans pour autant être inaccessible, bien au contraire.

Bizarrement, je n'ai pas l'impression d'avoir entendu plus parler que cela de 'ä'. Le style musical explique surement cela, mais tout de même. Voilà Action Dead Mouse, un groupe dont la sincérité n'est pas à remettre en cause ; tout autant que son talent de composition. Et qui mérite surtout qu'on fasse un peu plus de bruit de ses sorties. (Sortie : 9 janvier 2013)


Son :
Site officiel d'Action Dead Mouse
Site officiel de Greed Recordings
Acheter 'ä' des Action Dead Mouse (et pour 10€ en vinyle s'il vous plaît !)



Deux chansons d''ä' en écoute aujourd'hui. Celle d'ouverture, Eschaton in Kleistpark et Cut Off Flowers Leave Dead Flowers, magnifique orgie musicale de plus de six minutes. Oui, vous êtes bien avec les Action Dead Mouse.


mardi 17 septembre 2013

Six. By Seven - Love and Peace and Sympathy [Borrowed Tune Motion Pictures]

Connaissez-vous le Colosseum ? Assurément non. The Colosseum est un club de Coventry, une ville à une quarantaine de kilomètres de la fière Birmingham. Mais surtout la ville la plus totalement rasée d'Angleterre pendant la seconde guerre mondiale (à un bout d'église près). Et le trou du cul du Royaume-Uni - ce n'est pas pour rien d'ailleurs qu'une expression anglaise dit de quelqu'un en quarantaine « he has been sent to Coventry ».

Coventry, j'y ai passé une année Erasmus il y a désormais plus de 10 ans. La meilleure année de ma vie. La liberté, la vie anglaise, ses rues de briques rouges, ses maisons de deux étages, son isolation pourrie, sa bière, ses house parties, etc.

Le Colosseum était un club où nous allions en pélerinage tous les lundis, mes colocs, mes amis espagnols, grecs, italiens, j'en passe et des meilleurs (en gros, tous les étudiants du coin), et moi-même. Oh, non pas que le son soit meilleur qu'ailleurs. Ou que l'ambiance soit à nulle autre pareille. Non, rien de tout cela. La raison tient juste en un fait : la boisson n'était qu'à 50p. Oui, 50 pennies. De la bière à la vodka aromatisée qui ne vous saoulait pas, ne vous egayait même pas mais vous donnait mal au bide. 50pennies pour danser sur tout et n'importe quoi, de Common People à S Club Seven.

Le Colosseum, c'est également là que, dans une des salles adjacentes, Six. By Seven était passé en concert. Et en 2001, Six. By Seven dans un boui-boui comme The Colosseum, dans une ville comme Coventry, pour le jeune français que j'étais, c'était totalement fou !
Ce n'était pas le groupe le plus dingue du moment, ni le plus populaire, mais leurs deux premiers albums avaient un peu de bruit, ne serait ce que du côté de la critique.

Ainsi donc, voilà les Six. By Seven dans cette salle sombre à la sono affreuse et dégueulasse, devant un public assez clairsemé - et pourtant, des groupes intéressants qui passaient à Coventry, ce n'était pas tous les jours. Je crois me souvenir avoir payé £3 l'entrée. En sortant, les oreilles encore bourdonnante, je me rappelle m'être dit que je n'étais pas prêt de revoir le groupe sur scène.

Et j'avais raison. Six. By Seven n'a jamais connu le succès, malgré des albums solides et une critique très positive à son égard. Mais non, ca n'a jamais pris auprès du grand public. Et quand ca ne prend pas au niveau des ventes, malgré tout le talent du monde... A tel point que le groupe a décidé de se séparer en 2008.

Et puis, ô surprise, Six. By Seven s'est reformé (en recrutant Steve Hewitt, l'ancien batteur de Placebo).  Et a enregistré un nouvel album, 'Love and Peace and Sympathy'. Un disque qui se traine un peu en longueur, qui aurait mérité de raccourcir quelque peu ses morceaux (deux chansons de moins de 4mns uniquement, cinq de plus de 6mns) et de changer ses constructions qui se répètent un peu tout du long. Mais 'Love and Peace and Sympathy' reste quand même de qualité. Sa première moitié est très prenante. 

Très produit, ce Six. By Seven rappelle plus souvent qu'à son tour les Doves ou Calla, deux autres groupes au talent certain et qui auront vu passer le rail du succès sous leur nez. Et que j'aurais bien vu à l'époque, dans la moiteur d'un club d'une ville sans grand intérêt et qu'il faut connaître étudiant. (Sortie : 16 avril 2013)


Son :


Deux chansons en écoute de 'Love and Peace and Sympathy' des Six. By Seven : Sympathy, toute en tension qui semble ne jamais vouloir s'arrêter de monter. Et Crying, single de l'album (fort heureusement, loin des hurlements de Steven Tyler).  (malheureusement plus en écoute)

mardi 10 septembre 2013

The Polyphonic Spree - Yes, It's True [Good Records]

Vous savez qu'il ne doit pas être facile de gérer, ne serait-ce que financièrement parlant, un  groupe qui compte je ne sais combien de membres dans ses rangs ?
Prenons The Polyphonic Spree, groupe américain à la pop héroïque, tout habillé de toges blanches et mené par Tim Delaughter. Hé bien, depuis 2007 et la sortie de leur troisième album, plus une nouvelle, pas une lettre, pas un coup de fil, rien.

Pourtant, leur trois premiers albums (j'ai une grande préférence pour 'Together, We're Heavy', leur second) avaient fait parler d'eux. Pourtant, ils avaient composé un tube en or massif, Light & Day, repris un peu de partout (et notamment dans 'Eternal Sunshine of the Spotless Mind' de Michel Gondry). Pourtant, ils avaient tout pour conquérir le monde.
Mais non. Rien. Six ans de silence. Et 6 ans c'est long pour une confrérie aussi foutraque que joyeuse comme celle-ci.

Et puis fin 2012, le retour d'un semblant d'activité. Déjà, la petite bande à Delaughter sortait un album de noël ('Holidaydream: Sounds of the Holidays Volume One') puis un live, 'Songs From The Rocky Horror Picture Show'.

Mais surtout, The Polyphonic Spree en appelait à la générosité de ses fan via Kickstarter pour financer son 4è album (il faut dire que depuis 'The Fragile Army', le groupe se produit sur sa propre structure, Good Records Recordings). 
Résultat ? En moins de temps qu'il ne faut pour le dire (un bon gros mois quand même), les adeptes de cette secte musicale réunissaient 100.000$ (oui 100k$ !) permettant au groupe d'enregistrer 'Yes, It's True', son 4è album.
Un album qui suit la voie ouverte par 'The Fragile Army', tout en conservant ce qui a toujours fait le sel du groupe : pop baroque, opéra-rock et chansons à chanter à tue-tête où des cuivres croisent fièrement le fer avec des cordes endiablées.

On ne parle évidemment pas ici d'album de l'année ou de chef d’œuvre absolu. Loin de là : 'Yes, It's True' n'est pas exempt de tout reproche, a perdu de la finesse de ses débuts et il en fait sûrement trop par moments. Il ne convertira donc pas les réfractaires à The Polyphonic Spree. 
Mais il devrait plaire à tout ceux qui suivent depuis le début les aventures de cette bande en toges, désormais colorées, dont le seul but semble être de faire des chansons pleines d'envies et de mélodies imparables.

Et en cette rentrée difficile pour tout le monde, il faudrait pour le bien de tout le monde prendre pour argent comptant ce que hurlent les Polyphonic Spree sur What Would You Do? (voir plus bas) : « Sing this song for yourself, I know it helps ». Ça sera déjà un bon début. (Sortie : 6 août 2013)

Son :
'Yes, It's True' est en écoute complète sur Spotify et Deezer.
Site officiel de The Polyphonic Spree

Acheter 'Yes, It's True'

 
En écoute aujourd'hui, trois chansons : Hold Yourself Up, Carefully Try, aux faux airs de Grandaddy et What Would You Do?, tube certifié de 'Yes, It's True', déjà sorti en single à la fin de l'année dernière, mais allongé d'une trentaine de secondes. (malheureusement plus en écoute)


Deux clips de ce nouvel album des Polyphonic Spree : celui flippant de You Don't Know Me (premier single), qui ouvre ce 'Yes, It's True'. Et celui de Let Them Be :







jeudi 14 mars 2013

The Men - New Moon [Sacred Bones]

Voilà un groupe étonnant que The Men. Leurs deux premiers albums (dont le très bon 'Open Your Heart') étaient très bruitistes, noisy, rock, et envoyaient du noise tout du long.
Les premières notes de 'New Moon' (toujours chez Sacred Bones) surprennent : forcément, ces notes de piano, cette mélodie toute belle, ce calme apparent. Qu'avez vous donc fait de nos The Men ?

Rien. Ils restent les mêmes. Ils évoluent, c'est tout. En décidant de laisser plus de place aux mélodies dans leurs compositions, ou plutôt en les mettant bien plus en avant, les new-yorkais se « radoucissent ».
Mais l'envie, l'énergie, le son cradingue, la production lo-fi, l'ambition rock que The Men ont toujours eu est bien présente.

Sauf que cette ambition sur 'New Moon' est plus bluesy, plus psychédélique (à l'image de la pochette) et va lorgner du côté de Neil Young (Bird Song qu'on dirait écrite à l'époque d''Harvest'). Tout du moins essentiellement sur la face-A du disque.

Car la face-B change de braquet et retrouve l'univers plus classique de ce The Men. Moins noisy que sur les disques précédents, mais tout aussi nerveuse et dantesque, cette seconde partie ressort les guitares et les chansons enlevées et impitoyables, au premier rang desquelles The Brass et Electric.

A l'instar de Black Keys qui ont petit à petit étendu leur auditoire sans fondamentalement se renier, The Men, avec 'New Moon', j'en mettrais ma main au feu, viennent de s'ouvrir comme des grands une autoroute vers une reconnaissance large de leur talent. Leur disque va faire parler de lui. Et il est tellement formidable que ça sera amplement mérité. (Sortie : 5 mars 2013)

Son :
'New Moon' de The Men est en écoute complète chez Pitchfork ici-même.
 Site officiel de The Men

Acheter 'New Moon' de The Men


Quatre chansons en écoute de ce 'New Moon' de The Men, dont trois dans le lecteur grooveshark ci-dessous. La pop nerveuse et pleine de distorsion de Half Angel Half Light, l'épique I See No One et le rockabilly Bird Song aux faux-airs de Neil Young. (malheureusement plus en écoute)

Dernière chanson en écoute de 'New Moon', I Saw Her Face, blues fiévreux comme savent en écrire The Men. (malheureusement plus en écoute)

 

lundi 18 février 2013

MiNORS - Night Birds Lurking 7" [WMH004]


Depuis quelques mois, la couleur est annoncée : 2013 sera française ou ne sera pas. Mondrian, Aline, Baden Baden, Lescop, Fauve, Gulcher, tous ont sorti ou s'apprêtent à sortir des disques qui vont faire parler.
Un nom pourtant n'a pas encore été vraiment évoqué et pourtant, il devrait faire parler de lui. MiNORS.
MiNORS est parisien. MiNORS n'est pas seul. MiNORS est un groupe. MiNORS est même un sextet.

Leur premier album 'Ways/Times' avait eu les faveurs de la presse aussi bien papier que numérique :
"Une impressionnante impression de jubilation, d’exorcisme des chorales à tue-tête" (JD Beauvallet, Les Inrocks)
"Six parisiens sortent dans un quasi-anonymat un album de folk orchestral qui pourrait être l’un des sommets de l’année. Emballement du mois" (Tsugi)
"Fragile et beau... et surement mieux qu'Arcade Fire" (Obsküre Magazine). 

J'en passe et pas des moindres.




Leur retour est donc attendu et espéré. Avant la sortie d'un Ep dans quelques mois, MiNORS propose de découvrir deux nouvelles chansons, entre post-rock et folk-songs, entre Arcade Fire et Thee Silver Mount Zion.

Night Birds Lurking, qui donne son nom au single, est longue mélopée à tiroirs, un ravissement au départ frappant, aux chœurs emballants et à la fin légère et aux faux airs de Vic Chesnutt, époque Constellation.
La face-b In Daylight est du même acabit, mais à la légèreté plus marquée et aux accords de guitare métronomes de l'ensemble.
L'objet ? Il est magnifique, comme souvent, avec cette pochette promettant une écoute plongée dans les étoiles.

Dans la lignée de leur premier album, MiNORS remet le couvert avec sa pop-folk orchestrale de très haute volée et aux ambitions mélodiques certaines. 
Si la vie est bien faite, MiNORS en 2013 deviendra majeur.

L'ensemble du 45-tours est en écoute sur le bandcamp du label ou directement ci-dessous : 




http://withoutmyhatrecords.bandcamp.com/album/night-birds-lurking-7


lundi 14 janvier 2013

Mondrian - Isn't It Fun [Without My Hat Records]

http://withoutmyhatrecords.bandcamp.com/

Après avoir pu donner une expression autre que numérique à Pumuckl et Gulcher qui le méritaient vraiment, c'est au tour de Mondrian de passer par la case vinyle chez Without My Hat Records.

Mais contrairement à ses deux prédécesseurs, ce n'est pas un est un 7 pouces/45-tours que propose Mondrian mais tout simplement un LP. Oui, le LP. Le 33 tours, ses deux faces et ses nombreuses chansons.

Mondrian est un groupe parisien, un quatuor composé de Roman Oswald, Morning Crash, Demoiselle et Cyrille. Et 'Isn't It Fun' est leur premier album.





Piet Mondrian était un peintre néerlandais pionnier de l’abstraction ? Mondrian fait dans la pop et l'a. Pas pour rien qu'ils se définissent ainsi : « a french band who loves the concentrated flavour of 2 minutes POP ». Pop oui, mais aussi folk, country, banjos, clappings et mélodies pianotées, le tout serti d'un synthé vintage du meilleur effet. C'est tout cela à la fois Mondrian.

'Isn't It Fun' propose quatorze titres, étalés sur deux faces-b, qui viennent piocher dans leurs efforts précédents (5 Eps en deux ans) et qui alignent les tubes pop comme s'ils en pleuvaient : Bolt from the blue, Things that money can’t buy, A kiss a day ou encore Paris, pour ne citer qu'eux.

Mais et en plus d'être une réussite musicale, 'Isn't It Fun' est également un bien bel objet (croyez moi, on ne s'est pas foutu de vous !) avec un vinyle présentant les 14 chansons et 4 faces imprimées tout à fait dans l'univers de Mondrian.

Vous savez tout, et dans tous les cas, on y reviendra. Ne reste plus qu'à l'écouter, à l'aimer, à se le procurer
Histoire de se dire une nouvelle fois que oui, la pop française va bien, merci pour elle.