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mercredi 2 novembre 2022

[Track of The Day] black midi - Eat Men Eat

Bien que rencontrés sur les bancs de The BRIT School for Performing Arts & Technology, le quatuor devenu trio en 2021 black midi n'est en rien un groupe scolaire qui ne ferait que retranscrire benoitement ce qu'il a pu apprendre dans ses cours magistraux. Preuve en est leur discographie repousse la logique de composition, triturant leurs mélodies et ne leur laissant jamais le répit pour s'épanouir complètement.

'Hellfire' ne change pas cet état de fait. Troisième album du groupe, il amorce toutefois, si ce n'est un virage, au moins un changement de direction et une ambition générale plus grande. Sans se départir de son style si caractéristique fait de cavalcades aux allers-retours incessants, de changements de rythmes brutaux, black midi rajoute ici une touche de baroque, de vaudeville et de cabaret à ses compositions. Entre avant-prog, art-rock, post-punk, jazz-rock (voire free-jazz par moments), black midi mélange furia insaisissable, calme et volupté folk, entre verbe haut, cris vertigineux, chant doucereux et chansons à tiroirs. 
Mieux, plus les écoutes passent, plus on a l'impression d'écouter la bande-son d'une comédie musicale de Broadway. Un musical certes totalement barré et frénétique, genre de voyage à Burlesque Land, mais un musical quand même. Bref, 'Hellfire' est un excellent album, sans conteste le disque le plus consistant et le plus inspiré de la discographie de black midi à ce jour.
 
NB : Chance est offerte aux lyonnais dont je suis puisque après deux annulations, black midi va enfin pouvoir venir jouer ses fantasques compositions entre Rhône et Saône. Une date qui aura lieu ce jeudi 3 novembre Marché Gare (dont on ne dira pas à quel point les longs travaux auront accouché d'une salle somptueuse, à l'acoustique parfaite). La seule française de la tournée avec la date parisienne de la veille. Profitons-en !
 
Album : Hellfire
Année : 2022
Label : Rough Trade Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Eat Men Eat de black midi est également en écoute ci-dessous :
 
 
Autre chanson très réussie de 'Hellfire' de black midi, voilà Still :
 
 
Le clip de Eat Men Eat de black midi :
 

mercredi 21 août 2024

[Track of The Day] Geordie Greep - Holy, Holy

Les choses vont vite dans le monde de black midi. A peine le chanteur Geordie Greep faisait savoir, à la surprise des autres membres, que le groupe se mettait en pause jusqu'à nouvel ordre (une manière de ne pas prononcer le mot de « séparation ») que Rough Trade Records vient d'annoncer la sortie le 4 octobre prochain du premier album solo du même Geordie Greep - ceci expliquant donc cela.

Un disque nommé 'The New Sound', orné d'une pochette tirée d'une œuvre de l'artiste japonais Toshio Saeki, qui a été enregistré autant au Brésil qu'à Londres avec une pelletés de musiciens, et qui s'annonce par un Holy, Holy de plus de six minutes. Une chanson dantesque qui part dans tous les sens, qui a autant de black midi, de jazz-rock épate bourgeois, de pop classieuse et chiadée, de prog-rock 70s, d'essence de cabaret que d'ambiances sud-américaines et funky, où la voix de Geordie Greep fait merveille, véritable métronome de cette folie furieuse. Un morceau survolté, qui passe par bien des états, que d'aucuns trouveront kitsch mais que je trouve pour ma part incroyablement réussi et délicieusement excessif.

Album : The New Sound
Année : 2024
Label : Rough Trade Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Holy, Holy de Geordie Greep est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Holy, Holy de Geordie Greep :

lundi 24 novembre 2025

[Track of The Day] The Orchestra (For Now) - Amsterdam

Si comme moi, vous avez été dépités de la tournure qu'ont pris les Black Country, New Road depuis le départ d'Isaac Wood, alors jetez-vous sur The Orchestra (For Now), nouveau venu sur la scène musicale anglaise. Un septet (tiens, comme Black Country, New Road) originaire de Cambridge mais relocalisé à Londres, qu'on rattache à la Windmill Scene (cette scène née autour d'un bar de Brixton, qui mêle post-punk, rock expérimental, post-rock et que sais-je encore, que des groupes comme Black Country, New Road donc, black midi, Tapir!, Treeboy & Arc ou Heartworms représentent fièrement) et qui vient en six mois et deux Ep d'enthousiasmer son monde. Et accessoirement de se faire un nom.

Deux disques aux facettes finalement assez différentes : 'Plan 75 Ep' (sorti en mars dernier), romantique et lumineux à bien des égards mais où le feu couvait sous la glace, et sa suite publié le 31 octobre, 'Plan 76 Ep' qui reprend les mêmes éléments mais les triture, les torture et y ajoute une touche post-hardcore, rendant une grande partie du disque beaucoup plus tendue, nerveuse et furieuse. Et si Deplore You / Farmers Market en conclusion (qui laisse entrevoir de nouveaux horizons pour le groupe) aurait fait une très belle Track of The Day, le cœur (on ne se refait pas) ira toutefois vers Amsterdam - seconde chanson (sur neuf !) du répertoire de The Orchestra (For Now) à évoquer le nom d'une ville après Escape From New-York, beauté de 'Plan 75 Ep' - qui oscille entre art-rock, post-punk, indie-rock, orchestration grandiloquente et ruptures brutales. Un grand morceau de la part d'un groupe dont on devrait assurément reparler en 2026 : vu leur productivité, on imagine sans mal que leur premier album est déjà dans les tuyaux.

Album : Plan 76 Ep
Année : 2025
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Amsterdam de The Orchestra (For Now) est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait recommandable de 'Plan 76 Ep' de The Orchestra (For Now), voilà Impatient qui ouvre le disque :

Le clip de Hattrick, le single extrait de 'Plan 76 Ep' de The Orchestra (For Now) :

lundi 3 octobre 2022

[Track of The Day] Courting - Famous

Révélés (comme beaucoup) par Nice Swan Records, les liverpuldiens de Courting, après une flopée de singles (dont l'excellent David Byrne's Badside), viennent d'enfin publier leur premier album. Et son nom, 'Guitar Music', ne ment pas sur la marchandise. Car des guitares, il y en a sur ce disque.

Post-punk aux quelques échappées belles vers un rock marqué 90s, porté par une production maligne, cinglante et métallique, cet album est une belle surprise. Pas dit que cela renverse l'année musicale, mais ce 'Guitar Music' et des chansons comme Famous (en écoute aujourd'hui) et sa sacrée tronche d'indie-hit ou l'épatante balade Uncanny Valley Forever et ses quasi neuf minutes leur permettent au moins de s'inviter à la table de la nouvelle génération anglaise, celle des Shame, Sprints, Black Country, New Road, Black Midi et autre Gilla Band ou Sports Team. Certes en bout de table pour le moment, mais ils ont de quoi faire partie de la relève.

Album : Guitar Music
Année : 2022
Label : PIAS Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Famous de Courting est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson fameuse de 'Guitar Music' de Courting, voilà Uncanny Valley Forever :
 
 
Le clip de Famous de Courting :
 

jeudi 12 septembre 2024

[Track of The Day] Moreish Idols - Pale Blue Dot

Cela désormais onze ans que le label Speedy Wunderground s'est fait une spécialité de dénicher les groupes de demain qui feront vibrer ou danser la Perfide Albion. La liste des artistes passés par le label de Dan Carey et ayant ensuite connu une ascension fulgurante sont légions, de Squid à English Teacher, en passant par Black Country, New Road, Black Midi, Kate Tempest sans oublier Treeboy & Arc, Pynch et autres The Lounge Society. Mieux, certaines anciennes gloires viennent toquer à la porte du label londonien (A Certain Ratio début juillet).

Depuis 2013, Speedy Wunderground a publié quarante-neuf 45-tours. Toujours avec le même design, toujours avec une grande ambition artistique, et avec toujours Dan Carey à la production. Le 1er octobre, c'est le quintet londonien de Moreish Idols qui viendra s'ajouter à la liste et être donc le cinquantième single du label avec Pale Blue Dot. Une chanson remarquablement produite, très mélodique, aux belles harmonies vocales, à la rythmique essentielle, et comme construit sur plusieurs strates mais qui s'agencent avec bonheur les unes aux autres. Un morceau qui fait plus qu'honneur à Speedy Wunderground, label ô combien indispensable.

Album : Pale Blue Dot 7"
Année : 2024
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Pale Blue Dot de Moreish Idols est également en écoute ci-dessous :

lundi 29 août 2022

[Track of The Day] The Lounge Society - No Driver

Disons le tout de go : on est rarement déçu par Speedy Wunderground, label aux sorties foisonnantes mené par Dan Carey, dont chaque année apporte son lot de singles plus qu'enthousiasmants (en 2022, ceux de Lewsberg et de Jane Weaver sont là pour le prouver).
 
Difficile donc de passer à côté de la dernière sortie du label londonien : 'Tired of Liberty', le premier album de The Lounge Society, quatuor tout juste sorti de l'adolescence et venu d'Hebden Bridge dans le West Yorkshire. Un disque exaltant de post-punk, sacrément bien produit (tiens tiens, Dan Carey, encore lui), mené tambour battant, qui ne s’embarrasse pas de compromis, et qu'on peut voir comme un juste lien entre Black Midi, Squid et Black Country, New Road, trois groupes découverts et/ou signés le temps d'un single ou d'un Ep chez Speedy Wunderground. Un album dont on ressortira l'évident No Driver (en écoute aujourd'hui), son titre le plus immédiat au gimmick efficace comme nul autre, et qu'on se délecte déjà de découvrir sur scène à l'automne prochain (le 21 octobre à Lyon notamment).
 
Album : Tired of Liberty
Année : 2022
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, No Driver de The Lounge Society est également en écoute ci-dessous :
 
 
Autre chanson notable de ce réussi 'Tired of Liberty' de The Lounge Society, voilà Boredom is a Drug : 
 

mercredi 22 février 2023

[Track of The Day] Do Nothing - Happy Feet

Dans une scène anglaise qui ne cesse de se régénérer (Gilla Band, Black Country, New Road, Shame, Squid, Sports Team, Sprints, black midi, Courting, j'en passe et un paquet en plus), n'aurait-on pas totalement éludé et oublié de célébrer les Do Nothing comme il se doit ?

Passé bien trop rapidement sur leur 'Glueland Ep' de 2021, moi qui avais adoré leur 'Zero Dollar Bill Ep' l'année précédente, j'en suis pour mon état d'esprit et mon impatience d'alors. Réécouté dans la foulée de leur nouveau single Happy Feet (en écoute aujourd'hui) et, on l'espère, annonciateur d'un premier album à venir, ce disque a une classe folle et pue le post-punk à tous les niveaux. A se demander d'ailleurs s'ils ne sont pas les plus fidèles représentants du genre de toute la joyeuse bande anglaise actuelle.

Et Happy Feet me direz-vous ? Sans doute encore au-dessus de leurs compositions d'avant. Car si le post-punk leur reste plus que jamais chevillé au corps et aux médiators, si la voix de Chris Bailey rappelle toujours un peu plus celle de Paul Smith des Maxïmo Park, ils introduisent ici un peu plus de pop que par le passé, un peu plus de mélancolie aussi pour un résultat épatant. Donc oui, cent fois oui, mettons les Do Nothing au centre du jeu. Le quatuor de Nottingham a beaucoup trop de talent à revendre pour qu'on les laisse à côté.

Album : -
Année : 2023
Label : Exact Truth

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Happy Feet de Do Nothing est également en écoute ci-dessous :
 

Le clip de Happy Feet de Do Nothing :

mardi 1 octobre 2019

[Track of The Day] Josienne Clarke - If I Didn't Mind

Il semblerait que Rough Trade Records reprenne de sacrées couleurs en cette année 2019. Le label londonien a sorti cette année sans doute le groupe le plus marquant de 2019 (Black Midi), l'attendu par beaucoup nouvel album de Girl Band, et va publier le prochain Starcrawler.

Plus confidentiels, le label anglais (et cher à l'auteur de ces lignes) va aussi lancer le nouvel album de Lankum (j'insiste : leur The Wild Rover est une chanson sublime) et 'In All Weather', le deuxième album solo de Josienne Clarke, anglaise qui fricotait avec un certain Ben Walker dans un duo dont je ne sais rien.

Un premier extrait est déjà disponible, s'appelle If I Didn't Mind et est très prometteur, que ce soit par la justesse de sa mélodie, de cette guitare qui se retient presque de ne pas plus riffer sans toutefois prendre un ascendant trop marqué, sa belle voix ou les paroles qu'elle égrène, pleine de colère contenue (« It would all be fine if I didn’t mind… Everything would be alright if I didn’t mind, if I just didn’t mind »). Mais c'est aussi tout l'ensemble qui donne envie : aussi bien ceux qui sont venus entourer Josienne Clarke (une harpiste, un batteur et un pianiste de jazz notamment) que les promesses qu'elle formule à propos de ce nouvel album : « These are not love songs, these are life songs ». Réponse le 8 novembre.

Album : In All Weather
Année : 2019
Label : Rough Trade


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), If I Didn't Mind de Josienne Clarke est également en écoute ci-dessous, via son clip :


Josienne Clarke a sorti également Things I Didn't Need au printemps dernier, face-A d'un 45-tours qui ne figurera pas sur 'In All Weather' :




mercredi 14 mai 2025

[Track of The Day] Model/Actriz - Vespers

Allez savoir pourquoi, je pensais que Model/Actriz était un groupe anglais. Sorte de rejeton de toute la scène vibrante et effervescente anglaise actuelle, de Gilla Band, à black midi, de Courting à Sports Team, Sprints et j'en oublie des camions. Mais que nenni, Model/Actriz est en réalité américain, new-yorkais pour être précis, et même de Brooklyn pour l'être encore plus.

'Pirouette' est leur deuxième album, sorti au début du mois de mai. Un disque tout à fait remarquable, sorte de rock-industriel plein d'electro/dance-(post)punk, mais pas avare d'une bonne dose de pop qui permet aux mélodies de faire mouche, si ce n'est à chaque fois, au moins plus que souvent, sombre derrière ses beats et ses ambiances noisy, pas avares de beauté incroyables (la sublime balade Acid Rain qui a ce je ne sais quoi d'Hospital Ships, la belle chanson de clôture Baton) et qui s'ouvre par Vespers, morceau au rythme stroboscopique, chanté d'une voix haute et claire, à l'efficacité implacable. Un titre qui résume à lui seul 'Pirouette' et qui ne m'enlèvera pas de l'idée que Model/Actriz ont beau être américains, ils sonnent vraiment comme des anglais.

Album : Pirouette
Année : 2025
Label : Dirty Hit /
True Panther Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Vespers de Model/Actriz est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson extraite de 'Pirouette' de Model/Actriz, voilà le sublime Acid Rain :

mercredi 26 janvier 2022

[Track of The Day] Lewsberg - Six Hills

Les Lewsberg auraient-ils décidé de passer la vitesse supérieure ? Après deux très beaux premiers albums sortis sur leur propre structure, voilà les néerlandais signer sur leur premier label, les anglais de Speedy Wunderground. Au programme (pour l'instant ?), un premier 45-tours, 'Six Hills'. Tout court : en face-A, la partie 1, en face-B la deux. 
 
Mais au-delà de ces considérations presque administratives, c'est la production de Six Hills qui surprend : puissante, carrée, elle frappe d'entrée. C'est Dan Carey qui est derrière tout cela. Un producteur anglais qui a produit pléthore de disques dont les plus connus se nomment 'Tonight: Franz Ferdinand', 'Bright Green Field' de Squid, les albums de Fontaines D.C. ou encore 'Schlagenheim', le premier Black Midi. 
 
Carey est aussi un des trois fondateurs de Speedy Wunderground. Mais surtout, son travail sied totalement à ces Lewsberg qui semblent vouloir s'émanciper de leurs premières aventures et de cette production capitonnée, parfois brumeuse, qui leur convenait pourtant parfaitement. Car Six Hills est un formidable single, porté par une mélodie toute Lewsberg-ienne et reconnaissable entre mille, une rythmique rigide et hypnotique, bien mise en avant, et des guitares noisy qui s'écharpent dans le fond. Bref, le Lewsberg 2.0 est sur le point de débarquer, et cette chanson en est la preuve éclatante.

Album : Six Hills 7"
Année : 2022
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Six Hills de Lewsberg est en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de Six Hills de Lewsberg :
 

mardi 28 décembre 2021

Bilan 2021 : « Albums » (40-21)


Après les quinze Ep, 45-tours et autres compilations/rééditions qui auront rythmé mon 2021, place aux quarante albums qui auront égayé de bien mornes journées tout au long de cette année d’enfer. Une année d’ailleurs très réussie, où j’aurais trouvé mon bonheur plus souvent qu’à mon tour. Quarante disques donc qui m’auront plus qu’emballé et qui me semblent plutôt assurés de devenir des classiques chez moi dans les années qui viennent.
 
Avant de détailler vingt premiers disques de ce classement, alors voir ce qu’il se passe chez nos voisins et amis, car il y a de belles choses à prendre chez eux :
- Le meilleur des Ep et des albums de 2021 pour Marc Mifune chez Esprits Critiques
- Le top albums de Austin Town Hall
- Les top individuels de la rédaction de Pop News
- Le Bilan de l'année chez Mind Riot Music
- Les 20 meilleurs albums selon For The Rabbits

Mais place à cette première sélection de vingt disques. Vingt albums classés de la 40è à la 21è place. Avec au programme la relève de l’indie-pop, deux légendes qui s’unissent pour faire un album aussi psyché qu’entêtant, de la messe noire, du Abba en moins clinquant, du rock noise, des voix belles à pleurer, un habitué de ces bilans de fin d’année, j'en oublie et pas des moindres.
Et comme lire c’est bien mais écouter c’est mieux, en bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) !




40. Pearl Charles - Magic Mirror [Kanine Records]

Pearl Charles, américaine venue de Los Angeles, aime les productions toute en rondeur, les seventies, et les slides guitares délicieuses. Et elle le fait savoir sur 'Magic Mirror', son troisième album, à la pochette dans le ton, qui fait penser à du ABBA, mais sans le clinquant et la grandiloquence des compositions.
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39. The Reds, Pinks & Purples - Uncommon Weather [Tough Love / Slumberland Records]

Le second album de The Reds, Pinks & Purples continue de creuser le sillon de 'You Might Be Happy Someday'. Porté par une pochette aux couleurs pastel aussi belles que celle du premier opus, les chansons sont ici mélancoliques à souhait, habillées de guitares jangle-pop aussi lumineuses que déprimées. Et ce n’est sans doute pas la dernière fois que l’on retrouvera le groupe dans ces bilans de fin d’année, Glenn Donaldson ayant annoncé il y a quelques semaines un troisième album de The Reds, Pinks & Purples pour la fin janvier prochain.
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38. Jay-Jay Johanson - Rorschach Test [29Music]

Treizième album de Jay-Jay Johanson, 'Rorschach Test' est, pour ce que j'en sais, sans doute un de ses plus beaux. Un disque qui hésite et navigue entre ambiance jazzy et trip-hop, tantôt marqué, tantôt évasif et mélancolique, que le suédois porte de sa belle voix pleine de spleen.
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37. Sufjan Stevens & Angelo De Augustine - A Beginner's Mind [Asthmatic Kitty Records]

Voir Sufjan Stevens et Angelo De Augustine sortir un album ensemble n’est en rien surprenant. Ils sont sur le même label et le second est un peu le fils musical du premier. Ce qui est encore moins surprenant, c’est de voir la beauté des compositions qui ressort de cette collaboration en quatorze titres, avec le cinéma comme base principal. Du folk délicat et lumineux, qui voit Sufjan Stevens revenir à nouveau à ses premières amours, que le duo chante de voix diaphanes.
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36. Husband - Cut The Light [-]

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Difficile à dire tant les informations à leur sujet sont parcellaires. Tout juste sait-on qu’ils sont londoniens. Alors contentons nous de musique. Husband présente celle-ci comme inspirée de The National, Radiohead, Nick Cave ou PJ Harvey. On rajouterait bien The Twilight Sad, Puressence et Get Well Soon à la liste. Mais l’idée est là. Au programme donc, de belles chansons aux mélodies corsetées dans des ambiances sombres et lourdes que viennent éclaircir quelques guitares lumineuses et un piano des plus justes. Un disque qui alterne morceaux de bravoure et balades noires, porté par une voix qui flirte régulièrement avec un chant crooner. Et un ensemble qui, s’il manque d’une production à la hauteur du reste, fait montre d’un sacré talent de composition et d'écriture.
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35. Rat Columns - Pacific Kiss [Tough Love]

Jangle, power et indie pop au programme de 'Pacific Kiss', quatrième album des australiens de Rat Columns. Un disque solaire, plein de belles guitares, dont s'échappent de temps à autre le genre de chansons qui vous font une année entière (I Can’t Live On Love).
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34. Naked Days - My Head Hz [-]

Découvert via son ami Will Toledo, Naked Days est le projet Degnan Smith où, de façon peu surprenante, on entend beaucoup de Car Seat Headrest (Toledo est à la production, mais pas que). Folk mais aux quelques éruptions rock, soigné avec de belles constructions sachant faire monter la sauce, 'My Head Hz' fait partie de ces albums anodins de prime abord mais qui finalement vous accompagnent toute une année.


33. Shame - Drunk Tank Pink [Dead Oceans]

Après un premier album lambda et dont il ne reste pas grand chose, les anglais de Shame remettent tout à plat, changent de braquet et d'ambition avec 'Drunk Tank Pink'. A tous les niveaux, cet album est plus fort, plus malin, plus homogène, plus torturé, plus déroutant aussi, avec un post-punk qui se fait cabosser dans tous les sens par du math-rock et des moments hardcore, qui ne laisse pas vraiment l’auditoire respirer mais qui n’oublie son côté pop.  Avec leur premier album ils jouaient le ventre mou de Ligue1. Là, ils sont en quart de Ligue des Champions.


32. Massage - Still Life [Bobo Integral]

Quintet californien, Massage et son deuxième album 'Still Life' est un vrai plaisir indie-pop/jangle-pop, porté par In Gray & Blue, superbe chanson qui contient plus de New Order que tous les albums de New Order depuis 20 ans. Et si vous y entendez un peu de The Pains of Being Pure at Heart, ne soyez pas surpris : un des compositeurs faisait partie de la bande à Kip Berman.


31. Squid - Bright Green Field [Warp Records]

Des trois albums très attendus en 2021 du côté de l’Angleterre, ce sont finalement les Squid qui coupent l’herbe sous le pied de Black Country, New Road et Black Midi. Plus abouti que ceux de leurs confrères, 'Bright Green Field' est un disque qui ne déçoit pas et qui est même impressionnant. Très bien construit, avec des titres forts (Narrator, incroyable fait d’armes post-punk) intelligemment placés pour mieux relancer la machine, et porté par une pochette somptueuse, ce premier album de Squid fera sans doute date.


30. Dry Cleaning - New Long Leg [4AD]

Il était évident que leurs deux premiers excellents Ep allaient attirer du monde. Et il n’est pas étonnant de les voir signer sur une structure telle que 4AD. Car Dry Cleaning le mérite. Car son post-punk arty, son trio guitare/basse/batterie et la voix monocorde de Florence Shaw, qui parle plus qu'elle ne chante, comme complètement détachée de son environnement proche, le mérite. L’album très attendu après d’aussi bons débuts ne déçoit aucunement. Et ils sont finalement vraiment à part sur la scène actuelle.


29. Chime School - Chime School [Slumberland Records]

Pour ceux qui, comme moi, aiment une indie-pop à guitares des années 80, entre jangle et twee-pop, avec une vibe C86, ce premier album de Chime School est fait pour vous. Entre influence américaine et anglaise, il a tout (mélodies, guitares, rythme échevelé) pour plaire. Le meilleur album du genre de 2021.


28. It It Anita - Sauvé [Vicious Circle]

Groupe belge dont 'Sauvé' est le troisième album, It It Anita aura été un méchant coup de poing en 2021. Du rock énervé, à la batterie puissante, qui aime le noise et des envies de destructuration (tout en restant toujours en ligne). Un disque qui vous chope au colbac dès la chanson d’ouverture Ghost pour ne vous relâcher que 45 minutes plus tard.


27. The Limiñanas & Laurent Garnier - De Pelicula [Because]

De prime abord, cet album de The Limiñanas et Laurent Garnier ne m’a pas convaincu. Passé trop vite dessus, je trouvais que les perpignanais se répétaient trop, tombaient dans le cliché, un peu à l’image du 'Diabolique' sorti il y a deux ans sous l’entité L’Épée. Et puis, il y a eu quelques réécoutes et tout s’est installé, enclenché. Le mariage entre les deux est évident et est la rencontre parfaite pour raconter l’histoire de ces deux gamins perdus, partis dans un road trip destructeur. Un disque aussi psychédélique, cinématique qu’enivrant.
 
 
26. JJULIUS - Vol. 1 [Mammas Mysteriska Jukebox]

Album singulier que ce 'Vol. 1' du suédois JJULIUS. Une ambiance minimaliste, dépressive voire lugubre où post-punk désabusé (et dans le même temps langoureux), éléments plus expérimentaux et éclaircies pop et lumineuses se cotoient dans un ensemble hypnothique et qui devient très vite évident.


25. Colleen - The Tunnel and The Clearing [Thrill Jockey]

Nouvel album de la française Colleen. Qui réussit une nouvelle fois son coup. Enregistré à Barcelone et dans les tuyaux depuis un moment, il est de ces albums à l’atmosphère unique: soyeuse, cotonneuse, où virevolte ses mélodies répétitives et sa voix qu’on dirait chuchotante. Un disque qui aura accompagné beaucoup de mes fins de soirée, quand le lit vous appelle mais que vous tentez de résister pour on ne sait quelle raison.
 
 
24. April Magazine - If The Ceiling Were A Kite: Vol. 1 [Tough Love Records]

Ne nous contorsionnons pas : cet album aurait du se retrouver dans le Top 15 « 7", Ep, Réédition & Compilation ». Car s'il accompagne beaucoup de mes fins de soirées, quand j’ai besoin d’une pop langoureuse et ouatée (on appellerait cela même de la « fog pop » dit-on), au-dessus de laquelle flotte comme un vent de Velvet Underground, c'est en écrivant cette bafouille que je me rends compte que 'If The Ceiling Were A Kite: Vol. 1' est en fait une compilation d’enregistrements des deux dernières années de ce quatuor californien, dont j’aurais découvert en 2021 le talent. Alors, va pour une compilation si tel est le cas. Mais va aussi pour album. Car tout de même, il y a une telle cohérence et une telle homogénéité dans ce disque que j’ai du mal à le voir autrement.
 
 
23. Curtis Harding - If Words Were Flowers [Anti-]

Souvent, il faut quelques écoutes pour tomber raide d’un disque. Pour ce troisième album de Curtis Harding, il aura fallu une minute de la chanson titre If Words Were Flowers. Orchestration ample, cuivre emballant, choeurs au diapason. Tout y est, sauf la voix de Curtis Harding, qui arrive dès le second morceau. Et qui ne fait que confirmer cette première impression. Oui, 'If Words Were Flowers', entre passé et présent, soul et hip-hop, avec une production délicieuse de bout en bout, est un régal de chaque instant, au charme immédiat.
 
 
22. Ada Lea - One Hand On The Steering Wheel The Other Sewing A Garden [Saddle Creek]

Entre folk et pop, rock et presque wave avec quelques guitares qui slide doucement, une ambiance soulful par moment et même l'ombre de Jackson C. Frank qui plane ici et là, cet album est autant une belle découverte qu’un vrai coup de coeur pour une artiste à la vraie personnalité et au timbre délicieux.
  
 
21. Lingua Ignota - Sinner Get Ready [Sargent House]

Son précédent 'Caligula' n’avait pas réussi à séduire mes oreilles. Trop puissant, trop habité, trop tout en fait. Rien de tout cela avec 'Sinner Get Ready', qui ne fait pour autant pas dans la facilité. Un disque sombre et sur lequel repose bien des souffrances réelles (Kristin Hayden, qui officie donc sous le nom de Lingua Ignota, les raconte dans ce très long post éprouvant). Une vraie messe noire, terrifiante, où rien n'est feint et où Lingua Ignota habite véritablement ses chansons.


 
Afin de mettre des sons sur les disques présentés ci-dessus, une chanson de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous (de la place 21 à 40) :

 

lundi 5 août 2013

[Track of The Day] Portugal. The Man - Waves

Dans la série des noms de groupe à la con, je voudrais Portugal. The Man. Car ce quintette n'a rien de portugais mais vient de Portland, ville américaine qui aura vu en son temps voler Clyde Drexler. Et Zoe Manville, une fille donc, chante plus souvent qu'à son tour sur les chansons du groupe. Mais les noms idiots, c'est comme les pochettes moches : c'est pas le plus important. Et surtout ca ne veut rien dire.

Portugal. The Man vient de sortir un nouvel album, 'Evil Friends'. Son huitième en autant d'années. Autant dire qu'ils ont de la régularité.

Découvert via ce disque (merci PandaPanda), on m'avait présenter le groupe comme un guilty pleasure peu avouable. Il n'en est rien. Parce que la pop de Portugal. The Man (qui passe par tous les états) est plutôt bien fichue.

Certes, on ergotera qu'ils vont beaucoup piocher à droite et à gauche plutôt que de se créer une vraie identité sonore. Il est vrai que tout au long de ce 'Evil Friends', on pense beaucoup à Dear Reader, à Sufjan Stevens, à Cloud Cult à MGMT ou même aux Black Keys (nouvelle génération, la production de Danger Mouse derrière l'album n'y étant surement pas étrangère).

Mais il n'empêche, ce nouvel album de Portugal. The Man contient assez de chansons efficaces pour en faire un parfait allié d'après-midi estivale, chaude et à larver autour d'une piscine où quelques rainettes viennent faire trempette de temps à autres. Et c'est déjà bien.

Album : Evil Friends
Année : 2013
Label : Atlantic


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De toutes les chansons de 'Evil Friends', c'est Waves qui ressort du lot. En écoute dans le lecteur à droite. Et également ci-dessous :



'Evil Friends' a déjà trois clips à son actif. Le premier est celui de Atomic Man, une des meilleurs chansons de ce nouvel album de Portugal. The Man :



Le second est celui de Purple Yellow Red & Blue, avant-dernière chanson de 'Evil Friends', et une de mes favorites, sucrerie rythmée comme il faut :



Enfin, pour finir, le clip de Evil Friends, premier single aux deux visages de cet album :