J'ai beaucoup d'affection pour les Azure Ray Girls que sont Maria Taylor et Orenda Fink. Leurs albums ne marqueront peut-être pas les foules mais leurs voix à toutes les deux ont le don de chaque fois me renverser.
Une fois leur séparation officialisée (et avant leur retour de l'an passé), elles étaient parties chacune de leur côté vaquer à leurs propres occupations musicales.
Si j'ai souvent trouvé de bien belles choses sur les essais discographiques de Maria Taylor (moins sur ceux d'Orenda Fink), il faut avouer que ce 'Overlook' est une déception. Peut-être pas une grande mais une déception quand même.
Pourtant, 'Overlook' démarre sur les chapeaux de roue avec une chanson divine, Masterplan, que je place d'office dans les meilleures compositions de Maria Taylor. Une chanson portée par une rythmique propre sur elle mais qui n'en fait qu'à sa tête et qui semble décalée par rapport aux autres composantes de la chanson.
La première moitié de l'album est d'ailleurs réussie. Mais sur la longueur, Maria Taylor lasse son auditoire: les mélodies se cherchent, les chansons n'en sont finalement pas toutes. Rien de bien déshonorant car cet album n'est pas un ratage complet, il y a de belles choses sur lesquelles vibrer. Juste dommage car 'Overlook', avec une si jolie pochette et une chanson comme Masterplan en ouverture, était plein de promesses. A moitié exaucées.
Si vous avez un petit coup de mou, si les peines s'accumulent, si la météo qui passe du printemps à l'automne en un claquement de doigts vous déprime, si la situation internationale vous donne envie de vous pendre, il n'est sans doute pas conseillé d'écouter le nouvel album de Maria Taylor, 'Story's End'. Non pas qu'il ne soit pas réussi (car il l'est) mais parce que ce n'est pas dit que ce soit là que vous trouviez les ressorts nécessaires pour vous relever.
Il faut dire que la dame sait y faire en terme de chansons pleines de mélancolie qui touchent au plus profond; que ce soit en solo comme aujourd'hui ou avec sa comparse Orenda Fink dans les si belles Azure Ray. Signé sur Million Stars le label de Conor Oberst, compagnon de route de longue date, 'Story's End' est déjà le huitième album de Maria Taylor et il ne déroge donc pas à la règle. Il y a toujours ces chansons aussi belles que tristes, il y a toujours ces arrangements soignés, ces cordes délicates, ces mélodies douces et qui parfois bouleversent, il y a ces chansons comme en apesanteur parfois, il y a ces textes plein d'espoir ou de regrets, de peine comme de bonheur, il y a toujours cette voix soyeuse et qui vous donne envie de pleurer tant elle semble transpirer de peine, de nostalgie et de sincérité, sans pour autant être affectée ou surjouée. Il y a tout cela ici. Et notamment Shades Of Blue (en écoute aujourd'hui), sans doute la meilleure chanson de 'Story's End', et aussi la plus enlevée, à l'orchestration qui fait des miracles et où Maria Taylor chante d'une voix d'or et à nulle autre pareille.
Album : Story's End Année : 2026 Label : Million Stars
Après du boulot, des vacances, de la recherche de boulot, un bout de chou de 5 ans qui sait faire le poisson comme personne, une rencontre avec des bouquetins, des marmottes, des sentiers longs comme c'est pas permis, des montées harassantes, des descentes casse-pattes et un parc de la Vanoise toujours aussi fascinant, retour aux affaires!
Et quel plaisir de faire la vraie rentrée de ce blog avec un nouvel Ep d'Azure Ray, charmant duo américain formé d'Orenda Fink et de Maria Taylor, en hibernation depuis bien trop d'années (sept pour être précis).
Ces deux demoiselles sont responsables d'albums, tous d'une beauté fracassante, où leurs voix si douces, si légères en même temps que lourdes, n'ont pas, selon moi, d'équivalents, sur la décennie passée.
Alors certes, les Azure Ray semblent porter sur leurs frêles épaules tout le malheur du monde. Certes, on ne peut pas dire que ce sont des Jojo les rigolotes. Certes leur nouvel album 'Drawing Down The Moon' (prévu pour septembre) devrait encore me mouiller les yeux plus que de raison, comme les précédents.
Mais le mariage de leurs voix est tellement touchant, leurs mélodies sont tellement prenantes, qu'il est difficile de leur résister - il suffit d'écouter cet océan de délicatesse qu'est Nightfall, en écoute aujourd'hui et qui ne sera pas sur l'album, pour s'en convaincre.
En tout cas, les Azure Ray semblent reprendre, à l'écoute de ce 'Don't Leave My Mind Ep', leur histoire là où elles avaient décidé de l'arrêter. Et rien que d'imaginer cela, j'en frémi d'avance.
Album: Don't Leave My Mind Ep Année: 2010 Label: Saddle Creek
Don't Leave My Mind, premier single de ce 'Drawing Down The Moon' et chanson qui ouvre cet Ep, est à télécharger gratuitement et légalement sur le site officiel d'Azure Ray, en allant ici.
Si la mélancolie avait été inventée dans les années 2000, nul doute que Maria Taylor y serait pour quelque-chose. Fondatrice du duo Azure Ray avec son amie Orenda Fink, puis maîtresse de son propre chemin en solo, la miss a toujours su composer des bluettes belles mais terriblement déprimantes.
Mais au-delà de la musique - pop délicatement enrobée de cordes et de mélodies douces, c'est surtout la voix de la belle américaine qui donne ce ton non pas dramatique mais toujours un peu désabusé et voire nostalgique à ses chansons. Maria Taylor est une belle artiste, une de celles que je porte vraiment en haute estime pour la rigueur qu'elle met à toujours sortir des albums sincères, comme ce 'LadyLuck'. Pas forcément un disque marquant. Juste un album beau. Et beau, c'est déjà beaucoup.
Valery est quelqu'un qui n'est jamais à court d'idées. Après avoir créée BCommeBoxsons, blog carrément essentiel si l'on veut en savoir un peu plus sur la vie de cette industrie musicale et sur ceux qui aiment parler de musique, voilà t-y pas que notre homme a eu une belle idée: Net Emergence. Une Utopie Musicale comme le sous-titre Valery.
Le but de Net Emergence? Faire découvrir au plus grand nombre des groupes non-signés ou à la faible visibilité. Comment? En sélectionnant chaque mois une quinzaine de groupes (proposés par vous, moi, votre voisin, le cousin de votre tante), de tous les horizons possibles, de les mettre en avant, et de faire élire par un jury (non pas de professionnels mais de gens avides de découvertes) celui qui sied le plus à ses oreilles.
Après un premier essai en décembre, j'ai participé à l'édition de février. Dans la sélection, (que vous pouvez retrouver ici) de tout: de la balade pop, du psychédélisme français, du ragga/reggae from Le Creusot, de la variété française et un barbu canadien tout de folk vêtu.
Au final, ce sont trois groupes qui se sont détachés des votes et, j'avoue, les trois groupes à qui j'avais donné mes voix. Plutôt que de se limiter à parler du vainqueur, parlons plutôt du podium.
La Secte Phonetik récupère la médaille de bronze. Pourtant, au départ, j'ai eu peur. Très peur. Il faut avouer que le "hip-hop a'cappela" qui vous accueille sur leur page myspace n'est pas des plus rassurant. Et puis… j'ai ravalé mes jugements hâtifs pour mieux me rendre compte de mon erreur.
Loin d'un ego-trip chanson réaliste imbuvable (style Tryo ou La Rue Kétanou) et se rapprochant plutôt de Java, ce trio d'human-box propose vraiment des compositions différentes. Drôle, entièrement réalisé à la bouche, leur univers est assez fascinant. Tout sauf bancal. M'étonnerait pas que l'on reparle d'eux très rapidement. Myspace (à écouter en priorité: Bienvenue dans la secte)
Jolie belge de son état, c'est Box Story qui remporte la médaille d'argent. Avec sa jolie voix qu'elle pose très bien, Box Story est une artiste à suivre. Elle n'est peut-être pas follement originale certes, mais sa guitare et ses petits accords très vifs rappellent une autre jolie brune, PJ Harvey, voire Azure Ray (The Seasons est par exemple une composition digne du duo Maria Taylor/Orenda Fink). Site officiel (Trois titres en écoute)
Mais au final, c'est un américain qui rafle l'édition de février, Dorian Wood. Dorian Wood, c'est un peu l'univers de Nick Cave voire de Tom Waits avec la voix de Michael Stipe de REM. Et à écouter de plus près, on entendrait presque Fiona Apple venir donner un coup de main au piano (sur The Arms of Love, c'est évident; voir plus bas), un instrument omniprésent dans la musique du californien.
Une musique vraiment touchante, torturée et toujours très mélodieuse, qui rappelle fréquemment Chris Garneau, un côté foufou en plus. Un artiste à suivre, et en 2010 s'il vous plait vu que Dorian Wood sortira son second album, 'Rattle Rattle', à l'été prochain. Site officiel, très fourni
Histoire de connaitre un peu mieux l'œuvre de Dorian Wood, le lecteur ci-dessous propose 4 chansons du monsieur:
Bien que l'édition février 2010 soit terminée, Net Emergence ne se repose pas sur ses lauriers et entame une nouvelle édition, celle de mars. La sélection est à retrouver ici. A vous d'écouter, de donner vos avis dans les commentaires et de proposer des groupes. Bref, à vous de jouer!
Et n'hésitez pas à suivre Net Emergence sur Twitter, meilleur moyen pour suivre chaque mois l'évolution de ce bien beau projet.
A 20 jours de la fin de l'année, une semaine entièrement placée sous le signe de 2007. (et toujours sur la droite, dans le lecteur deezer).
Lundi 10 décembre 2007:
* Great Lake Swimmers - Your Rocky Spine [Nettwerk] Folkeux canadien à la gratte en bandoulière, Great Lake Swimmers pond un troisième album plutôt charmant, combinant jolies (mais discrètes) cordes, grands élans (comme ce joli Your Rocky Spine) et passages un peu plus chiant. (disponible sur Ongiara, 2007)
Dimanche 9 décembre 2007:
* 1990s - You Made Me Like It [Rough Trade] Ce You Made Me Like It, percutant et dansant, est assez jouissif. Assez loin du reste de l'album qui, s'il n'est en rien mauvais, ne casse pas trois pattes à un Franz Ferdinand. (disponible sur Cookies, 2007)
Samedi 8 décembre 2007:
* Arca - Sunday Negative [Ici d'Ailleurs] Mélancolique, torturée à souhait, troisième livraison d'Arca. Sylvain Chauveau (qui délaisse à nouveau son piano) prend de l'assurance au chant, balance avec son copain Joan Cambon une pop atmosphérique et planante. Résultat? Des titres beau comme une pleine lune un soir d'été, avec en point d'orgue ce Sunday Negative à tomber. Attention, vous volez. (disponible sur On ne Distinguait Plus les Têtes, 2007)
Vendredi 7 décembre 2007:
* Sondre Lerche - The Tape [Astralwerks] Bizarrement., j'ai toujours eu du mal avec l'ami Sondre Lerche. Et pourtant, certains de ses titres arrivent à me plaire, comme ce The Tape, rock, nerveux et tout, surprenant chez lui qui est plutôt adepte d'une pop sans saveur. Basique de chez basique. Mais bien efficace comme il faut. (disponible sur Phantom Punch, 2007)
Jeudi 6 décembre 2007:
* Beirut - Nantes [Ba Da Bing!] Le névrosé qui aime les Balkans, après un premier album mi-figue mi-raisin, revient avec un 'The Flying Club Cup', beau comme c'est pas permis. Et rend hommage à la Bretagne (ou la pré-Bretagne, je ne veux pas me fâcher avec les Bretons) avec ce Nantes magique. (disponible sur The Flying Club Cup, 2007)
Mercredi 5 décembre 2007:
* Maria Taylor - No Stars [Saddle-Creek] Tiré d'un des beaux disques de l'année, ce No Stars de la voix d'Azure Ray est un enchantement continu. Elle me plaisait déjà quand elle me faisait pleurer avec son amie Orenda Fink chez Azure Ray. Et à ça continue encore ici. (disponible sur Lynn Teeter Flower, 2007)
Mardi 4 décembre 2007:
* Christmas Decorations - Mice Over Feathers [Community Library] Un peu d'electronica, un brin d'acoustique, du folk et de l'avant-rock; tout ça sur fond d'expérimental. Bref, des Christmas Decorations qui ne feraient pas forcément rire mamy. Mais qui ont du chien. (disponible sur Communal Rust, 2007)