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vendredi 22 janvier 2010

[Track of The Day] Gorillaz - Stylo (feat. Bobby Womack & Mos Def)

Parlophone a donc lancé la campagne de promotion comme il faut. Un tweet anodin propose de télécharger un premier morceau. Et le buzz est parti.

Car il faut bien avouer que depuis hier, on parle beaucoup de Stylo, ce premier extrait de 'Plastic Beach', le troisième album à venir de Gorillaz. A quoi bon en reparler dans ces pages alors qu'il est déjà un peu partout? Mais pour deux raisons mes bons amis!

Un parce que Gorillaz est la meilleure chose que Damon Albarn ait jamais créée. Et deux parce que ce ce Stylo (qui sort en single lundi) annonce du lourd, du très lourd. Sur cette chanson là, la production est totalement folle, mouvante et percutante. Les voix de Mos Def et surtout de Bobby Womack (incroyable!) sont imparables.

On peut donc s'attendre à une nouvelle réussite de la confrérie animée avec 'Plastic Beach'. Un album qui contera les aventures des Gorillaz, perdus sur une île déserte du Pacifique Sud (The Plastic Beach HeadQuaters), l'endroit le plus désert de la planète, uniquement composé de détritus, déchets et vestiges de l’humanité. Légèrement dans l'air du temps donc…

Mais bon, peu importe: les visuels couplés à ce premier Stylo ainsi qu'à la liste d'invités longue comme le bras (Lou Reed, Mark E. Smith de The Fall (!!), Gruff Rhys, Snoop Dog ou la moitié des Clash) donnent sacrément envie d'en savoir plus. Rendez-vous donc en mars prochain. 

Album: Plastic Beach 
Année: 2010 
Label: Parlophone

samedi 26 décembre 2009

Top 50 'Albums 2009': 50-31



Les tops albums de fin d'année pleuvant, il était donc temps que je m'y mette à mon tour. Ainsi, après Hop-Blog, The Man of Rennes (qui débute juste le sien) ou Words & Sounds, qui reprend pour l'occasion du service (je continuerai à mettre des liens vers d'autres top les jours suivants), voilà donc la première partie de ce top 50, avec les albums classés de 50 à 31. La suite viendra durant le week-end.

Une belle année, quoi qu'on en dise, avec des albums forts, de sacrées découvertes et des confirmations. Certes, de mon point vue, pas la meilleure année, mais pas la plus mauvaise loin de là, comme veulent nous le faire entendre certains (Martin a son avis là-dessus ici).

Vous trouverez au bas de ce papier un lecteur grooveshark répertoriant une chanson de chacun des albums présentés.

Pour info, le top "chansons 2009" se trouve là et le top "autres formats" (on va l'appeler comme ça, ça sera plus simple) se trouve ici.



50. Moderat – st [B-Pitch]
Quand deux des figures de proue de la scène électro allemande se mettent à travailler ensemble, à quoi cela peut-il ressembler ? Après un premier essai via un EP en 2003 (‘Auf Kosten der Gesundheit’, aucune écoute au bataillon), Apparat et le duo Modeselektor remettent donc le couvert. A Apparat le côté planant, à Modelesktor celui plus percutant. Projet vraiment intéressant, avec un gout d’y reviens-y (les morceaux des trois zouaves sont vraiment très catchy), ce ‘Moderat’ séduit énormément.


49. Radio Moscow – Brain Cycles [Alive]
Black Keys + Comets on Fire + esprit de Jimi Hendrix + Led Zeppelin = Radio Moscow. Simpliste et réducteur, certes, mais c’est selon moi assez proche de tout cela. Deuxième opus, ‘Brain Cycles’ continue dans la voie tracée par leur premier album, avec rock, pédales wah-wah, psychédélisme, garage, riffs dans tous les sens, solos de batterie déments, le tout relevé par un côté soul très loin d'être désagréable. Jubilatoire !


48. Pajo – Scream With Me [Black Tent Press]
David Pajo s’offre un petit plaisir avec la sortie de certains de ses enregistrements confidentiels. Ceux-ci sont consacrés au groupe de punk américain Misfits. ‘Scream With Me’ est une relecture brute de décoffrage, tout à la guitare acoustique. Recréant l’ambiance des vieux disques folk qui ont fait l’histoire de la musique américaine il y a de cela 50 ans, l’ancien guitariste de Slint sort là un très beau dique, lo-fi jusqu’au bout de la corde.
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47. Mos Def – The Ecstatic [Downtown]
Attention, Mos Def revient sérieusement aux affaires ! En s’entourant de la Stones Throw crew (Madlib, Oh No, et toute la clique), ce géant du hip-hop américain pond un petit bijou, ‘The Ecstatic’, éclectique à souhait, lorgnant vers des tonalités hispaniques, moyen-orientales et carrément orientales. Extatique.
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46. Toy Fight – Peplum [City Slang]
Être signé chez City Slang, ça vous pose un groupe. Et quand c’est ce même label qui a insisté pour la reformation du groupe, c’est encore mieux ! Joyeuse troupe, Toy Fight est une arme de séduction massive avec sa folk-pop-rock, ses violons, ses banjos, ses cuivres, rappelant aussi bien les Kings of Convenience, Belle & Sebastian ou Noah and The Whale. Ce ‘Peplum’ est une preuve supplémentaire qu’en France aussi, on est capable d’en revendre aux anglo-saxons. Et sur leur terrain en plus.
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45. The Hunches – Exit Dreams [In The Red]
‘Exit Dreams’ est un disque sans concession : urgent, violent, furieux, cradingue, dans la pure tradition Hunches. En quarante minutes et douze titres, les quatre gars de Portland enfilent les titres comme des parpaings, font chauffer les riffs (et il y en a!), se mettent à hurler comme jamais et noisy-ise tout cela avec un talent certain. Mélange de garage, de punk, de rock et blues crasseux, ‘Exit Dreams’ est un tout sacrément efficace et l’adieu d’un groupe qui m’aura fait hurler «RIOT!» plus d’une fois.
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44. Dan Deacon – Bromst [Carpark]
Acoustico-electro-pop-psychédélique dont certains passages ne seraient pas reniés par Animal Collective, ce ‘Bromst’ fait partie de ces album jouissif que l’on épuise jusqu’à la moelle car justement, ils ne se limitent pas à un plaisir éphémère et grossier.
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43. Ramona Falls – Intuit [Barsuk]
Premier à l’applaudimètre à l’occasion du top des bloggeurs 2009, ce premier album solo de Brent Knopf (le type derrière Menomena) est une bien belle œuvre d’une beauté franchement sidérante. Sombre et mélancolique, mélodiquement de très haut niveau, rempli de petites idées qui ne payent pas de mine mais qui donne un vrai corps à cette œuvre, le père Brent s’offre là une escapade de haute tenue.
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42. Castanets – Texas Rose, The Thaw & The Beats [Asthmatic Kitty]
Depuis leur ‘Cathedral’ de 2004, j’avais laissé courir les Castanets, le groupe d’un seul homme, Raymond Raposa. Désormais signé chez les chats asthmatiques de Sufjan Stevens, Castanets est revenu en 2009 avec un cinquième (déjà) album, ‘Texas Rose,The Thaw & The Beats’. Un bel et étrange album. Pas vraiment folk, pas foncièrement rock. Oui, étrange. Bon. Sombre. Et habité.
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41. Handsome Furs – Face Control [Sub Pop]
Side-project le plus intéressant selon moi de la bande à Wolf Parade, Handsome Furs réussit le combo grand disque/pochette hideuse de l’année. ‘Face Control’ est un hommage à peine déguisé à New Order avec cette électro-pop synthétique teintée de new-wave. Et l’album qu’aurait pu sortir la bande à Sumner si James Murphy de Lcd Soundsystem s’était chargé de la production.
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40. Jean-Louis Murat – Le Cours Ordinaire des Choses [Scarlett]
‘Le Cours Ordinaire des Choses’ est une sacrée surprise de la part d’un artiste qui pour moi tournait quelque peu en rond. Jean-Louis Murat retrouve ici une grande inspiration et évite les pièges de grandiloquence tendus sur son passage. Et si c’est un peu facile de faire cette comparaison, ‘Le Cours Ordinaire des Choses’ est une sorte de grand frère bluesy langoureux de ‘Mustango’.
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39. Pistol Disco – Evergreen [Celebrity Lifestyle]
Chouchou de Disso toujours cachée derrière sa fenêtre, les suédois de Pistol Disco auront été une grande révélation en 2009. Un furieux mélange de style, mais où le duo garde une cohérence folle tout au long de l’album. Ici, il y a de l’electro, du drone, du noise, de l’ambient (ou presque). Une foultitude d'idées bienvenues. Et un groupe à suivre assurément.
(NB: Vu que ce sont des gens bien, ils proposent de télécharger gratuitement cet album 'Evergreen' pour se faire une idée, ici).
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38. Be My Weapon – march/2009 [pSycho Specific Music]
Nouveau projet de David Freel, leader de Swell, qui s’associe à Ron Burns à la batterie pour sortir, sous le nom de Be My Weapon, ‘march/2009’. Un album qui ne s’éloigne pas vraiment des plates bandes de Swell: ses folk-rock songs sont toujours déprimées. Mais dieu qu’elles sont belles.
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37. Clark – Totem Flare [Warp]
‘Totem Flare’ est un album qui se découvre petit à petit, tant sa densité empêche au départ d’y voir bien clair. Et pourtant. Tantôt organique, tantôt analogique, capable de tube dancefloor, l’electro de Clark mute une nouvelle fois et prend du corps. Grand album de la part d’un artiste exigeant.
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36. Blank Dogs – Under and Under [In The Red]
Projet d’un seul homme (Mike Sniper), Blank Dogs est l'apologie de "le cheap c'est chic". Tout est assez minimal (de la batterie aux synthés en passant par la voix cachée derrière une tonne d'effets), camouflé derrière un ensemble très lo-fi. Rappelant parfois aussi bien les Cure que Joy Division, New Order ou Radiohead (!), Blank Dogs il y a 25 ans aurait été signé chez Factory. Il est chez In The Red. Que voulez-vous de plus?
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35. Annie – Don’t Stop [Smalltown Supersound]
Cinq ans sans voir l’être aimé, c’est long. Alors en musique, imaginez. Après d’innombrables malentendus avec sa maison de disque, la belle norvégienne Annie revient enfin sur le devant de la scène avec un disque qui fait un bide monumentale commercialement parlant mais qui est d’une très belle tenue. Catchy comme à la belle époque, son électro-pop brillante confirme surtout qu’Annie reste parmi les plus efficaces entertaining women de la scène actuelle.
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34. The Fiery Furnaces - I'm Going Away [Thrill Jockey]
Deux albums expérimentaux et très moyens auront donc rendus The Fiery Furnaces à la raison. ‘I’m Going Away’ est un très beau retour du duo familial Friedberger. Un album pop aux compositions déséquilibrés et tordues mais qui ne tombent jamais (ni même à plat). Exigeant et déjanté, ce ‘I’m Going Away’ est un album totalement savoureux. Ne manque plus que la reconnaissance.
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33. Kwoon – When The Flowers Were Singing [Autoproduction]
Sans rigoler, voilà le secret le mieux gardé de France. Il s’appelle Kwoon et avec l’aide d’un premier album (‘Tales and Dreams’), il m’avait mis par terre. Plus de trois ans plus tard, en plein mois de décembre, revoilà Kwoon avec un nouvel album (encore une fois autoproduit), ‘When The Flowers Were Singing…’, sortie début décembre. Un disque de post-rock rêveur, dans la lignée du précédent, mais plus ambitieux et mieux produit. Splendide. On en reparle rapidement dans ces pages.

32. Junior Boys – Begone Dull Care [Domino]
Voilà un groupe dont les albums ne sont pas immédiats mais dont les écoutes successives sont révélatrices du talent de ce duo, à l’électro-pop synthétiques et aux ambiances eighties. Troisième album, troisième réussite pour un groupe qui ne paye pas de mine mais qui est sacrément imposant.
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31. Sonic Youth – The Eternal [Matador]
On viendrait presque à croire que dès le début, ils savaient qu’ils ne vieilliraient pas. Sonic Youth a a bientôt 30 ans, et à quelques erreurs de parcours près, ils sont encore là. Encore et toujours. Et on le sait dès les premiers cris de Kim Gordon sur Sacred Trickster.
Rock-pop (selon Sonic Youth), ‘The Eternal’, sans jamais tomber dans la facilité, est peut-être leur meilleur album de la décennie. Un album qui ne renversera pas les codes comme il y a 15 ans. Mais qui prouve bien que la jeunesse sonique est éternelle.
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Vous trouverez ci-dessous un lecteur grooveshark compilant un titre de chacun des albums cités pour, le cas échéant, vous faire une idée des disques en question:




jeudi 30 juillet 2009

[Track of The Day] Mos Def - Life in Marvelous Times

Rappeur new-yorkais, géant du mouvement hip-hop ricain, Mos Def a sorti il y a quelques semaines de cela un 'The Ecstatic' dont je me gave jusqu'à plus soif depuis quelques jours déjà. Un album plein de collaborateur - quelques membres du crew Stones Throw (Madlib, Oh No, J Dilla et Georgia Anne Muldrow) ou le français Mr Flash - et sonne d'un éclectisme ravissant: tonalités hispaniques, moyen puis carrément orientales, aussi bien mainstream (le presque pute mais très efficace Life in Marvelous Times, en écoute aujourd'hui) qu'indie (le travaillé, délicat et d'un autre temps Auditorium, où la patte de Madlib est reconnaissable entre mille), cet album est une réussite sur tous les points.
Surtout en évitant l'écueil classique du genre - les interminables interludes, il rend son disque d'une cohérence folle. Quarante-cinq minutes au compteur. Meilleur album hip-hop de l'année so far pour votre serviteur. 

Album: The Ecstatic 
Année: 2009 
Label: Downtown

mardi 3 mars 2026

[Track of The Day] Gorillaz - Damascus (feat. Omar Souleyman & Yasiin Bey)

Ce qui au départ n'avait sans doute pas vocation à être autre chose qu'un one-shot s'est transformé avec les années en une machine de guerre musicale et médiatique, à la discographie conséquente (ce nouvel album est le neuvième) et aux concerts qu'on s'arrache. Revoilà donc Gorillaz, sorte de "Les Enfoirés" de la pop internationale, toujours mené par le Jean-Jacques Goldman anglais Damon Albarn. Au programme de 'The Mountain', pas moins de quinze chansons, plus d'une heure de musique et une pelleté, comme d'habitude, d'invités, triés - ou non - sur le volet : beaucoup de vivants (les Sparks, Jalen Ngonda, Gruff Rhys, Black Thought, Johnny Marr, Paul Simonon des Clash, IDLES, et j'en passe), pas mal de morts (Dennis Hopper, Mark E. Smith, Proof, Bobby Womack, David Jolicoeur de De La Soul, Tony Allen tous avec des enregistrements non utilisés de leurs précédents passages chez Gorillaz) et quelques artistes indiens inconnus à mon bataillon (Ajay Prasanna, Anoushka Shankar, Amaan Ali Bangash, Ayaan Ali Bangash).

Pas étonnant d'ailleurs, car c'est l'Inde qui est la fondation même de ce disque (d'ailleurs, 'The Mountain' n'est que le nom anglais ou commercial de cet album - il n'apparaît pas sur la pochette -, son vrai titre étant पर्वत, mot qui signifie évidemment « montagne » dans plusieurs dialectes indiens), même s'il y  beaucoup de choses latino ou arabisante dans le lot. Et c'est plutôt bien vu et surtout plutôt bien fait. Peut-être trop long pour tenir la longueur, mais les mélodies chiadées, l'univers cohérent créé par Albarn, les featuring de qualité (notamment Black Thought, présent sur trois titres et surtout le duo Omar Souleyman/ Yasiin 'Mos Def' Bey sur Damascus, à l'ambiance indo-arabe, en écoute aujourd'hui), tout rend ce 'The Mountain' plus que sympathique, lui qui est sans doute l'album le plus homogène et le plus Gorillaz originals depuis un bail. 

Album : पर्वत (The Mountain)
Année : 2026
Label : Kong

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Damascus de Gorillaz avec les featuring de Omar Souleyman et Yasiin Bey est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'The Mountain' de Gorillaz, voilà The Empty Dream Machine avec les participations de Black Thought, Johnny Marr et Anoushka Shankar :

Le clip (forcément avec Gorillaz !) de Damascus, avec les featuring de Omar Souleyman et Yasiin 'Mos Def' Bey :

 

dimanche 27 janvier 2008

[Oldies] Minnie Riperton – Perfect Angel (1974)

Pourquoi sont-ce toujours les meilleurs qui s’en vont les premiers ? Et pourquoi ai-je toujours besoin de parler dans cette partie Oldies d’artistes talentueux fauchés en plein vol ? Je dois être un peu maso.
Comme ce coté ne m’a pas quitté en passant en 2008, je continue donc sur ma lancée et essayant de mettre un peu de lumière sur une artiste (et un album) essentielle des années 70. Une chanteuse soul à la voix d’ange et qui tutoie cinq octaves (voire même cinq et demie) : Minnie Riperton.

Une artiste qui pourtant, dans sa tendre jeunesse, ne se destine aucunement à devenir chanteuse de musique populaire. Non. Vu ses prédispositions vocales impressionnantes, elle prend plutôt la voix de l’opéra et des arts lyriques.

Sauf que pendant son adolescence, et alors qu’elle officie dans le Hyde Park’s A Capella Choir, elle est repérée par Raynard Miner, un pianiste aveugle, qui la fait intégrer The Gems, un groupe signé chez Chess Records, qui connaîtra la notoriété en tant qu’un groupe de studio (souvent sous le nom de Studio Three) plus que par ses propres compositions.

Rapidement, elle quitte The Gems et rejoint The Rotary Connection, un combo rock-soul monté par le fils du président de Chess Records. Un groupe important pour elle, et qui lui donnera finalement son style et la couleur musicale de sa future carrière solo.

Une carrière qui débute par un petit bijou, en 1970, ‘Come to My Garden’, encensé par la critique de l’époque, mais qui ignore le succès donnant à Minnie l’occasion de se retirer et de partir élever ses deux enfants en Floride.
En 1973, Epic Records remet quand même la main sur elle et lui fait enregistrer un second album, ‘Perfect Angel’, dont il est question ici. Un album miraculeux et qui va forger l’aura et la célébrité de Minnie Riperton.

Et pourtant, tout n’est pas gagné d’avance. Si le disque est bon, si les critiques sont unanimes, le public, lui, ne suit pas. Et le label a beau sortir trois morceaux en singles (parmi les plus beaux de l’album), rien n’y fait. Alors qu’Epic est prêt à faire enregistrer un nouvel album à Minnie, son mari convainc les grandes pontes de laisser une dernière chance au disque en sortant Lovin’ You, bluette à la guitare, produite par Steve Wonder (présent sur plusieurs titres de l’album d’ailleurs, à la batterie, au piano ou même à l’écriture) que le couple aimait à chanter à leur fille Maya avant de la coucher.

Bien lui en prend : le succès est immédiat, les ventes explosent et le morceau truste le haut des hit-parades de l’époque (#1 aux Etats-Unis, #2 en Angleterre). La belle devient "The lady with the high voice and flowers in her hair". Et il y a de quoi. Car ce disque là est magistral. Plus que soul, il est surtout pop-soul. Il n’y a qu’à écouter les deux premiers morceaux de l’album, deux chef d’œuvres (voir plus bas) pour en être rapidement persuadé : sur Reasons, Minnie la joue limite rock avec cette guitare électrique riffeuse tandis que sur It’s So Nice (to see old friends), elle pond une merveille de délice pop, tout en douceur et en piano délicat.

Le reste de l’album est à l’avenant, toujours dans ce style un peu hybride, ni trop pop, ni trop soul, le tout surmonté de cette voix capable de monter dans les aigus comme personne sans irriter le moins du monde les oreilles de l’auditeur. Il faut l’entendre sur Seeing You This Way partir très haut ou susurrer Perfect Angel tout au long du titre du même nom. Et comme c’est une jeune fille douée pleine de bon goût, elle clôt son disque (de même pas 40 mns) par un Our Lives, Wonder-ien à mort, d’une classe barge.

Le reste de la carrière sera plus discret : les albums suivants connaissent un succès moindre (à bien moindre) même si la qualité est toujours au rendez-vous. De toutes façons, sa préoccupation numéro un n’est plus celle-là, elle qui a déjà l’intention d’engager un autre combat, beaucoup moins artistique et malheureusement perdu d’avance. En 1976, elle annonce en effet qu’elle est atteinte d’un cancer du sein, avant de succomber de la maladie trois ans plus tard, à même pas 32 ans.

Histoire déchirante donc d’une grande artiste, à qui beaucoup rendront hommage en utilisant certaines de ses chansons. Et parmi ceux là (ils sont très nombreux), on compte quand meme A Tribe Called Quest, 2 Pac, Slum Village, Talib Kweli ou Mos Def, tandis que Quentin Tarantino utilisera son Inside My Love pour la BO de Jackie Brown. Bref, du lourd. Mais il fallait bien ça pour perpétuer et célébrer la voix unique de Minnie Riperton, artiste partie beaucoup trop tôt, dont les albums, et surtout ce ‘Perfect Angel’, n’ont pas fini de revenir enjoliver plus souvent qu’à leur tour nos platines respectives.

Première sortie : 9 Aout 1974 [Epic]
Réédition : 2 mars 2004 [Stateside].
(A noter que cette réédition est une double en fait. Sur le même disque, ‘Perfect Angel’ est accompagné par ‘Adventures in Paradise’, album sorti l’année suivante, en 1975. Et le travail est plutôt de qualité, même si une réédition par album aura été préférable. Mais on se contente de ce qu’on a).

Son :
Myspace (non-officiel bien sûr, répertoriant des morceaux de fin de carrière)


Trois morceaux, parmi les neuf que compte cet album. Reasons, It’s So Nice (to see old friends) et Every Time He Comes Around. Si vous ne succombez pas, vous n'êtes pas humains :


Et pour finir, le clip. Enfin le clip. Disons plutôt le scopitone de Lovin’ You, le titre qui lui a ouvert les portes de la gloire :