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vendredi 8 octobre 2021

[Track of The Day] Elton John & Stevie Wonder - Finish Line

Ils ont beau avoir leur carrière derrière eux, Elton John, 74 ans, et Stevie Wonder, 71 ans, n’en ont pas pour autant fini avec la musique. La preuve avec ce Finish Line, un des nouveaux duos qui apparaitra sur le prochain album du britannique dans quelques semaines, 'The Lockdown (forcément) Sessions'.

Sur le papier, la chanson a tout de la mauvaise idée. Ou en tout cas, du coup marketing un peu daté, tentant de faire du buzz autour de deux génies à la gloire depuis bien longtemps éteinte. Et puis il y a la chanson en elle-même. Presque clichée par certains côtés (du piano pour Elton, le solo d’harmonica pour Stevie), des ficelles un peu grosses (les chœurs, assurés par le Kanye West’s Sunday Service Choir, moins en complément qu'en soutien des deux artistes), une ambiance pop-gospel un rien téléphonée et une production pas bezef qui fait dans la rondeur excessive.

Et pourtant… ça marche. Et pas qu'un peu : ça marche même à fond. Malgré tous ces signaux contraires, malgré l’évident travail de post-production d’as de studios pour éviter qu'on entende le temps qui est passé sur ces deux immenses génies (on ne me fera pas croire que Stevie Wonder chante encore comme à ses 25 ans), malgré la facilité de la mélodie et de la construction, Finish Line est une belle réussite. Peut-être à cause de la sincérité qui en ressort, sans doute pour ce texte nostalgique et qui fait en quelque sorte le bilan. Ou peut-être parce que sur ce titre, Elton John et Stevie Wonder n’essaient pas de réinventer la roue mais juste de produire une bonne chanson, simple, efficace, et même touchante, sans jouer les jeunes et se lancer dans quelque-chose qu'ils ne maitrisent pas. Coup de cœur pas une seconde coupable.

Album : The Lockdown Sessions
Année : 2021
Label : Mercury

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Finish Line d'Elton John et Stevie Wonder est également en écoute ci-dessous :
 

dimanche 11 novembre 2007

[Oldies] David Ackles - American Gothic (1972)

De toute sa vie, David Ackles n’aura jamais su quoi faire, n’aura jamais su sur quel pied danser, passant d’une activité à son opposée en un claquement de doigts. Une débauche d’énergie qui le priva sûrement d’un succès musical qu’il aurait mille fois mérité.

Car oui, David Ackles est un artiste à la trajectoire fluctuante. Né en 1937 dans l'Illinois au sein d'une famille baignée par le monde artistique (un grand père comédien de music-hall et une grand-mère à la tête d’un quatuor féminin), il débute – très jeune – comme acteur au sein de séries américaines des années 40. Quelques années plus tard, il se tourne vers l’université, part étudier la littérature à Édimbourg, avant de revenir aux États-Unis empocher son diplôme de cinéma.

Il fait montre rapidement de grandes capacités artistiques, aussi bien pour le ballet que pour la comédie musicale ou le théâtre. Malgré cela, et alors qu’il écrit déjà pour la télévision, il devient détective privé puis gardien de nuit (!). On évoque même le fait qu’il ait pu faire quelques séjours en prison. Bref, une image brouillée, une ligne de vie qui part dans tous les sens, sans jamais arriver à s’arrêter sur une activité en particulier.

A la fin des années 60, il rentre chez Elektra, un des labels les plus importants de l’époque – au catalogue assez fascinant, arrivant à regrouper en son sein, notamment, Love, les Doors, le MC5 ou encore les Stooges.
La différence entre David Ackles et les groupes pré-cités, c’est que lui n’arrive pas comme artiste maison. Mais uniquement comme songwriter. Jac Holzman, fondateur d’Elektra, a en effet beaucoup aimé Blue Ribbons, un titre composé par notre homme, mais ne se voit pas lui confier plus.

Les mois passent et finalement, David Ackles arrive, à force de persuasion, à obtenir un contrat qui donnera naissance à trois albums. Un triptyque acclamé par tous les critiques du monde mais qui ne vendra jamais rien (ou presque).

'American Gothic' conclut cette trilogie (qui n’en est pas une). Un disque miraculeux, en forme d’apogée artistique, assez déroutant, et dont il est difficile de se remettre. Un album produit merveilleusement par le pourvoyeur de tube d’Elton John, Bernie Taupin, avec Robert Kirby aux arrangements (célèbre pour avoir travaillé sur le ‘Five Leaves Left’ de Nick Drake) et le London Symphony Orchestra pour backing-band.

Un album qui est en quelque sorte un résumé des multiples carrières artistiques d’Ackles. Folk ou pop, ce disque est surtout influencé par l’opéra ou le théâtre, arrivant ici et là à recréer des ambiances qui sont propres à ces univers là (Oh California!, voir par ailleurs) : ces passages de cordes, ces cuivres n’attendant que la réponse d’un ténor, ces vocalises stupéfiantes.

Stupéfiant, 'American Gothic' l’est également par sa description sans concession des États-Unis, entre déclarations d’amour et critiques acerbes, toute en vérité (le plus bel exemple restant ce Montana Song de dix minutes qui ferme l’album, où l’on découvre les États-Unis vu par les yeux des pionniers), même s’il s’octroie de temps à autres quelques jolies balades beaucoup moins virulentes.

Largement influencé par Jacques Brel ou Frank Sinatra (cette emphase dans les paroles et dans le chant, ces constructions de morceaux), 'American Gothic' est un chef d’œuvre. Derek Jewell, un des plus influents critiques musicaux de l’époque, décrit même l’album, dans une chronique restée célèbre, comme le « Sergent Pepper of Folk ». Rien que ça.
Mais au-delà de ces considérations comparatives, ce disque fait partie de ces albums qui demandent plusieurs écoutes pour vraiment s’en imprégner. Et comprendre à quoi on a à faire. Un disque romantique, inspiré, judicieusement bonifié par un London Symphony Orchestra qui ne fait qu’un avec le piano de David Ackles. Un disque qui n’aura pas connu le succès espéré et qui sonnera le glas de la collaboration avec Elektra.

Des années plus tard, Phil Collins (!) et Elvis Costello, entre autres, lui tresseront des couronnes de louanges. Et on jurerait entendre du David Ackles chez la grande Joanna Newsom. Mais cela n’y changera rien. Lui d'ailleurs s’en foutait sûrement, reparti qu’il était à suivre et découvrir d’autres vies artistiques. Mais il aurait sans doute aimé, comme il l’expliquait au milieu des années 90, retravailler avec Bernie Taupin, sur quelques morceaux. Le temps et un cancer auront finalement raison de ces retrouvailles. Entre tous les génies oubliés et disparus, ça doit être un bordel magnifique là haut…

Première sortie : 1972 (Elektra)
Réédition : 2005 (Elektra)


Pour bien faire, trois titres en écoute. Je dois avouer avoir eu du mal à choisir les trois titres. Je pense qu’ils sont plutôt représentatifs du disque: Oh California!, Love's Enough et Montana Song :


samedi 1 janvier 2022

Bilan 2021 : Top 50 « Chansons »


Ayé, nous sommes en 2022. Pas dit que l'année prochaine soit formidable, loin de là. Elle a même tout pour être de même nature que sa devancière. Pour autant, on ne pleurera pas la disparition dans les limbes de 2021, année affreuse s'il en est et qui aura réussi à faire pire que 2020, ce qui n'est pas rien.
Musicalement en revanche, quelle année ! Comme déclinée sur les trois premières parties de ce bilan annuel, 2021 fut un grand cru à mes oreilles. Des disques absolument merveilleux. Des claques prises plus souvent qu'à mon tour. Et des chansons, mes aïeux, je ne vous en parle même pas.

Mais avant d'aller plus loin et de détailler ce Top 50 des meilleurs morceaux de l'année, regardons une nouvelle fois ce que les copines, copains et autres voisins ont tiré de cette année 2021 :
- Le bilan de 2021 de Mathieu chez Random Songs, avec le petit mix qui va bien 
- Le traditionnel "Best of Songs" de l'année par l'indispensable Said The Gramophone
- Autre traditionnel, celui de Starsky, avec un mix en deux parties (ici et )
- Les 80 titres essentiels de 2021 selon Stars Are Underground
- La playlist 2021 de la rédaction d'Addict Culture
 
Nous disions donc 50 chansons. Cinquante morceaux qui auront passé leur temps dans mes oreilles, certains en partant pour mieux y revenir encore plus puissant. Le numéro 1 a été évident du moment où j'ai posé mes oreilles dessus (je vous conseille d'ailleurs de regarder le clip, d'une classe et d'une beauté folle). Le numéro 2 est un titre fou, du post-punk qui finit comme en électro. Quant à la troisième marche du podium, c'est la plus belle chanson française de l'année, sans conteste possible (et qui ouvre un album qui a raté le cut d'un rien de mon top album). Le reste ? Des chansons presque du même acabit, avec beaucoup de guitares, de la pop dans tous les sens, des vieux sur le retour qui font dans le cliché mais qui le font bien, quelques petites douceurs dont je n'arrive pas à me lasser et quelques tubes sur lesquels on dansera encore dans vingt ans. Bref, cinquante titres. Cinquante chansons. A découvrir ci-dessous.
Et évidemment, au bas de ce classement, des lecteurs Spotify, Deezer et Youtube pour écouter - et voir - ces 50 chansons. Bonne lecture et surtout, bonne écoute !
 


 
50. Randolph's Leap - Moment Passed
49. Thee More Shallows - Ancient Baby
48. Wallice - 23
47. Flyying Colours - Big Mess
46. Fightmilk - Overbite
 
45. Public Service Broadcasting - Blue Heaven (feat. Andreya Casablanca)
44. Aaron Frazer - Over You
43. Agave Tongue - Yellow Moon
42. The Staves - Best Friend
41. Torres - Thirstier
 
40. Danny George Wilson - Lost Future
39. Rat Columns - I Can't Live On Love
38. Massage - In Gray & Blue
37. Pale Blue Eyes - Motionless
36. Bestfriend - Hannah In The City
 
35. Johanna Samuels - All Is Fine
34. The Felice Brothers - We Shall Live Again
33. Francis Lung - Bad Hair Day
32. Chevalrex - Tant De Fois
31. Pearl Charles - Only For Tonight
 
30. Julien Ribot - Hey You Know Wonderland!
29. Mush - B2BCDA
28. Wet Leg - Chaise Longue
27. Islands - (We Like To) Do It with the Lights On
26. Black Country, New Road - Instrumental
 
25. Afrique Victime - Mdou Moctar
24. The Liminanas & Laurent Garnier - Que Calor!
23. Parquet Courts - Walking at a Downtown Pace
22. Mannequin Pussy - To Lose You
21. Sam Fender - Get You Down
 
20. A Place To Bury Strangers - Playing The Part
19. Maximo Park - Versions of You
18. Elton John and Stevie Wonder - Finish Line
17. Kìzis - Kiss For The Valley
16. Team Me - Song for a Drummer
 
15. David Gray - Dún Laoghaire
14. Sam Forrest - The Best Is Yet to Come
13. Sports Team - Happy (God's Own Country)
12. Amyl and The Sniffers - Hertz
11. The Notwist - Exit Strategy to Myself
 
10. Cub Scout Bowling Pins - Heaven Beats Iowa
09. Cheekface - We Need a Bigger Dumpster
08. Middle Kids - Questions
07. Gang of Youths - The Angel of 8th Ave.
06. Clap Your Hands Say Yeah - Thousand Oaks
 
05. Lucy Dacus - Hot & Heavy
04. Cassandra Jenkins - Hard Drive
03. Pharaon de Winter - L'Habitacle
02. Squid - Narrator (feat. Skye Murphy)
01. Little Simz - Introvert
 

 
Et vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait pas d'intérêt, ci-dessous, non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube (qui permettra notamment de voir le clip aussi formidable que la chanson d'Introvert de Little Simz). Bonnes écoutes !

 

 

mercredi 28 octobre 2020

[Track of The Day] Gorillaz - Désolé (feat. Fatoumata Diawara)

Client à l'époque du premier mais surtout du second album ('Demon Days'), les Gorillaz de Damon Albarn m'ont depuis plutôt perdu. Difficile de s'y retrouver dans ces suites ininterrompues de featuring plus ou moins bienvenus ou ces albums à l'homogénéité difficile à déceler.

'Song Machine, Season 1 : Strange Timez' a le mérite de ne pas mentir sur la marchandise : ce nouvel album de Gorillaz sera une collection de chansons. Et c'est le cas. Remplis de featuring jusqu'à la lie (au moins un sur chacun des 17 titres, de Beck à ScHoolboy Q, de St. Vincent à JPEGMAFIA en passant par Peter Hook, Unknown Mortal Orchestra ou Georgia) et une nouvelle fois pas tous passionnants loin de là, ce disque ne brille pas non par sa cohérence globale.

Pour autant, il y a quelques belles choses à picorer ici, et notamment du côté des anciens (les chansons avec Robert Smith et Elton John sont surprenamment parmi les meilleures). Mais aussi surtout Désolé, avec la participation de la malienne Fatoumata Diawara. Certes, le morceau est sorti en février dernier, mais je ne le découvre que maintenant et il n'est jamais trop tard pour se rattraper. Car Désolé et une grande chanson pop chantée en anglais, en français et en bambara (une des langues nationales du Mali), que Gorillaz habille joliment d'un rythme léger mais entêtant et d'une mélodie comme d'ailleurs où la voix toujours aussi magnifique de la malienne fait merveille.

Album : Song Machine, Season 1 : Strange Timez
Année : 2020
Label : Parlophone

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Désolé de Gorillaz, avec la présence de Fatoumata Diawara, est également en écoute ci-dessous :

 

Le clip de Désolé de Gorillaz d'où il ressort un vrai plaisir partagé entre Fatoumata Diawara et Damon Albarn :