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mardi 23 décembre 2008

Top 75 'Chansons 2008'


Après les Eps, 7" et autres compilations, il est temps de passer au top "chansons" de l'année. Comme l'an passé, et vu que j'ai écumé beaucoup de sillons cette année, j'ai choisi de présenter un top 75. Car si je n'ai pas été touché (loin de là) par tous les disques que j'ai écouté, beaucoup contenaient de petites merveilles.
Le meilleur exemple est l'album de Dancing Mice, groupe écossais de son état, qui aura sorti un 'Eroded' d'un ennui sans nom... mais qui débute par une merveille de revival songs et qui rend un hommage aux 80s assez magistral, comme rarement entendu ces derniers temps d'ailleurs, It's Abnormal.

Le top 20 (hormis les trois premiers) est presque totalement interchangeable, suivant l'humeur. Et au final donc, un classement des 75 chansons qui m'auront fait vibrer, danser, pleurer, frissonner, voire bien plus, en 2008
Un top 75, en écoute comme à chaque fois au bas de ce papier, cette fois en un seul et même lecteur en un lecteur et quelques vidéos youtube.

Demain, Top Albums-1ère partie.


75. James – Bubbles [Mercury]
74. Lightspeed Champion – Dry Lips [Domino]
73. Late of The Pier – Focker [Parlophone]
72. Feeder – Miss You [Echo]
71. The Automatic – Steve McQueen [B-Unique]
70. Metronomy – The End Of You Too [Because Music]
69. Melpo Mene – Hit The Boys [Imperial]
68. Human Highway – Moody Motorcycle [Secret City]
67. Earlimart – Town Where You Belong
66. The Black Keys – Psychotic Girl [Nonesuch]

65. Sebastien Tellier – Divine [Discograph]
64. The Young Republic – Girl From The Northern States [End Of The Road]
63. Destroyer – Foam Hands [Merge]
62. The Gutter Twins – God's Children [Sub Pop]
61. Estelle (feat. Kanye West) – American Boy
60. The Decemberists – Valerie Plame [Rough Trade]
59. Gregory And The Hawk – Stone Wall Stone Fence [Fat Cat]
58. A Weather – Spiders, Snakes [Team Love]
57. The Twillight Sad – Cold days from the birdhouse [Fat Cat]
56. Air France – Collapsing outside your doorstep [Sincerely Yours]

55. The Tallest Man on Earth – Honey Won't You Let Me In
54. Piano Magic – Vacancies [Make Music Mine]
53. The Helio Sequence – Broken Afternoon [Sub Pop]
52. The Futureheads – The Beginning of The Twist [Null]
51. The Last Shadow Puppets – Separate And Ever Deadly [Domino]
50. British Sea Power – Lights out for darker skies [Rough Trade]
49. Envelopes – Party [Brille]
48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix) [ABKCO]
47. Bon Iver – For Emma [Jagjaguwar]
46. The Black Kids – I Wanna Be Your Limousine [Almost Gold]

45. The Wedding Present – I lost the monkey [Talitres]
44. BoB – Lonely People [Grand Hustle]
43. Eugene Mcguinness – Moscow State Circus [Domino]
42. Jenny Lewis – Sing a Song For Them [Rough Trade]
41. Born Ruffians – I Need a Life (Four Tet Remix) [Warp]
40. datA – Rapture [Ekleroshock]
39. Guernica – Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini [Vlas Vegas]
38. Santogold – L.E.S Artistes [Downtown]
37. Broken Records – Lies [Distiller]
36. Port O'Brien – Fisherman's son [City Slang]

35. Sufjan Stevens – Joy to The World [-]
34. The Kills – Black Balloon [Domino]
33. Iron & Wine – Arms of a thief [Transgressive]
32. Ladytron – Runaway [Nettwerk]
31. Adem – Oh My Lover [Domino]
30. Morley – Call On Me [Polydor]
29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix) [City Slang]
28. Justice – Phantom II (live) [Ed Banger]
27. Noah and The Whale – Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
26. Fleet Foxes – Your Protector [Sub Pop]

25. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
24. Sons & Daughters – Killer (Adamski cover) [Domino]
23. The Magnetic Fields – California Girls [Nonesuch]
22. Cornflakes Heroes – Is Mother Right? [Greed Recordings]
21. Oasis – The Shock of The Lightning [Big Brother]
20. Nada Surf – See These Bones [Barsuk]
19. The Sleeping Years – Dressed For Rain [Talitres]
18. Styrofoam – My Next Mistake (feat. Jim Adkins) [Nettwerk]
17. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Letter From God To Man [Sunday Best]
16. Ladyhawke – Magic [Modular]

15. Alain Bashung – Tant de Nuits [Barclay]
14. Hot Chip – Ready For The Floor [DFA]
13. Coldplay – Viva La Vida [Parlophone]
12. Duke Spirit – Send a Little Love Token [You Are Here]
11. Parenthetical Girls – Windmills Of Your Mind (Michel Legrand cover) [Tomlab]
10. Kiko – Slave of My Mind [Different]
09. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – BlindBlindBlind [Constellation]
08. Tv On The Radio – Lover's Day [4AD]
07. Wolf Parade – Kissing The Beehive [Sub Pop]

06. MGMT – Kids (Soulwax Remix) [Columbia]
05. Okkervil River – Lost Coastlines [Jagjauwar]
04. Malcolm Middleton – Love Comes In Waves [Full-Time Hobby]
03. Dancing Mice – It's Abnormal [Squeak Audio]
02. Cloud Cult – No One Said It Would Be Easy [Rebel Group]
01. MGMT – Time to Pretend [Columbia]





















Sept titres sont introuvables sur Spotify. Mais ils sont en écoute ci-dessous :

12. Duke Spirit – Send a Little Love Token



29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix)
 




36. Port O'Brien – Fisherman's son
 


37. Broken Records – Lies
 



44. BoB – Lonely People




48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix)
 


64. The Young Republic – Girl From The Northern States
 
 

mardi 5 décembre 2017

The Sapphics - Camel Toes [-]

Il était temps qu’il arrive ! Trois ans après avoir lancé le groupe et deux ans après un ‘Blood Cells Ep’ pas piqués des vers, The Sapphics sortent enfin leur premier album ‘Camel Toes’.

Formé de moitié par Guillaume et Clément de Nine o’Nine (sortie WHM005 pour ceux qui s’en souviennent), The Sapphics est un quintette limougeaud qui ne fait pas vraiment dans la porcelaine.

Au programme de ‘Camel Toes’, 11 titres et 30 mns de rock/punk pied au plancher, avec trois premiers titres qui savent parfaitement installer le décor : des guitares Nirvana-esque pour lancer les hostilités avant d’enchaîner avec deux des titres fort de l’album, Stay High, Get Loaded et surtout Split My Blood Cells et son excellent clip (voir plus bas).
Stoner-psyché sur Lay Down..., capable de disséminer une respiration au bon moment (la très jolie bluette pop Stay Up All Night) ou de punkiser les Franz Ferdinand (Little Blondie), ’Camel Toes’ est un disque très bien produit (le travail sur les voix est vraiment réussi, que ce soit le chant principal ou les chœurs, puissants et imposants), qui a un vrai caractère, une belle unité et une sincérité qui transpire par tous ses sillons.

Orné d’une pochette sorte de pendant féminin de ‘Sticky Fingers’ des Rolling Stones, The Sapphics continuent également de cultiver un vrai imaginaire visuel (les clips de Boredom Queen et Split My Blood Cells sont vraiment à voir !) et un univers en décalage avec ce que peut représenter un groupe de rock de 5 mecs dans l'esprit collectif (Sapphic signifie lesbienne en argot et, comme le dit Guillaume, « tout notre projet repose sur mythe de l’androgynie »).

Mais surtout, The Sapphics, qui définissent leur musique comme de la « sauvagerie pop », viennent de sortir un premier album des plus solides. Car oui, concis, inspiré et rempli de vraies bonnes chansons, 'Camel Toes' tape juste et bien. A confirmer sur scène, notamment lors de leur Release Party le 6 janvier prochain à l'Olympic Café (Paris) ou le 26 janvier au Trokson à Lyon. (Sortie : 1er décembre 2017)


Plus :
‘Camel Toes’ de The Sapphics est en écoute sur leur bandcamp
‘Camel Toes’ de The Sapphics est à l’achat sur leur bandcamp
‘Camel Toes’ de The Sapphics est également en écoute (notamment) sur Spotify et Deezer

Trois titres de ‘Camel Toes’ de The Sapphics en écoute aujourd’hui. Boredom Queen (en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne gauche de ce blog), Little Blondie et son côté Franz Ferdinand punk et Stay Up All Night, la balade pop légère du disque :







Pour finir, deux clips de The Sapphics, à voir vraiment : celui de Boredom Queen (premier single de 'Camel Toes') et celui de Split My Blood Cells et toutes ses références à la pop culture (mais pas que) :



mercredi 22 avril 2026

[Track of The Day] Pascal Comelade - Girl from the North Country (Bob Dylan cover)

Sur l'indispensable coffret 'The Bootleg Series Vol. 12: The Cutting Edge 1965-1966' consacré à la trilogie électrique de Bob Dylan, on trouve sur le disque 2 une démo de Desolation Row, tout au piano - et à l'harmonica. Incomplète (elle fait tout juste deux minutes, soit neuf de moins que l'originale), cette version est pourtant remarquable. Sublime même. Et si la version connue de tous est un des plus grands bijoux composés par le Zim, j'aurai toujours ce regrets de voir l'américain abandonner cette démo en cours de route, comme peu convaincu.

Girl from the North Country est un autre chef d’œuvre de Bob Dylan. Comme beaucoup, il n'existe pas - à ma connaissance en tout cas - de version « piano » de ce standard vieux de plus de soixante ans. Alors, à défaut, c'est l'immense Pascal Comelade qui s'y colle pour son prochain album à venir 'Métaphysique Du Hit-Parade', compilation de douze de ses meilleures reprises réalisées durant sa carrière (The Modern Lovers, The Rolling Stones, Jimi Hendrix, The Gun Club, Faust et j'en passe) auxquelles le catalan a ajouté deux inédits, enregistrés pour l'occasion : la reprise de Come As You Are de Nirvana. Et donc, celle de Girl from the North Country de Bob Dylan, en version courte (1'36" au compteur) mais belle comme tout, lancinante et mélancolique comme jamais. En un mot comme en cent : superbe.

Album : Métaphysique Du Hit-Parade
Année : 2026
Label : Week—End Records

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de Girl from the North Country de Bob Dylan par Pascal Comelade est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 28 juillet 2008

Track of The Day (22-28 juillet 2008)

Une semaine placée une nouvelle fois sous le signe de la nouveauté, à peine troublée par deux "presque" vieilleries magiques. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 28 juillet 2008:
* George Harrison - Horse To The Water [Warner]
Quelques semaines avant sa mort, George Harrison avait écrit et enregistré ce Horse to The Water, pour son ami Jools Holland, musicien émérite et présentateur d'un show live à la télé anglaise comme on n'a jamais su en faire chez nous. Un titre (le dernier de sa carrière) d'une vigueur et d'une classe folle, alors même que le crabe finissait d'aiguiser ses pinces autour du corps du grand George.
(disponible sur Small World, Big Band, 2001)

Dimanche 27 juillet 2008:
* Jeff Buckley - Hallelujah/I Know It's Over (Live) [Columbia]
Pire que Jimi Hendrix, le travail de Jeff Buckley a été violé, mis en lambeaux par une mère avide d'argent et de gloire. Et si les premières sorties posthume de Buckley fils ont de la gueule (ce 'Mystery White Boy Tour', le 'Live @ Sin-é'), le reste franchement rire. Ou pleurer. Reste des versions comme celle-ci, un Hallejlujah couplé à quelques strophes de I Know It's Over des Smiths, enregistré en 1995 à Seatlle.
(disponible sur Mystery White Boy Tour, 2000)

Samedi 26 juillet 2008:
* Miossec - La Non-Demande en Mariage [Mercury]
Aujourd'hui, j'ai deux très bons amis qui se passent la bague au doigt. En leur honneur, la plus belle chanson d'amour française qui soit, écrite par Georges Brassens, reprise avec un brio fou par Miossec: La Non-Demande en Mariage. Mes meilleurs vœux!
(disponible sur Les Oiseaux de Passage, 2001)

Vendredi 25 juillet 2008:
* Clinic - The Witch [Domino]
Les Clinic enchaînent les disques depuis quelques années. Et force est de constater que ce sont souvent le même genre de disque. Mais vu qu'ils le font bien, on ne va pas bouder notre plaisir à l'écoute ce 'Do It!'. Qui plus est à l'écouter de ce The Witch, aux faux-airs de Sympathy For The Devil des Rolling Stones.
(disponible sur Do It!, 2008)

Jeudi 24 juillet 2008:
* Calexico - Two Silver Trees [Touch & Go]
Enfin! Après un très bon 'Garden Ruin', qui s'échappait de la routine dans laquelle le groupe s'était (un peu) enfermé, Calexico revient avec un nouvel album, 'Carried to Dust', le 9 septembre prochain. Histoire de patienter, Touch & Go propose en téléchargement gratuit un premier titre, Two Silver Trees (clique droit et enregistre sous l'ami(e)). Un titre tronqué certes (il manque une dizaine de secondes. Pas fou le label!), mais annonciateur d'un grand cru une nouvelle fois. Miam miam miam!
(disponible sur Carried to Dust, 2008)

Mercredi 23 juillet 2008:
* Santogold - You'll Find a Way [Downtown]
Premier album solo pour cette Américaine. Et première réussite. Car son 'Santogold' est un disque bourré de tubes jusqu'à la lie, entre pop, rock, hip-hop et ragga (oui oui, rien que ça). Ça sonne comme du M.I.A, ça a l'air d'être du M.I.A, c'est plus accessible que du M.I.A. Putassier et efficace, cet album est une sucrerie dont on va se délecter longtemps. Et sans crier "Pull Up" pour autant.
(disponible sur Santogold, 2008)

Mardi 22 juillet 2008:
* Against Me! - Borne on the FM Waves of the Heart (feat. Tegan Quin) [Sire]
Ouch! Ce quatrième album des ricains de Against Me! est un "in your face Twist" magistral. Sorti en 2007, réédité cette année par Fargo, ce disque est un concentré qui se veut punk mais qui est résolument rock. Produit par Butch Vig (le mec derrière 'Nevermind' et membre de Garbage) avec ce son si particulier qui est le sien, 'New Wave' est un concentré d'énergie et d'hymnes essentiels. Ce Borne on the FM Waves of the Heart (avec Tegan Quin de Tegan and Sara) est peut-être le titre le plus pop de cet album jouissif comme jamais.
(disponible sur New Wave, 2007)

mercredi 25 décembre 2019

Purple Mountains - Purple Mountains [Drag City]

J'ai parfois vu passer le nom de David Berman. J'ai plus souvent vu celui de son groupe, Silver Jews, revenir. Mais je ne m'y suis jamais arrêté, quand bien Stephen Malkmus, quand bien même Bob Nastanovich. Alors en août dernier, quand la mort de David Berman a été annoncée, je n'ai pas été spécialement touché. Mais les tombereaux d'hommages, de gens tristes à en pleurer, les témoignages bouleversés disant à quel point cet homme avait marqué leur vie, tout ceci m'a interpellé.

Quelques semaines plus tôt, j'avais écouté le premier album de Purple Mountains, nouvelle formation de David Berman qui revenait après un silence de près de 10 ans (et la séparation des Silver Jews). Une écoute rapide, parmi d'autres, vite expédiée, pas spécialement marquante, qui plus est dans un été qui commençait mal. Et puis est arrivé le 7 août, la tristesse des uns, les pleurs et l'incompréhension des autres. Et Purple Moutains s'est ré-imposé dans mes oreilles ; pour savoir qui était cet artiste qui avait touché et ému tant de personnes. Pour comprendre à côté de quoi j'étais passé passé ces 30 dernières années. En quelques écoutes, la réponse s'est présentée d'elle-même. On appelle ça un choc à retardement.

Car ce disque est d'une beauté transcendante. Par sa musique, indie-pop aux accents country, ses morceaux que David Berman construit et sait embellir au moment du refrain (superbe Nights That Won’t Happen), les fantômes qu'il convie (celui du Range Life de Pavement sur That’s Just the Way That I Feel et Maybe I’m the Only One for Me, deux chansons qui ont la même ligne mélodique,  ceux des Rolling Stones sur She’s Making Friends, I’m Turning Stranger), la chaleur qui se dégage de ses mélodies - avec invariablement une douce mélancolie en arrière-plan -, et la voix de David Berman, des tournures joliment troussées plein la bouche (« Ghosts are just old houses dreaming people in the night »), parfaite pour conter ces histoires empreintes de désespoir et de fatalisme.

Car s'il rend un hommage touchant à sa maman décédée (I Loved Being My Mother’s Son), 'Purple Mountains' est un album où il est question de peine, d'amertume et de tristesse (un sens encore plus aigu depuis le 7 août dernier) : que David Berman parle de sa rupture d'avec sa femme Cassie après 20 ans de mariage (She’s Making Friends, I’m Turning Stranger), de son incapacité désormais à être heureux (Maybe I’m the Only One for Me) ou de la fatalité qui semble l'habiter (« My every day begins with reminders I've been stranded on this planet where I've landed beneath this gray as granite sky. A place I wake up blushing like I'm ashamed to be alive » sur Margaritas at the Mall, tube indie en or massif du disque ; « I spent a decade playing chicken with oblivion, day to day, I'm neck and neck with giving in, I’m the same old wreck I've always been » sur le tristement prémonitoire That’s Just the Way That I Feel). 

Pour autant, le mélange des deux n'en fait un disque dépressif. Non, l'alliage est subtil et penche vers un ensemble d'où s'échappe une touchante mélancolie et une troublante sincérité. Surtout, 'Purple Mountains' est un album somptueux et majeur. Le genre de révérence sublime, à la 'You Want It Darker' de Leonard Cohen. Un disque qui préfigure en quelques sortes les évènements futurs, sans que nous ne nous en rendions vraiment compte sur l'instant. Et qui fait de David Berman un artiste pour lequel on ressent rapidement un amour immodéré - quand bien même (et c'est très perturbant) ce papier n'aurait sans doute jamais vu le jour sans sa disparition. (Sortie : 12 juillet 2019)

Plus :
'Purple Mountains' de Purple Mountains est en écoute sur le bandcamp du groupe
'Purple Mountains' de Purple Mountains est à l'achat sur le bandcamp du groupe
'Purple Mountains' de Purple Mountains est également en écoute sur Spotify et Deezer (notamment)
Beaucoup de beaux papiers ont été écrits suite au décès de David Berman. Mais si vous ne deviez en lire que deux pour comprendre à quel point cet homme touchait les gens, il faut lire ceux de Pauline Le Gall : l'un sur l'album 'Purple Mountains', écrit quelques jours avant son décès. L'autre publié quelques jours plus tard.

Trois chansons de cet album de Purple Mountains. Margaritas at the Mall, tube imparable de l'album (également en écoute dans les playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (Apple Music, Qobuz, etc) dans la colonne de gauche de ce blog). Puis Nights That Won’t Happen et son sublime refrain. Et enfin That’s Just the Way That I Feel et son côté prophétique :






Pour finir, les deux clips de cet album de 'Purple Mountains' : Darkness and Cold et All My Happiness Is Gone :





EDIT : On vient de me faire découvrir le très bel éloge de Jeffrey Lewis, quelques jours après la disparition de David Berman, lors d'un concert en appartement. Jeffrey Lewis y parle de Berman, de sa joie de travailler avec lui pour pour concevoir la pochette de 'Purple Mountains', de sa réaction à l'écoute du disque (« It was the saddest most depressed and suicidal record I have ever heard. (...) When you hear this record, this is the work of a guy about to kill himself. The most hopeless depressed record that anybody ever made »), de ses échanges à ce propos avec Berman. Et du dernier message qu'ils se sont envoyés. Cela dure 8mns, c'est touchant au départ, bouleversant au final :



vendredi 1 janvier 2021

Bilan 2020 : Top 50 « Chansons »


Jusqu'au bout cette année aura été pitoyable et impitoyable. J'étais en train de mettre en page ce billet de blog quand la nouvelle de la disparition de MF DOOM est tombée. Le choc. Sans doute l'artiste avec Madlib qui m'aura poussé à plonger la tête la première dans ce genre musical que je connaissais à peine, à explorer les catalogues des Def Jux, Lex Records, Anticon et de bien d'autres et de développer un amour immodéré pour la bande à Stones Throw. Quelle tristesse. Et quelle légende putain.

Mais pour revenir à des choses plus terre et avant de dérouler les 50 chansons qui auront animé mon année, voilà quelques liens pour aller découvrir d'autres sélections :
- Le bilan de l'année de Mathieu Gandin chez Random Songs, avec son petit mix qui va bien
- Le top 100 « songs » de Sean de Said The Gramophone
- La playlist de l'équipe de Pop News
- Le traditionnel Rewind de Starsky, en deux faces, la A et la B
- Les chansons de l'année chez Five Minutes

Cinquante morceaux donc. Cinquante chansons qui auront fait mon année 2020. Une année placée, plus que toute autre, sous le signe de la guitare. Il y en a à foison, même si pas que évidemment. Beaucoup de français aussi, de la pop habillée comme jamais, des hymnes à fredonner et des paroles à chanter à tue-tête. Et alors que mes yeux sont encore humides de la nouvelle, je ne peux m'empêcher de me dire que Daniel Dumile a pris les paroles de Thousand pour argent comptant : « Tu conduisais, moi j’apprenais à fumer. J’te jure on fum’ra après la mort tu disais ». Espérons ce soit le cas. ALL CAPS. RIP. Et merci pour tout.

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


50. The Little Hands of Asphalt - No Reception
49. Girl in Red - Midnight Love
48. Cold Beat - Pearls
47. STRKFR - Budapest (feat. Shy Boys)
46. Camille Bénâtre - Vieux Loup

45.
Fiona Apple - Cosmonauts
44. Floating Room - Held Open Door
43. Double Françoise - Tu N’es Pas Toi (feat. Benjamin Schoos)
42. Courtney Marie Andrews - If I Told
41. Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always (The Jesus and Mary Chain cover)

40. FEWS - Heaven
39. Sløtface - Telepathetic
38. Arab Strap - The Turning of Our Bones
37. Bicep - Atlas
36. The Luxembourg Signal - The Morning After

35. Surfer Blood - Karen
34. Be Afraid - Crawling Now
33. The Dears - I Know What You’re Thinking And It’s Awful
32. The Strokes - The Adults Are Talking
31. Violent Soho - Slow Down Sonic

30. Caleb Landry Jones - I Dig Your Dog
29. The Hop - La Prochaine Fois (feat. Jok’Air & Jazzy Bazz)
28. Chronophage - Siren Faraway
27. Car Seat Headrest - Deadlines (Hostile)
26. Brooke Bentham - All My Friends Are Drunk

25. Michael Stipe & Big Red Machine - No Time For Love Like Now
24. Smokescreens - I Love Only You
23. Ethan P. Flynn - Are You Doing This to Hurt Me
22. Sondre Lerche - Why Would I Let You Go
21. The Avalanches - Running Red Lights (feat. Pink Siifu & Rivers Cuomo)

20. Porridge Radio - Long
19. Bambara - Serafina
18. Mint Field - Contingencia
17. Sufjan Stevens - My Rajneesh
16. King Creosote - Susie Mullen

15. The Districts - 4th of July
14. Will Butler - Surrender
13. Tugboat Captain - Day to Day
12. Les Marquises - Head As A Scree
11. Nada Surf - So Much Love

10. Police Control - Noyé
09. Arandel - Bluette (feat. Barbara Carlotti)
08. Benjamin Biolay - Comme Une Voiture Volée
07. Sports Team - Here’s The Thing
06. Hotel Lux - Ballad of You & I

05. Bad Moves - Party With The Kids Who Wanna Party With You
04. Sweeping Promises - Cross Me Out
03. Gorillaz - Désolé (feat. Fatoumata Diawara)
02. Thousand - Jeune Femme à l’Ibis
01. Rolling Blackouts Coastal Fever - Cars In Space

Bilan 2020 :
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21
Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »

Et parce qu'il vaut mieux écouter que lire une liste, toutes les chansons de ce top sont disponibles en écoute dans les players Spotify et Deezer ci-dessous, et également YouTube en cliquant ici. Bonne(s) écoute(s) !


jeudi 11 décembre 2008

Top 6 "Drug"

Comme je l’expliquais dans un billet du 14 février dernier, à l’occasion de la Saint Valentin, «l’artiste musical écrit principalement sur trois thèmes : l’amour (le plus largement répandu, le léger aussi), la drogue (on y reviendra un jour dans ces pages) et la peine, la douleur ou la déception amoureuse». Après avoir traité de la déception amoureuse (voir ici), il est temps de passer à un sujet tout sauf tabou dans la musique, la drogue. En plus, j'avais promis.

Car oui, le sujet est vaste et regorge de chansons traitant de toutes sortes de stupéfiants. Bien sûr, il y a tous les classiques des artistes des années 60/70, traitant aussi bien de la cocaïne (J.J. Cale, Clapton, Johnny Cash), que de l’héroïne (The Velvet Underground, Brown Sugar des Rolling Stones), sans oublier le LSD (Lucy in the Sky with Diamond des Beatles évidemment, Purple Haze de Jimi Hendrix) ou les champignons et toute la clique de drogue hallucinogènes (White Rabbit des Jefferson Airplane). Il aurait été facile de reprendre ces titres là, d’en choisir les six meilleurs et d’en faire un top. Car ce sont toutes des grandes chansons.

Mais il existe bien d’autres morceaux traitant du sujet (et pas que des drogues douces), et dans tous les styles, du hip-hop au folk, de l’electro au rock. Et comme j'ai plutôt envie de vous proposer des titres moins connus mais d'aussi bonne qualité.
Prenons par exemple Jack The Ripper et son I Was Born a Cancer qui nous raconte son «divine holocauste» en parlant de la fumée de sa camel qui vient chatouiller quelques notes de guitare et de violons. Ou Baxter Dury qui «wear friendly smiles» sur Cocaine Man et sa guitare lancinante ; The Who et leur histoire triste à pleurer de cet homme dépendant au whisky qu’ils racontent avec leur touché si reconnaissable.

Et puis il y a les autres : Madlib et MF Doom qui évoquent, pleins d’images dans la bouche, un de leurs sujets préférés, la weed ; les !!! qui reprennent une bien belle chanson des Magnetic Fields, au titre très explicite (Take Ecstasy With Me) et la font durer deux fois plus longtemps par rapport à l’originale, comme une seconde invitation à gober avec eux ; et enfin Vitalic et un de ses premiers titres, You Prefer Cocaine, exubérant et efficace, comme toujours.

Bref, un tour rapide du monde de la drogue, entre fumée de cigarettes, alcool à gogo, roulage de joints, ligne de coke et gobage d’ecstasy. A quelques heures de noël, ce n’est pas forcément trop dans l’esprit. But who cares vu qu’on plane à 10 000 ?



Tracklisting:
Jack The Ripper - I Was Born a Cancer (Ladies First, 2005)
Baxter Dury - The cocaine man (FloorShow, 2004)
The Who - Whiskey Man (A Quick One, 1966)
Madvillain - America's Most Blunted (Madvillainy, 2004)
!!! - Take Ecstasy With Me [Magnectic Fields cover] (Take Ecstasy With Me 12")
Vitalic - You Prefer Cocaine (Poney Ep, 2004)
















Et pour finir, exceptionnellement dans un Top 6, un clip qui résume bien le sujet: celui de E-Talking des Soulwax (le côté rock des 2 Many Dj's). Une de mes vidéos préférées. Un clip fascinant, très drôle et bien évidemment interdit de diffusion télé :


mercredi 25 janvier 2017

Car Seat Headrest - Teens of Denial [Matador]

Alors oui, je sais, on vous a sûrement déjà ressassé les oreilles avec cet album là. A quoi bon donc en parler dans ces pages alors que 2017 a ouvert ses bras et que 'Teens of Denial' est sorti en juillet 2016 ? Parce qu'il mérite qu'on en dise à nouveau le plus grand bien. Et parce que des albums comme cela, on n'en trouve pas à tous les coins d'un label.

Mais qui sont donc les Car Seat Headrest ? Avant tout, ce groupe est le projet d'un seul homme Will Toledo, jeune et prolifique américain de 24 ans, qui a enregistré en l'espace de 3 ans pas moins de 11 albums dans son coin (et tous en écoute sur bandcamp, voir plus bas). Des disques lo-fi et brinquebalant, entre bedroom pop et garage-car (oui, certains de ces disques ont été enregistrés dans sa voiture, d'où Car Seat Headrest, littéralement « appuie-tête de voiture »), évidemment très Do It Yourself.

Repéré par Chris Lombardi de Matador Records (excusez du peu), Will Toledo signe en 2014 sur le label des Yo La Tengo, Liz Phair et autres Pavement. Mais Matador veut faire les choses bien et croit beaucoup en son nouveau poulain - et il y a de quoi. Ainsi, plutôt que brûler tout le potentiel du bonhomme et histoire de présenter à un plus large public, il le laisse ré-enregistrer à l'automne 2015 certaines de ses premières compositions. 'Teens of Style' parait, le disque ne souffre pas d'avoir perdu son côté DIY et le garçon se fait un nom. Car Seat Headrest s'enrichit alors de trois membres pour donner plus de corps à sa musique et à ses ambitions et embraye un an plus tard avec son premier album pour un label, 'Teens of Denial'.

Prévu en mai dernier, il voit sa sortie repoussée à cause d'un Rick Ocasek (leader de The Cars) pas vraiment complice qui lui reproche un sample non-clearé de son titre Just What I Needed (et ce n'est pourtant pas faute à Matador et à Car Seat Headrest d'avoir fait les démarches en ce sens, de longs mois avant). Rappel de tous les disques déjà envoyés à travers tout le pays, destruction de ceux-ci, réenregistrement et changement de titre pour la chanson incriminée (de Just What I Wanted/Not Just What I Needed, elle devient Not Just What I Needed, même si l'influence reste manifeste). Deux mois plus tard, 'Teens of Denial' voit officiellement le jour. Et met une baffe à beaucoup, et en premier lieu à l'auteur de ses lignes.

En 12 titres, Car Seat Headrest, porté par une production moins lo-fi que ses précédents enregistrements et particulièrement bien vue, assène dès les premières secondes de l'album un riff diabolique qui donne le ton (Fill in the Blank). La suite ne dévie pas de la trajectoire. Étirant ses morceaux comme jamais sans pour autant les rendre ennuyeux ou sans arriver à leur trouver une porte de sortie, Car Seat Headrest affiche ses ambitions, rappelle à lui Pavement (Destroyed by Hippie Powers notamment mais pas que), Nada Surf (la construction de Drunk Drivers / Killer Whales et cette façon d'amener et d'hurler le refrain), Sebadoh et autres groupes du genre. Il en profite même pour piquer aux Doors la guitare de leur L.A. Woman (Connect the Dots (The Saga of Frank Sinatra)).

Contant avec une voix trainante des histoires d'une jeunesse désabusée, qui s'ennuie, qui s'emmerde, qui se foire et qui ne trouve même plus son remède dans l'alcool et la drogue, Car Seat Headrest compose ici aussi bien des hymnes rock (Drunk Drivers / Killer Whales) que des balades à fredonner à tue-tête (fameux « drugs are better, drugs are better with friends are better, friends are better with drugs... » sur (Joe Gets Kicked Out of School for Using) Drugs With Friends (But Says This Isn't a Problem) ou tout simplement tuantes (les 11mns parfaites de The Ballad of Costa Concordia qui rappelle Okkervil River dans sa première partie).

Brillant album, à tous les niveaux, 'Teens of Denial' est une vraie révélation pour votre serviteur. Sans doute le disque le plus écouté 2016, cet album de Car Seat Headrest pose toutefois quelques questions : ce projet restera t-il celui de Will Toledo qui, tel un Eels, ferait tourner les membres autour de lui ? Intitulera t-il tous ses prochains albums Teens quelque-chose ? Quand reviendra t-il ? Après 12 albums et une compilation, a-t-il encore des choses à dire ?
Une chose est sûre cependant : quoi qu'il en dise sur les derniers mots de Joe Goes To School qui cloture ce 'Teens of Denial', Car Seat Hedarest n'est en aucun cas une simple « tourist attraction ». J'ai même comme l'impression qu'on vient d'en prendre pour un moment. Tant mieux. (Sortie : 20 mai 2016)

Son :
'Teens of Denial' de Car Seat Headrest est en écoute (partielle) sur le bandcamp du groupe
'Teens of Denial' de Car Seat Headrest est à l'achat, toujours sur le bandcamp du groupe
'Teens of Denial' de Car Seat Headrest est également en écoute sur Spotify et Deezer

Les 11 premiers efforts de Car Seat Headrest sont en écoute sur son bandcamp
On y trouve également la « compilation » 'Teens of Style'

Enfin, pour en savoir plus sur l'histoire de Car Seat Headrest, pré 'Teens of Denial', cet article de Rolling Stones US est à lire.


Beaucoup de choses à écouter aujourd'hui et à voir de ce 'Teens of Denial' de Car Seat Headrest. Tout d'abord, Drunk Drivers / Killer Whales, hit en puissance (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche). Ensuite, Vincent et son intro parfaite.





Pas plus de titres de disponibles sur le bandcamp de Car Seat Headrest ? Rabattons nous donc sur les clips. Tout d'abord Fill in The Blank qui ouvre parfaitement ce 'Teens of Denial' (ah ce riff) :


Ensuite, le clip de Drunk Drivers / Killers Whales, longue balade sur le bitume et sur l'eau :


Enfin, le clip de Vincent, évidemment édité (l'originale fait 7'45'', voir plus haut) :


dimanche 16 décembre 2007

[Oldies] Ike and Tina Turner - River Deep Mountain High (1966)

Si l’on demande au premier pékin venu – et qui n’a aucun intérêt spécial pour la musique et son histoire – son avis sur messieurs Ike Turner et Phil Spector, on devrait s’en tirer avec les réponses suivantes :

- "Phil Spector ? C’est pas le producteur qui a buté sa femme y a quelques années ?"
- "Ike Turner ? Le mari de Tina Turner non ? D’ailleurs, il ne la tapait pas un peu beaucoup, passionnément à la folie ?"

Avant toutes choses, il faudra admettre l’évidence : oui, Phil Spector a foutu une bastos entre les deux yeux, non pas à sa femme mais à la comédienne Lana Clarkson et oui, Ike Turner n’avait pas son pareil pour envoyer à sa douce (et à quelques autres, il était partageur) deux trois torgnoles bien senties en pleine poire. Oui, clairement, deux sacrés connards, on ne va pas se le cacher.

Mais, vu que nous sommes sur un blog musical, les affres et les tourments personnels de ces deux bourrins ne nous intéressent pas outre mesure, malgré les scandaleux actes dont ils ont été les auteurs. Non. Ce qui attise et éveille notre curiosité voire nos sens, ce sont plutôt leurs actions en tant qu’artistes. Et alors qu’Ike Turner vient de passer de vie à trépas, il semblait normal de lui rendre un (rapide) hommage. Et comment le faire autrement qu’en parlant du grand œuvre auquel il a participé : 'River Deep Mountain High'. Un disque essentiels des années 60 et, osons le, de l’histoire de la musique.

Un album que l’on doit à trois personnes. A Ike Turner donc, à Tina, son épouse d’alors et à Phil Spector, THE producteur du moment (et le plus grand des 50 dernières années ?). A eux trois, ils vont pondre en 1966 un must-have de soul-pop-music, porté par une voix, une production aux oignons, un jeu d’une justesse folle et un single absolument monumental :

* Phil Spector est ici à son apogée. Il le déclarera lui-même : 'River Deep Mountain High' est son chef d’oeuvre, son Everest. Jamais son célèbre Wall of Sound n’a aussi bien fonctionné et n’a autant porté les chansons. Jamais il n’a été aussi précis, percutant, parfait.
* Tina Turner, elle, ne chantera plus jamais aussi bien. Elle possède ici une force et une puissance vocale ahurissante, capable de susurrer comme de monter au septième ciel en deux temps trois mouvements, sans jamais hurler et nous déchirer les tympans. Elle est dans le ton, juste à l’endroit où il faut. Et la production de Spector semble avoir été créée pour sa voix et rien que pour sa voix.
* Quant à Ike Turner, le père du rock’n’roll (son premier enregistrement, Rocket 88, avec les Kings of Rhythm en 1951, est considéré par le très officiel Rock and Roll Hall of Fame comme le premier morceau rock’n’roll de l'histoire de la musique. Rien de moins), ses compositions sont d’une qualité affolante, une écoute (même rapide, partielle et en diagonale) de Such a fool for You, I Idolize You (voir plus bas) ou Make ‘Em Wait permettant de s’en rendre compte.

Et surtout, cet album là est porté par un des plus grands single qui soit et qui porte le nom du disque : River Deep Mountain High (voir plus bas bis). Un monument de soul endiablée, de pop libérée, de douceurs à fleur de peau. Tina Turner semble en transe. Muscialement, on touche au génie pur. Un des plus grands singles de l’histoire. A mettre au même niveau que le Like a Rolling Stones de Dylan ou le God Only Knows des Beach Boys. Ce genre de choses.

'River Deep Mountain High' est un classique parmi les classiques. Des chœurs, une grande voix, une production soignée et un jeu parfait. La symbiose du trio est déroutante, fascinante car jamais après, ni l’un, ni l’une ni l’autre n’arriveront à se rapprocher de ce disque là. Tout est là. Fermez le ban.

Alors oui, Ike Turner vient de passer l’arme à gauche au grand soulagement de ses anciennes compagnes, Spector a assassiné sa femme et Tina Turner incarne comme personne depuis 20 ans la vulgarité faite femme. Mais en 1966, ces trois là auront sorti un disque essentiel. Et sans nullement vouloir absoudre les actes de cette brute d’Ike, on a quand même, à l’écoute de ce 'River Deep Mountain High', envie de dire : RIP Mister Turner.


Première sortie: Septembre 1966 (A&M)
Dernière réédition: 2001 (Polygram)

Trois chansons. Forcément River Deep Mountain High. Et pour ne pas être en reste, deux autre bijoux, I Idolize You et I'll Never Need More Than This. Bordel Tina quoi...

 

lundi 30 juin 2025

[Track of The Day] Gingerella - Party Girls

Si elle ne truste plus les couvertures des magazines, si ses principaux moteurs ne font plus dans les déclarations tapageuses tels leurs glorieux ainés aujourd'hui plus que cinquantenaires et qui ont appris entre temps à s'apprécier, si les débats "Beatles ou Rolling Stones ? Blur ou Oasis ?" n'ont pas trouvé de successeurs, la pop anglaise (au sens large) se porte bien, merci pour elle. Portée par une nouvelle génération épatante et très diverse, la scène britannique n'arrête pas de se renouveler, de se réinventer, et de produire des albums, si ce n'est majeurs, au moins marqueur de leur époque. 

Alors certes, il n'est pas dit que les londoniens de Gingerella révolutionneront un jour la pop, le rock ou tous ses courants, mais après un premier Ep 'Eat Your Heart Out' (publié chez les français de Pop Supérette), revoilà le quatuor avec un nouveau single, Party Girls, diablement efficace. Une chanson basée sur un canevas usé jusqu'à la corde mais à l’efficacité indéniable, au rythme et à la mélodie entêtants. Un tube, rien de moins, anglais jusqu'au bout des ongles, et qui a tout pour accompagner vos prochaines semaines estivales. 

Album : -
Année : 2025
Label : Ciao Ketchup Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Party Girls de Gingerella est également en écoute ci-dessous :