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mardi 1 octobre 2024

Dr. Dog - Dr. Dog [We Buy Gold Records]

Tel un ami dont on n'a pas eu de nouvelles depuis des années et qu'on retrouve comme si on s'était quitté la veille, Dr Dog est le genre de groupe qui peut se permettre de longs silences mais qui à chaque fois qu'il revient c'est pour mieux vous emporter avec lui à nouveau.

Groupe fondé en 1999, le quintet de Philadelphie avait mis fait fin à sa longue aventure en 2021 après dix albums (dont certains très aimés dans ces pages) et une tournée d'adieu. Pourtant, le 19 juillet dernier, le groupe a publié non sans surprise son onzième album, le premier en six ans, le bien nommé... 'Dr. Dog'.

Et j'aime mieux vous dire qu'ils ne sont pas revenus pour rien. Car s'ils ne se réinventent pas (un disque de Dr. Dog ressemblera toujours à un disque de Dr. Dog), il y a comme un souffle nouveau. Comme si la pause leur avait permis de se ressourcer, de retrouver une flamme qu'ils avaient légèrement perdu sur la fin.

Forcément, on retrouve leur marque de fabrique, ces compositions teintées de rock, de folk et de psyché, évidemment sublimées (comme souvent chez eux) par de belles harmonies vocales (Handyman, White Dove). Nos gars n'ont pas changé (et personne ne leur demande de le faire d'ailleurs) et restent imprenables dès que le tempo ralenti et qu'ils se font mélancoliques et langoureux (Still Can't Believe, What a Night’ll Do). Pourtant, difficile de ne pas remarquer que leurs chansons n'ont sans doute jamais sonnées aussi... pop qu'ici. J'en veux pour preuve Lost Ones, le délicieux Fat Dog, un Fine White Lies dont le chant rappelle le David Bowie de Five Years et surtout Talk Is Cheap, un des très grands morceaux de 'Dr. Dog', à la rythmique et aux chœurs invitant à se lover dans des « wouhouhou » à n'en plus finir.

Aimé puis oublié, Dr. Dog fait donc un retour fracassant autant qu'inattendu avec ce disque inspiré, généreux et qui dès la première écoute m'a rappelé pourquoi j'aimais ce groupe ; et à quel point je l'aimais. Un album qui est peut-être (le temps nous le confirmera) leur meilleur à ce jour. Pas mal quand on vient de fêter ses vingt-cinq ans d'existence. (Sortie : 19 juillet 2024)


Plus :

'Dr. Dog' de Dr. Dog est à l'achat un peu de partout ici
'Dr. Dog' de Dr. Dog est notamment en écoute sur Spotify et Deezer


Trois chansons extraites de 'Dr. Dog' de Dr. Dog. Talk Is Cheap, la meilleure chanson de l'album
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Fine White Lies dont le chant rappelle le David Bowie de Five Years. Et enfin le poppy Lost Ones :

 
 


Deux clips de deux singles extraits de 'Dr. Dog' de Dr. Dog : ceux de Talk Is Cheap et Love Struck, avec la participation de M. Ward :

mercredi 24 juillet 2013

[Track of The Day] Dr. Dog - The Truth

Dix huit mois après leur dernier album, 'Be The Void' (si un jour j'ai le courage de finir mon top 2012, il y sera en bonne place), revoilà Dr. Dog avec un nouveau disque sous le bras, 'B-Room'. Leur 9è en 13 ans.

Prévu pour le 1er octobre prochain (le même jour que le 'Event II' de Deltron 3030), cet album semble se diriger vers un son très soulful. En tout cas, à en croire The Truth, premier extrait disponible (au très joli clip, voir plus bas).

Une chanson au tempo lent mais à l'ambiance 70s (on est chez Dr. Dog) et aux racines qui sentent bon les ambiances de la Motown et de ses contemporains.

Toujours sous-estimé ou reconnu (c'est selon), ce malgré une discographie de haute tenue, la joyeuse clique de Dr. Dog ne semble donc pas s'en laisser compter. Elle a bien raison. Espérons juste que pour une fois, ce 'B-Room' lui ouvre enfin les portes d'un succès bien plus large que celui qu'elle connait aujourd'hui.

Album : B-Room
Label : ANTI-
Année : 2013


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The Truth de Dr. Dog est également en écoute sur le soundcloud du groupe :



Et histoire de bien faire les choses, The Truth est donc accompagné d'un clip vintage qui lui va bien. Mieux, on peut ce premier extrait à tue-tête :


mercredi 8 février 2012

[Track of The Day] Dr. Dog - Over Here, Over There

Groupe de deuxième division qui a beau faire tout ce qu'il peut pour connaître une notoriété qu'il mérite absolument, les Dr. Dog de Philadelphie viennent de sortir (c'était hier) leur nouvel album, 'Be The Void'. Leur huitième en douze ans. Profusion de disque dont la qualité n'est vraiment pas à remettre en question.

Avec 'Be The Void', Dr. Dog place la barre très haut. Toujours dans une veine pop-blues-rock-psychédélique, le groupe aligne des chansons et des mélodies de grande qualité, aussi brute qu'efficace.

Faisant crisser ses guitares, posant des tubes comme si de rien n'était (These Days, Over Here, Over There la chanson en écoute aujourd'hui, et premier grande chanson de 2012), composant des chansons à l'immédiateté folle (Do The Trick !), Dr. Dog sort avec 'Be The Void' un de ses albums les plus réussis, se permettant même de finir l'affaire un folk-blues du meilleur effet. Jouissif que tout ceci.

Album: Be The Void
Année: 2012
Label: ANTI-


L'ami Tibault F. est du même avis que moi.

Premier single de 'Be The Void', That Old Black Hole est également en écoute sur le soundcloud de Dr. Dog. Et ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)

Et le même That Old Black Hole en clip:



lundi 8 décembre 2008

[Track of The Day] Dr. Dog - 100 Years

Dr. Dog est le genre de groupe injustement placé dans la catégorie "Division2 de la pop". Alors qu'il mérite clairement de jouer au moins l'UEFA. Ce groupe de Philadelphie avait atteint mes oreilles l'an passé avec leur très beau et Beatles-ien 'We All Belong'. Cette année, Dr. Dog est de retour et propose son cinquième album, 'Fate'. Une nouvelle fois, c'est une belle surprise. Ce n'est pas le groupe qui recueillera beaucoup de suffrages dans quelques jours, et pourtant, ils savent écrire de bien belles chansons pop aux touches de psychés et aux pointes de blues, assez intemporelles, qui prennent dans le passé comme dans le présent, avec pour parrain les Fab Four et David Bowie. Vraiment un bel album, à la splendide pochette. 

Album: Fate 
Année: 2008 
Label: Park the Van

samedi 28 décembre 2024

Bilan 2024 : « Albums » (40-21)


Après un premier billet consacré aux formats courts, aux compilations et autres rééditions, poursuivons donc ce bilan 2024 avec sa deuxième partie, consacrée cette fois aux quarante meilleurs disques de l'année selon votre serviteur. Et comme ingérer quarante disques d'un coup peut-être lourd à la digestion, découpons ça en deux papiers en commençant par les disques classés des places 21 à 40.

Mais avant d'attaquer la présentation de ces vingt albums, allons voir ce que les voisins (ou non) ont tiré comme conclusions de cette année 2024 :
- Les meilleurs albums de l’année selon l’indispensable Bandcamp Daily
- Le top 10 de l’année de Pop News
- Le classement de la rédaction de Section26
- La cuvée 2024 de Pinkushion
- Les 10 albums de l’année selon Mind Riot Music

Vingt premiers albums donc. De belles découvertes, des confirmations, des « enfants de », des promesses qui ne demandent qu'à exploser, des retours inattendus et majestueux, des disques qui sonnent mineurs à la première écoute mais qui n'en finissent plus de revenir : il y a un peu de tout cela dans les vingt mini choniques ci-dessous. Avec évidemment, au bas de ce papier (mais également en cliquant là pour Spotify, ici pour Deezer) des players pour écouter une chanson de chacun des disques évoqués. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

40. Flower Face - Girl Prometheus [-]
Avec sa pop et sa folk qui tendent vers des horizons plus goth, parfaitement incarnée par sa pochette, 'Girl Prometheus' de Flower Face est un disque remarquable, écrit à la suite d'une très douloureuse rupture amoureuse et qui retranscrit très bien tous les affres par lesquels on passe lors d'une séparation : monde qui s'effondre, incapacité à repartir de l'avant et à croire en des lendemains heureux, douleur incommensurable, tristesse infinie, colère sourde.
39. Sprints - Letter to Self [City Slang]
Après moultes singles et Ep, il était temps pour les dublinois de Sprints de passer au long métrage. Produit par le désormais compagnon de route de longue date Daniel Fox (Gilla Band), 'Letter to Self' est premier effort solide, ambitieux et engagé, entre post-punk et garage, aux nuances noise-rock. Et le pire c’est que le meilleur est sans doute à venir avec eux.
38. The Maureens - Everyone Smiles [Meritorio Records]
Sens aigu de la mélodie, énergie à revendre, des choeurs ou des voix doublées qui se chevauchent ou se complètent, rehaussant l'ensemble de leurs compositions d'harmonies d'une efficacité folle, 'Everyone Smiles' de The Maureens est une sorte de mélange de The Lemon Twigs, des regrettés Hal et Jayhawks, avec parfois une pointe de Gulcher. Un disque éminemment brillant, à la pop chevillée au corp et aux sacrées chansons.
37. The Waeve - City Lights [Transgressive Records]
D'un côté, Graham Coxon, guitariste de Blur, de l'autre Rose Elinor Dougall, clavier de feu The Pipettes. Couple à la ville, le duo l'est également sur scène sous le nom de The Waeve, dont 'City Lights' est le second album en deux ans. Mais si leur premier m'avait plutôt laissé de marbre, celui-ci avec sa synth-pop et ses relents post-punk mâtinés de saxophone, est un disque plein d'excès, portée par une production qui ne fait pas dans la demi-mesure, et surtout efficace à tous crins.
36. Myriam Gendron - Mayday [Feeding Tube Records / Thrill Jockey]
'Mayday', qui se pare d'atours verts cette fois, n’est peut-être pas aussi marquant que son prédécesseur rouge (véritable chef d'œuvre de son temps) mais reste tout à fait recommandable, rempli qu’il est de petites douceurs, délicates ou électriques, intime, où Myriam Gendron raconte ses histoires en français ou en anglais, le tout saupoudré parfois d'un peu field recordings ici et là. Un disque beau comme tout, où le temps suspend son avancée inexorable.
35. Sam Forrest - Caught Under a Spell [Desert Mine Music]
Nouvel album pour l’ancien leader de Nine Black Alps et une nouvelle très grande réussite. Un disque qui semble ressusciter Elliott Smith à chaque nouvelle chanson (mélodies, constructions des morceaux, intros, cette façon de faire sonner sa guitare, sa batterie) et qui confirme que Sam Forrest est le secret le mieux gardé d'Angleterre.
34. Dummy - Free Energy [Trouble In Mind Records]
Trois ans après un premier album plus que convaincant fait de noise, de psyché et d'indie-pop, les américains de Dummy n'auront pas déçu pour leur retour. Une suite qui prend les mêmes ingrédients de base, mais où l'ambition est plus grande, les chansons mieux produites et peut-être plus carrées. Le tout sans perdre en qualité de composition.
33. Ed Harcourt - El Magnifico [Deathless Recordings]
Un retour en majesté pour Ed Harcourt qu’on n’avait pas connu à pareil niveau depuis des années. 'El Magnifico' est un disque pop beau, baroque pour beaucoup, mélancolique jusqu'au bout des ongles, aux orchestrations pleine d'emphase et à la production flamboyante. Un album d'Ed Harcourt en somme, mais parmi ses tous meilleurs. Et duquel on ressort en se posant une question : notre homme ne serait-il pas le dernier romantique ?
32. Royel Otis - Pratts & Pain [Ourness]
Premier album pour ce duo de Sydney qui manie aussi bien l'indie-rock que l'indie-pop (aussi en version jangle) et des élans post-punk. Le tout en mettant les mélodies au-dessus du tout. Un disque (et un groupe ?) qu'on pourrait voir comme une réponse australienne à Will Toledo et ses Car Seat Headrest.
31. Bashy - Being Poor is Expensive [Bish Bash Bosh Music]
Alors qu’on aurait pu croire que 'Being Poor is Expensive' s’écrase sous le poids faramineux de How Black Men Lose Their Smile, l’anglais Bashy réussit le tour de force de rendre son album tout aussi cohérent et fort que cette chanson parmi les plus puissantes de l’année. Un disque très bien écrit, qui navigue entre UK rap et dub malin et particulièrement engagé pour un revenant anglais (treize sans aucun album, ce n’est pas rien).
30. Willi Carlisle - Critterland [Signature Sounds]
'Critterland' est un disque généreux de country-folk, à l'ancienne, avec du bluesgrass par ci et de l'americana par là, du banjo, de l’accordéon, du violon grinçant, de l'harmonica qui couine et de l'acoustique, rien que de l'acoustique (ou presque). Un album où Willi Carlisle excelle en conteur d’histoires jamais bien joyeuses.
29. Memorials - Memorial Waterslides [Fire Records]
Duo formé de Verity Susman (Electrelane) et Matthew Simms (Wire, dans sa version récente), Memorials est sans doute une des découvertes de l'année dont on a le plus envie de savoir où ils vont aller dans le futur. Disque curieux où se mêlent du psyché comme de l'indie-rock et même une bonne partie d'expérimental en son cœur, 'Memorial Waterslides' pourrait être résumé comme du post-punk à la sauce Stereolab et/ou Broadcast.
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28. Floating Points - Cascade [Ninja Tune]
Après une sublime échappée en 2021 avec Pharoah Sanders et The London Symphony Orchestra pour 'Promises', Sam Shepherd est revenu au source avec le nouvel album de son Floating Points. Un disque de house et de techno, souvent progressive, faite pour danser, mais presque rude, minimale et sans concession. Pas immédiat pour un sou, mais diablement efficace et à la construction pas loin d'être parfaite.
27. The Lostines - Meet The Lostines [Gar Hole Records]
Entre pop et country, mais celles des années 50 et 60, avec du doo-wop, de l'americana et une certaine idée de comment raconter des histoires, 'Meet The Lostines' est, à l'instar des disques de Tele Novella, autre duo adoré dans ces pages, un petit trésor hors du temps. Délicieusement recommandé.
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26. Outer World - Who Does the Music Love? [Happy Happy Birthday To Me Records]
Vous avez aimé le premier album de The Sweeping Promises ? Alors vous aimerez sans aucun doute son petit frère psyché Outer World. Un duo lui aussi qui pond là un disque qui a plus des allures de long Ep mais qui ne manque pas de sacrées chansons, le plus souvent garage-pop psychédéliques, lorgnant parfois vers des sonorités sixties, le tout auréolé d'une production post-punk plutôt parfaite. A suivre de près.
25. Beak> - >>>> [Invada Records / Temporary Residence Limited]
Album en forme de révérence pour Geoff Barrow qui après seize ans de bons et loyaux services au sein du groupe a décidé de mettre un terme à l'aventure (pour mieux enregistrer le quatrième album de Portishead ?), '>>>>' est sans doute le meilleur album de Beak> à ce jour. Un album extrêmement bien produit, souvent lancinant et obsédant qui prend son temps, qui confirme que Beak> est (fut ?) un groupe à l'attitude et au son à nulle autre pareils.
24. Boeckner - Boeckner! [Sub Pop]
Sorte de synthèse réussie de Wolf Parade et de Handsome Furs (forcément), ce premier album solo de Dan Boeckner regorge de chansons pop marquantes, pour ne pas dire mémorables, où le canadien enchaîne les mélodies soignées et efficaces, qu'il chante à merveille sur un tourbillon de guitares et de synthés.
23. The Rhythm Method - Peachy [Moshi Moshi Records]
Disque résolument pop et un peu fourre-tout où l'on passe d'ambiances très eighties à de l'indie-pop à guitare avant de revenir à de morceaux rêveurs et plein de synthés, puis de rebifurquer vers d'autres horizons country-pop quand ils ne sonnent pas presque seventies, 'Peachy' du duo anglais The Rhythm Method  arrive à faire naître du désordre une harmonie assez miraculeuse et particulièrement efficace.
22. Dr. Dog - Dr. Dog [We Buy Gold Records]
L’album du retour pour le quintet de Philadelphie, séparé en 2021. Et sans doute leur meilleur. Certes, rien ne ressemblera jamais plus à un album de Dr. Dog qu’un album de Dr. Dog. Mais si leur marque de fabrique et leurs compositions teintées de rock, de folk et de psyché sont toujours là, ils y intègrent beaucoup de pop qu’avant et le résultat est sans appel : c’est brillant, généreux et mélodieux au possible.
21. Corridor - Mimi [Sub Pop]
Avec sa pochette magnifique (sans doute la plus belle de l’année), 'Mimi' voit les québécois de Corridor enfin sortir leur grand œuvre, après quelques albums qui s’en rapprochaient plus que sérieusement. Un disque d’indie-pop, aux accents post-punk, psyché et des touches de jangle, avec toujours ces guitares superbes (qui ont quelque-chose de Tom Verlaine) et un ensemble on ne peut plus élégant et racé. Alors si en plus de tout ça, il rajoute une chanson majeure qui a de bons airs de tube de l’année (Mourir Demain), forcément…
Histoire de savoir de quoi l'on parle, vous trouverez ci-dessous deux players (Spotify et Deezer) proposant chacun une chanson des vingt albums chroniqués ci-dessus :

mardi 13 avril 2010

Gonjasufi – A Sufi and a Killer [Warp]

Et si c’était lui finalement l’artiste le plus hétéroclite de ces dernières années ? Sumach Ecks (aka Gonjasufi), dreadeux à la voix cassée, et lancinante, presque hésitante, que l’on dit originaire du désert du Mojave ou d’autres univers parallèles, en apporte en tout cas toutes les preuves avec un premier album, ‘A Sufi and a Killer’, attendu et très convaincant.

Signé chez Warp, pas radin en matière de découverte intéressante, Gonjasufi avait attiré l’attention l’an passé avec un premier 7’’ entre nu-soul et électro-organique (son ici et ). Mais cela présageait-il d’un album aussi divers, aussi varié, aux influences innombrables, mariant aussi habilement le rock que la soul, le funk que le folk ou l’électro ? Pas à un seul moment. Et pourtant.

‘A Sufi and a Killer’ est en effet, et pour le coup, un modèle du genre. En s’ouvrant sur des chants traditionnels ((Bharatanatyam)) pour mieux mettre sur orbite un Kobwebz marqué par le sceau du psychédélisme des années 70, qui lui même ouvre une voie royale à un Ancestors aux délicieuses vapeurs hip-hop, l’album annonce d’entrée la couleur.

La suite est du même tonneau : que ce soit avec le poppy orienté folk Sheep (qui n’est pas sans rappeler la musicalité des mangas qui ont bercé mes mercredi après-midi), SuzieQ (garage-rock abrasif à la mélodie qui a ce je ne sais quoi de I Wanna Be Your Dog des Stooges), un Change totalement extatique et lascif, ou un Candylane funk-soulement votre, tout y est, tout y passe. Avec une facilité déconcertante.

Rendant hommage de par son nom à son amour de la fumette, au spirituel et mysticisme, Gonjasufi propose aussi, en tout cas à mes yeux, à un grand voyage dans le monde de la drogue et des hallucinations. Une sorte de trip initiatique rendant compte des effets hallucinogènes d’un champignon qu’on évitera de faire revenir en sauce, d’une taff de gandja, des changements de perceptions dus au LSD et des descentes d’acides. Tout les sillons de ‘A Sufi and a Killer’ transpire la drogue, aussi bien avec ses côtés béats que de spleen et de manque qu’elle peut provoquer.

Plongé dans une marmite de psychédélisme, crédo de l’album – ce aussi bien musicalement que graphiquement -, excellemment produit (on dit merci à Flying Lotus, Gaslamp Killer et Mainframe pour le coup de main), ‘A Sufi and a Killer’ est un disque renversant, d'une facilité d'accès ahurissante et dont la longueur n’est en aucun cas un obstacle (19 titres pour près d’1h de musique, il faut oser. Et Gonjasufi assume haut la main).

Un voyage à travers les âges, la pièce qui nous entoure en perpétuel mouvement, les yeux qui vont dans tous les sens, un sourire béat scotché sur le visage. Une très grand œuvre, assurément une des plus pertinentes, passionnantes et réussies de 2010 avec le ‘There Is Love In You’ de Four Tet. (sortie : le 8 mars 2010)

Pour info, Benjamin, Dragibus, Dr.Javnaire, Ed Loxapac ou Benthom en parlent chez eux.

Son :
Myspace (2 chansons de ‘A Sufi and a Killer’ sont en écoute)

Exceptionnellement, vu la richesse de ce ‘A Sufi and a Killer’, 3 chansons de Gonjasufi en écoute. Un Ancestors orienté hip-hop, un Sheep qui pourrait vous replonger en enfance, dans un monde aux yeux gros comme le poing et la plus belle chanson de l'album, Advice, mené par un piano dépressif (malheureusement plus en écoute).

Histoire de bien faire les choses, voilà un petit player de Warp proposant pleins de petits clips (quatre au total présentant quatre chansons de 'A Sufi and a Killer', toutefois pas dans leur intégralité), présentant parfaitement Gonjasufi et son univers, ainsi qu'une interview et la chanson Kowboyz & Indians, dont il était question dans ces pages il y a quelques semaines de cela.
Le tout en espérant que ca ne plante pas et que la page ne soit pas trop lourde à charger. Sinon, faites moi signe. (malheureusement plus en ligne)

jeudi 17 mars 2011

[Track of The Day] Nate Dogg - One More Day


Adolescent, mes oreilles ont longtemps été partagées entre le son grunge qui déboulait de toutes les radios françaises et le gangsta rap, qu'il soit de la côte est ou de la côte ouest, qui lui me venait d'un voisin plus âgé et féru de son américain.
A l'époque, il suffisait d'ouvrir un album de rap américain pour tomber sur Nate Dogg. Warren G? Snoop Dog? Dr Dre? Tha Dogg Pound? 2PAc? Tous l'ont accueilli.
Peut-être pas le plus grand rappeur d'une époque désormais révolue (il y avait fort à faire), mais j'ai toujours beaucoup aimé sa voix qu'il cachait derrière une sorte d'effet qui lui allait à merveille. Nate Dogg est mort il y a deux jours. A 41 ans. Sale temps pour la West Coast.


vendredi 28 décembre 2007

Top 50 'Albums 2007': 30-11

Et voilà la suite, le classement du numéro 30 au numéro 11. Avec un titre par album en écoute, plus bas.



30. Thee, Stranded HorseChurning Strides [Talitres]
Sorte de réponse masculine (et française !) à Joanna Newsom, Thee, Stranded Horse est un disque fascinant. Parce que cet album là aurait pu être un truc chiant comme la pluie après un brushing. Et puis non. Basé autour de la kora, cet instrument africain qui sonne comme une rencontre entre une harpe et une mandoline, 'Churning Strides' est un peu le disque «je t’invite à un voyage. Et c’est moi qui paye» de l’année.


29. A Place to Bury Strangersst [Killer Pimp]
My Bloody Valentine rencontre New Order et dansent sur les cendres de Ian Curtis qui n’arretent de faire des aller-retours de son cercueil au devant de la scène. Noisy cold-wave shoegaze et tout le toutim. Voire même plus si affinités. On devrait réentendre parler de ces jeunes américains. Et rapidement.



28. BeirutThe Flying Cup Club [Ba Da Bing]
Après un premier album frais mais rapidement lassant, le névrosé Beirut franchit le cap du deuxième album avec élégance, talent et grâce, avec un 'Flying Cup Club' indéniablement beau. Toujours les mêmes ambiances d’Europe de l’Est et un opus qui gagne en cohérence et qui ne peut s’écouter que d’une traite au risque de passer à côté de pleins de choses.


27. Dinosaur JrBeyond [Domino]
Devant tous les échecs des reformations de groupes mythiques/à succès/légendaires, celle de Dinosaur Jr était un énorme risque : écorner l’image d’un des tous meilleurs groupes indé de la fin des années 80. Résultat ? Un bonheur. C’est carré, c’est propre et c’est réussi. La reformation qui fait plaisir, rock jusqu’au bout des ongles et intransigeant comme par le passé. Un exemple qu’on aurait aimé que les Stooges suivent.

26. Arcade FireNeon Bible [Merge]
Deuxième album plus qu’attendu après le formidable Funeral, Neon Bible’ m’a déçu aux premières écoutes. Les leaks de quelques chansons, deux mois avant la sortie, ça gâche un peu tout, quoiqu’on en dise. Et puis réenregistrer No Cars Go, je n’y voyais pas un intérêt énorme.
Il y a eu ensuite leur concert à Fourvière en juillet et il m’est rentré dans la peau. Et, ô surprise, ça ne m’a même pas fait mal. Et s’il est moins cohérent, il n’en reste pas moins très bon, avec quelques élans de pop grandiloquente mes amis, je vous dis que ça.

25. Chris Garneau - Music For Tourists [Absolutely Kosher]
Sorti au tout début de l’année, ce Music for Tourists est peut-être le premier disque que j’ai écouté en 2007. Et malgré les écoutes, malgré le temps, il aura tenu la route. Et bien. Un album tout au piano, au-dessus duquel vole l’ombre de Cat Power dont l’ami Chris Garneau pourrait être le pendant féminin. Ca ne respire pas la joie de vivre. On pourrait même dire que c’est complètement tristouille et déprimé. Mais c’est beau. Et histoire de finir en beauté, Garneau se pique au jeu de la cover et reprend plus qu'honorablement Between The Bars du grand et feu Elliott Smith.

24. LCD SoundsystemSound of Silver [DFA]
Les quelques écueils du premier album sont effacés. Et le second opus remporte la mise. Murphy et ses potos réussissent le tour de force de se renouveler sans changer de formule, toujours la même : du rock et dansant qui plus est, le tout sans concession. Et afin d’enfoncer le clou, 'Sound of Silver' a le don de compter en son sein le tube de cette année, 'All My Friends' (dont l’Ep du même nom est du même tonneau que l’album, pleins de remixes pertinents).

23. Iron & WineThe Shepherd's Dog [Sub Pop]
Sam Beam s’éloigne de son folk délicat et invite du monde sur son nouveau disque. Des instruments dans tous les sens, toujours ce même sens de la mélodie et un pop-folk inspiré avec des textes engagés bien comme il faut. Bref, l’homme se réinvente et sort un (nouveau) grand cru. Comme d’hab.



22. Justice - † [Ed Banger]
Depuis la sortie de leur remix tonitruant du Never Be Alone Again de Simian en 2003, on savait que Justice allait devenir énorme. La question était juste de savoir quand. 2007 aura donc été leur année. Et ‘†’ un album taille patron, d’une très grande cohérence, influencé à mort par Daft Punk (comme tous les artistes électro du moment, de Digitalism à Boys Noize) et qui savent pondre des tubes avec une régularité ahurissante. Album dancefloor (voire même plus) de l’année.

21. Apples in StereoNew Magnetic Wonder [Simian]
Inspiré par Pink Floyd (pour leur nom), potes de labels des Olivia Tremor Control, Neutral Milk Hotel et autres Beulah, fan de l’œuvre Beach Boys-ienne, les Apples in Stereo sont ma révélation power-pop de l’année. Des voix au vocoder, du rock, de la pop, le tout habilement aéré par quelques plages instrumentales, 'New Magnetic Wonder' est un bijou à vous donner le sourire, même un lundi matin, à 7h30 du matin, avec -7°C dehors.

20. Blonde Redhead – 23 [4AD]
Blonde Redhead poursuit son virage pop entamé avec Misery is a Butterfly et sort un disque détonnant. J’avais espéré un retour aux sources des débuts, quand on les comparait encore à Sonic Youth. Et puis finalement, ce style là leur va si bien. Quelle richesse mélodique ! Quel son ! Loin de faire une redite du précédent album, Blonde Redhead confirme qu’ils ont une classe folle. Et s’imposent définitivement (oui, vous me direz, ça fait un bail) comme un des groupes les plus passionnants de ces 15 dernières années. Pas moins.

19. Clap Your Hands Say Yeah! – Some Loud Thunder [Wichita]
Moi qui étais resté plus que circonspect à l’écoute de leur premier album, insupportable après 5 titres, je ne m’attendais pas à une telle claque. Car oui, ce nouvel album des Clap Your Hands Say Yeah! est un petit régal jubilatoire, blindé de mélodies et de jolis petites idées pour les enjoliver. Dans ce disque là, on retrouve un peu du 'Revolver' des Beatles, un peu de Pixies (le titre d’ouverture est un hommage flagrant), du Violent Femmes aussi. Et la voix, si désagréable sur le premier album, passe beaucoup mieux ici. Comme quoi, quand y a des chansons, c’est tout de suite plus intéressant…

18. Thurston MooreTrees Outside The Academy [Ecstatic Peace]
Deuxième album solo pour un des leaders du groupe rock le plus important des vingt dernières années, 'Trees Outside The Academy' est d’une grande sobriété, en commençant par la pochette où l’ami Thurston se prend pour Joey Ramone. Un disque qui sent, qui respire Sonic Youth, en plus pose et moins bruitiste, embellie par le joli violon de Samara Lubeski.

17. The Shape Of Broad MindsCraft Of The Lost Art [Lex]
Un disque de hip-hop à la personnalité toute entière. Quintette sur le papier, The Shape Of Broad Minds est en fait un duo : celui de jaWWAAD et Jneiro Jarel (et de ses trois autres noms de scène : Panama Black, Dr Who Dat et Rocque). Et deux bonshommes qui balancent des prods ciselés, entre jazz et hip-hop, assez psychédéliques et abstrackt et qui rappellent Madlib. Un album dans lequel il est dur de rentrer. Et autrement plus difficile d’en sortir.

16. Malcolm Middleton – A Brighter Beat [Full Time Hobby]
Deuxième album solo pour la moitié de (feu) Arab Strap. Un second opus qui tient la longueur cette fois, rock énervé faisant courbettes à quelques délicieuses chansons pop mélancoliques, le tout sous couvert d’écriture dépressive. Un disque charmant, pertinente solution pour lutter contre le toujours vivace trauma que la mort d’Arab Strap a engendré.


15. C-Rayz Walz and Parallel Thought – Chorus Rhyme [Urchin Studios]
Deuxième opus d’un triptyque discographique de l’ami C-Rayz, ce 'Chorus Rhyme' est un bijou de hip-hop limite old-school, produit à la perfection, plein de punch-lines, de scractchs, de rimes percutantes. Et, cerise sur le pancake, C-Rayz et Parallel Thought pondent un titre dément, de quinze, avec plus de trente emcee qui se succèdent au micro. Grand. Mais alors grand hein.

14. Liars – st [Mute]
Quatrième album des New-Yorkais, peut-être leur plus accessible, plus brut et rock et moins torturé que par le passé. Un album enjoué, maîtrisé, nerveux, avec du tube (Plaster Casts of Everything bordel !) qui, s’il ne prend pas les risques des précédents, est encore une fois une confirmation de tout le talent de ces trois gugusses.



13. Low – Drums & Guns [Sub Pop]
Les années ont beau passer sur le trio américain, elles ne semblent pas avoir d’emprise sur eux. Les mesquins diront bien sur que leurs meilleures années sont derrière eux. Et cela voudra dire qu’ils n’auront pas écouté ce ‘Drums & Guns’ qui montre un groupe dans un état des plus intimiste, torturé, sombre et gentiment expérimental. Dave Fridmann aux manettes et un groupe peut-être pas à son apogée. Mais pas loin.


12. Pumice - Pebbles [Soft Abuse]
Malgré sa pochette de 'Benjamin Biolay en vacances à Cabours', Pumice joue dans la sphère tourmentée. Un disque délicieusement bruitiste, plein de pop déglingué et de larsen, avec du drone par-dessus tout ça (magique Spike/Spear). Un disque tourmenté, vraiment bon, parcouru de titres qui pourraient être des tubes et qui vous arrivent dans la gueule sans savoir comment.


11. Magik Markers – Boss [Ecstatic Peace]
Une voix (y a du Kim Gordon chez elle), du noise, une signature sur le label d’une des têtes de proue du rock indé: un disque coup de boule frontal. La bande à Moore est fan depuis un bail déjà. Et y a de quoi. Un disque surprenant, qui prend à revers son auditoire à chaque nouvelle chanson. Incroyable.




Comme précédemment, le lecteur deezer qui va bien: