Album : Malamore
Année : 2016
Label : Because Music
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Après de multiples embrouilles, après des départs et des retours pour quelques albums bien plus que juste sympathiques, cette fois la chose semble être entendue: New Order est officiellement mort. Le départ de Peter Hook en 2006 - suite à une énième divergence d'opinion avec ces deux acolytes - a scellé le sort du groupe qui a sorti le single le plus tuant des années 80, voire plus, Blue Monday.
S’ils sont les leaders de Wolf Parade, un des groupes les plus passionnants qui soit (et auteur l’an passé d’un album épatant, ‘At Mount Zoomer’), Dan Boeckner et Spencer Krug sont, à l'instar de leur ami Dan Bejar, du genre hyperactifs. Des auteurs qui ne savent pas rester en place et dont le manque d’activité semble être pour eux quelque chose auquel ils n’ont pas envie de se frotter. En tout cas pas pour le moment.'Song Machine, Season 1 : Strange Timez' a le mérite de ne pas mentir sur la marchandise : ce nouvel album de Gorillaz sera une collection de chansons. Et c'est le cas. Remplis de featuring jusqu'à la lie (au moins un sur chacun des 17 titres, de Beck à ScHoolboy Q, de St. Vincent à JPEGMAFIA en passant par Peter Hook, Unknown Mortal Orchestra ou Georgia) et une nouvelle fois pas tous passionnants loin de là, ce disque ne brille pas non par sa cohérence globale.
Pour autant, il y a quelques belles choses à picorer ici, et notamment du côté des anciens (les chansons avec Robert Smith et Elton John sont surprenamment parmi les meilleures). Mais aussi surtout Désolé, avec la participation de la malienne Fatoumata Diawara. Certes, le morceau est sorti en février dernier, mais je ne le découvre que maintenant et il n'est jamais trop tard pour se rattraper. Car Désolé et une grande chanson pop chantée en anglais, en français et en bambara (une des langues nationales du Mali), que Gorillaz habille joliment d'un rythme léger mais entêtant et d'une mélodie comme d'ailleurs où la voix toujours aussi magnifique de la malienne fait merveille.
Album : Song Machine, Season 1 : Strange Timez
Année : 2020
Label : Parlophone
En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Désolé de Gorillaz, avec la présence de Fatoumata Diawara, est également en écoute ci-dessous :
Le clip de Désolé de Gorillaz d'où il ressort un vrai plaisir partagé entre Fatoumata Diawara et Damon Albarn :
La nouvelle pochette de 'This Is Happening', le troisième album de Lcd Soundsystem me rappelle énormément celle de 'Low/Life' de New Order. Je ne sais pas pourquoi, je trouve qu'elles ont vraiment un lien esthétique. De là à imaginer James Murphy se rapprocher de la bande à Peter Hook et Bernard Sumner? A voir.Alors oui, la fibre est plus jangle-pop chez les californiens, et la production aurait été plus chiadée chez les mancuniens. Mais In Gray & Blue a des atours (ce gimmick à la basse, cette voix, ce clavier) qui laissent imaginer ce qu'auraient pu donner les retrouvailles de Bernard Sumner et Peter Hook s'ils avaient décidé d'enterrer un temps la hache de
guerre et de mettre leurs ego et leurs bouquins de côté. Mais c'est peut-être mieux ainsi. Et dans le même temps un peu triste de voir qu'il y a plus de New Order dans In Gray & Blue de Massage que dans tous les albums de New Order depuis 20 ans.
Autre chanson extraite de 'Still Life' de Massage, voilà Made of Moods :
Le clip d'Half a Feeling de Massage, premier single extrait de 'Still Life' :
Ce dimanche soir, en clôture de la dixième édition de Nuits Sonores, deux groupes cultes seront au programme. Mudhoney d'un côté, New Order de l'autre.
Il y a à peine un mois, j’étais tombé sur le derrière en découvrant le groupe d’un seul homme, Blank Dogs. Son ‘Seconds 12’’’, à l’imaginaire tout droit sorti de chez Factory, m’avait vraiment emballé. François de chez Kennel The District m’avait vivement conseillé de me jeter sur son deuxième album ‘Under and Under’. Ce que j’ai fait, vu que je suis bien élevé et que je fais confiance au gars François. Et je ne le regrette pas une seconde tant cet album confirme tout le potentiel qu'on sentait poindre sur le 12" précité.Dans ce disque, il est en effet question de fantômes. Celui des productions passées d'Injury Reserve pour commencer. Car si le hip-hop de By Storm est toujours abstrackt et expérimental, le tempo est plus lent, construit sur des arpèges de guitares aux atours folktronica et indus, où glitch et beats se la jouent minimalistes, pendant que soul et jazz passent une tête de temps à autre.
D'autres fantômes traversent 'My Ghosts Go Ghost'. Ceux de la vie passée de RiTchie, qui raconte qu'il est sur le point de devenir papa, et tout ce que cela signifie : ces concessions, cette vie moins contraignante qui lui échappe, voire cette jalousie pour ce futur enfant à naître (Can I Have You For Myself?) ; ceux d'une industrie musicale qui a totalement périclité et qui ne permet plus aux artistes talentueux de s'en sortir, de vivre de l'art, obligés qu'ils sont de cumuler scène et petit boulot pour subvenir aux besoins de leur famille.
Évidemment, le fantôme le plus marquant de 'My Ghosts Go Ghost' est bien celui de Stepa J. Groggs. Mais n'attendez pas que By Storm fasse dans l'évocation pompière ou vienne étaler son chagrin à la face de son auditoire. Non, le duo rend hommage à son ami avec touché et pudeur, évoquant lui ou sa disparition au détour d'allusions sibyllines, métaphoriques voire cryptiques. Et son absence se cristallise merveilleusement sur le morceau In My Town. Une chanson de sept minutes, faite d'une ambiance assez ténébreuse, où RiTchie rappe, percutant et ciselé, son texte fustigeant l'industrie musicale, Live Nation et la difficulté de joindre les deux bouts ; en contrechamp une voix aérienne, comme évanescente, répète et psalmodie quelques uns de ses vers. Et alors que le refrain vient de se terminer, alors que le deuxième couplet devrait prendre la suite... rien. Personne au micro. La voix en arrière-plan se tait, la chanson laisse dérouler sa mélodie, sans qu'une rime ne vienne la perturber. Comme si By Storm avait conscience que cette seconde partie aurait du appartenir à Stepa J. Groggs et qu'en son absence, il valait mieux laisser la musique continuer seule, sans ses mots.
'In My Town' est l'apogée de 'My Ghosts Go Ghost', qui pourtant ne manque pas de grandes chansons : And I Dance, qui transpire de mélancolie mais a tout d'un tube, le lumineux GGG en conclusion, le curieux mais si addictif Zig Zag, Dead Weight et ses boucles hypnotiques, la formidable ouverture Can I Have You For Myself?, Grapefruit et son beat répétitif et obsédant, le taiseux et embrumé Best Interest sur lequel vient rapper sur un couplet Billy Woods, seul invité de l'album, ou Double Trio 2, suite de leur tout premier single, presque grandiloquent.
'My Ghosts Go Ghost' est un disque impressionnant de la part de By Storm, comme construit sur plusieurs niveaux musicaux, plein de strates qui se
superposent ou s'emboitent, le tout produit avec une justesse
folle par Parker Corey. Un album de hip-hop d'avant-garde, d'une écriture, d'une beauté et d'une finesse renversantes. Un disque de catharsis aussi. Et un merveilleux
hommage à leur meilleur ami. La mort, c'est de la merde. Mais ça
débouche parfois sur des miracles. (Sortie : 30 janvier 2026)
Plus :
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est en écoute sur le bandcamp du groupe
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est à l'achat sur le bandcamp du groupe
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est en écoute un peu de partout ici
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est à l'achat sur le site de deadAir, en version vinyle ET cd
Trois chansons de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm en écoute aujourd'hui. A tout seigneur, tout honneur, In My Town pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis And I Dance, à la mélancolie superbe et à ses atours de tube. Et enfin, GGG, la chanson de conclusion, presque pop :
A ce jour, quatre clips ont été tirés de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm. En voilà deux, l'immense In My Town et And I Dance. En bonus, la vidéo qui a fait la transition entre Injury Reserve et By Storm. Un clip de dix minutes avec une première partie consacrée à Bye Storm, la dernière chanson de 'By The Time I Get To Phoenix', dont la vidéo rend hommage à Stepa J. Groggs, et une seconde, enchainée avec Double Trio, le premier morceau composé par By Storm :