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vendredi 9 juin 2023

Pynch - Howling At A Concrete Moon [Chillburn Recordings]

Mais qui en Angleterre n'est pas encore passé chez lui ? C'est à se demander. Car Pynch, le groupe dont il est question aujourd'hui, a lui aussi fait ses premières armes chez Speedy Wunderground, le label de Dan Carey, maintes fois cités dans ces pages. C'était en 2019 pour Disco Lights, le premier single du quatuor londonien. Quatre ans plus tard, Pynch vient de sortir, sur son propre label Chillburn Recordings, son premier album, 'Howling At A Concrete Moon'. Et autant vous dire tout de suite que Dan Carey ne s'était une nouvelle fois pas trompé.

Enfants de toute une scène rock anglaise des années 2000 qui, avec le recul, a bien plus de gueule qu'on voulait bien le dire à l'époque, les Pynch ne sont pour autant pas des rejetons qui font dans la redite fadasse et réchauffée. Mieux, ils savent même s'en émanciper et s'en échapper de temps à autres (Somebody Else et sa vibe LCD Soundystem, London qui rappelle le All in Time d'Hospital Ships). Et l'ensemble me direz-vous ? Très attachant, porté qu'il est par des mélodies qui font mouche, par ses riffs longs en bouche mais classieux, par les textes de Spencer Enock, leader du groupe, aux paroles pleines de spleen et de nostalgie autant que de sarcasme ou de cynisme, et par une production, si ce n'est ciselée, qui lui sied en tous cas parfaitement (Andy Ramsay, batteur de Stereolab, est derrière la console).

Au final, il est difficile de faire la fine bouche à l'écoute de ce 'Howling At A Concrete Moon' de Pynch. Les premiers albums dont la qualité des compositions ne s'estompe pas après quelques écoutes, comme aurait pu le laisser croire sa grande immédiateté, ne sont pas légions. Profitons donc de cet album, anglais jusqu'au bout des ongles, assurément un des plus emballants de ce printemps 2023. (Sortie : 14 avril 2023)

Plus :
'Howling At A Concrete Moon' de Pynch est en écoute sur leur bandcamp
'Howling At A Concrete Moon' de Pynch est à l'achat sur leur bandcamp
'Howling At A Concrete Moon' de Pynch est en écoute, notamment, sur Spotify et
Deezer

Trois chansons de 'Howling At A Concrete Moon' de Pynch en écoute aujourd'hui. Maybe et son côté faussement léger, un des tubes de l'album Tin Foils, et Somebody Else et son côté LCD Soundsystem :

Trois clips de 'Howling At A Concrete Moon' de Pynch à découvrir ci-dessous : Tin Foil, London et 2009 : 

 

jeudi 12 septembre 2024

[Track of The Day] Moreish Idols - Pale Blue Dot

Cela désormais onze ans que le label Speedy Wunderground s'est fait une spécialité de dénicher les groupes de demain qui feront vibrer ou danser la Perfide Albion. La liste des artistes passés par le label de Dan Carey et ayant ensuite connu une ascension fulgurante sont légions, de Squid à English Teacher, en passant par Black Country, New Road, Black Midi, Kate Tempest sans oublier Treeboy & Arc, Pynch et autres The Lounge Society. Mieux, certaines anciennes gloires viennent toquer à la porte du label londonien (A Certain Ratio début juillet).

Depuis 2013, Speedy Wunderground a publié quarante-neuf 45-tours. Toujours avec le même design, toujours avec une grande ambition artistique, et avec toujours Dan Carey à la production. Le 1er octobre, c'est le quintet londonien de Moreish Idols qui viendra s'ajouter à la liste et être donc le cinquantième single du label avec Pale Blue Dot. Une chanson remarquablement produite, très mélodique, aux belles harmonies vocales, à la rythmique essentielle, et comme construit sur plusieurs strates mais qui s'agencent avec bonheur les unes aux autres. Un morceau qui fait plus qu'honneur à Speedy Wunderground, label ô combien indispensable.

Album : Pale Blue Dot 7"
Année : 2024
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Pale Blue Dot de Moreish Idols est également en écoute ci-dessous :

lundi 29 août 2022

[Track of The Day] The Lounge Society - No Driver

Disons le tout de go : on est rarement déçu par Speedy Wunderground, label aux sorties foisonnantes mené par Dan Carey, dont chaque année apporte son lot de singles plus qu'enthousiasmants (en 2022, ceux de Lewsberg et de Jane Weaver sont là pour le prouver).
 
Difficile donc de passer à côté de la dernière sortie du label londonien : 'Tired of Liberty', le premier album de The Lounge Society, quatuor tout juste sorti de l'adolescence et venu d'Hebden Bridge dans le West Yorkshire. Un disque exaltant de post-punk, sacrément bien produit (tiens tiens, Dan Carey, encore lui), mené tambour battant, qui ne s’embarrasse pas de compromis, et qu'on peut voir comme un juste lien entre Black Midi, Squid et Black Country, New Road, trois groupes découverts et/ou signés le temps d'un single ou d'un Ep chez Speedy Wunderground. Un album dont on ressortira l'évident No Driver (en écoute aujourd'hui), son titre le plus immédiat au gimmick efficace comme nul autre, et qu'on se délecte déjà de découvrir sur scène à l'automne prochain (le 21 octobre à Lyon notamment).
 
Album : Tired of Liberty
Année : 2022
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, No Driver de The Lounge Society est également en écoute ci-dessous :
 
 
Autre chanson notable de ce réussi 'Tired of Liberty' de The Lounge Society, voilà Boredom is a Drug : 
 

mercredi 26 janvier 2022

[Track of The Day] Lewsberg - Six Hills

Les Lewsberg auraient-ils décidé de passer la vitesse supérieure ? Après deux très beaux premiers albums sortis sur leur propre structure, voilà les néerlandais signer sur leur premier label, les anglais de Speedy Wunderground. Au programme (pour l'instant ?), un premier 45-tours, 'Six Hills'. Tout court : en face-A, la partie 1, en face-B la deux. 
 
Mais au-delà de ces considérations presque administratives, c'est la production de Six Hills qui surprend : puissante, carrée, elle frappe d'entrée. C'est Dan Carey qui est derrière tout cela. Un producteur anglais qui a produit pléthore de disques dont les plus connus se nomment 'Tonight: Franz Ferdinand', 'Bright Green Field' de Squid, les albums de Fontaines D.C. ou encore 'Schlagenheim', le premier Black Midi. 
 
Carey est aussi un des trois fondateurs de Speedy Wunderground. Mais surtout, son travail sied totalement à ces Lewsberg qui semblent vouloir s'émanciper de leurs premières aventures et de cette production capitonnée, parfois brumeuse, qui leur convenait pourtant parfaitement. Car Six Hills est un formidable single, porté par une mélodie toute Lewsberg-ienne et reconnaissable entre mille, une rythmique rigide et hypnotique, bien mise en avant, et des guitares noisy qui s'écharpent dans le fond. Bref, le Lewsberg 2.0 est sur le point de débarquer, et cette chanson en est la preuve éclatante.

Album : Six Hills 7"
Année : 2022
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Six Hills de Lewsberg est en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de Six Hills de Lewsberg :
 

jeudi 23 février 2023

[Track of The Day] Squid - Swing (In a Dream)

J'évoquais hier dans mon papier sur Happy Feet de Do Nothing l'incroyable vitalité de la scène anglaise actuelle, qui ne cesse d'épater. De tous ces groupes, sans doute pouvons nous convenir que le fer de lance de toute cette petite bande est Squid, quintet de Brighton signé chez Warp dont le premier album 'Bright Green Field' en 2021 avait mis tout le monde d'accord (et pas que pour le puissant Narrator).

Très attendu donc, Squid vient d'annoncer la sortie de son deuxième album, 'O Monolith', pour le 9 juin prochain. Et l'impatience est un peu à son comble à l'écoute de Swing (In a Dream), single à l'énergie folle, au maelstrom de rythmiques et à l'efficacité redoutable. Produit à merveille par John McEntire de Tortoise et Dan Carey de Speedy Wunderground, cette chanson se positionne déjà comme une des meilleures de Squid, au côté de Narrator (pas étonnant d'ailleurs, elles partagent toutes deux cette sorte de vibe électro qui donne du corps à l'ensemble). Quelle entrée à matière !

Album : O Monolith
Année : 2023
Label : Warp Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Swing (In a Dream) de Squid est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Swing (In a Dream) de Squid :

mardi 11 février 2025

[Track of The Day] Heartworms - Just To Ask A Dance

Contrairement à ce qu'on pourrait penser (et moi le premier), Heartworms n'est pas un groupe à part entière mais le projet solo d'une certaine Josephine Orme, surnommée Jojo. Dans le circuit depuis 2020 et la sortie de son premier single, la londonienne a très vite attiré les oreilles toujours avisées de Dan Carey et de son label Speedy Wunderground, révélateur de talent et lanceur de carrière comme personne. S'en sont suivis d'autres singles, un premier Ep remarqué ('A Comforting Notion Ep' en 2023) et aujourd'hui un premier album, 'Glutton For Punishment', toujours sur la structure anglaise.

Un disque particulièrement réussi qui s'ouvre (ou presque) par Just To Ask A Dance, un morceau à l'introduction comme martiale, à la mélodie mélancolique mais sous laquelle le feu semble brûler, que Heartworms chante d'une voix aux variations qui rappellent Shirley Manson, et un dernier tiers, lancé par quelques riffs noisy, où l'anglaise lâche les chevaux, rend presque le titre dansant et l'envoie dans une dimension qu'on n'aurait pas soupçonnée. Just To Ask A Dance est une chanson définitivement magistrale, goth sans l'être, et qu'on croirait avoir été écrite par Garbage à mi-chemin entre son premier et son deuxième album, 'Version 2.0'. Du Garbage v 1.5 en quelque sorte.

Album : Glutton For Punishment
Année : 2025
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Just To Ask A Dance de Heartworms est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 26 août 2024

[Track of The Day] Fontaines D.C. - In The Modern World

J'aurais aimé que cela dure plus longtemps tant le coup de coeur avait été réel, mais à mon corps défendant, mon intérêt pour Fontaines D.C. s'est arrêté aussi vite qu'il s'est produit. Après la sortie de leur premier album 'Dogrel', sympathique mais finalement décevant eu égard à leurs premiers singles, j'ai eu l'impression à l'écoute de leurs disques suivants qu'ils essayaient de jouer la partition qu'on attendait qu'ils jouent, pour paraitre plus « sérieux », plus « profond », plus  «mature ». Et j'ai trouvé (même sur 'Skinty Fia', leur disque le plus remarqué jusque là) que tout sonnait faux, quand bien même quelques chansons ici ou là arrivaient à m'accrocher l'oreille. 

N'étant donc pas un spécialiste du groupe et ayant un intérêt assez limité pour leur musique, je ne me risquerais pas à juger après assez peu d'écoutes leur nouvel album, 'Romance' (le premier hors de chez Partisan Records et le premier également sans Dan Carey aux manettes - c'est James Ford qui s'y colle cette fois). Mais tout de même, dans ce disque on trouve In The Modern World, le dernier single extrait quelques jours avant la publication de 'Romance'. Une chanson superbe, pleine de langueur et de mélancolie, d'orchestration soignée, où des choeurs soyeux font un beau contrepoint au chant si reconnaissable et marquant de Grian Chatten. Un morceau qui me fait beaucoup penser à Oasis (qui, malheureusement pour Fontaines D.C., vient en un tweet d’accaparer toute la lumière des jours à venir dans la sphère musicale).

Album : Romance
Année : 2024
Label : XL Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, In The Modern World de Fontaines D.C. est également en écoute ci-dessous :

Le clip de In The Modern World de Fontaines D.C. :

mardi 29 mars 2022

[Track of The Day] Jane Weaver - Oblique Fantasy

Décidément, j'ai du mal à trouver des albums qui arrivent à me plaire pleinement en cette année 2022. Et pourtant, ce n'est pas faute d'essayer de donner sa chance au produit, mais jusque là, sorti de quelques très beaux disques (A Place to Bury Strangers, Black Country, New Road et quelques rares autres), rien qui arrive à me convaincre sur la longueur.

Alors le temps que les albums qui marqueront mon année finissent par arriver (car ils arriveront, forcément), continuons notre plongée dans les singles de haute volée qui pullulent ici et là. Dernier exemple en date, Oblique Fantasy de Jane Weaver, liverpuldienne de son état et dont le dernier album en date ('Flock' en 2020) avait eu son petit effet sur l'auteur de ses lignes. Un single qui verra le jour officiellement en juin prochain chez Speedy Wunderground, incroyable petit label anglais découvert à l'occasion de leur sortie précédente 'Six Hills 7"' de Lewsberg.
 
A l'instar de ses camarades néerlandais, Jane Weaver propose ici une seule chanson - Oblique Fantasy donc - de plus de 5mns, dispatchée sur chacune des faces du 45-tours. Un morceau de très haute tenue, très bien produit (Dan Carey, un des patrons de Speedy Wunderground est évidemment à la production), à la structure dynamique et qui ne relâche jamais son rythme, que vient sublimer la belle voix de Jane Weaver. Très gros coup de cœur.

Album : Oblique Fantasy 7"
Année : 2022
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Oblique Fantasy de Jane Weaver est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 26 décembre 2022

Bilan 2022 : Top « 7", Ep & Rééditions »


Après avoir clôs la saison avec Rosie Thomas et Sufjan Stevens, il est temps de tirer le bilan de l'année 2022, comme le veut la tradition. Et comme ce n'est pas en vieillissant que je vais changer mon fusil d'épaule, ce bilan annuel se déroulera comme les années précédentes : en quatre temps. Il se terminera dimanche matin par mes cinquante chansons préférées de l'année pour ouvrir 2023 comme il se doit. Quelques jours avant sera publié un bilan des quarante albums qui auront fait mon 2022. Mais avant d'en arriver là, ouvrons le bal avec les meilleurs 45-tours, Ep et autres rééditions qui auront rythmés mes 365 derniers jours.

Mais comme je suis un homme de tradition donc, allons tout d'abord jeter un coup d'oeil chez le voisinage pour voir quel bilan ils ont tiré de 2022 :
- Le Top Album de la rédaction précieuse de Section26
- Les 40 meilleurs Ep de l'année selon Indie Rock Mag
- Les 20 meilleurs Ep de 2022 selon l'essentiel For The Rabbit
- Les 20 meilleurs Ep de l'année selon les tout autant essentiels The Revue
- Les 25 Ep de 2022 selon Stereogum

Et donc, sous mon chapeau perdu ? Une très belle année, aux 45-tours plein de grandes chansons, aux Ep remplis de promesses et annonciateurs de jours qui chantent pour leurs auteurs. Et des rééditions, ô que de bien belles rééditions, avec des retrouvailles qui séduisent et nous brisent le coeur à nouveau, une découverte française fameuse et un chef d'oeuvre réédité pour la première fois depuis sa sortie et qui, plus d'un demi siècle après, reste plus que jamais un chef d'oeuvre.
Tout est à lire/découvrir ci-dessous. Et comme lire de la musique c'est bien mais l'écouter c'est mieux, au bas de cette page se trouvent des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter une chanson de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !


Bilan 2022 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21


7"
 
Lucy Dacus - Kissing Lessons 7" [Matador Records]
Et vous, c’était comment votre premier baiser ? Le sien, Lucy Dacus le raconte en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (1'54" au compteur) dans la chanson titre de ce 45-tours, nerveuse à souhait où l’américaine fait montre une nouvelle fois de son talent pour raconter des histoires. Pour bien faire les choses, elle ajoute en face-B le délicat mais aux paroles sombres Thumbs Again
 
 
Lewsberg - Six Hills 7" [Speedy Wunderground]
Ce qui surprend le plus à l’écoute de Six Hills, c’est à quel point la production capitonnée, souvent brumeuse, qui allait bien au teint des Lewsberg a disparu. A la place, on a droit à un son puissant et carré. Et ca marche. One shot pour le label Speedy Wunderground de Dan Carey, faiseur de carrière par excellence, et sans conteste le titre le plus efficace et immédiat des néerlandais, qui ne renient rien de leur passé en changeant de braquet.


Sinaïve - Super 45T [Hidden Bay Records / Hellzapoppin Records / Arvo Disques]
Souvent croisés, rarement écoutés, j’aurais enfin pris le temps en 2022 de me mettre aux Sinaïve. Difficile il faut dire aussi de résister à ce 'Super 45T' du trio strasbourgeois, entre balade simple et belle, noisy-pop aux effluves sixties, shoegaze tendu et même un peu de Noir Désir de fin de carrière. De la belle ouvrage assurément, à la pochette belle comme tout.
 




Sprints - Literary Mind 7" [Nice Swan Recordings]
Grosse année pour les Sprints qui après un dépotant 'A Modern Job Ep' (voir plus bas) auront enfoncé le clou avec 'Literary Mind 7"' et sa chanson titre ambitieuse, qui déborde de guitares et au duel vocal imparable. Un titre qui voit les Sprints faire évoluer leur son, avec l'aide de leur producteur de toujours, le Gilla Band Daniel Fox. Un Literary Mind qui nous rapproche un peu plus du moment où le quatuor irlandais va exploser à la face du monde.


Sufjan Stevens - Fourth of July 7" [Asthmatic Kitty Records]
On l’oublie souvent mais Fourth of July est en train petit à petit de s’imposer comme une des plus grandes chansons de Sufjan Stevens. L’américain a décidé cette année de publier un 45-tours du dit morceau pour honorer les dix ans du décès de sa mère Carrie. Mais non en publiant le morceau original mais en en proposant deux relectures. Les grandes chansons restant magnifiques dans d’autres habits, Fourth of July ne déroge pas à la règle aussi bien dans sa version April Base (qu’on dirait venue d’une session de 'Seven Swans') que DUMBO. « We’re all gonna die » comme il dit. Mais en beauté.
 

The Reds, Pinks & Purples - Slow Torture of an Hourly Wage [-]
A chaque année ses chansons de The Reds, Pinks & Purples. Et parmi la myriade de singles qu’a publiés Glenn Donaldson en 2022, choisissons les trois chansons sorties sous le nom 'Slow Torture of an Hourly Wage'. Pas vraiment un 45-tours au sens strict du terme (les morceaux n’existent jusque là qu’au format digital) mais indéniablement un « disque » remarquable, mélancolique à souhait et à la jangle-pop déprimée.
Jane Weaver - Oblique Fantasy 7" [Speedy Wunderground]
Très gros coup de coeur de l’année, le single de la liverpuldienne Jane Weaver, chez les anglais de Speedy Wunderground, encore eux. Une chanson qui s’intitule Oblique Fantasy, qui occupe les deux faces du 45-tours, et dont la structure dynamique, qui ne relâche jamais son rythme, fait merveille. Cerise sur le gâteau, la voix de Jane Weaver, qui sublime une bien belle mélodie.

The Wedding Present - 24 Songs Project [Scopitones & Clue Records]
Sacré David Gedge, l’homme qui n’aime rien de plus que composer de nouvelles chansons. Au programme de ce projet, vingt-quatre nouvelles compos dispatchées sur douze 45-tours, un pour chaque mois de l’année. Le résultat ? Épatant pour dire le moins. Alors certes, il y a quelques face-b sans grand relief et si tout n’est pas extraordinaire, l’ensemble se tient sacrément. Et un tel projet, fou à une époque comme la nôtre, était à signaler.


EP

Antenn.e - A. Bogoliubsky, Chien Ep [-]
Second Ep pour ce trio lyonnais nommé Antenn.e et dont le titre 'A. Bogoliubsky, Chien' fait référence à un dignitaire « russe » du XIIè siècle. Un disque de six morceaux, aux quelques références Clash-ienne (on ne me fera pas croire que Cheers n’est pas un clin d’oeil), résolument post-punk et de très haute volée. Sacrément prometteur.
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Bambara - Love On My Mind Ep [Wharf Cat Records]
Avec ses allures de mini-album, cet Ep de Bambara est dans la continuité de 'Stray', leur excellent album de 2020. Le disque s’appelle 'Love On My Mind' mais est  loin du positif qu'on serait en droit d'attendre, tant les new-yorkais continuent de fouiller dans les noirceurs de l'âme et de raconter les vies de gens qui ont suivi une autre voie que celle que l'on avait tracé pour eux. Le tout entre deux riffs de guitares ou de langoureuses frappes de batterie. Avec trois chansons de plus de cette qualité, j'en aurais fait un des albums de mon année.


Sprints - A Modern Job Ep [Nice Swan Records]
Encore eux oui. Parce qu'avant de les voir évoluer sur un Literary Mind jouissif, les Sprints ont quelques mois auparavant sorti 'A Modern Job Ep', dans la continuité de leur 'Manifesto Ep'. Un quatre titres urgent et puissant, aux chansons mémorables (Delia Smith tout de même !). Ces jeunes gens vont aller très très loin.
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REEDITIONS


Broadcast - Maida Vale Sessions [Warp Records]
Broadcast - Microtronics Volumes 01 & 02 [Warp Records]
Broadcast - Mother Is the Milky Way [Warp Records]
Jamais vraiment remis de la disparition de Trish Keenan il y a bientôt douze ans, l’année 2022 aura été un petit bonheur pour les amoureux de sa voix et des compositions qu’elle façonnait avec James Cargill. Au programme, pas moins de trois rééditions. A commencer par la compilation ‘Maida Vale Sessions' ou quinze morceaux (dont une reprise de Nico en clôture) enregistrés à la BBC sur quatre sessions différentes (1996, 1997, 2000 et 2003) qui fait montre de la beauté qui irradiait de ce groupe. 'Microtronics Volumes 01 & 02' elle, est une compilation qui date de 2003, vendue uniquement lors des concerts du groupe pour la tournée de 'Haha Sound'. Un disque totalement instrumental, aux morceaux très courts, presque comme des gimmicks, mais où l'âme de Broadcast est bien présente. Enfin, 'Mother Is The Milky Way', un Ep de 2009, très onirique autant que weirdo (le mot anglais est ici le plus adequat), mais que la voix de Trish Keenan apaise toujours. Dieu qu’elle nous manque.
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Gwendoline - Après c'est gobelet! [Mega]
J’ai longtemps cru que ce premier - et jusque-là unique - album des rennais de Gwendoline allait être un de mes albums de l’année. Mais il s’avère que cet excellent disque date de 2020, publié à l’époque sur Dead Wax et que le label Mega a fort opportunément ressorti cette année. Certes, le tracklisting original est ici complètement chamboulé (et c’est peut-être d’ailleurs pour le mieux) mais la puissance de leur cold-wave et de leurs textes desespérés est tout à fait remarquable.
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Nancy & Lee - Nancy & Lee [Light in the Attic]
Il aura fallu 54 ans pour voir ce bijou réédité. Cinquante-quatre longues années pour profiter à nouveau de ce mètre étalon dans tout ce qui touche au duo homme/femme en musique. Dans cet album merveilleux, découvert au hasard à l’époque où pour écouter tout ce que nous voulions Soulseek était la norme, il n’y a quasiment que des tubes (Summer Wine, Greenwich Village Folk Song Salesman), des mélodies pop tuantes un peu de partout et une alchimie incroyable entre les deux personnages qui s’attirent, puis s'éloignent pour mieux se séduire, se regarder par en-dessous et ne plus se lâcher des yeux. Chef d’œuvre en 1968. Chef d’œuvre en 2022.


Bilan 2022 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21


Comme promis, une chanson de chacun des disques présentés se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous: