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mardi 8 avril 2008

Top 6 "Madeleine"

Pour ceux de ma génération, celle de la fin des années 70 au début des années 80, les années 90 ont été celles de notre adolescence. Celles de l'arrivée du grunge, celles où on entendait Nirvana, Rage Against The Machine, Green Day, Offspring ou Soundgarden à longueur de journée sur la bande FM, celles de Fun Radio et Skyrock qui se tiraient la bourre à coup d'émissions rock toutes plus passionnantes les unes que les autres (en tout cas, c'est ce qui reste dans mon souvenir).

Ces années là ont surtout été la découverte de la musique, les premiers coups de coeur et pleins de chansons qui sont liées à des évènements heureux ou malheureux qui rythmaient ma vie d'adolescents.

Il y a pleins de titres que j'écoutais à l'époque qu'aujourd'hui je réécoute en me disant "mon dieu mais qu'à tu fais mon bon -Twist-?". Mais comme on dit, il faut de tout pour se créer une culture et surtout ses goûts musicaux. Alors oui, dans un coin de ma chambre traînent ici et là quelques vieux cédés deux titres de dance music (bon allez, plus que un ou deux, j'avoue), quelques daubes incroyables dont je tairais volontairement le nom (non non, je ne dévoilerai rien).

Et puis il y a ces chansons, pas forcément formidable, limite blâmable en ces temps de recherche constante du bon goût mais qui me font toujours un petit effet et qui me rappelle énormément de souvenirs précis.

Alors oui, c'est un peu con, surtout à à peine 29 ans, de regarder dans le rétro une époque pas forcément si lointaine que cela. Mais quand même, j'ai voulu faire un top 6 "Madeleine", comme disait Proust. Et replonger le temps de six morceaux dans une époque pas forcément bénie mais loin d'être anodine.

Certes, certains des six titres qui suivent feront pousser des cris d'horreur à quelques uns, je n'en doute pas. Mais peut-être sur un ou deux morceaux, vous arriverez à trouver votre compte.
En tout cas, chacun dans leurs genres, ces chansons me rappellent des grands souvenirs de mon adolescence, de Mr Jones des Counting Crows et de la belle Cécilia dont j'étais secrètement amoureux au Cryin' d'Aerosmith qui aura rythmé mon été 1993 de la plus belle des manières.
Du live de Dire Straits au double effet kiss-cool: déception de ne pas avoir le droit d'y aller alors que "mince maman, j'ai quand même 13 ans et puis c'est pas grave si on est lundi" puis envie de meurtre le lendemain matin quand j'ai vu débarquer les trois quart de mes camarades - qui avaient eu le droit, eux - avec le pull de cette tournée 'On The Night'.
Du I Got 5 On It des Luniz et de ces après-midi débiles passées chez mon voisin fan de rap ricain et du Wu-Tang, où je me disais que "ouais -Twist-, t'es vraiment un dur" au Shy Guy de Diana King, titre dont j'étais fan et qui me rappelle tant de "soirées" de quand on commençait à boire de la bière. Et puis bien sûr, Alanis Morissette et son album 'Jagged Little Pill', le disque que j'ai le plus écouté de toute ma vie, ce dernier ne quittant pas pendant une année entière (largement) mon poste cédé (véridique). Et qui pourtant berce pas mal de souvenirs précis et encore vivaces.

J'aurais pu citer Urban Species (feat. Mc Solaar), les Crash Test Dummies, Offspring, Nirvana bien sûr, les Presidents of The United States of America (qui me semblaient passer 18 fois par jour sur Skyrock) ou le Waterfalls de TLC. Mais bon, il faut bien faire un choix. Donc voilà six de mes madeleines. Et vous, quelles sont elles?




Tracklisting:
 
Dire Straits - Romeo & Juliet (On The Night, 1993) 
Alanis Morissette - You Oughta Know (Jagged Little Pill, 1995) 
Counting Crows - Mr Jones (August and Everything After, 1993) 
Aerosmith - Crying (Get a Grip, 1993) 
Diana King - Shy Guy (Tougher Than Love, 1995) 
Luniz - I Got 5 on It (Operation Stackola, 1995)








mardi 5 décembre 2017

The Sapphics - Camel Toes [-]

Il était temps qu’il arrive ! Trois ans après avoir lancé le groupe et deux ans après un ‘Blood Cells Ep’ pas piqués des vers, The Sapphics sortent enfin leur premier album ‘Camel Toes’.

Formé de moitié par Guillaume et Clément de Nine o’Nine (sortie WHM005 pour ceux qui s’en souviennent), The Sapphics est un quintette limougeaud qui ne fait pas vraiment dans la porcelaine.

Au programme de ‘Camel Toes’, 11 titres et 30 mns de rock/punk pied au plancher, avec trois premiers titres qui savent parfaitement installer le décor : des guitares Nirvana-esque pour lancer les hostilités avant d’enchaîner avec deux des titres fort de l’album, Stay High, Get Loaded et surtout Split My Blood Cells et son excellent clip (voir plus bas).
Stoner-psyché sur Lay Down..., capable de disséminer une respiration au bon moment (la très jolie bluette pop Stay Up All Night) ou de punkiser les Franz Ferdinand (Little Blondie), ’Camel Toes’ est un disque très bien produit (le travail sur les voix est vraiment réussi, que ce soit le chant principal ou les chœurs, puissants et imposants), qui a un vrai caractère, une belle unité et une sincérité qui transpire par tous ses sillons.

Orné d’une pochette sorte de pendant féminin de ‘Sticky Fingers’ des Rolling Stones, The Sapphics continuent également de cultiver un vrai imaginaire visuel (les clips de Boredom Queen et Split My Blood Cells sont vraiment à voir !) et un univers en décalage avec ce que peut représenter un groupe de rock de 5 mecs dans l'esprit collectif (Sapphic signifie lesbienne en argot et, comme le dit Guillaume, « tout notre projet repose sur mythe de l’androgynie »).

Mais surtout, The Sapphics, qui définissent leur musique comme de la « sauvagerie pop », viennent de sortir un premier album des plus solides. Car oui, concis, inspiré et rempli de vraies bonnes chansons, 'Camel Toes' tape juste et bien. A confirmer sur scène, notamment lors de leur Release Party le 6 janvier prochain à l'Olympic Café (Paris) ou le 26 janvier au Trokson à Lyon. (Sortie : 1er décembre 2017)


Plus :
‘Camel Toes’ de The Sapphics est en écoute sur leur bandcamp
‘Camel Toes’ de The Sapphics est à l’achat sur leur bandcamp
‘Camel Toes’ de The Sapphics est également en écoute (notamment) sur Spotify et Deezer

Trois titres de ‘Camel Toes’ de The Sapphics en écoute aujourd’hui. Boredom Queen (en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne gauche de ce blog), Little Blondie et son côté Franz Ferdinand punk et Stay Up All Night, la balade pop légère du disque :







Pour finir, deux clips de The Sapphics, à voir vraiment : celui de Boredom Queen (premier single de 'Camel Toes') et celui de Split My Blood Cells et toutes ses références à la pop culture (mais pas que) :



vendredi 25 novembre 2011

[Track of The Day] Queen - Under Pressure (Live at Wembley 1986)



Le premier émoi musical de la fin de mon enfance et du début de mon adolescence, devant Nirvana, a été Queen. Queen, le groupe qui se faisait démonter (j'imagine que c'est encore le cas) par Nicolas Ungemuth dans la partie Rééditions de Rock'n'Folk. Queen le groupe honni par beaucoup.
Mais Queen, le plus grand groupe du monde dans les années 80. Queen et son quatuor hétéroclite, entre sa grande diva à moustache, son guitar-hero aux cheveux longs, son batteur sans génie et son bassiste que l'on a trop souvent tendance à mésestimer.

J'avais dix ans et la musique alors se résumait pour moi aux artistes préférés de mes parents. Et puis, un jour en ouvrant la radio, je suis tombé sur Bohemian Rhapsody, la chanson à tiroir totalement intemporelle du groupe (la seule chanson à avoir été numéro 1 du hit parade à près de 20 ans d'intervalles: en 1975 et en 1992 à l'occasion de la sortie du film Wayne's World), et qui m'avait totalement scotchée.
Peu après, on m'avait offert le premier de leur 'Greatest Hits' en K7 (il était écrit que mon premier disque ne serait pas un best-of). J'ai usé cette cassette comme rarement un autre album depuis. Tout comme j'ai pu user le 'Greatest Hits II' peu de temps plus tard.

Depuis cette époque, j'ai remonté toute la discographie de Queen, je l'ai écouté. J'y ai trouvé de vraies horreurs (les deux premiers albums passables du groupe, les abominables 'Hot Space' - qui contient pourtant une des plus belles chansons de Queen, le single pop par excellence, Under Pressure, et 'Flash Gordon', bande originale du film du même nom) mais aussi des albums d'une qualité indéniable (le triptyque 'Sheer Heart Attack', 'A Night at The Opera', 'A Day at the Races' notamment).
Le groupe a composé des chansons aussi vaines que formidables (vraiment!), au premier rang desquelles on retrouve évidemment Bohemian Rhapsody, Under Pressure mais aussi The Show Must Go On, le titre qui termine le dernier album du groupe, 'Innuendo' sorti quelques mois avant la mort de Freddy Mercury où ce dernier, rongé par la maladie, n'a pourtant peut-être jamais aussi bien chanté.

J'ai acquis une partie de la discographie de Queen en cd. J'ai acheté 'Made in Heaven' à sa sortie (je lui trouve même un certain charme) ainsi que le seul album solo de Freddy Mercury. J'ai consenti à donner pour des best-of contenant de vraies-fausses nouveautés, confectionnés par un Brian May sûrement en manque de liquidités.
Et quand je retombe sur le 'Freddy Mercury Tribute' de 1992, où toute la plèbe du rock - FM ou non - vient rendre hommage à Freddy, je ne peux m'empêcher d'aller au bout, malgré la qualité discutable de l'ensemble. De frissonner devant cette foule immense reprenant d'une seule voix toutes ces chansons que je connais par cœur, de chanter à tue-tête la très belle reprise de Somebody to Love par George Michael (le seul qui aurait pu prétendre à prendre la place de Freddy Mercury après sa mort) ou de m'émouvoir devant David Bowie, éteignant en quelques gestes et quelques mots une foule bouillante pour une prière, à genoux, sur le scène de Wembley.

Depuis, Queen reste comme une madeleine de Proust que je ne ressors que très épisodiquement. J'ai préféré m'en éloigner finalement, pour ne pas subir les choix désastreux de Brian May et Roger Taylor, envieux de retrouver une gloire passée et qui ne reviendra pas.
C'est pour cela que j'ai suivi de très loin la reformation et la tournée des stades avec Paul Rodgers du groupe Free.

L'autre jour, en naviguant de site en site, je suis retombé sur leur 'Live at Wembley' de 1986. Encore une cassette que j'ai abîmé tant je l'ai écoutée. Et bien que cela fasse 15 ans - au bas mot - que je n'avais pas mis les oreilles sur ce double album live, j'en connaissais encore toutes les paroles, toutes les réactions du public, tout le blabla de Freddy, par cœur.

Lorsque Freddie Mercury est mort, j'avais 12 ans. J'avais été perturbé, étant partagé entre l'envie de chialer pour un type que je vénérais et la difficulté à comprendre comment je pouvais être triste de la mort d'un mec que je n'avais jamais connu.

Quand j'étais en 4è, Fun Radio et Skyrock avaient annoncé qu'Axl Rose allait reprendre la place laissée vacante par Freddie Mercury et que Queen allait continuer à faire des disques. Effroi. Heureusement, il n'en a rien été.
Car on ne remplace pas Freddie Mercury qui malgré son côté diva et sa passion pour quelques arrangements pompeux avait un sacré organe vocal et était un de ces entertainers comme on n'en fait plus.

Queen de toutes façons est mort un jour froid de novembre 1991. C'était il y a 20 ans. Vingt ans et un jour.


mardi 21 mai 2013

[Track of The Day] The Doors - L.A. Woman


Le groupe qu'il était bon d'aimer quand on était au collège au début des années 90, histoire de montrer que « oui, j'écoute Nirvana, les Pixies et Rage Against The Machine mais pas que ». Et évidemment un grand groupe, régulièrement éreinté à la fin de la même décennie pour je ne sais trop quelle raison.

Le quatuor était devenu trio en 1971. Il n'est plus que duo depuis hier et le décès de Ray Manzarek, dont l'orgue aura donné ce son si reconnaissable aux Doors et à leurs chansons.

On n'oubliera pas qu'il est le responsable de la pseudo reformation débile du groupe au début des années 2000 (du genre inexcusable dont l'idiotie n'a d'égal que celle de Queen avec Paul Rodgers). Certains ajoutent déjà qu'on oubliera vite ses albums solos (sur lesquels je n'ai jamais posé la moindre oreille). Certes. 

Mais avant ça, on se replongera avec plaisir dans la discographie très solide, quoiqu'on en dise, des Doors, dont Manzarek aura été un des principaux artisans, et au sommet de laquelle se trouve ce L.A. Woman qui ne vieillit toujours pas.


lundi 24 décembre 2007

Top 10 'Concerts 2007'


2
007 touche ENFIN à sa fin! Pas trop tôt! Vraiment il était temps. Oui, vraiment. Pourtant, elle avait tout pour être aimée, appréciée, et tout et tout cette année là. Sauf que non, elle a tout fait à l'envers. Tout fait pour me contrarier. La coquine.

Afin donc de clore cette année que l'on pourra qualifier de "pourrave" les jours sans et de "bof bof" dans les jours avec, je viens, devant vos yeux encore pleins de foie gras vous présenter, en plus de mes voeux de fin d'année, mes tops 2007.
La période est propice à l'affaire, la tradition est tenace et, en bon geek qui se respecte, je m'y suis attelé tout ce mois de décembre, réécoutant des disques que j'avais laissé passer, changeant d'avis comme de chemises, remisant au placard des albums qui m'avaient touchés dès les premiers accords avant de m'ennuyer profondément au bout de dix. Bref, un bilan de 365 de musique, de son.

Et pour commencer en douceur, le top concert. Seulement dix (sur une trentaine de show, c'est déjà beaucoup) mais quelques belles claques (avec, dans la mesure du possible, quelques extraits, courts la plupart du temps, des dits concerts). Le quatuor de tête se tient dans un mouchoir de poche, tel Laurent Fignon et Greg Lemond au Tour de France 1989. Soyons clair, ils m'auront procuré eux quatre des émotions bien différentes, mais surtout bien réelles.


01. Damien Rice @ Transbordeur, Lyon - 6 mars 2007
Et à ce petit jeu, le concert de Damien Rice au Transbordeur, un soir de retour (perdu) de 1/8è de finale de Ligue des Champions, remporte la palme. Ce concert était somptueux, touchant et, si l'on en croit quelques articles, le dernier de la belle Lisa Hannigan. Bref, déjà mythique. Ajoutez à cela The Magic Numbers venus assurer la première partie avec des tubes péchus dans tous les sens, un final en apothéose (I Remember/The Blower's Daughter) et vous avez une soirée de rêve, ou quasi.

Damien Rice - The Professor



02. Arcade Fire @ Amphithéâtre de Fourvière, Lyon - 18 juillet 2007
Dans le genre soirée très réussie, le concert des Arcade Fire dans ce lieu magique qu'est l'amphithéâtre de Fourvière se pose là: un groupe ravi d'être là, halluciné par la beauté du lieu, des tubes à la pelle, une belle assurance. Moins foufou que leur premier passage français au Nouveau Casino il y a deux ans (où ils avaient fini dans la rue Oberkampf!). Mais quand même, un trip continu et bandant dans une ambiance survoltée.

Arcade Fire - Wake Up



03. Laurent Garnier @ La Plateforme, Lyon - 13 décembre 2007
Ambiance survoltée, la Plateforme elle connaît. Voir Laurent Garnier n'était pas forcément une priorité, car je l'avais déjà vu au Rex à Paris il y a quelques années. Sauf que si on peut, on y va: Laurent Garnier quoi. Je dois avouer ne pas m'être attendu une seule seconde à ça.
Il aurait du jouer de 1h30 à 4h30. Il aura joué de 0h50 à 6h20. Il aura pris son pied avec un set tout en montée qui se termine par quelques remix de tubes mondiaux (du New Order, un peu de Blur, du Nirvana, les Berus aussi...). Une claque monumentale. Grand monsieur qui se sera tapé un smile toute la soirée.

Les Béruriers Noirs - Salut à Toi



04. !!! @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 4 novembre 2007
Grâce à l'annulation d'une date chez nos voisins Suisse (si j'ai bien tout compris) et surtout grâce à l'entêtement des très sûrs Grrrnd Zero, les New-Yorkais débarquent à Lyon pour un concert d'1h30, bon comme du pain chaud, funk à souhait dans une ambiance électrique. Un groupe de scène ahurissant, dynamité par une chanteuse au charisme et au caractère bien trempé.



05. Liars @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 21 novembre 2007
Concernant les Liars, j'ai pris la baffe attendue: on m'en avait tellement parlé que je n'ai pas été surpris. Un groupe déjà culte, qui a une énorme présence scénique, dont on reparlera dans une vingtaine d'années. Et qu'on se targuera d'avoir vu en concert à l'époque. Grand moment.

Liars - The other side of mt. heart attack



06. Thee Silver Mount Zion @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 19 avril 2007
Deuxième concert du groupe pour ma pomme. Et même si la claque de la première fois n'est pas là, il n'est reste pas moins que Efrim et ses amis ont un don: celui de subjuguer une salle comme personne. Des amis qui ne connaisssaient pas le groupe sont ressortis abasourdis.



07. La Blanche @ Médiathèque de Meyzieux - 23 novembre 2007
Une médiathèque, une salle remplie à 90% de personnes que nous qualifierons d'âgées et un groupe de pré-trentenaires venu en découdre avec La Blanche. Un concert acoustique (lui au chant, un guitariste, une violoncelliste) où Eric La Blanche déclame ses chansons d'amour, ses poésies d'aujourd'hui avec un vrai plaisir. Et quand la sono fait des siennes, il décide de la jouer sans micro, juste à la voix. Bref, un énorme pied. Et la confirmation que ce mec là a une des toutes meilleurs plumes de ce pays.


08. Apparat + Modselektor @ La Plateforme, Lyon - 27 septembre 2007
Enième soirée électro à La Plateforme et énorme moment aussi. Si le set d'Apparat est de qualité, que dire de celui des Modselektor qui vont poser un set hip-hop affolant! Les reviews des concerts du groupe avant et après Lyon confirmeront ces dires: les allemands sont au sommet et s'ils avaient voulu, ils auraient coulé la péniche à faire danser les gens. Fichtre.


09. Volcano The Bear @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 5 décembre 2007
L'expérience de l'année. Poussé à aller les voir par deux marseillais frappés (et fans), Volcano The Bear s'est avéré être un grand moment. Certes très loin d'être accessible. Mais quand même: une vraie musicalité, un vrai don pour faire avancer un morceau dans ses derniers retranchements et un jeu de scène complètement déjanté. Hypnotique.


10. Souvaris @ Le Sonic, Lyon - 16 avril 2007
Groupe ami anglais, Souvaris a organisé son petit tour de France à sa sauce, faisant le temps d'une soirée escale à Lyon. Un Sonic vide comme c'est pas permis (23 personnes en comptant les gens du Sonic, les membres du groupe et des premières parties) mais un concert violent et maîtrisé. Du post-rock comme ça, on en redemande.






(... à suivre: top singles...)

mardi 5 août 2025

[Track of The Day] Yves Tumor and NINA - We Dont Count

Décidément, les Bar Italia sont partout en cette année 2025 : un nouveau single Cowbella, sans doute prémices d'un album à venir très prochainement, un nouvel album pour Double Virgo, le groupe parallèle de Jezmi Tarik Fehmi et Sam Fenton. Et cet été, un single pour NINA, troisième membre du trio londonien. Elle part s'amuser le temps d'un We Dont Count avec Yves Tumor.  La chanson fait moins de trois minutes, mais son post-punk à la guitare qui a ce je ne sais quoi de Nirvana, est franchement emballant. Présenté comme un one-shot, il n'est cependant pas dit que cette association en reste là tant tout le mariage stylistique et vocal de l'américain et de l'anglaise coule de source.

Album : -
Année : 2025
Label : Warp Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, We Dont Count de Yves Tumor and NINA est également en écoute ci-dessous :

Le clip de We Dont Count de Yves Tumor and NINA :

mercredi 17 janvier 2024

[Track of The Day] Slow Pulp - Cramps

A chaque génération son revival et sa passion pour une décennie qu'elle n'a pas connue. La mienne c'était les sixties/seventies. Dans la cour du collège et du lycée, si tout tournait évidemment des affreux Guns, de Nirvana, de Pearl Jam et de tous les groupes que Fun Radio et Skyrock mettaient en avant à longueur de journées et de soirées, il y avait aussi cette passion indéfectible pour les Doors (qui étaient d'ailleurs souvent raillés pour je ne sais quelle raison), le MC5 (la preuve, Rachel dans Friends avaient un t-shirt à leur effigie), les Stooges et, évidemment, Bob Marley.

Pour la génération née au tournant du nouveau millénaire, on sent plus que poindre une passion pour les années 90, après des années 2010 particulièrement centrées sur un revival eighties. On n'en fera pas du tout des porte-étendards, mais les chicagoans de Slow Pulp symbolisent bien cette mouvance. Leur second album 'Yard' publié l'an passé plante ses deux pieds dans cette décennie régulièrement décriée (pourquoi, je ne sais pas là aussi) et balance son indie-rock mâtiné de grunge ou de shoegaze, avec une production qui ne laisse rien au hasard. Sans doute trop influencé pour (me) convaincre totalement sur la longueur, mais difficile de ne pas trouver des chansons comme Cramps (en écoute aujourd'hui), Slugs ou la très belle balade Fishes en fermeture comme fortement réussies.

Album : Yard
Année : 2023
Label : ANTI-

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Cramps de Slow Pulp est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'Yard' de Slow Pulp, voilà Fishes :

mercredi 3 octobre 2007

Dinosaur Jr. – Beyond [Fat Possum]

Résumé des épisodes précédents :
1994 : après une mainmise sur les quatre dernières décennies, le rock cède de la place, se fait bouffer sa marge, perd ses dividendes. Tenu à bout de bras par Kurt Cobain, l’industrie du rock s’écroule comme un château de cartes dès le suicide du leader de Nirvana. 2Pac, Notorious B.I.G, Dr. Dre, à l’affût depuis quelques années, s'engouffrent dans la brèche, prennent la place et trustent les playlist radio.

2001 : quatre branleurs BCBG New-Yorkais et un duo de Détroit aux États-Unis, un combo de lads géniaux en Angleterre, ravivent la flamme et ramènent le rock en haut des hit-parades.

Depuis ce retour en flamme, les reformations se multiplient, vieux groupes tentant de manger un peu sur le dos de ce renouveau rock. The Who, The New York Dolls, les Smashing Pumpkins, les Stooges, Queen (sans Freddie Mercury !). Même Europe (Europe quoi !) y est allé de son nouvel album ! Mais à quelques exceptions près (Gang of Four notamment, voire les Pixies), les résultats finaux ont été aussi désastreux qu’inutiles, tout au moins d’un point de vue artistique.

Alors, quand on a vu Jay Mascis et Lou Barlow se rabibocher et Dinosaur Jr. se reformer, on a pris peur. Qu’est ce qu’un des groupes les plus cultes des années 80 pouvait bien encore avoir à dire ? Qu’est ce qu’ils pouvaient ajouter à 'You're Living All Over Me' ou 'Green Mind' dont on a tous épuisé les sillons au maximum ? Et bien tout mon général !

Car, si l’on fait un rapide tour de toutes les reformations depuis le début des années 2000 et les disques qui en ont découlés, 'Beyond' des Dinosaur Jr est tout simplement le meilleur. De tous. Un très grand album de cette année 2007, et dans le top 3 de leur discographie, ni plus ni moins.

On les retrouve comme si on ne les avait jamais vraiment perdus de vue. Comme si on était encore en 1990. Mascis est dans une forme olympique, Barlow assure comme un diable, notamment sur les deux morceaux où il prend le micro et plante des parties de basses absolument énormes (oh mon dieu, ce Lightning Bulb). Et Murph fait le boulot derrière ses fûts.

'Beyond' est un grand album, un euphorisant de première classe. Vraiment. Un délice constant. Ça riffouille a mort (le solo de trois minutes absolument jouissif de Pick Me Up, voir plus bas), les trois compères envoient du lourd dans tous les sens. Par pur plaisir, ils font durer leurs morceaux plus que de raison (trois seulement de moins de 4 minutes) et ce qui aurait pu être une grande faiblesse s’avère être au final un atout majeur.

Bref, Dinosaur Jr. est de retour. Comme à l’époque. Avec la même envie. Le même besoin de faire du rock. Du vrai. Un come-back plus que réussi. Qui redonne foi dans les solos de guitare qui ont de la gueule. Et qui mettent tout le monde d’accord. (Sortie : 30 avril 2007)

Son :
Myspace
Site Officiel

Et en écoute, deux titres, parmi les meilleurs de l'album qui contient donc, vous l'aurez compris, bon nombre de pépites (malheureusement plus en écoute).

mercredi 22 avril 2026

[Track of The Day] Pascal Comelade - Girl from the North Country (Bob Dylan cover)

Sur l'indispensable coffret 'The Bootleg Series Vol. 12: The Cutting Edge 1965-1966' consacré à la trilogie électrique de Bob Dylan, on trouve sur le disque 2 une démo de Desolation Row, tout au piano - et à l'harmonica. Incomplète (elle fait tout juste deux minutes, soit neuf de moins que l'originale), cette version est pourtant remarquable. Sublime même. Et si la version connue de tous est un des plus grands bijoux composés par le Zim, j'aurai toujours ce regrets de voir l'américain abandonner cette démo en cours de route, comme peu convaincu.

Girl from the North Country est un autre chef d’œuvre de Bob Dylan. Comme beaucoup, il n'existe pas - à ma connaissance en tout cas - de version « piano » de ce standard vieux de plus de soixante ans. Alors, à défaut, c'est l'immense Pascal Comelade qui s'y colle pour son prochain album à venir 'Métaphysique Du Hit-Parade', compilation de douze de ses meilleures reprises réalisées durant sa carrière (The Modern Lovers, The Rolling Stones, Jimi Hendrix, The Gun Club, Faust et j'en passe) auxquelles le catalan a ajouté deux inédits, enregistrés pour l'occasion : la reprise de Come As You Are de Nirvana. Et donc, celle de Girl from the North Country de Bob Dylan, en version courte (1'36" au compteur) mais belle comme tout, lancinante et mélancolique comme jamais. En un mot comme en cent : superbe.

Album : Métaphysique Du Hit-Parade
Année : 2026
Label : Week—End Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Girl from the North Country de Bob Dylan par Pascal Comelade est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 24 octobre 2007

The Polyphonic Spree - The Fragile Army [TVT]

Nous sommes lundi matin. Alors que vous vous apprêtez à enlacer la superbe blonde qui vous fait de l’œil depuis une heure et demie, les cheveux au vent, un bruit répétitif vient arrêter net votre progression. Vous vous arrêtez, vous regardez à droite, à gauche. Rien. Le bruit stoppe. Vous vous remettez en route. Et de nouveau, ce son désagréable, stressant. Vous ouvrez les yeux. C’est votre réveil. Vous êtes dans votre lit. Pas de blonde à l’horizon. Par contre il fait froid. Vous vous rappelez qu’il va falloir penser à mettre en route le chauffage une bonne fois pour toute. On est quand même en octobre.

Le carrelage est glacé. « Un coup à attraper la mort » dirait votre grand-mère. La cuisine est en bordel. Vous lavez rapidement un bol, vous avalez votre café. Et foncez sous la douche. Et malgré tout cela, impossible de soulever plus haut ces paupières. Que faire ?

Une seule solution : se jeter sur votre discothèque, trouver le dernier album des Polyphonic Spree, 'The Fragile Army'. Ignorer l’horreur qui lui sert de pochette. Et enfoncer le disque dans votre lecteur.

Et là, l’explosion des sens. Plus fort que le guronsan. Plus puissant que l’acerola : la bande à Tim DeLaughter et leur « choral symphonic rock » (comme ils le disent eux-mêmes). Secte (inoffensive) musicale qui aime les envolées pop-rock lyrique balancées à 2000 à l'heure, les chœurs à droite, au dessus, en dessous et même au milieu. Une musique d’une efficacité à nulle autre pareille, des trompettes, des claviers, des cordes, et puis ces voix par dizaines qui n’en forment plus qu’une.

Un nouvel album qui se révèle particulièrement jouissif. Limite opera-rock une fois de plus. Oui, certes, ami grincheux, ils en font certainement trop à des moments. Mais on les aime pour ça. Et puis c’est tellement trippant qu’émettre une critique serait bien malvenu.

'The Fragile Army' est-il meilleur que les précédents, qui remplissaient déjà leur mission à merveille ? Peut-être pas. Ce nouvel album est-il le disque de l'année ? Sûrement pas.
Mais les questions ne sont pas là. Vous êtes déjà en train de sauter dans tous les sens, vous hurlez à tue-tête, vous faites du air-batterie avec un sourire jusqu’aux oreilles, et vous regrettez de ne pas avoir de toge blanche à enfiler pour aller au bureau. La semaine qui s’annonce vous semble déjà beaucoup plus courte que prévu. Et ce disque qui ferait danser le plus grabataire des hommes y est forcément pour quelque chose. The Polyphonic Spree quoi. Enfin un peu soleil dans un matin embrumé. (Sortie : 19 juin 2007)

Son : 
Myspace (dont la reprise de Lithium de Nirvana)
Site Officiel

Et deux morceaux, à écouter jusqu'à plus soif (
malheureusement plus en ligne).

Et histoire de bien finir ce post, le très bon clip de Running Away (single évident de l'album) composé de 70 000 photos, mises bout à bout : (malheureusement plus en ligne).

mercredi 30 juillet 2008

Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]

L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de Will Oldham et de Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment Dan Le Sac Vs Scroobius Pip (à savoir Dan Stephens et David Meads), duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants.

Leur histoire démarre l’an dernier chez Lex Records, pourvoyeur de talents s’il en est (Danger Mouse, Subtle, c’est eux), avec un Ep et un premier tube, Thou Shalt Always Kill. Un titre aux paroles bien senties, à en faire souffrir vos zygomatiques. Du genre :

«Thou shalt not think that any male over 30 that plays with a child that is not their own is a paedophile, some people are just nice»
«Thou shalt not stop liking a band just because they have become popular»
«Thou shalt not use poetry, art or music to get into girls pants……use it to get into their heads»
«When I say “hip” thou shalt not say “hop”»
«Thou shalt not put musicians and recording artists on ridiculous pedestals no matter how great they are or were: The Beatles. Were just a band (...) The Clash. Just a band. (...) Nirvana. Just a band. (...) The next big thing. Just a band.»

Du grand art en cinq minutes. Un flow qui rappelle Sage Francis et le phrasé de Mike Skinner de The Streets et un son aux beats cheap au possible

Près d’un an plus tard, le duo revient avec un premier album, ‘Angles’, dans la même veine, aux idées par dizaine et aux influences multiples. Dans ce disque là, il y a forcément du hip-hop (essentiellement par le flow de Scroobius Pip), mais surtout beaucoup d’électro (Dan Le Sac est dj à la base), de pop (on n’est pas anglais pour rien. La preuve avec un Look For The Woman étonnant) et de rock (Fixed).
En apogée de tout cela, un Letter From God to Man, l’histoire d’une missive envoyée par Dieu aux hommes, qui fait un peu le bilan de l’être humain et de la planète terre, des milliers d’années après sa création. Un titre fort et drôle, porté par le sample de Planet Telex de Radiohead, et qui au final, sonne presque comme un remix de la bande à Thom Yorke.

Ce ‘Angles’ est un peu long, le flow peut vraiment fatiguer au bout d’un moment et le disque ne prend vraiment de l’intérêt que lorsqu’on s’intéresse aux paroles. N’empêche, ce premier album du duo Dan Le Sac VS Scroobius Pip n’en reste pas moins un bon à très bon disque de hip-pop-electro. Melting-pot musical de bonne facture, ‘Angles’ a du chien. Et cet accent british y fait beaucoup. (sortie : 12 mai 2008)

Son:
Myspace
Site Officiel

Deux titres comme le veut la tradition, le très pop
Look For The Woman et le Radiohead-ien Letter From God To Man. Sont forts ces anglais (malheureusement, plus en écoute).

Deux clips pour finir cette chronique. Le premier, celui de
Thou Shalt Always Kill puis le tout dernier, Letter From God To Man, titre qui vient tout juste de sortir en single:
Dan Le Sac VS Scroobius Pip - Thou Shalt Always Kill




Dan Le Sac VS Scroobius Pip - Letter From God To Man


lundi 24 octobre 2016

[Track of The Day] Bent Shapes - Realization Hits

Tout droit venu du Boston, Massachusetts (j'adore cette habitude géographique américaine), Bent Shapes est un quatuor qui a sorti au printemps dernier son deuxième album, 'Wolves of Want'. N'ayant pas écouté leur première fournée ('Feels Weird'), je ne m'engagerais donc pas sur la voie des comparaisons.

N'y allons pas par quatre chemins : ce disque de Bent Shapes n'est pas le meilleur de la galaxie Slumberland. Car oui, 'Wolves of Want' a des défauts, allant d'une voix pas forcément attachante ou remarquable à quelques chansons anodines en passant par des effets évitables.

Pour autant, cet album - produit par Elio DeLuca, un ex de ces tarés de Titus Andronicus -, reste un album qu'il faut écouter, si tant est qu'on aime le rock et la pop américaine, évidemment. 
Il y a ici assez de guitares Strokes-ienne, de fougue ici et de chansons remarquables (Realization Hits, Béton Brut qu'on dirait tout droit sortie des années 90, le calme Intransitive Verbs, la chanson d'ouverture New Starts in Old Dominion et ses premiers accords qui font penser à Nirvana) pour y trouver son compte. En gros, une sorte de version bostonienne des californien de The Idyllists - en moins pop cependant.

Album : Wolves of Want
Année : 2016
Label : Slumberland

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En écoute dans le lecteur Spotify à gauche, Realization Hits est également en écoute sur le bandcamp de Bent Shapes :


En plus de Realization Hits, Béton Brut est à écouter ci-dessous :




New Starts in Old Dominion, premier single de ce 'Wolves of Want', a même son clip :

lundi 5 avril 2010

[Track of The Day] K's Choice - Come Live The Life

C'était les années 90, la pop et le rock avaient des tickets d'entrées sur toutes les radios, ou presque, de la bande FM. Skyrock s'appelait Skyrock à raison, Fun Radio enchainait Soundgarden, Nirvana, Rage Against The Machine et The Presidents of The United States le plus logiquement du monde.

Parmi ces nombreux titres qui tournaient en boucle à l'époque, le I'm Not An Addict des belges de K's Choice avait eu sa grande heure de gloire. Oui, ne mentez pas: vous aussi, vous avez un jour ou l'autre fredonné le «hum hum hum hum» le plus célèbre de l'histoire de la pop, juste devant celui des Crash Test Dummies.

Le succès commercial de K's Choice s'était arrêté à cette chanson. Dommage car le meilleur restait à venir. 'Cocoon Crash' fait partie de ces beaux disques qui vous accompagnent un été, puis un automne et même tout un hiver avant de revenir régulièrement comme une belle madeleine adolescente. Un album qui présente un groupe en état de grâce et qui a plus d'une mélodies sous la pédales (quand même, Butterfly Instead quoi).

Un album (avec quelques jolis moments) et un live (affreux) plus tard, le groupe avait décidé de mettre un terme à une belle aventure, laissant Sarah Bettens tenter sa chance en solo, pour un résultat bien mitigé.

Ceci expliquant cela, K's Choice, un peu à la surprise générale, revient aux affaire et remet le couvert avec 'Echo Mountain', affublé comme il se doit d'une pochette hideuse, histoire de rester dans le ton de leurs précédents artworks.

'Echo Mountain' est un double album. Mais pas de panique: c'est juste une envie artistique qu'un trop plein de chanson. La preuve, le disque 1 et ses chansons pop enlevées dure 25 mns et le disque 2, rempli de balades plus légères et/ou sombres ne dépasse pas les 27 mns.

Autant vous le dire tout de suite, cet 'Echo Mountain' n'est pas formidable. Mais pas indigent non plus. La partie 2 est d'ailleurs de bien meilleure tenue, leurs mélodies ressortant mieux avec une production plus discrète et pas appliquée au marteau piqueur.

Alors oui, K's Choice n'est pas le groupe d'une vie. Mais il reste un de ceux qui la traversent. Leur nouvel album n'est pas formidable? J'opine du chef. Mais il reste assez de jolies mélodies à picorer (comme ce Come Live The Life, pas ébouriffant mais franchement charmant) pour que cela suffise à mon bonheur. 

Album: Echo Mountain 
Année: 2010 
Label: Sony

Et le clip de Come Live The Life, premier single official d''Echo Mountain', le quatrième album de K's Choice:


dimanche 7 janvier 2018

Bilan 2017 : « Albums » (40-21)


Il est temps de tourner la page de 2017 et de rentrer de plain pied dans 2018. Histoire de bien faire les choses, finissons-en avec 40 disques qui auront marqué mon année.
Avant ça, comme le veut la coutume dans ces pages, voilà quelques liens vers d'autres tops et autres bilans de cette fin d'année :

Quarante albums donc. Oui, d'habitude c'est 50, mais en mettre dix de plus aurait été superflu. Quarante disques, présentés en deux parties. Voilà la première, les albums classés de 40 à 21. Et en bas de ce papier, des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter une chanson de chacun des disques cités. Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2017 :

40. Sóley, Sin Fang & Örvar Smárason - Teens Dreams [Morr Music]
Le super groupe islandais que voilà aura marqué mon année. 'Teens Dreams' est un album compilant les 12 singles qu'ils auront sorti, mois après mois, tout au long de 2017. Vaporeuse, rêveuse, n'hésitant pas à tendre vers un côté mainstream mais aux effets de manches imparables, la musique du trio prend le meilleur de chaque protagoniste. Mais plus que tout, ce projet est beau, tout simplement.


39. Decibelles - Tight [Kidnap Music]
Je débarque avec retard avec ma découverte des Decibelles, trio de lyonnaises qui aura sorti en 2017 son 3è album. Dix titres, 30 mns, emballé c'est pesé, avec des chansons punk hurlées, du rock par ci, de la pop par là, une fin d'album qui dépote et un chant souvent à trois qui leur va bien. Bref, de la balle.


38. Les Marquises - A Night Full of Collapses [Ici D'ailleurs]
Entre pop habitée, lascive, sonorités jazz et musique ambiante et/ou cinématographique, alternant chant anglais et français, tout en conviant quelques invités prestigieux (Matt Elliott, Olivier Mellano), le troisième album de Les Marquises se révèle vite être une douceur noire particulièrement bien produite.


37. The Drums - Abysmal Thoughts [ANTI-]
Porté par une pochette parmi les plus laides vues ces 10 dernières années, le nouvel album des Drums est une belle surprise. Indie-pop à la sauce eighties, le duo continue de prouver, en plus qu'il existe toujours, qu’ils n’auraient eu aucun mal à être signés par Factory Records il y a 35 ans de cela.
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36. The Duke Spirit - Sky Is Mine [Ex-Voto Records]
Resserré (9 titres), court (35 mns), ce nouvel album est différent de ce à quoi les Duke Spirit m’avaient habitué par le passé. Mais s’il y a ici moins des chansons fougueuses et pétaradantes, et plus de titres langoureux et mélancoliques, leurs guitares nerveuses sont toujours là. Pas forcément immédiat, 'Sky is Mine' est en tout cas un des vrais grower de 2017.
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35. Will Stratton - Rosewood Almanac [Bella Union] 
Remis et guéri d’un cancer, Will Stratton aura sorti en 2017 son album le plus anglais, lui l’américain, malgré quelques influences de Sufjan Stevens ou David Ackles. Très bien arrangé (alto, violon(celle) et autres clavecins sont de la partie), ce disque, en plus de dégager une beauté lumineuse, est un album folk des plus positif et plein d’espoir.


34. Piano Magic - Closure [Second Language]
Après 21 ans d'aventure, Piano Magic ferme le ban avec 'Closure', magnifique façon de tirer sa révérence. Mélancolique comme jamais, très bien orchestré et pouvant compter sur la présence notable de Peter Milton Walsh de The Apartments, l'album égrène 8 chansons pop tristes et remarquablement mises musique. On a vu des au-revoir bien moins réussis que ceux-ci.
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33. Poni Hoax - Tropical Suite [Pan European Recording]
Moins froide, plus fun, presque funk par moments, la musique des Poni Hoax continue de suivre la voie tracée par leur précédent 'State of War'. Véritable voyage passant par l’Asie, São Paulo, Pattaya ou l’Europe de l’Est du côte de laquelle ils vont chercher des trompettes merveilleuses, il est aussi le chant du cygne d’un groupe qui, il y a quelques semaines, a décidé de mettre la clé sous la porte.


32. METZ - Strange Peace [Sub Pop]
En confiant sa production à Steve Albini, METZ semble changer de braquet. Sans pour autant laisser reposer son noise-rock, ses guitares aiguisées et martyrisées, sa virulence et son chant punk, il y a comme quelque-chose qui a changé chez le trio. Peut-être plus accessible, ce 'Strange Peace' n’a pour autant rien de paisible. Tant mieux.


31. The Black Angels - Death Song [Partisan Records]
Retour des américains de Black Angels sur les bons rails. Psychédélisme dans lequel déboulent guitares et claviers, écho et voix mixée à la perfection, ce ‘Death Song’ et sa pochette agaçante sait alterner le calme et le furieux. Sacré album.


30. Godspeed You! Black Emperor - Luciferian Towers [Constellation]
La dernière fournée du plus grand groupe de Montréal voit la lumière revenir dans ses compositions, délaissant peu à peu la noirceur de leurs dernières livraisons, quoiqu'en dise son titre 'Luciferian Towers'. Et c'est tant mieux (leur 'Asunder, Sweet and Other Distress' n'étant pas franchement emballant sur la longueur). Car si leur musique reste évidemment toujours aussi dense, revoir des mélodies claires ne les rend que plus passionnant.


29. The Sapphics - Camel Toes [-] 
Constitué de deux membres de Nine o’Nine, les Sapphics est un quintette limougeaud dont le projet repose sur le mythe de l’androgynie. Invitant des guitares Nirvana-esque par-ci, balançant un stoner psyché par là ou punkisant les Franz Ferdinand, 'Camel Toes' est un disque épatant, attendu et qui ne déçoit pas. Et qui transpire la sincérité par tous les sillons.


28. Slowdive - st [Dead Oceans]
Il fallait bien que les Slowdive y passent à leur tour. Reformé pour quelques concerts, le groupe anglais est retourné en studio et a sorti en 2017 peut-être le meilleur album de sa carrière, tout au moins le plus cohérent, quand bien même il se termine par une chanson qui tranche formidablement avec le reste. Quel retour !


27. Grandaddy - Last Place [30th Century]
Retour aux affaires pour le groupe de Modesto après leur arrêt en 2006 avec 'Last Place', un disque à l'image de leur discographie : les défauts présents sont tous sauf rédhibitoires. Mieux : je ne sais pas si la mort soudaine de Kevin Garcia en mai dernier mais comme je le soupçonnais dans ma chronique de l'époque, ce 'Last Place' est définitivement un disque qui s'installe dans votre esprit sans en partir.


26. Michael Chapman - 50 [Paradise of Bachelors] 
Pris en main par Steve Gunn, Michael Chapman, 76 ans au compteur, aura sorti '50', un disque pour (re)mettre en lumière sa carrière, celle d’un artiste méconnu et/ou oublié. Premier « american record » de sa carrière (selon ses propres dires), '50'  propose 1h de musique folk où ses compositions (de nouvelles ou des relectures) se baladent nues comme des vers ou extrêmement habillés d’électricité, de cordes et de chœurs. Quand cinquante années de folk vous contemplent…


25. Esmerine -  Mechanics of Dominion [Constellation]
Esmerine ou un des nombreux groupes issus du tentaculaire Godspeed You! Black Emperor. Surtout un duo qui continue album après album de régaler son monde. Lumineuse, bien orchestrée, pouvant compter sur la présence d’éminents guests (au premier rang desquels Sophie Trudeau de GY!BE), ce 'Mechanics of Dominion' est d’une beauté mélancolique parfaite.


24. Clap Your Hands Say Yeah - The Tourist [CYSHSY Inc]
Disparu des radars médiatiques depuis la fin d'une hype méritée, les Clap Your Hands Say Yeah ne se résument désormais plus qu'à Alec Ounsworth, seul rescapé de l'aventure. Pour autant, plus calme, presque acoustique par moments, cet album contient certaines des meilleures chansons de l'entité new-yorkaise.


23. Mari Samuelsen - Nordic Noir [Decca Classics]
Entre musique de chambre et néo-classique, aussi cinématographique (la première partie) qu’évanescent, chuchotant et quasi ambient (tout le milieu de l’album), ce 'Nordic Noir' de Mari Samuelsen est d'une mélancolie et d’une grande beauté. A se damner !


22. Chad VanGaalen - Light Information [Sub Pop]
Remisant mes idées pré-conçues sur Chad VanGaalen, je suis tombé sous le charme de ce nouvel album de l’américain. Brinquebalant, pleins de guitares, de mélodies accrocheuses et de tubes potentiels (évident Old Heads), ce 'Light Information' est un peu le disque qu’aurait pu écrire Elliott Smith s’il était encore parmi nous aujourd’hui.


21. The Mountain Goats - Goths [Merge]
Pour John Darnielle, leader de The Mountain Goats, les années passent mais le talent perdure. Preuve avec ce 16è album, enregistré sans guitare mais avec une basse ronde comme il faut et une belle utilisation des chœurs, dans lequel il égrène ses histoires (gothiques donc) de sa voix à nulle autre pareille.  


Parce qu'écouter est toujours mieux, voilà un lecteur Spotify et un lecteur Deezer proposant une chanson des 20 albums cités ci-dessus (du numéro 21 au numéro 40) :







Pour rappel :
Bilan 2017 : Top 15 « Ep, 7", Compilation & Réédition »
Bilan 2017 : Top 50 « Morceaux »
Top 40 Albums : 20-01