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jeudi 7 novembre 2019

[Track of The Day] The Wedding Present - Jump In, The Water's Fine

Alors que les tournées anniversaires s'enchaînent pour The Wedding Present (cette année, c'est au tour de 'Bizarro' dont on fête les 30 ans), la bande à David Gedge continue, plutôt dans une indifférence polie, de sortir des disques. Et plutôt beaucoup même : un 'Live 2010' par ci, une réédition sous forme de ré-enregistrement de leur première compilation ('Tommy 30') par là et même 'The Complete Ukrainian John Peel Sessions' ou les trois John Peel Sessions compilées (enregistrées entre 1987 et 1989) avec le groupe reprenant des chansons du folklore ukrainien.

En plus de toutes ces rééditions (il faut bien vivre), The Wedding Present a également sorti un nouveau 45-tours cette année (déjà sold-out), avec deux nouvelles chansons. Et vous savez quoi ? Cela a une belle consistance et prouve que les années n'ont pas de prise sur David Gedge (ni sur sa voix). Notamment la face-A (en écoute aujourd'hui), Jump In, The Water's Fine, aux guitares lourdes, mais à la mélodie lumineuse et au mélange des voix Gedge/Melanie Howard offrant un beau contrepoint.

Album :  Jump In, The Water's Fine 7"
Année : 2019
Label : Come Play With Me


En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc), Jump In, The Water's Fine de The Wedding Present est également en écoute ci-dessous :


Histoire d'être complet, voilà la face-B de ce 45-tours de The Wedding Present, Panama, plus dynamique et tout autant réussie :


mardi 4 mars 2008

Nina Nastasia – On Leaving [Fat Cat]

Elle a le charme de ces femmes qui ont vu la vie ne pas leur faire de cadeaux. Elle a une discographie sans faille. John Peel la trouvait extraordinaire. Steve Albini est son producteur attitré. Elle a sorti des albums sur Touch&Go et Fat Cat - ce qui vous classe quand même un artiste. Elle est en tournée en France dans les jours qui viennent.

Et comme Nina Nastasia, malgré tout son talent, n’a jamais connu un début de commencement de notoriété, je me suis dis qu’il serait bien (et en quelques mots ; on m’a répété que mes chroniques étaient bien trop longues) de mettre en avant une telle artiste. Histoire de motiver – sait-on jamais – quelques uns à sortir ces jours prochains leurs oreilles pour une bien belle balade.

Car Nina Nastasia est une artiste à côté de laquelle il serait indécent de passer. Le genre de songwriter dont on se rendra compte de l’immense talent dans une quinzaine d’années, quand l’eau aura coulé sous les ponts et que toutes ses contemporaines auront disparues aussi vite qu’elles auront lassées.

Auteur de cinq albums (dont un très beau ‘You Follow Me’ l’an passé avec Jim White de Dirty Three), 'On Leaving' est son quatrième. Un disque à l’ambiance très particulière, qui tranche avec la noirceur de 'Run to Ruin', son troisième album. Ici, le schéma est plus classique : guitare-piano et une batterie effleurée de temps à autres.

Au-dessus, cette voix, mélange de fragilité et d’assurance, avec pleins de sentiments dans chaque intonation, qui fait une grande partie du charme de Nina Nastasia. Et puis cette production, au cordeau, d’une délicatesse folle, où le piano semble loin tout en étant proche, où l’arrivée des cordes est juste évidente, où la voix est placée au bon endroit au bon moment, où les quelques notes de guitare acoustique ont un effet immense sur l’auditeur. Bref, Steve Albini dans toute sa splendeur, au service de la miss.

'On Leaving' est un disque qui, aux premières écoutes je m’en souviens, m’avait pris à la gorge. J’en avais presque même eu les larmes aux yeux en écoutant le titre 11, Bird of Cuzco (voir plus bas), hommage à John Peel et à cette ville qui l’a vu mourir. Bref, j’en ai été retourné. Ce qui est fou, c’est que je pourrais dire la même chose de ses quatre disques précédents. D’ailleurs, pourquoi parler de cet album là et pas de ‘The Blackened Air’ ou son somptueux ‘Dogs’ (dont j’avais mis un titre en écoute ici). Et pourquoi pas d’ailleurs ?

Nina Nastasia donc. Une bien grande songwriter (il faut se pencher sur ses textes, qui ne respire certes pas toujours la joie de vivre, mais quand même), à la grâce infinie, de passage chez nous et qui vient de sortir un nouveau single, What She Doesn't Know issu lui aussi des sessions de ce 'On Leaving', plus que jamais recommandable. (sortie : 11 septembre 2006)

Nina Nastasia en tournée française :
06 mars: Epicerie Moderne, Feyzin (69)
07 mars: Emmetrop, Bourges
08 mars: Le Vauban, Brest
09 mars: Nouveau Casino, Paris
10 mars: YAMOY, Nantes
12 mars: Cave Aux Poetes, Roubaix

Son :
Myspace (5 titres en écoutes)

Deux morceaux, assez courts, mais qui veulent dire beaucoup. Cinq minutes en cumulé. Et pourtant, les frissons sont bien là. Si vous n’en chopez pas à l’écoute de Treehouse Song et Bird of Cuzco, vous n’êtes pas humains (malheureusement, plus en écoute).

jeudi 4 septembre 2008

Top 6 "R.I.P"

Y a des fois, vous fêtez votre anniversaire. Vous êtes heureux. Vraiment. Et puis, bam, au moment où vous vous y attendez le moins, la vie, cette vieille salope, vous rappelle à l’ordre et vous fait bien comprendre que «non mon p’tit pote, c’est pas pour tout de suite», en vous envoyant en travers de la gueule une nouvelle qui vous mouille les yeux et vous envahie d’une immense tristesse.

Et pourtant, je ne peux pas dire que le Djezon je le connaissais plus que cela. Un mec rencontré sur un forum (de football en plus!) et que je croisais plus souvent qu’à mon tour à la sortie d’une page html ou, plus épisodiquement, à la terrasse d’un café ou sur le ghorre pourri d’un terrain de foot de banlieue.
Et alors que je devrais m’en foutre limite si l’on en croit tous ces spécialistes qui nous expliquent qu’aujourd’hui, la société est devenue totalement individualiste (égoïste même qu’ils disent) et que l’on vit trop dans l’irréalité (Internet, forums, msn) pour créer du lien du social, ben je suis triste. Triste de voir partir un mec aussi doué avec les mots (voir ici) que maladroit avec les pieds, chambreur comme pas deux et à l’humour corrosif (bien trop pour beaucoup). Triste de perdre un compagnon de route, un camarade de vannes. Triste. Tout bêtement.

Donc nous y voilà. Un Top 6 'RIP'. Et dans tous les styles, avec Miss Kittin & The Hacker et leur Frank Sinatra, The Roots et leur hommage vibrant et terrible à J. Dilla (Can’t Stop This) et The Herbaliser, avec Katerine à la voix, qui y vont de leur obole pour Gainsbourg avec un Serge aux faux airs de Melody Nelson.

Vu qu’il fallait bien un peu de mauvais goût dans tout ça (et histoire de lui donner l’occasion de me traiter une fois de plus, de là-haut, d’ «imbécile heureux, mais imbécile quand même»), enchaînons avec No One But You de Brian May, Roger Taylor et John Deacon pour (officiellement en tout cas) réveiller la mémoire de Freddie Mercury (mais plus objectivement pour remplir les caisses).

Pour finir sur une note plus artistique, deux bijoux. Deux merveilles. La première, déjà diffusée dans ces pages à l’occasion d’une chronique de son ‘On Leaving’, Bird of Cuzco de Nina Nastasia en mémoire de John Peel, décédé brutalement il y a bientôt 4 ans, dans la ville de (justement) Cuzco, au Pérou. La seconde est, quant à elle, à pleurer. Ou comment le hip-hop se met à nu pour allumer une lumière acoustique au génie de ce géant que fut Johnny Cash, via la voix de Sage Francis et de ses acolytes, avec un Jah Didn’t Kill Johnny déchirant.

Bref, six titres pour rendre hommage à un pote. Lui dire qu’on pense à lui, à sa famille. Lui dire aussi que sa prose précise, ses vannes pourries, ses posts délicieux sur le forum des cahiers du foots et ses dribbles ratés vont nous manquer. Même qu'ils nous manquent déjà tiens. Et comme dit Sage Francis : «but before I die, please don’t take anymore of my friends». Rest In Peace mecton. Et so long. Bises.
 





Tracklisting:
Miss Kittin and The HackerFrank Sinatra (First Album, 2001) 
The Roots - Can't Stop This (Game Theory, 2006) 
The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) (Take London, 2005) 
Queen - No One But You (Queen Rocks, 1997) 
Nina Nastasia - Bird of Cuzco (On Leaving, 2006) 
Sage Francis - Jah Didn't Kill Johnny (A Healthy Distrust, 2005)


 






samedi 26 juillet 2008

[Oldies] The Sound - From The Lion's Mouth (1981)

Quand en 2002, The Music, sortit son premier album éponyme, beaucoup s’était gaussé de ce groupe en stigmatisant son nom. Car oui, de quel droit la bande de Leeds avait osé ce qu’aucun groupe n’avait osé avant eux ? The Music. La musique. S'il fallait y penser, pour qui se prenaient-ils ?

Les remarques et les critiques (faciles) avaient-elles été les mêmes en 1979 quand, sur les cendres de The Outsiders, Adrian Borland avait monté un nouveau groupe, The Sound ? Pour être honnête, je n’en sais strictement rien. On peut toutefois penser qu’il n’en a rien été, le groupe restant toujours dans l’ombre de ses partenaires de label de l’époque, Echo and The Bunnymen et The Chameleons (pas moins). A l’affût. Et ne sautant jamais à la gorge d’un public et d’une époque qui n’attendait pourtant que cela.

Et pourtant, The Sound avait tout pour plaire. Séduire. Et connaître un succès mondial. Leur musique était dans l’air du temps (post-punk, cold-wave), d’une qualité irréprochable et soutenu par les plus grands médias du Royaume-Uni (le NME a toujours chroniqué leurs disques de manière très positive, John Peel leur a fait enregistrer des Peel Sessions). Pis : malgré les ventes moyennes de leurs cinq albums (de 1980 à 1987), les maisons de disques (et pas des moindres) ont toujours cru en The Sound.

Alors que s’est-il passé ? Plusieurs choses peuvent expliquer ce manque de succès : un manque de personnalité, un groupe plutôt sain et sans leader charismatique et torturé (tout le monde ne compte pas un Ian Curtis en son sein), une certaine facilité à ne pas vouloir (pouvoir ?) percer ailleurs qu’en Angleterre et au Bénélux, (leur dernier album sortira d’ailleurs sur le label belge Play It Again Sam mais aucun ne verra le jour aux Etats-Unis) et un manque de singles forts, capables de truster les charts. Pourtant, d’excellents titres, The Sound n’en manque pas. Ils sont justes moins immédiat qu’un Love Will Tear Us Apart ou The Cutter, grands succès des deux groupes auxquels Borland et ses amis peuvent être rattachés, Joy Division et Echo and The Bunnymen.

‘From The Lion’s Mouth’ est le second album du groupe. Un disque qui sort en 1981 et qui, 27 ans plus tard, s’il a ce son typique de l’époque, assez froid, ténébreux et désespéré, a très bien vieilli, mieux même que certains des disques, par exemple, de la bande à McCulloch. La «faute» – notamment – à Hugh Jones, le producteur de ‘Heaven Up Here’ des Echo and The Bunnymen, et aux manettes pour ce disque là, et à une qualité mélodique assez forte et qui tranche assez avec leurs compères de cette période là.

Ici, The Sound, en moins de quarante-six minutes qu’il ne faut pour le dire, livre un disque d’une qualité dingue, naviguant entre post-punk, new-wave et cold-wave, rappelant (ou influençant, c’est selon) New Order, Wire ou The Cure, avec un je-ne-sais-quoi de U2 des débuts (si si !). Un melting-pot très maîtrisé, que des groupes comme Interpol ou Bloc Party - l'intro de Skeletons (voir plus bas) fait furieusement penser à celle de Banquet - voire, à un degré moindre, Editors, a du énormément écouter à l’époque.

En 1987, et après un ultime (et de qualité) baroud d’honneur avec ‘Thunder Up’, The Sound met la clé sous la porte, laissant donc, et pour l’éternité, un vrai chef d’œuvre, ‘From The Lion’s Mouth’, leur grand œuvre. Douze ans plus tard, en 1999, Adrian Borland, dépressif, met un terme définitf à l’affaire en se jetant sous un train. Triste fin pour un songwriter de talent et pour un groupe qui n’aura jamais vraiment eu le succès qu’il méritait, malgré des compositions solides et qui, encore aujourd’hui, restent des joyaux d’une époque souvent – à tort – critiquée et démolie mais qui a su engendrer bon nombre de groupes incroyables.

(Nb : la découverte de ce disque, je la dois à l’ami Raoul qui, sur le blog essentiel Ordet Blog, avait déjà pondu une fort belle chronique de ce ‘From The Lion’s Mouth’. On peut la lire en cliquant là).

Première sortie : 1981 (Korova)
Dernière réédition : 2002 (Renascent)


Son :

Myspace non-officiel

Trois titres en écoute de ce
‘From The Lion’s Mouth’. Trois morceaux qui montrent toute l’étendue du talent de The Sound, entre cold-wave (Sense of Purpose), post-punk (Skeletons), et cold-wave (splendide New Dark Age) :


 

jeudi 25 novembre 2010

Nina Nastasia - Outlaster [Fat Cat]

Ce matin, j'ouvre ma boite mail et le premier message sur lequel je tombe est sans appel: « Nina Nastasia UK Tour Dates CANCELLED ». Raison invoquée? Des problèmes de santé. Sûrement donc.

Mais malgré ça, on sent poindre derrière tout ça (et le maintien de dates en Allemagne ou en Autriche n'est pas étranger à cette sensation) une sorte de fatalité bien plus grande: celle que Nina Nastasia n'a pas réussi à remplir les salles anglaises. Et qu'il valait mieux pour elle (et son tourneur) annuler plutot que jouer devant 25 personnes accoudées au bar.

Cette sensation est frustrante. Car Nina Nastasia est une des songwriters les (la?) plus talentueuses de la scène actuelle (et ça commence à faire un moment) et qui construit, album après album, une discographie de très haute tenue (voir ici et ). Son dernier opus 'Outlaster' est d'ailleurs là pour le prouver.

S'inscrivant dans la lignée de ses prédécesseurs, celui-ci est un beau et sombre album d'où se dégage une dimension théâtrale qu'on ne connaissait pas tellement chez l'ancienne protégée de feu John Peel.

L'impression est notamment due à cette orchestration très fine, pleine de cordes, de cuivres et de batterie caressée avant d'être violentée. On croirait entendre des chansons tirées d'un opéra (You're a Holy Man), presque baroque par moments (What's Out There), tout en flirtant presque avec les orchestrations de genre (This Familiar et son violon qui pleure toutes les larmes de ses cordes) où tous les instruments virevoltent ou dépriment sous la plume empreinte de mélancolie de Nina Nastasia, le tout avec un joli lyrisme.

Toujours accompagné de sa guitare, toujours entouré du fidèle Steve Albini à la production, et accompagnée cette fois de (notamment) Jeff Parker de Tortoise, Nina Nastasia continue son petit bonhomme de chemin, bon an mal an, bon gré mal gré, en recevant quelques discrets lauriers de la part des médias.

Quant au public, il lui réserve toujours la même indifférence, souvent totale, au mieux polie. Un public qui, à mes yeux, ne se rend pas compte de tout le talent qui réside dans les doigts et dans les mains de Nina Nastasia, songwriter émérite. Incomprise. Et qui vient avec 'Outlaster' de peut-être sortir son plus bel album. Et sûrement son plus ambitieux. (sortie: 7 juin 2010)

Quelques autres chroniques, plutôt dithyrambiques, chez Pop News, Mmarsu, Fab.

Son:
Myspace (Deux chansons de
'Outlaster' en écoute)


Toutes les paroles d'
'Outlaster' sont disponibles (et dans un élégant format) sur la page officielle de Nina Nastasia sur le site de Fat Cat. Cliquez ici!


Deux chansons en écoute:
This Familiar et ses cordes à tomber; puis Outlaser qui clot l'album du même d'une façon merveilleuse. (malheureusement plus en écoute)

Pour finir, la première vidéo officielle de Nina Nastasia: celle Cry, Cry, Baby, en une prise et superbe :

vendredi 30 janvier 2009

[Track of The Day] Seabear - Teenage Kicks (The Undertones cover)

Signé chez Morr Music, le premier album de Seabear 'The Ghost That Carried Us Away' était une jolie découverte en 2007. Une sorte d'Iron & Wine, la barbe en moins, les geysers islandais en plus.
Pour un seven-inch, les voilà qui osent reprendre le Teenage Kicks des Undertones, ou l'hymne par excellence de Monsieur John Peel. Et ils ont eu bon gout de le reprendre. Une version toute cool, très soft et pop, entre accordéon, guitare folk et piano discret, à mille lieues de la version originale. Addictif. 

Album: Teenage Kicks 7" 
Label: Anost / Morr Music 
Année: 2007

mercredi 28 décembre 2022

Bilan 2022 : « Albums » (40-21)


Après les Ep, 45-tours et autres rééditions, continuons à dérouler les disques qui auront fait mon année 2022 en passant par la case albums. Comme chaque année, ils sont quarante au programme publiés en deux temps : ceux classés de la place 40 à 21 et vendredi, les vingt premiers.

Mais avant de plonger la tête la première dans ces albums là, comme le veut la coutume, voilà quelques liens à cliquer pour aller voir ce que d'autres ont tirés de 2022 :
- Le top 100 des albums de 2022 selon les précieux The Quietus
- Les choix de la rédaction et des lecteurs de Benzine
- Les 10 albums de Mind Riot Music
- Les 24 albums de l’année selon Bandcamp Daily
- Le top albums de la rédaction d'Addict Culture

Vingt albums disais-je donc. Vingt disques brillants, avec de vraies découvertes, des coups de coeur gros comme ça, du revenant, des chansons cachées depuis 11 ans, des réponses australienne au buzz du moment, des collaborations de légende, entre autres. Des disques de qualité qu'il a été difficile de ne pas classer plus haut (pour autant que ceci ait une quelconque importance) et qui m'auront accompagnés de longs moments en 2022 - et même quotidiennement pour certains. Et comme lire c’est bien mais écouter c’est mieux, en bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) !



 
40. Swami John Reis - Ride The Wild Night [Swami Records]

Swami John Reis, sa carrière longue comme le bras comme leader d'une pelleté de groupes post-hardcore et rock, a décidé de se lancer en solo. En résulte un disque de trente minutes qui ne s'embarrasse pas de détails entre garage et power-rock, plein d’énergie, de fougue et de tubes à la pelle (la chanson titre pour ne citer qu’elle). Un album « continue à fond, on freinera quand on pourra toucher le virage du doigt », aussi immédiat qu'addictif.
En savoir plus


39. Peel Dream Magazine - Pad [Slumberland Records / Tough Love Records]Il y a dans les quinze chansons de 'Pad' un peu de Kings of Convenience pour la délicatesse de la voix, pas mal de pop des 60/70s (la pochette étant là pour le confirmer) et beaucoup de Beach Boys. Un très bel album aux airs d'un Burt Bacharach minimaliste, et qui évoque une sorte de sunshine pop rêveuse de fin d'été, quand le soleil tape moins fort, que les jours commencent à raccourcir et les soirées à rafraîchir


38. A Place to Bury Strangers - See Through You [DedStrange]

'See Through You' est le sixième album d’A Place to Bury Strangers et voit le trio de Brooklyn redevenir on ne peut plus intransigeant et bruyant au possible, avec une production au couteau, mais sans délaisser totalement ses élans « pop » récents. Un grand cru, noisy à souhait, évidemment.


37. Animal Collective - Time Skiffs [Domino Records]

Loin de la hype de leurs débuts, Animal Collective prouve avec 'Time Skiffs' à quel point le groupe a toujours ce petit truc en plus de composition, cette folie qui n'appartient qu'à eux - quand bien même beaucoup se sont inspirés de leurs travaux. Un album qui est une sorte de retour aux sources, un melting pot de 'Spirit They're Gone Spirit They've Vanished', 'Sung Tongs', 'Feels' et 'Strawberry Jam'. De la folk-pop sous acide, que l'on imagine dirigée par un Panda Bear, réel patron de l'organisation animale, d'où s'échappent encore des petits bijoux, si ce n'est bricolés, au moins tordus dans tous les sens.

36. Nyx Nótt - Themes From [Melodic Records]

Voilà un énième disque brillant par une des deux têtes pensantes d’Arab Strap. Un concept album totalement instrumental, centré autour de la télévision, où les huits morceaux retranscrivent l'idée qu'Aidan Moffat se fait des génériques d'émissions ou de films de télévision. Un ensemble de qualité, presque d'une autre époque, dont le meilleur résumé vient d’Aidan Moffat lui-même : « a walk through a neon Soho after a few cocktails ».


35. Field Medic - Grow your hair long if you’re wanting to see something that you can change [Run For Cover Records]

Sans conteste la plus belle « touche » (comme on disait quand j’étais ado) de l’année. Un très joli disque de folk, de pop et de folk-pop, bien achalandé (c’est la première fois qu’il a un groupe avec lui), triste mais beau, beau mais triste.
34. Jockstrap - I Love You Jennifer B [Rough Trade]

Premier album pour le duo Ellery/Skye et première réussite. Un disque d'avant-garde, d'art-pop, de glitch-pop (si tant est que ce terme existe), de balades sublimées, de r&b et d'électronica, plutôt fourre-tout mais à la cohérence remarquable.
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33. Marie-Flore - Je sais pas si ça va [6&7]

Totalement inconnue à mes oreilles jusque là, beau coup de coeur que la découverte de la parisienne Marie-Flore et de son troisième album. Difficile de résister à cette voix qui semble autant désabusée, trainante que sûre de ce qu’elle exprime, de ces mélodies mélancoliques et aux atours déprimés, et de ces textes souvent amers sur l’amour, les relations, la vie.


32. Steph Green - Thanks for That [Mashed Potato Records]

Une des très belles pochettes de 2022 pour ce disque qui a tout du mini-album (9 chansons, quelques 20 minutes) de la part de l’américaine Steph Green. Un 'Thanks for That' entre folk et rock à l'aura lo-fi délicieuse et qui rejoint le haut de la scène de songwriteuse qui ne cesse d’exploser depuis quelques années.
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31. The Mountain Goats - Bleed Out [Merge Records]

Avec pour pierre angulaire les films d’actions en tout genre et de toute époque qu’il a consommé en grande quantité au moment des confinements, John Darnielle a écrit un nouveau disque brillant pour ses Mountain Goats. Un concept-album sur les anti-héros, qui voyage entre pop joliment troussée, balades belles à pleurer et élans rock sacrément efficaces.


30. Hudson Mohawke - Cry Sugar [Warp]

De l'électro-trash à des sonorités qu'on dirait composées par Vangelis tout en faisant plus que flirter avec le rap, 'Cry Sugar' vous trimballe dans tous les sens, passe du tout au tout constamment, et n'en reste pas moins passionnant à bien des égards tout au long de ses 73 minutes et 16 morceaux.  Un disque qui ne vous met jamais dans le confort et vous prend à défaut à chaque titre.
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29. Pusha T - It’s Almost Dry [Def Jam Recordings / Getting Out Our Dreams]

Hip-hop, soul, funk sont au programme de cet album de Pusha T, disque incongru par sa durée (35 minutes, aucun remplissage) mais tellement délicieux de bout en bout. Un 'It's Almost Dry' venant avec son lot de featuring cinq étoiles (Kid Cudi, Jay-Z, Clipse) et une chanson majuscule, Dreaming of The Past, qui utilise un sample de la reprise de Jealous Guy de John Lennon par Donny Hathaway en 1972 et sur lequel Pusha T et Kanye West (compositeur du morceau) viennent rapper.


28. Bill Callahan - YTI⅃AƎЯ [Drag City]

Si les disques de Bill Callahan sont souvent de bonne facture, cela faisait presque dix ans que l’ancien Smog ne m’avait pas retourné à ce point. Un disque sublime, sans doute un de ses meilleurs, parcouru de titres majuscules (Naked Souls !), aux orchestrations léchées et à la poésie vibrante.
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27. Body Type - Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising [Poison City Records]

Power-indie-pop aux accents punk, 'Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising' est une sorte de réponse australienne à Wet Leg, de la part d’un quatuor féminin actif depuis six ans et qui ne s’en laisse pas compter. Gros coup de coeur.


26. Oceanator - Nothing's Ever Fine [Big Scary Monsters / Polyvinyl Record / Plastic Miracles]

Plein de petits hook pour relancer ses chansons, malin et jamais passéiste, 'Nothing's Ever Fine' est un disque qui fuzz, qui pop, aux guitares belles comme tout. Finalement, son seul vrai défaut sa pochette, lambda au possible et qui ne rend pas justice à cet excellent album qui dévoile une sacrée artiste dont on n'avait pas soupçonné jusque là tout le talent.
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25. Nas - King's Disease III [Mass Appeal]
Troisième volet de la série 'King’s Disease', cet album de Nas est en quelque sorte mes retrouvailles avec celui qui aura ambiancé ma fin d’adolescence. Un disque où tout est net et précis, où le flow est percutant et les productions classieuses, engageantes et même jubilatoires.


24. Rosalía - Motomami [Columbia Records]

Pas vraiment la cible première de ce genre d’albums, j’ai été totalement happé par la folie Rosalía. Il faut dire qu’il y a de quoi dans ce 'Motomami' où se mêlent autant de r&b que de hip-hop, de trap, de reggaeton que de flamenco revisité et servi à la sauce 2022. Un album pas loin d’être gigantesque et qui est brillant de bout en bout.
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23. Sea Power - Everything Was Forever [Golden Chariot Records]

Sans doute un peu zappé par tout le monde en cette période de bilan car sorti très tôt en 2022, ce retour des désormais Sea Power (ils ont abandonné le « British ») est pourtant grandiose. Nerveux à souhait, mélancolique comme jamais, aux deux voix toujours aussi complémentaires, 'Everything Was Forever' est un des meilleurs album du groupe jusque là. Quel retour !
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22. Danger Mouse & Black Thought - Cheat Codes [BMG]
Une association qui sur le papier faisait rêver : d’un côté Danger Mouse, producteur touche à tout. De l’autre Black Thought, patron avec ?uestlove de The Roots. Le résultat est sans appel : c’est évidemment brillant, produit à la perfection, au flow précis de Black Thought et aux invités de prestige (A$AP Rocky, Raekwon, Run the Jewels, Michael Kiwanuka, Joey Bada$$) dont MF Doom pour un featuring venu de l’au-delà.
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21. MGMT - 11•11•11 [MGMT Records]

Les disques « live » font rarement recettes chez moi. Et quand ils le font, ils n’atterrissent pas dans cette partie là du bilan. Sauf que ce live de MGMT y a toute sa place - et c’est dire sa qualité tant la réputation des new-yorkais est plutôt piteuse en matière de concert. Enregistré il y a onze ans, il ne contient QUE des inédits du groupe, jamais rejoués depuis, et composés spécialement pour une rétrospective consacrée au plasticien italien Maurizio Cattelan. Psyché, souvent hallucinatoire, '11•11•11' est un voyage aérien - parfois sous psychotropes que l'on prendrait par plaques de douze - que l'on ferait affalés dans des nuages douillets.
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Comme promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous (de la place 21 à 40) :