Affichage des articles triés par pertinence pour la requête jay dee. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête jay dee. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 2 octobre 2007

J Dilla – Ruff Draft [Stones Throw]

Dans la catégorie « claque qui fait du bien par où elle passe », le 'Donuts' de J Dilla (autrement dit Jay Dee ou James Yancey) en février 2006 se posait là. Un grand album, entre soul, hip-hop voire funk, qui ne se dévoilait pas facilement et auquel il a fallu consacrer bien plus d’une écoute pour en apprécier toute la saveur. Et un des albums de l’année dernière.

Dans la catégorie « claque qui fait du mal par où elle passe », la mort du même J Dilla, quelques jours après la sortie de 'Donuts' se posait là aussi. On savait qu’il était malade. On savait qu’il avait enregistré cet album là sur son lit d’hôpital (sic). On était bien conscient qu’il n’allait pas bien. Mais on espérait une fin plus heureuse pour l'un des producteurs les plus talentueux de sa génération. Et puis quelques autres productions pour asseoir un peu plus encore (mais était-ce nécessaire?) sa légende.

Depuis cette date fatidique, les hommages pullulent un peu partout (le plus beau restera sans doute à jamais celui de The Roots sur leur 'Game Theory' avec un Can’t Stop This déchirant), des inédits, des faces-b, des productions enterrées on ne sait où (re)trouvent la lumière du jour. Oui, depuis quelques années, l’industrie de la musique s’est spécialisée dans une sorte de nécrophagie dégueulasse, les corps tous froids d’Elliott Smith, Jeff Buckley ou Jimi Hendrix peuvent en témoigner.

Ici, la perspective n’est pas la même. Premièrement parce qu’on est chez Stones Throw, un des meilleurs labels hip-hop de ces dernières années à la ligne directrice artistique claire et nette ; et dernière maison de J Dilla dans laquelle il semblait vraiment se sentir dans son élément.

Et deuxièmement parce que 'Ruff Draft' est une réédition d’un Ep sorti en 2003. A l’époque, il est pour Jay Dee une sorte d’exutoire pour sortir de la nasse et du creux de la vague dans laquelle il se trouve. Attaque violente contre les majors du disque (et notamment MCA, son label de l’époque, avec qui il entretenait des relations disons délicates), cet album a un son très roots, très sale, vraiment torturé, que l’on pourrait qualifier de lo-fi.

Je ne connaissais pas cet Ep. La réédition de Stones Throw est donc une aubaine. Et tout tient vraiment la route. Même agrémenté de quelques titres et prises alternatives en plus (dont l’intérêt n’est pas vraiment évident) et d’un disque uniquement instrumental, ce 'Ruff Draft' fait découvrir un nouveau visage de Jay Dee, différent de ce qu’il a pu faire avec Slum Village par exemple. Il prouve surtout, même si c’était encore plus évident à l’écoute de 'Donuts', que ce mec était vraiment un talent comme on en a connu peu depuis 20 ans en matière de hip-hop. Et que cet idiot nous manque. Beaucoup. (Sortie : 20 mars 2007)

Son :
Myspace

Et deux morceaux de l'Ep en question, Crushin (yeeeeeaah) et Makeem nv (malheureusement plus en écoute).

lundi 17 mars 2008

Track of The Day (10-17 mars 2008)

Une playlist assez éclectique entre hip, pop et hop. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 17 mars 2008:
* The WeepiesThe World Spins Madly On [Nettwerk]
Oh, The Weepies ne renversera jamais l'histoire de la musique. On les aura peut-être oublié dans deux ans. Pourtant, leurs folk-pop songs ont la douceur de ces matins d'été, où le soleil pointe timidement le bout de son nez et où une petite brise vous caresse le cou. C'est simple. Beau. Charmant. Je pourrais passer des heures à les écouter en rêvant d'avoir un peu d'herbe sous la nuque.
(disponible sur Say I Am You, 2006)

Dimanche 16 mars 2008:
* The AccidentalTime and Space [Full Time Hobby]
Ça ressemble à Tunng, c'est signé sur le même label que Tunng, y a des gens de Tunng dans l'affaire, mais ce n'est pas Tunng. Ça y ressemble pourtant: folk-pop mélodieux (mais pas organique), plutôt sympathique sans être extraordinaire, mais qui contient de beaux moments comme ce délicieux Time & Space.
(disponible sur There Were Wolves, 2008)

Samedi 15 mars 2008:
* The Roots - Don't Feel Right [Def Jam]
Le Def Jam de Jay-Z offrait il y a deux ans un bien bel endroit aux Roots pour sortir leur nouvel album. Entre pochette engagée, hommage vibrant à Jay Dee et prods à tomber, leur 'Game Theory' tombait sous le sens. Comme son titre étendard, l'excellent Don't Feel Right.
(disponible sur Game Theory, 2006)

Vendredi 14 mars 2008:
* Sons and Daughters - Killer (Adamski & Seal cover) [Domino]
Les Sons and Daughters, sur la face B de Gilt Complex, premier single extrait de leur tout dernier album 'The Gift' (où il y a à boire et à manger, comme souvent), reprennent le cultissime Killer d'Adamski et de Seal. Leur version sur-vitaminée est un petit bonheur jouissif. A écouter bien fort.
(disponible sur Gilt Complex Ep, 2008)

Jeudi 13 mars 2008:
* The Wedding Present - Interstate 5 (Extended Version) [Talitres]
A la fin de 2009, à l'heure du bilan sur la première décennie du nouveau millénaire, on reparlera de cet album, grand disque rock par un grand groupe, fan de Georges Best. Et l'on réécoutera ce Interstate 5, bonheur continu de huit minutes, avec un énorme plaisir, le réévaluant sans cesse. On pari?
(disponible sur Take Fountain, 2005)

Mercredi 11 mars 2008:* Rage Against The Machine - Killing In The Name of SebastiAn (SebastiAn Remix) [Ed Banger]
Dans le genre tube parmi les tubes bien dur à remixer, l'hymne générationnel Killing In The Name Of des Rage Against The Machine se pose là. SebastiAn s'y emploie pourtant, s'en sort plutôt pas mal et ajoutes des voix vocodoïsées et des basses dans tous les sens. Bizarre à la première écoute, assez addictif dès la seconde.
(disponible sur Walkman 2 Ep, 2007)

Mardi 10 mars 2008:
* Promoe - These Walls Don't Lie [Burning Heart]
Promoe, tête de proue de Looptroop, en 2004 sortait, sans crier gare le tube de la dite année. These Walls Don't Lie donc, petit moment magique de hip-pop enregistré en Jamaïque , d'une efficacité sans borne qui rentre dans la tête pour ne plus en ressortir. Tout le monde est passé à côté. Et je me demande encore comment...
(disponible sur Long Distance Runner, 2004)

dimanche 20 janvier 2008

[Oldies] Amnesty – Free Your Mind: The 700 West Sessions (1973)

Pour tout ceux à l’esprit ouvert et éclectique, le nom de Stones Throw dira forcément quelque chose : terre d’accueil des Madlib, Percee P et autres (feu) Jay Dee, il reste un des tous meilleurs labels hip-hop des années 2000, pleins de productions qui dépotent et d’artistes qui envoient.

Moins connu est Now Again, petit frère funk de Stones Throw, label mené de main de maître par Egon, un passionné et un fou furieux de funk, de soul et de leurs dérivés. Son but avec Now Again ? Remettre sur le devant de la scène des disques de black music passés directement par la case oubliettes, à la manière de Rhino Record (entres autres) ou des coffrets Nuggets pour le rock.

Avec une cinquantaine (en gros) de sorties depuis sa création (7’’, 12’’ et LP confondus), le label s’appuie surtout sur la réédition de quelques albums assez magistraux dont on se demande encore, comment à l’époque, le monde a pu passer à coté. Il faudra ainsi qu’un jour j’évoque dans ces pages les L.A Carnival, la palanquée de groupe originaire de Floride ou le funk made in Texas.

Mais pour commencer cette belle plongée dans les sillons des disques de chez Now Again, j’avais plutôt envie de vous parler d’Amnesty et de ce 'Free Your Mind : The 700 West Sessions'. Un album de 1973, testament d’un groupe méconnu mais ô combien estimable.

Amnesty voit le jour en 1968 quand The Embers, quatre vocalistes d’Indianapolis, fans des Temptations, choisissent de sortir du carcan dans lequel ils se sont enfermés (mais ont connu de petits succès) pour ajouter une vraie section musicale de talent afin d’envoyer tout funker un peu plus haut. C’est là qu’ils rencontrent les Crimson Tide. L’alliance des deux est une réussite artistique et décide de nommer la nouvelle entité Amnesty.

Cinq ans plus tard, après quelques séparations et rabibochages, le groupe conclue son aventure discographique avec ce 'Free Your Mind : The 700 West Sessions'. Un album qui propose un habile mélange de soul et funk (il faut écouter la profondeur de la basse, le rythme des congas et le génie de la trompette, l’instrument le plus fameux du disque), mâtiné de gospel, avec des harmonies vocales absolument terribles, dingues, souvent perchées dans les aigues mais jamais perdues. Un régal je vous dis.

Le hic, c’est que je vous vois méfiant, suspicieux. Je vous conterais donc, histoire de définitivement vous convaincre, l’anecdote suivante. Un soir qu’Amnesty ouvre pour les Jackson Five, alors en pleine montée en puissance, c’est un Joe Jackson (manager tyrannique du groupe formé de ses fils) furibard qui débaroule sur scène alors que la bande à Damon Malone aligne ses titres. Sûrement déboussolé et/ou effrayé de voir un groupe si talentueux piquer la vedette à ses poulains, il invective directement le management d’Amnesty puis de la salle de concert, menacant de ne pas faire jouer ses fils ce soir là si Amnesty n’arrete pas tout de suite. Un Joe Jackson vraisemblablement pris de panique qui préfère prendre les devants. Convaincu?

Alors oui, peut-être que ce soir là, s’ils avaient pu finir leur set, s’ils avaient eu le temps d’aller au bout, Amnesty seraient devenus énorme et n’auraient pas eu besoin d’Egon pour les sortir des tréfonds des trésors perdus et cachés de l’histoire du funk. Mais au final, qui s’en soucie vraiment ? Personne. L’important reste au final ce disque absolument parfait, petite merveille de black music, un brin psyché, aux harmonies vocales délicieuses, voix d’anges dans un écrin de cuivre. Le tout dans une alchimie parfaite. Funk’soulement votre comme on dit.

Première sortie : 1973
Réédition : 2007 (Now Again)



Et comme d’habitude (on ne change pas une équipe qui gagne), trois titres en écoutes. Commencez à vous lécher les babines avec l'enchainement Can I Help You? - Mister President (une seule écoute quotidienne pour vous le garder au fond de votre tête) et un We Have Love sensuel à souhait :