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mercredi 17 janvier 2024

[Track of The Day] Slow Pulp - Cramps

A chaque génération son revival et sa passion pour une décennie qu'elle n'a pas connue. La mienne c'était les sixties/seventies. Dans la cour du collège et du lycée, si tout tournait évidemment des affreux Guns, de Nirvana, de Pearl Jam et de tous les groupes que Fun Radio et Skyrock mettaient en avant à longueur de journées et de soirées, il y avait aussi cette passion indéfectible pour les Doors (qui étaient d'ailleurs souvent raillés pour je ne sais quelle raison), le MC5 (la preuve, Rachel dans Friends avaient un t-shirt à leur effigie), les Stooges et, évidemment, Bob Marley.

Pour la génération née au tournant du nouveau millénaire, on sent plus que poindre une passion pour les années 90, après des années 2010 particulièrement centrées sur un revival eighties. On n'en fera pas du tout des porte-étendards, mais les chicagoans de Slow Pulp symbolisent bien cette mouvance. Leur second album 'Yard' publié l'an passé plante ses deux pieds dans cette décennie régulièrement décriée (pourquoi, je ne sais pas là aussi) et balance son indie-rock mâtiné de grunge ou de shoegaze, avec une production qui ne laisse rien au hasard. Sans doute trop influencé pour (me) convaincre totalement sur la longueur, mais difficile de ne pas trouver des chansons comme Cramps (en écoute aujourd'hui), Slugs ou la très belle balade Fishes en fermeture comme fortement réussies.

Album : Yard
Année : 2023
Label : ANTI-

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Cramps de Slow Pulp est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'Yard' de Slow Pulp, voilà Fishes :

jeudi 27 décembre 2012

[Track of The Day] Pulp - After You

Alors que je me dis qu'il serait bien qu'un jour, enfin, je me mette aux traditionnels tops de fin d'année (oui, j'aime bien ce point à un moment M d'une année écoulée), voilà t-y pas que débarque, sans crier gare, une nouvelle chanson de Pulp. 
Une chanson écrite à l'époque de 'We Love Life' (pas le meilleur album de la bande à Jarvis Cocker) mais restée jusque là à l'état de demo.

Elle s'appelle After You, a été enregistrée il y a peu, avec James Murphy aux manettes. Résultat? Un vrai tube, punchy comme jamais, toutes basses sorties et en avant, où Jarvis la joue mutin et coquin. A tel point qu'un nouvel album de Pulp avec comme chef à bord la tête de proue de feu Lcd Soundsystem sonne après une écoute comme une évidence.

Voilà donc After You. Le titre qui va enflammer votre soirée de réveillon. Et bien plus encore.

Album : -
Année : 2012
Label : -


After You est également en écoute dans le lecteur soundcloud ci-dessous. (malheureusement plus en écoute)


lundi 16 mars 2026

[Track of The Day] Olivia Rodrigo - The Book of Love (The Magnetic Fields cover)

En 1995, l'ONG War Child avait lancé lancé la compilation 'HELP' pour venir en aide aux population en guerre (c'est la guerre en ex-Yougoslavie qui avait déclenché le mouvement). Un disque de vingt morceaux, devenu mythique avec le temps sans doute plus pour son casting (une bonne partie de la britpop de l'époque, Massive Attack, Sinéad O'Connor, The Chemical Brothers) que pour la qualité de ses chansons (seul le merveilleux Lucky de Radiohead, alors totalement inédit, sortait du lot).

Trente ans plus tard, la période actuelle étant plus que jamais désespérante, War Child relance sa belle initiative avec la petite sœur de 'HELP', la simplement - et forcément - nommée 'HELP(2)'. Au générique, un éventail assez large d'artistes d'aujourd'hui (Young Fathers, Wet Leg, Nilüfer Yanya, Big Thief, The Last Dinner Party, Black Country, New Road, Kae Tempest, English Teacher, Fontaines D.C.) ou presque (Pulp, Depeche Mode, Anna Calvi, Bat For Lashes, Foals), dont une bonne tripotée déjà mentionnés dans ces pages.

A l'instar de sa devancière, 'HELP(2)' est alléchante sur le papier, mais le résultat est le même : il y a peu de choses à sauver dans cette compilation qui n'est pas loin d'être un supplice à écouter - un supplice d'ennui, mais un supplice quand même. Ce n'est pas que c'est laid ou raté, c'est juste que c'est insipide au possible, sans âme, sans intérêt. Un éventail de chansons qui ressemblent plus à des face-B à peine potables qu'autre chose (mention spéciale au morceau de Pulp) quand ce ne sont pas des reprises lénifiantes (Sunday Morning du Velvet Underground par Beth Gibbons, Lilac Wine de Jeff Buckley par Arooj Aftab et Beck), portées par une production lourdingue au possible.

Pas grand chose à sauver donc, à quelques exceptions près (Parasite de English Teacher et Graham Coxon, Sunday Light avec Anna Calvi, Nilüfer Yanya, Dove Ellis et Ellie Rowsell) et notamment la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo (en écoute aujourd'hui). Parce que l'originale est merveilleuse (l'américaine prouve une nouvelle fois son très bon goût), et parce que cette version en apesanteur, tout en délicatesse, qu'Olivia Rodrigo chante très justement, est belle comme tout (bien aidée en cela par Graham Coxon à la guitare et Ed Harcourt au piano). C'est peu mais c'est déjà ça. Ah, qu'on est loin de 'Dark Was The Night' ...

NB : Malgré tous ses défauts, n'oublions pas le but de cette compilation : amasser des fonds pour aider les populations (et surtout les enfants) des pays en guerre. Et c'est plus que louable. On peut aider l'ONG War Child en achetant 'HELP(2)' ou en faisant des dons directement sur le site de War Child.

Album : HELP(2)
Année : 2026
Label : War Child Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo, avec Ed Harcourt et Graham Coxon à la musique, est également en écoute ci-dessous :

mardi 11 juillet 2023

[Track of The Day] Protomartyr - We Know The Rats

Les vacances terminées, les palmiers un souvenir bientôt lointain, c'est avec ce nouvel album des américains de Protomartyr que je vais essayer de désensabler mes portugaises pour mieux retrouver le chemin du boulot et de la routine dans cette chaleur lyonnaise toujours plus étouffante été après été.

'Formal Growth In The Desert' est le sixième album du quatuor de Détroit et sans doute pas le moins réussi (même si chez eux, il y a une constance tout à fait remarquable dans leurs productions). Un disque sombre (Joe Casey, le chanteur, a perdu sa mère de la maladie d'Alzheimer il y a de cela deux ans et cela imprègne l'ensemble), aux guitares profondes et au post-punk qui préfère plus souvent le tempo lent et la langueur à une furie plus anecdotique.

De qualité, et dès l’ouverture et l'excellent Make Way (sur lequel pendant une vingtaine de secondes, on croirait être tombé sur un nouvel album de Pulp), 'Formal Growth In The Desert' atteint son climax sur We Know The Rats, chanson située en fin d'album et qui ne cesse de revenir dans mes oreilles, la faute à sa construction, ses guitares puissantes et ses gimmicks pop et mélancoliques.

 
Album : Formal Growth In The Desert
Année : 2023
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, We Know The Rats de Protomartyr est également en écoute ci-dessous :

Autre très bonne chanson de 'Formal Growth In The Desert' de Protomartyr, voilà Polacrilex Kid

jeudi 14 mars 2024

[Track of The Day] Yard Act - The Undertow

Assez peu emballé par le premier album de Yard Act où il y avait plus à picorer que de quoi en faire un disque emballant et marquant, j'avais prévu de passer assez rapidement sur le nouvel opus du quatuor de Leeds, persuadé qu'il reprendrait les recettes de 'The Overload' pour mieux les décliner et ne pas froisser une fanbase désormais importante.

Et puis patatras. Car sans réinventer le post-punk, 'Where's My Utopia?' est une belle surprise. Et un disque bien plus consistant et moins en pilotage automatique que son prédécesseur. Du post-punk donc, mais de la pop qui ne fait pas forcément dans la facilité, quelques titres dansants et d'autres plus surprenants (Blackpool Illuminations et ses 7'30" de spoken word). Toutefois, en bon fan de pop que je suis, je ressors avant tout The Undertow (en écoute aujourd'hui), chanson très anglaise, aux cordes synthétiques et où Yard Act fait se rencontrer Pulp et Blur. Superbe de bout en bout.

Album : Where's My Utopia?
Année : 2024
Label : ZEN F.C. / Island Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, The Undertow de Yard Act est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson réussie de 'Where's My Utopia?' de Yard Act, voilà le clip de When the Laughter Stops, avec le featuring de Katy J Pearson :
 

jeudi 15 avril 2010

The Idyllists - st [Talking Bird]

Ils sont sept. Sept à regarder un rayon de disques, sûrement dans une grande surface. Sept avec des tronches de premiers de la classe, dont le plus à gauche rappelle, ses lunettes sur le nez, un certain Jarvis Cocker. Une filiation possible ?

Oui. Et pas qu'avec Pulp d'ailleurs. Car force est de constater que The Idyllists, à l’écoute de leur second album – éponyme - aime la pop anglaise, et de tous âges, même si elle est chez eux orientée vintage. Joli pour des américains de Los Angeles.

The Idyllists pourrait (devrait ?) être une des sensations du moment. Oh, pas nécessairement (quoique) le groupe de l’année. Mais peut-être celui du printemps. Et surement de l’été.
Et l’indifférence générale (à part chez Mmarsu) dans laquelle est sorti leur ‘The Idyllists’ est à se taper la tête contre les murs.

Car The Idyllists viennent de sortir un disque sacrément addictif, d’une fraicheur incroyable, sautillant, aux mélodies immédiatement mémorisables et, cherry on the muffin, qui contient quelques tubes marquants.

‘The Idyllists’ est un disque qui appelle à lui les fantômes des Kinks, le Bob Dylan de I Want You (Let’s Fly Away), rajoute un zeste de Smiths (et encore plus de Morrissey), sort quelques accords jaunis d’anciennes gloires du rock(abily) de la période 50s/60s (Pacific Coast Highway Blues) et se prend le temps de quelques chansons pour les héritiers des Libertines (Honey Please (Say Goodbye for Me) est, de ce point de vue là, assez évidente).

Circonspect quand j’ai découvert le disque (les groupes pompant allègrement l’imaginaire brit-pop, il en existe des dizaines et la plupart tombent à plat), je dois succombé immédiatement au charme de The Idyllists, à tel point que depuis 2 semaines, cet album est revenu plus que de raisons dans mon lecteur, supprimant en deux mélodies trois bridges les fourmis que je pouvais avoir dans les jambes.

Car sachez le, l’écoute de ce ‘The Idyllists’ est un euphorisant léger et implacable. Le pied qui tape ? Le bras qui bat la mesure ? Les «And I’ll go straight to the empire state» chantés à tue-tête ? Normal. Vous êtes simplement en train d’écouter l’album de pop le plus réussi de l’année jusque là. Celui d’un groupe dont le nom semble hésiter entre idéalisme et stylisme, sacrément sincère. Et à suivre. (sortie : 9 février 2010)


Son :
Myspace (4 chanson de ‘The Idyllists’ en écoute)
Site officiel
Achat (pour l'instant ce 'The Idyllists' est uniquement disponible en mp3)

Ils viennent de sortir un ‘Les Singles Ep’, composé de 5 chansons (deux de leur premier album ‘The Long Hours Between Sunset and Morning’, trois de celui-ci), et disponible gratuitement et légalement sur leur site officiel (en échange d’une adresse e-mail). Cliquez ici!

Deux chansons en écoute. Et attention, quelles chansons ! Empire State, forcément, LE tube de l’album. Et Hello 4th Street, qui clot de facon magistral ce 'The Idyllists' charmant comme tout (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, la vidéo de Great Love Story, une chanson que l’on retrouve sur le premier album de The Idyllists:

mercredi 13 février 2013

[Track of The Day] British Sea Power - Machineries Of Joy

Il y a quelques mois, j'ai deux amis qui sont partis vivre à Brighton : Ibo, frénétique voyageur, concertophile et musicophile au talent de photographe qui ne se dément pas (son blog vaut le coup d'oeil) et Chloé, bassiste de son état et aux notes très mélodiques.

Et pour tout vous dire, je les envie. Un parce que Brighton est une ville superbe, que je pourrais flâner des heures sur sa plage de galet ou ses pier immenses qui s’enfoncent dans la mer.
Et deux parce que c'est la ville qui a vu naître les British Sea Power, véritable marotte chez moi, dont je suis les sorties, depuis leurs débuts post-punk décapant à leurs dernières virées pop (et largement dans ces pages).

Après une flopée d'Ep (6 !) en 2012 (pas tous réussis, disons le mais sur lesquels on peut largement s'attarder), les dits British Sea Power reviennent le 1er avril prochain. L'album (le 6è) se nomme 'Machineries Of Joy' et est annoncé par une chanson du même nom, que l'on a déjà pu croiser sur les Eps précités.
Mais cette fois, Machineries Of Joy est présenté dans un format plus court, amputée de deux mns. Mais elle reste une réussite: pop à guitare d'une belle efficacité, très mélodique, laissant derrière elle les derniers élans très tapageurs du décrié 'Valhalla Dancehall'. Et en plus, ce qui ne gâche rien, la pochette et ses faux airs de Belle & Sebastian, donne envie d'en savoir plus. 

Et entre ce nouveau British Sea Power, l'inédit de Pulp, le nouveau Strokes, et, au hasard, Palma Violets sur qui on reviendra bientôt, Rough Trade se porte bien, merci pour lui.

Album : Machineries Of Joy
Année : 2013
Label : Rough Trade

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Ce Machineries Of Joy des British Sea Power est également en écoute sur la chaîne youtube de Rough Trade et ci-dessous :


mardi 23 juillet 2024

[Track of The Day] Dummy - Nine Clean Nails

Trois ans après 'Mandatory Enjoyment', premier album plus que convaincant fait de noise, de psyché et d'indie-pop, les américains de Dummy sont de retour chez Trouble In Mind Records après une rapide escapade chez Sub Pop le temps d'un single.
 
Prévu pour la rentrée prochaine, 'Free Energy' promet déjà beaucoup à l'écoute des deux premiers singles. Et notamment du plus récent. Car si Nullspace reste dans la veine de 'Mandatory Enjoyment' (avec des guitares qui ont ce je ne sais quoi de Disco 2000 de Pulp), Nine Clean Nails (en écoute aujourd'hui) montre que le groupe semble plus ambitieux. Cette chanson est une des plus carrées composées par Dummy, guidée qu'elle est par une rythmique motorik à souhait, une basse essentielle qui tient l'ensemble et une mélodie efficace autant que dansante. Ces gens là ont tout compris et portent très mal leur nom.

 
Album : Free Energy
Année : 2024
Label : Trouble In Mind Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Nine Clean Nails de Dummy est également en écoute ci-dessous :

Le premier extrait de ce nouvel album 'Free Energy' de Dummy, Nullspace :

Le clip de Nine Clean Nails de Dummy, nouvel extrait de leur second album 'Free Energy' :

lundi 4 mars 2013

[Track of The Day] Palma Violets - Chicken Dippers

Après une longue période de creux (on ne se remet pas de la dissolution des Libertines comme ça), Rough Trade pourrait bien revenir sur le devant de la scène musicale anglaise et prouver ainsi qu'il n'est pas un label mythique pour rien.

La preuve avec Palma Violets, quatuor londonien dont la première sortie l'an passé a établi le groupe comme the next big thing, le NME faisant même de Best of Friends le single de 2012 (cela vaut ce que ca vaut, nous sommes d'accord).

A l'heure du premier album, '180', les Palma Violets répondent aux attentes de belle façon, avec un '180' solide et qui promet des jours radieux pour le quatuor, avec notamment une première face détonante.

Alors oui, il y a du Libertines dans ce '180', aussi bien dans la désinvolture (et ces intonations) au chant que dans certaines étincelles rageuses de guitares.

Mais limiter les Palma Violets à cela serait faire fausse route. Bien moins punk que leurs glorieux ainés, le groupe mené par le duo Sam Fryer / Chilli Jesson part chercher son inspiration dans les années 60 et fait sonner sa musique comme telle (rock crasseux, reverb par-ci, orgue par là).

La production de Steve Mackey (bassiste de Pulp) n'est pas extraordinaire mais emballe '180' sans extravagance et cela lui va bien.

On ne fera pas (enfin dans ces pages en tout cas) de ce premier album des Palma Violets un des disques de l'année mais '180' est un premier jet intéressant, prometteur et qui remet l'Angleterre sur les bons rails. C'est déjà ça.

Album : 180
Année : 2013
Label : Rough Trade


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Step Up For The Cool Cats, premier single de '180' des Palma Violets, a un clip; à regarder ci-dessous :


dimanche 8 janvier 2012

Bilan 2011 - Top 50 Albums: 10-01



Avant d'en finir avec 2011 et de faire un petit bilan - rapide - de l'année, encore quelques top de fin d'année piochés dans la blogosphère musicale française (j'en ai sûrement oublié beaucoup. N'hésitez pas à donner vos tops/liens dans les commentaires) :
Derrière La Fenêtre
Le Naze Journal de Mbfsc2

Il donc temps pour moi de refermer l'année 2011. Pas dans l'idée de l'oublier, mais plus de voir ce que va pouvoir nous proposer 2012.

Parce que 2011 aura été une belle année, une nouvelle fois. Il est toujours délicat de classer des disques (au-delà du fait que cela a sans doute une utilité bien vaine). Mais cette année, ce fut bien complexe tant les disques (aux univers bien différents) qui m'auront fait vibrer auront été légions.

Mais au-delà de l'aspect musical de 2011, c'est du côté du graphisme que le monde de la musique aura retrouvé des couleurs. Il y aura eu à mes yeux profusions de très beaux artwork, très bien pensés. Souvent simple, parfois plus élaborés, ils ont tous en commun d'avoir Du 'Kaputt' de Destroyer en passant par le 'Ravedeath, 1972' de Tim Hecker, les albums de Craft Spells, Banjo or Freakout, Rivulets, Nicolas Jaar, Lykke Li, Sister Crayon, Wye Oak, Ensemble, ou Over The Rhine, la liste est longue des groupes qui auront su remettre cette année et plus que par le passé (récent) les beaux artwork au goût du jour.

Pour beaucoup des albums présentés ci-dessous, je n'ai pas évoqué la moindre ligne dans ces pages durant 2011. La faute à une année pourrie dans tous les sens du terme à un niveau personnel. La faute aussi à un manque d'idées pour traiter comme il se doit des albums si forts et si grands. Ainsi, vous trouverez (comme depuis le début de ces tops) un petit "+" vous renvoyant vers des chroniques éclairées, très bien écrites, et qui expliquent parfaitement à quels disques nous avons à faire ici.

En tout cas, le dix albums présentés ci-dessous ne sont pas des albums que je vais oublier de si tôt. Et comme ils l'auront fait toute l'année, ces dix disques vont encore tourner souvent sur ma platine.

Mais plutôt que blablater à n'en plus finir, passons donc à ce top 10.
Une fin de bilan 2011 qui me donne l'occasion de vous remercier de venir lire dans ces pages quelques bafouilles musicales tout au long de l'année. Et de vous souhaiter à nouveau tout le meilleur pour 2012.
Bonne lecture et bonne(s) écoutes (au bas du billet, dans le lecteur grooveshark, mais vous commencez à avoir l'habitude).


Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'



10. The Roots - Undun [DefJam]
Vingt-cinq années de carrière derrière eux et pourtant une envie et une ambition sans cesse renouvelée: The Roots est une énigme. Car comment comprendre qu'un groupe aussi important et qui a déjà quasiment tout dit peut avoir l'idée d'un concept album contant les aventures de Redford Stephens, personnage fictif (inspiré du Redford de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' de Sufjan Stevens), jeune garçon noir d'un ghetto américain et à la destinée tragique?
Mieux, comment peut-il sortir avec 'Undun' un de ses plus beaux albums, plus soul qu'hip-hop, lorgnant un peu plus vers l'indie (la présence de Sufjan Stevens pour une reprise de Redford (For Yia-Yia & Pappou) donc), comme ça? Quoi? Le talent? Ah ouais tiens, le talent. Ça doit être ça.
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09. The Dears – Degeneration Street [DangerBird]
Je n’ai jamais été fan des Dears. Même de leur ‘No Cities Left’ loué ici et là. Mais il faut bien dire que j’aurais tout au long de 2011 lentement mais sûrement changé mon fusil d’épaule. ‘Degeneration Street’, ce cinquième album est peut-être l’album d’où s’échappe le plus la notion de plaisir. Des guitares (comme d’hab), une inspiration chopée – notamment – chez le Pulp de Jarvis Cocker, des mélodies à chanter à tue-tête et des chansons solides. Du tout bon tout du long.
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08. Puressence – Solid State Recital [Caserta Red]
Auteur d’un des disques les plus réussis des années 90 (je pense qu’on est deux à penser cela, avec Lyle), on avait un peu perdu de vue les Puressence. Car depuis ‘Only Forever’, je ne peux pas dire qu’ils m’avaient fait vibrer. Et j’ai été bien pris par surprise par ce ‘Solid State Recital’, album de brit-pop/rock d’une grande tenue, aux hymnes imparables. La voix de James Mudriczki est toujours pleine d’émotion. Et les mélodies ne sont pas en restes. Grand disque mélancolique pour grand groupe, méconnu ou mésestimé - c’est selon.
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07. Stranded Horse – Humbling Tides [Talitres]
Deuxième album pour l'ancien Encre, Yann Tambour. Et s’il perd son Thee, il ne perd pas sa kora, cet instrument malien qui rappelle la harpe et la mandoline. ‘Humbling Tides’ amène un poil de pop dans les circuits et quelques cordes pas piquées des vers. Pour un ensemble beau, langoureux, léger autant que pesant, que Stranded Horse sait rendre ample malgré le côté intimiste de la chose. En un mot comme en cent, sublime.
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06. Cold Cave – Cherish The Light Years [Matador]
Cet album de Cold Cave contient 9 chansons. Et autant de tubes. Beaucoup trouvent (ou trouveront) cet album putassier au possible, prenant autant à The Human League ou New Order qu'à la scène post-punk en général.
Mais il est pour moi un régal sans nom. ‘Cherish The Light Years’ ou l’album le plus efficace de 2011. A danser sans modération, le doigt collé au synthé.
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05. Hausckha – Salon des Amateurs [Fat Cat]
Un des très grands absents des tops de fin d’année à mes yeux. Hauschka a pourtant sorti là un album des plus électros et des plus fins qui soit. Tout en gardant une trame très classique (on ne se renie pas), Hausckha balance tout du long de ce ‘Salon des Amateurs’ des morceaux où la répétition des rythmes et l’empilage des sons donne à l’ensemble une folie que n’aurait pas renié Four Tet. Très grand album organique. Et splendide.
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04. Bill Wells and Aidan Moffat – Everything's Getting Older [Chemikal Underground]
Non content d’être un des comptes twitter les plus à suivre, Aidan Moffat m’aura soufflé cette année. Avec Bill Wells, jazzman de son état croisé ici ou là depuis quelques années, le plus cynique des écossais aura sorti un disque en tous points remarquables. ‘Everything's Getting Older’ est un mélange savoureux et délicat de musique jazzy de Bill Wells et la voix écossaise nonchalante d’Aidan Moffat, chantant et/ou débitant ses histoires bien sombres pour être honnêtes. Mieux, le duo s’amuse à pondre, au débotté, une chanson pop du meilleur effet, Glasgow Jubilee.
Et si l’écoute seulement de l’album se suffit à elle-même, elle prend encore une toute autre ampleur les paroles à la main. Entre la carrière solo de Malcolm Middleton et celle d’Aidan Moffat, je crois qu'Arab Strap peut reposer sur ses deux oreilles.
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03. Low – C’Mon [Sub Pop]
Les groupes pouvant se targuer d’avoir une discographie sans faille ne sont pas nombreux. Low est un de ceux là, qui plus est après ce ‘C’Mon’, clairement un des meilleurs albums du duo Sparhawk/Parker. Slowcore, pop, presque soul par moment, composé de chansons parmi leurs meilleures (Especially Me, tuante, et le blues-slowcore renversant de Nothing but Heart, pour ne citer que ces deux là), ‘C’Mon’ est un album bouleversant et qu’il faut avoir écouté en 2011.
Vu en concert il y a deux mois de cela à Lyon. 1h15 de show. Un régal. Un public figé et abasourdi par la classe de ce qu’il venait de recevoir.
Alors oui, il y a ‘Things We Lost in Fire’. Evidemment. Mais ce ‘C’Mon’ n’est pas si loin que cela du chef d’œuvre de Low. Quel groupe. Mais quel groupe!
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02. Tim Hecker – Ravedeath, 1972 [Kranky]
A mes oreilles, Tim Hecker a une discographie sans faille. Aussi bien en solo qu'avec d'autres (comme avec Aidan Baker en 2009).
Pour ‘Ravedeath, 1972’, Tim Hecker s’est inspiré d’une photo. Celle de l’artwork. Il s’agit d’étudiants du MIT qui, en 1972, s’était amusé à balancer du haut d’un immeuble un piano. Pourquoi ? Pour rien.
Il en résulte une musique entre ambiant/noise, sombre, que l’on pourrait qualifier de redondante si l’on passait rapidement mais qui est pleine d’aspérité. Une musique exigeante, bruitiste mais délicate, aux contours cotonneux et à l’ambiance mélancolique.
Je ne pensais que cela pouvait être possible de faire mieux, mais je pense que Tim Hecker vient de pondre là son meilleur album. C’est dire !
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01. Kieran Hebden, Steve Reid and Mats Gustafsson – Live at the South Bank [Smalltown Superjazzz]
Début décembre, au détour d’une chronique, j’apprends que dans un anonymat assez fou est sorti un live rassemblant Kieran Hebden (héros de ces pages), Steve Reid (batteur de génie disparu au printemps dernier) et Mats Gustafsson (saxophoniste suédois qui a collaboré avec une pléiade d’artistes, dont les plus célèbres se nomment Jim O’Rourke, Sonic Youth et The Ex).
Pour être franc, mon album de l’année devait se décider entre le ‘C’Mon’ de Low et le ‘Ravedeath, 1972’ de Tim Hecker. Et puis est arrivé ce live. Qui a mis les choses au point.
Enregistré en juin 2009, à Londres, ‘Live at the South Bank’ est un enregistrement live dantesque qui rendrait presque les collaborations Steve Reid/Kieran Hebden pour de gentils amuse-bouches.
Deux disques, 6 titres et plus d’1h20 de jam, de free jazz, de batterie démoniaque, d’electronica répétitive et de saxophone dévastateur. Sur ‘Live at the South Bank’, l’univers de ces trois protagonistes prend une ampleur folle pour créer une musique délirante, habitée, dérangeante et hypnotique. On ressort véritablement lessivé de l’écoute de cet album live. Mais il y a un tel souffle, une telle inventivité, un tel magnétisme qui s’en ressort qu’on y retourne aussitôt.
Bordel, la musique, c’est ça ! Et c’est pour des moments comme celui-ci qu’on en écoute.
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Comme à chaque fois, vous trouverez ci-dessous un lecteur grooveshark présentant une chanson ou un titre des 10 albums présentés au-dessus (il n'y en a que 9 pour le moment. Le 10è arrive très rapidement):





Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'