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jeudi 31 janvier 2019

[Track of The Day] The Cinematic Orchestra - A Caged Bird/Imitations of Life (feat. Roots Manuva)

Faisons un saut dans le passé et retournons en 2002. A l'époque, The Cinematic Orchestra vient de sortir 'Every Day', son deuxième album. Sur celui-ci, on trouve All Things To All Men, composition longue de 10 mns, où un certain Roots Manuva vient poser son flow. Le résultat est magnifique, un mariage d'ambiances évanescentes assez spectaculaire, qui poursuit un sillon tracé par Massive Attack.

Dix-sept ans plus tard, les trois larrons remettent le couvert et donnent suite à cette première expérience commune à l'occasion de la sortie prochaine du nouvel album de The Cinematic Orchestra 'To Believe'. Et en profitent pour revenir sur le devant de la scène.

Car il faut dire que les deux groupes ont bien disparu des radars. Pour The Cinematic Orchestra, depuis 'Ma Fleur' en 2007 et un To Build a Home (avec Patrick Watson au chant), tube en or massif qui a longtemps adouci les oreilles indie avant de squatter (et de continuer sans doute longtemps à le faire) films et publicités en tous genres. Pour Roots Manuva, depuis la fin des années 2000 qui, mine de rien, commencent presque à ressembler à un lointain passé.

La chanson s'appelle A Caged Bird/Imitations of Life et voit Roots Manuva, sur un beat qu'il n'aurait pas renié à sa belle époque, mélanger slam et chant, tandis que The Cinematic Orchestra déploie une belle mélodie, puissante et mélancolique. Et qui a vraiment tout pour connaître le même destin de  « synchronisation » que To Build a Home (ce que d'aucuns lui reprocheront sans doute).

Album : To Believe
Année : 2019
Label : Ninja Tune


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), A Caged Bird/Imitations of Life de The Cinematic Orchestra, avec Roots Manuva au chant, est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson extraite de ce nouvel album de The Cinematic Orchestra, voilà To Believe, avec Moses Sumney au chant :


Et parce que cette chanson est toujours somptueuse, 17 ans après, réécoutons donc la première collaboration entre Roots Manuva et The Cinematic Orchestra, All Things To All Men :



lundi 30 mars 2015

[Track of The Day] Roots Manuva - Facety 2:11

Énième artiste sorti des mes radars personnels après un disque fameux ('Awfully Deep' en 2005), Rodney Hylton Smith, aka Roots Manuva, rappeur anglais dont l’accointance avec le reggae, le ragga et le dub n'a jamais été cachée, revient dans mes oreilles.

C'est d'ailleurs sans doute pour cela que j'ai lâché ses aventures discographiques, tant ce style de musique ne me parle pas (mes anciens colocs qui n'écoutaient que cela à longueur de journée y sont sûrement pour quelque-chose).

A en croire son cv, Roots Manuva n'a rien sorti d'officiel depuis 2011. 'Facety 2:11 12"' est donc son retour sur la scène internationale. Et quoi de mieux que de faire produire son single par Four Tet, qui n'a de cesse d'explorer d'autres genres musicaux (même s'il se perd un peu voire beaucoup dans ses recherches) et dont les qualités touche à touche semble lui permettre de produire quoi et qui que ce soit ?

'Facety 2:11 12"' (4 titres, 2 morceaux + les 2 instrumentaux) est un titre court, très répétitif et heurté, où la voix du rappeur fait écho aux boucles et aux beats de Kieran Hebden. Anecdotique à la première écoute, finalement épatant rapidement cette petite affaire.

Album :  Facety 2:11 12"
Année :
2015
Label : Big Dada

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Facety 2:11, chanson titre de ce 12" de Roots Manuva, est également en écoute ci-dessous :

vendredi 6 janvier 2012

Bilan 2011 - Top 50 Albums: 30-11


Deuxième partie de ce top album 2011. Vingt autres disques qui auront marqué mon année de fort belle manière. Vingt albums aux univers divers mais à la qualité que je n'arrive pas à remettre en cause.

Mais avant de dérouler ces disques classés de la 30è à la 11è place, il est une nouvelle fois temps de présenter quelques autres blogs s'étant adonné à l'exercice du top:
Do Not Touch My Crossfader
Pichenettes
Ocean of Noise
I Know You've Come to Take My Music Away (30-21)
Domino Records Staff List
Muzik et Cultures
Dans Ton Culture

Ceci fait, lancer nous donc dans ces 20 nouveaux albums. Dont une chanson de chaque est disponible en écoute dans le lecteur grooveshark situé au bas de ce papier.
Bonne lecture et bonne(s) écoute(s).



30. Son Lux – We Are Rising [Anticon]
Je ne suis peut-être obsédé que par Sufjan Stevens, mais il me semble difficile de ne pas souvent penser à Sufjan Stevens à l’écoute du troisième album de Ryan Lott aka Son Lux. Sons cristallins et/ou électro sur nappes de cordes, mélodies qui divaguent et partent un peu dans tous les sens, pour un voyage en pleine lumière. Deuxième essai, deuxième réussite.
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29. J Mascis – Several Shades of Why [Sub Pop]
Non content d’avoir su reformer avec talent son Dinosaur Jr, non content d’en avoir profité pour sortir deux très bons disques comme si le temps n’avait pas d’emprise sur ce groupe, voilà t-y pas que J Mascis sort un album acoustique et enregistré sans batterie, où viennent à peine sonner quelques riffs dont notre homme est fan. ‘Several Shades of Why’ est une réussite, remplie de belles mélodies où Mascis semble trouver le juste ton à chaque fois. Et dans la course au meilleur disque de «légende de l'indie-rock qui débranche les amplis», J Mascis remporte sans problème devant la décevant dernière livraison de Thurston Moore.
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28. Radical Face – The Family Tree, The Roots [Bear Machine]
Si les pubs Nikon sont aussi réussies, c’est également grâce à Welcome Home de Radical Face. Un artiste qui malgré une notoriété naissante (bien que tardive) se retrouve… sans Morr Music, ces derniers l’ayant lâché pour on ne sait trop quelles raisons. Seul, Ben Cooper revient aux affaires avec tout d’abord le premier Ep de la série ‘The Bastards’ (voir ici) mais surtout un nouvel album ‘The Family Tree, The Roots’, dans la lignée de ce bijou qu’est ‘Ghost’. Peut-être pas aussi brillant que son prédécesseur, mais bien au-dessus de la mêlée d’une pelletée de groupe, où les fulgurances succèdent aux moments de pure grâce.
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27. Fucked Up – David Comes to Life [Matador]
Hardcore-punk jusque là, ces tarés de canadiens de Fucked Up mettent un peu d’eau dans leur vin et rendent leur musique moins radicale que par le passé. Tout cela reste relatif, mais il y a un côté plus classique dans leur son, bien que Damian Abraham continue de beugler comme c’est pas permis. Conçu comme un rock-opéra racontant l’histoire de David, garçon sans intérêt dont la vie change irrémédiablement lorsqu’il rencontre Veronica. Et dont la vie ne sera plus la même quand celle-ci décède dans une explosion. Dix-huit titres hurleurs, à l’efficacité immédiate. Jubilatoire. Et libérateur.
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26. L’Altra – Telepathic [Acuarela]
Moins éthéré que leur chef d’œuvre de 2002 ‘In The Afternoon’, ce quatrième album des chicagoans de L’Altra n’en reste pas moins une bien grande réussite. Remettant les choses dans le bon ordre après 6 ans d’inactivité et un troisième disque médiocre, L’Altra propose avec ‘Telepathic’ un album ouaté dans lequel de belles mélodies n’hésitent pas à venir se lover. De la pop qui vole, qui plane…
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25. Kim Novak – The Golden Mean [Kütu Folk]
Un des regrets de l’année, c’est de ne pas avoir parlé en ces pages de Kütu Folk, label clermontois, aux pochettes « faites main », et aux goûts très surs. La preuve avec la signature de Kim Novak pour leur second album ‘The Golden Mean’, dont l’artwork à ce je ne sais quoi de Manic Street Preachers. Délaissant les waves qui leur allaient bien, les Kim Novak partent dans une direction plus rock, qui prend autant à New-York qu’aux années 60. Un changement de trajectoire qui leur va bien.
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24. Ghostpoet – Peanut Butter Blues & Melancholy Jam [Brownswood Recordings]
Nominé au Mercury Prize (oui, je sais, pour ce que ça vaut), signé chez Gilles Peterson, Ghostpoet, producteur hip-hop/électro aux faux airs de Devonte Hynes, n’est pas forcément des plus abordables. En tout cas pour moi. De premières écoutes pénibles et puis au final, un disque qui sera revenu plus que fréquemment sur ma platine. Electro-hip-hop enregistrée dans le brouillard et entourée d’une voix rappelant furieusement les élans vocaux de Roots Manuva, ‘Peanut Butter Blues & Melancholy Jam’, au-delà de son sacré titre, est un grower comme on dit.
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23. Eleanor Friedberger – Last Summer [Merge]
A l’instar de son frère Matthew, la belle Eleanor Friedberger, chanteuse des Fiery Furnaces, s’est lancée en solo cette année. Et pour quel résultat ! ‘Last Summer’ est un album de pop parfait, comme savent le faire les Fiery Furnaces. Ici, ses chansons sont d’une simplicité folle et d’une efficacité du même acabit, allant droit au but plutôt que de prendre des détours idiots. Et la voix d'Eleanor porte tout cela sur ses frêles épaules. Classe.
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22. Lanterns on the Lake – Gracious Tide, Take Me Home [Bella Union]
Le nom d’un groupe est très important. Lanterns on the Lake n’aura pas pris le sien par défaut. Car il représente exactement ce que le sextet de Newcastle propose: un mélange de douceur et délicatesse, d’univers langoureux. Une pop aérienne, lumineuse, rêveuse, qui fait étalage de beauté, tout simplement. Une des plus belles découvertes de 2011 assurément. Et un album qui restera, à l’image du ‘In The Afternoon’ de L’Altra.
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21. Atmosphere – Family Sign [Rhymesayers]
La pochette est jolie. Et Atmosphere calme le jeu. En intronisant un guitariste et un clavier, le duo de Minneapolis popise son propos et la joue. Ici, pas de beats agressifs ou de flow ravageur. Non. Juste un album, ‘Family Sign’, apaisé, beau, excellemment bien produit, bien posé. Indie hip-hop de haute tenue.
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20. Nicolas Jaar - Space is Only Noise [Circus Company]
Au-delà du fait que le titre de l'album est extrêmement bien trouvé, 'Space is Only Noise' aura été une découverte et une belle surprise de 2011. Pour son premier effort, Nicolas Jaar compose là une musique électronique insaisissable, très organique, aux textures très travaillées, tout en y ajoutant sa voix et quelques samples bienvenus. D'ailleurs, l'introduction, bien que dans un style différent, rappelle énormément l'intro de 'Lift Your Skinny Fists to the Sky Like Antennas to Heaven' de Godspeed You ! Black Emperor. Pas si illogique que cela tant on sent une vraie démarche artistique et sans compromission de cet artiste new-yorkais.
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19. Kurt Vile – Smoke Ring for My Halo [Matador]
Folk aérien et sous substances illicites (insère ici ta préférée), guitare bluesy, chant traînant. Voilà pour la faire courte. Mais au-delà de cela, ce ‘Smoke Ring for My Halo’, nouvel album de Kurt Vile, me fait penser à pleins de choses. Ou d’artistes. Ou les deux. Mais impossible de mettre le doigt dessus. Donc j’écoute. Et j’aime. Sans me poser plus de questions que cela.
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18. Iceage – New Brigade [Escho]
Chercher des informations sur Iceage sur Internet revient à passer en revue pas mal de pages de résultats concernant les films du même nom. Le Iceage (tout accroché. Ice Age est un autre groupe) qui nous intéresse aujourd’hui est danois et n’est en rien affilié à Dreamworks. Mais plutôt au punk teinté d’ambitions waves. ‘New Brigade’ ou le disque de 2011 qui vient vous hurler aux oreilles. Fort. Et en 24 mns.
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17. 13 & God – Own Your Ghost [Alien Transistor]
Si le premier ne m’avait pas touché (les univers de Notwist et de Themselves se croisant plus qu’ils ne se rencontraient), ce deuxième album de la collaboration entre deux sommités dans leur genre m’aura bien plus parlé. Entre flow hip-hop et mélodies électro pop, 13 & God arrive là à sortir un bel album de crossover. Dont les écoutes successives le rendent rapidement quasi-parfait.
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16. Cheveu – 1000 [Born Bad]
Rock, punk, noisy, gueulard, lo-fi, cheap : voilà comment décrire ce second album de Cheveu. Indéniablement un grand disque, où le je m’en foutisme de l’ensemble est un trompe l’œil. Cheveu aligne les compositions solides, fait partir sa musique dans tous les sens, rajoute des violons ici, amène un peu de pop au débotté. Du n’importe quoi jouissif en quelques sortes.
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15. Mates of State – Mountaintops [Barsuk]
Les disques passent et les Mates of State s’éloignent à chaque fois un peu plus du cheap de leurs débuts. Pourtant, difficile de ne pas s’enthousiasmer pour ce ‘Mountaintops’, le septième album du duo Jason Hammel/Kori Gardner (mari et femme, faut il le rappeler). De la pop enflammée voire carrément grandiloquente par moments (Palomino, pour ne citer que cette chanson), quelques balades tuantes… Et si finalement le cheap des débuts leur allait bien au teint, ce virage entamé il y a de cela quelques albums déjà, leur sied presque encore mieux. C’est dire.
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14. dEUS – Keep You Close [PIAS]
Si ‘The Ideal Crash’ avait consacré la bande belge mené par Tom Barman, la suite avait été de mal en pis avec des albums tentant de retrouver une grandeur belle et pourtant bien passée. Surprise : dEUS n’est pas encore mort. La preuve avec ce ‘Keep You Close’ qui voit le groupe retrouver son allant d’antan dans une ambiance pop-rock, où les mélodies et les grands titres se bousculent (au premier rang desquels Ghost, évidemment).
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13. Destroyer – Kaputt [Merge]
A la première écoute, j’ai détesté cet album. Ce saxophone (vous savez l’instrument responsable de tant de chansons massacrées dans les années 80) si vieillot, si froid… Et puis je l’ai réécouté. Et je l’ai peu à peu aimé. Et au final, ‘Kaputt’ doit être un des albums les plus écoutés en 2011.
Premier vrai coup de cœur pour le groupe de Dan Bejar qui ne m’avait jamais vraiment touché, ‘Kaputt’ est un grand disque. Qui a le bon goût de réhabiliter, ne serait-ce qu’un temps, ce satané instrument.
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12. Kangding Ray – Or [Raster-Noton]
Découvert grâce à B2B, cet album a été un choc instantané. Je ne suis pas le plus à même à parler de musique électronique, mais ce ‘Or’ est aussi fascinant qu’entêtant. Entre ambiant, glitch, sons organiques de tous poils, ‘Or’ est l’album électro que j’aurais découvert le plus tardivement. Mais que j’aurais sans doute le plus écouté.
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11. The Pains of Being Pure at Heart – Belong [Slumberland]
The Pains of Being Pure at Heart ou un coup de cœur qui dure depuis maintenant près de 3 ans. Que ce soit par les sorties de 7’’, les concerts (celui qu’ils ont donné au Sonic à Lyon cette année était formidable, confirmant que ce groupe ne sait QUE composer des tubes) ou les albums. ‘Belong’ aura fait débat. Pas pour moi. The Pains of Being Pure at Heart musclent un peu leur jeu, la production, mais continuent de composer des chansons comme personne. C’est bien simple, chacun des 11 titres de ‘Belong’ mériterait de connaître une sortie single. Et puis finir un album par un titre comme Strange, ça vous pose un groupe.
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Et un lecteur grooveshark présentant une chanson de chacun des albums du dessus, un!




Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'

jeudi 6 octobre 2022

[Track of The Day] Andrew Broder - Sleeping Car Porters (feat. Moor Mother & Billy Woods)

Moins d'un an après le vrai faux-retour d'Hymie's Basement, Fog est de retour avec un nouvel album. Laissant son illustre alias de côté, Andrew Broder va publier dans quelques jours 'The Show Official SoundTrack', fausse bande originale du film 'The Show' (film écrit par la légende des comics Alan Moore, sorti en 2020) auquel il a participé. « Fausse » car cet album n'est pas à dire vrai la bande-originale du long-métrage mais une sorte de relecture de ce qu'il a composé à l'époque, mais en étant plus électro (Andrew Broder l'explique bien dans cette interview pour The Current).

'The Show Official SoundTrack' contiendra notamment Sleeping Car Porters, morceau sombre et torturé, où piano et beats se confondent et qui rappelle fort l'indie hip-hop du début des années 2000. Les deux invités y font d'ailleurs merveille : Moor Mother y est toujours plus intrigante et Billy Woods a ce flow qui rappelle Roots Manuva.

Album : The Show Official SoundTrack
Année : 2022
Label : Lex Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Sleeping Car Porters d'Andrew Border, enregistré avec Moor Mother et Billy Woods est en écoute ci-dessous :  
 

lundi 29 juillet 2024

[Track of The Day] Bashy - How Black Men Lose Their Smile

Vendredi soir, moi qui étais prêt à dézinguer comme jamais ces Jeux Olympiques de Paris 2024 en commençant par cette cérémonie d'ouverture que je présageais, comme toutes ses devancières (ou quasi), chiante et longue comme la pluie, à ma plus grande surprise, je suis tombé des nues. Et j'ai été subjugué par ce moment de plus de 3h30, grandiose, prodigieux, extraordinaire, plein d'allant, de modernité, d'inventivité, de beauté et de classe. Une cérémonie d'ouverture absolument incroyable dont il est difficile de savoir quel moment a été  le plus marquant : Aya Nakamura et la Garde Républicaine ? Le tableau « Synchronicité » avec ces danseurs entourés d'or ? Gojira qui fait exploser la Conciergerie ? Les dix femmes en or ? La Marseillaise d'Axelle Saint-Cirel ? Le catwalk transformé en Dj Set de l'Olympe ? L'arrivée du bateau français sur un duo Que Je T'Aime / Lettre à France ? Le cheval qui galope sur la Seine ? La Tour Eiffel qui scintille au son de Supernature de Cerrone ? Les derniers relais ? La vasque d'une beauté folle qui s'élève dans le ciel de Paris après avoir été allumée par deux légendes ? L'apothéose de L'Hymne à l'Amour chantée par Céline Dion à vous donner des frissons comme jamais ? Faites votre choix, moi j'en suis bien incapable tant j'ai succombé à cette cérémonie à nulle autre pareille et qui n'est pas prêt de sortir de ma mémoire.

Pas encore totalement remis pour être tout à fait honnête, c'est, dans un autre genre, un morceau tout aussi fort qui ouvre cette semaine dans ces pages. Il s'appelle How Black Men Lose Their Smile et est l’œuvre de Bashy, rappeur anglais qui après dix ans à faire l'acteur vient de revenir à ses premières amours ce début juillet en publiant son troisième album - le premier depuis 2011. Une chanson puissante (son titre en dit déjà beaucoup) en forme de manifeste qui, sur une prod dub aux trompettes comme ivres, raconte comment nos sociétés occidentales ont réussi à casser les espoirs de la population noire, comment par leur racisme elles ont tout fait pour réduire son histoire à la portion congrue, comment elles ont tout fait pour l'invisibiliser et ne lui donner que peu d'échappatoire et comment elles ont réussi (« That’s how Black men lose their life, the world has made me hate myself, I’m scared of men that look like me, self hatred rooted so deep, him or I, I must protect myself, I’m going grave or I’m going jail, that’s How Black Men Lose Their Smile »). Le flow de Bashy, qui rappelle sur quelques intonations celui de Roots Manuva, est racé, précis, percutant et rend parfaitement justice à ses paroles ciselées et sans faux semblant. Immense chanson et sommet d'un album qui n'en manque pourtant pas.

Album : Being Poor is Expensive
Année : 2024
Label : Bish Bash Bosh Music

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, How Black Men Lose Their Smile de Bashy est également en écoute ci-dessous :

Autre morceau de grande qualité de 'Being Poor is Expensive' de Bashy, voilà Lost in Dreams, avec le featuring de Roses Gabord :