Un vendredi de novembre 2012, lors d'une soirée du Festival des Inrocks et devant un public de plus en plus clairsemé (les fans de Citizens!,
nombreux ce soir là, ayant peu à peu préféré prendre la tangente), Spiritualized avait donné une prestation immense et habitée de pop et de psychédélisme, emmenant son monde dans des hauteurs que le public n'osait espérer, en livrant notamment une version incroyable de So Long You Pretty Things, une des grandes chansons de leur album 'Sweet Heart Sweet Light'sorti quelques mois plus tôt.
Mais cette soirée ne fut pas belle que grâce à la bande à Jason Pierce. Si l'on met de côté des Citizens! sans intérêt aucun, si The Maccabees offrit un set très solide, il y eut surtout Team Me, combo norvégien de 8 membres dont l'euphorie scénique et surtout la découverte (ce soir là !) de leur chanson With My Hands Covering Both of My Eyes I Am Too Scared to Have a Look at You Now me fit tomber à la renverse. Un hymne épique, aux grandes cavalcades rythmiques et à chanter à tue-tête.
Pourtant, Team Me ne dura pas et jeta l'éponge deux albums et quelques années plus tard. Sauf que, le temps ayant sans doute fait son affaire, Team Me a repris
du service en février 2019, s'est remis à composer quelques singles ici
et là dont Into The Wild, sorti en début d'année chez Propeller Recordings. Une chanson plus sombre, moins festive, moins fraîche et sans l'énergie communicative de With My Hands..., mais pour autant très appréciable, avec toujours ce chant à plusieurs voix, une belle montée progressive et une mélodie que l'on s'accapare dès les premières notes.
Album : - Année : 2020 Label : Propeller Recordings
Après un hiatus de près de huit ans, les Team Me semblent avoir retrouvé la foi. Fort d'un excellent 'Something In The Making' l'an passé (le genre de bénédictions pop qui vous changent une journée) mais à côté duquel beaucoup semblent être passés à côté, le combo norvégien rempile déjà pour 'Return to the Riverside', son quatrième album prévu pour le 8 septembre prochain.
Return to the Riverside (en écoute aujourd'hui), c'est également le nom d'un des deux extraits du disque publiés à ce jour. Et autant vous le dire, on a vu pire comme chanson titre. Evidemment, il n'est ici question que de pop, de mélodie très attachante et à fredonner plus que de raison, d'un refrain à chanter à tue-tête et d'une mélancolie, comme souvent avec Team Me, qui zigzague entre tout ça. La rentrée est encore loin mais elle s'annonce bien.
Album : Return to the Riverside Année : 2023 Label : Propeller Recordings
Into The Wild et - surtout - Song For a Drummer n'auront donc pas été de simples singles, perdus dans la nature. Mais plutôt les bases du nouvel album des norvégiens de Team Me, le troisième après huit ans d'attente, eux qui étaient revenus de leur séparation en 2019, prêt à en découdre à nouveau.
Ce troisième album s'appelle 'Something In The Making' et est fait pour n'importe quel amateur de pop qui se respecte. Celle où la mélodie règne en maîtresse absolue. Celle qui donne envie de chanter à haute voix. Celle dont on se surprend à fredonner sans s'en rendre compte une chanson du disque, sans que ce soit la même à chaque fois.
'Something In The Making' de Team Me est de ce bois là. De la mélodie en pagaille, des refrains chantés à chœur plein, de la mélancolie un peu de partout (la voix y est pour beaucoup aussi) et des chansons de très haute tenue, en plus de l'impeccable Song For a Drummer. Comme Hello There, Cirkus Malcolm ou Every Little Dream (en écoute aujourd'hui). Trois, deux, un : chantons à tue-tête.
Album : Something In The Making Année : 2022 Label : Propeller Recordings
Ça m'apprendra à ne pas prendre le temps d'écouter rapidement ce qu'on me conseille. Prenez Team Me, formation norvégienne qui a sorti en 2011 son premier album 'To The Treetops'. Un collègue de boulot jamais en rade de bons conseils m'avait dit de l'écouter.
J'avais zappé. Et voilà t-y pas que vendredi dernier, je me pointe au Transbordeur pour la soirée Inrocks, prêt enfin à célébrer comme il se doit Jason Pierce et ses Spiritualized (rapide compte-rendu ici). Le premier des quatre groupes est déjà sur scène depuis une vingtaine de minutes.
Le groupe en question, c'est Team Me. Je n'aurais la chance que de voir leur dernier morceau, With My Hands Covering Both of My Eyes I Am Too Scared to Have A Look at You Now, qui m'aura tout particulièrement bluffé. Une énergie très communicative, de grandes chevauchées rythmiques, presque un hymne à chanter à tue-tête.
Il s'avère que With My Hands Covering Both of My Eyes I Am Too Scared to Have A Look at You Now (qui a plus l'allure d'un titre d'album que d'une chanson) est aussi le meilleur titre de 'To The Treetops'. Mais pas la seule réussite de cet album qui tient sacrément la route, entre voix à la Magic Numbers, pop échevlée et pleine de choeurs et de mélodies. Un petit plaisir de disque immédiat, qui a le bon goût de durer et qui oui, signifie quelque-chose, que les Team Me ne s'inquiètent pas.
Vous trouverez ci-dessous With My Hands Covering Both of My Eyes I Am Too Scared to Have A Look at You Now en version single (c'est à dire amputé de 2mns!). (malheureusement plus en écoute)
Et puis, pour finir, le clip de leur premier single, Show Me ainsi que celui de Sister :
Chi va piano va sano. Voilà sans doute le nouveau credo de la confrérie norvégienne Team Me qui depuis sa reprise d'activité en 2019 est pour le moins discrète en ne sortant de nouvelles chansons qu'avec parcimonie. Et c'est plutôt dommage tant à chaque nouveau single, on se rappelle à quel point ce groupe a du talent pour composer de belles mélodies de groupe, où chaque voix compte.
Le single de 2021 s'appelle donc Song For A Drummer. Une chanson plus légère que leur Into The Wild de l'an passé et qui elle non plus ne révolutionnera pas le monde de la pop. Mais vu que ce n'est pas ce qu'on leur demande, ce n'est pas très important. Plus simplement, Team Me reprend ici tous les codes du single pour le meilleur : une mélodie légère mais immédiatement attachante, des choeurs qui donnent du corps à l'ensemble pour une chanson rapidement entêtante et qu'on se surprend à fredonner à tue-tête ; en attendant leur prochain single, sans doute prévu pour courant 2022.
Album : - Année : 2021 Label : Propeller Recordings
Il se peut que je m'y prenne mal. Que je ne cherche pas au bon endroit. Ou pose les mauvaises questions à Google. Mais c'est un fait assez récurrent : dès qu'il s'agit de groupes scandinaves, il (m') est souvent compliqué de trouver des informations intéressantes les concernant.
Prenez Nevala, quatuor finlandais originaire d'Helsinki. Ses membres ? Oliver Bentley, Emil Inberg, Sakari Soukka et Ossian Stadigh. Sa discographie ? Quelques singles ici et là au début des années 2020. Un album en février 2022, 'Wastelands, Nevala', sorti chez les suédois de Ninetone Records. Et un second le 18 octobre dernier, 'Take Me to the Honky Tonk'.
Le reste ? Pas grand chose, si ce n'est rien. Qui fait quoi dans le groupe ? Impossible de le savoir. Sur quel label est publié ce nouvel album ? Plusieurs sites indiquent Cheeky Moon mais Internet ne semble ne pas avoir connaissance de cette structure. 'Take Me to the Honky Tonk' existe-t-il autrement qu'en version digitale ? Sans doute pas mais il est impossible de le confirmer. D'ailleurs, vu sa durée (huit titres pour 27 minutes), doit-on vraiment le considérer comme un album ou plutôt partir sur un Ep ?
Vous me direz, tout cela n'est pas très important au final, seule la musique compte, mais c'est dommage de ne pas arriver à en savoir plus sur un groupe qu'on découvre, d'autant plus quand son dernier disque est de qualité. Car, sans rien révolutionner, sans retourner la table de la pop music, 'Take Me to the Honky Tonk' a ce qu'il faut de chansons marquantes (Summer Rain, le mélancolique Letters to Laura, le langoureux Stranger In My Heart), une production qui ne lisse pas les mélodies et une vibe autant Sleepy Jackson que Team Me (ce côté très orchestral) pour charmer son monde. Avec en tête de proue, Honky Tonk (en écoute aujourd'hui), morceau d'ouverture aussi efficace que superbe, qui a tout d'un tube. Espérons le pour Nevala, cela nous permettrait d'en savoir un peu plus sur eux.
Album : Take Me to the Honky Tonk Année : 2024 Label : Cheeky Moon
Étonnamment, en 2020, le premier album des Sports Team n'a pas déclenché de passion débordante. Pourtant, il y avait tout pour les monter au pinacle et en faire une des têtes de gondole de la nouvelle scène rock anglaise tant 'Deep Down Happy' recelait de grands moments et de chansons qui ne demandaient qu'à devenir des tubes.
Deux ans après leur premier effort, Sports Team vient de sortir son deuxième album. Un disque au nom à la con ('Gulp!'), à la pochette moche et que le label a teasé pendant des mois en sortant des singles à intervalles réguliers (nouvelle plaie de la promotion actuelle où chaque disque est vendu à la découpe et connu pour moitié lors de sa sortie). Un album où la voix d'Alex Rice fait toujours merveille mais qui, s'il garde la fougue et la connerie de 'Deep Down Happy', s'il a ses moments de bravoures (R Entertainment, The Drop ou Unstuck, en écoute aujourd'hui), reste globalement moins inspiré que son prédécesseur, avec des chansons moins marquantes et entouré d'une production écrasante et qui me laisse circonspect.
Album : Gulp! Année : 2022 Label : Islands Records
A l'instar de 'Something in the Making' de Team Me dont nous parlions mardi, le premier album de CMAT (pour Ciara Mary-Alice Thompson, ses nom et prénoms) 'If My Wife New I'd Be Dead' n'a pas eu le succès escompté l'an passé. Et pourtant, il avait tout pour séduire les foules (en tout cas, bien plus que son Irlande natale où elle a reçu les éloges qu'elle méritait) : des textes bien sentis, à l'humour souvent grinçant où pointaient pas mal de noirceur, contre point évident de mélodies emballantes, bien orchestrées et très souvent enjouées.
Est-ce que 'Crazymad, for Me' sera la véritable éclosion médiatique de CMAT ? C'est à voir et espérer. Et pour l'instant, cette ancienne fan-hardcore de Bombay Bicycle Club (voir ici) s'y emploie. Preuve en est Where Are You Kids Tonight?, un des premiers extraits de l'album à venir où elle a invité John Grant, ex-Czars, qui continue de tracer sa route en solo après de jolis débuts et un 'Queen Of Denmark' remarqué en 2010. Remarquable chanson que le duo ne se partage pas mais, c'est assez peu courant pour être noté, chante ensemble, tout du long, du premier au dernier vers. Un titre où il est autant question de nostalgie que d’amertume, à la mélodie eighties que leurs voix (CMAT en avant, John Grant en contrepoint) illuminent de mélancolie.
Album : Crazymad, for Me Année : 2023 Label : AWAL
Parce qu'il faut bien finir. Parce que tous ces tops, ça commence à bien faire. Parce que, ça y est, 2022 est très officiellement dans le rétro (et on ne la regrettera pas). Pour tout ça, mettons un point final à cette année avec le traditionnel Top 50 "chansons" (ou morceaux, ou singles, c'est vous qui voyez), ou plus simplement les cinquante titres qui auront fait de ces douze derniers mois
Il est donc question de cinquante chansons aujourd'hui pour conclure ce top 2022 et ouvrir l'année 2023 (que je vous souhaite par ailleurs la plus belle). Cinquante titres qui m'auront autant enthousiasmé que touché. Avec des balades belles à pleurer, des morceaux qui ne demandent qu'à être que des hymnes rock, des chansons françaises sans frontière, de la soul mâtinée de hip-hop, du post-punk d'excellent aloi, du suédois, du grec, de l'algérien avec un zeste gallois, des choeurs fameux, de la power-pop à tomber. Et un numéro un totalement instrumental, à la mélodie et aux cordes merveilleuses. Bonne(s) écoute(s) !
50. Whitney K - Song For a Friend 49. Animal Collective - Strung With Everything 48. Swami John Reis - Ride The Wild Night 47. Lewsberg - Six Hills 46. !!! - Storm Around The World (feat. Maria Uzor)
45. Sports Team - Unstuck 44. Imarhan - Adar Newlan (feat. Gruff Rhys) 43. Lightning In A Twilight Hour - Leaf Fall Is Over 42. Oneida - I Wanna Hold Your Electric Hand 41. Disq - Prize Contest Life
40. Sea Power - Two Fingers 39. Teletype - Everything Everything 38. The Lounge Society - No Driver 37. Body Type - Buoyancy 36. Cloud Cult - One Way Out of a Hole
35. Pete Astor - English Weather 34. MGMT - Tell It to Me Like It Is 33. Black Country, New Road - Bread Song 32. Jockstrap - Greatest Hits 31. Courting - Famous
30. Cheekface - You Wanna Bomb The Middle East 29. Porridge Radio - Birthday Party 28. Pusha T - Dreaming of The Past (feat. Kanye West) 27. Moddi - Tranøy fyr 26. Jane Weaver - Oblique Fantasy
25. Beyonce - Alien Superstar 24. San Fermin - Tired of Loving You 23. Danger Mouse & Black Thought - Belize (feat. MF DOOM) 22. Weird Nightmare - Lusitania 21. Kevin Morby - A Random Act of Kindness
20. CMAT - No More Virgos 19. Surf Curse - Lost Honor 18. La Maison Tellier - Atlas 17. BAMBARA - Little Wars 16. Bill Callahan - Naked Souls
15. The Beths - Knees Deep 14. Crack Cloud - Please Yourself 13. Panda Bear & Sonic Boom - Livin’ In The After 12. Bazooka - Δικιά Μου Αλήθεια (Dikia Mou Alithia) 11. Little Simz - Heart on Fire
10. Hudson Mohawke - Is It Supposed 09. Florent Marchet - Freddie Mercury 08. Anna Tivel - Black Umbrella 07. Team Me - Every Little Dream 06. Sprints - Literary Mind
05. Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce - Oiseau (feat. Bertrand Belin) 04. Pascal Comelade - Cimetière de la photographie 03. U.S. Girls - So Typically Now 02. Get Well Soon - I Love Humans 01. Nyx Nótt - Docudrama
Vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait qu'un intérêt très limité, ci-dessous, vous trouverez non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube. Bonnes écoutes !
Ayé, nous sommes en 2022. Pas dit que l'année prochaine soit formidable, loin de là. Elle a même tout pour être de même nature que sa devancière. Pour autant, on ne pleurera pas la disparition dans les limbes de 2021, année affreuse s'il en est et qui aura réussi à faire pire que 2020, ce qui n'est pas rien.
Musicalement en revanche, quelle année ! Comme déclinée sur les trois premières parties de ce bilan annuel, 2021 fut un grand cru à mes oreilles. Des disques absolument merveilleux. Des claques prises plus souvent qu'à mon tour. Et des chansons, mes aïeux, je ne vous en parle même pas.
Mais avant d'aller plus loin et de détailler ce Top 50 des meilleurs morceaux de l'année, regardons une nouvelle fois ce que les copines, copains et autres voisins ont tiré de cette année 2021 :
Nous disions donc 50 chansons. Cinquante morceaux qui auront passé leur temps dans mes oreilles, certains en partant pour mieux y revenir encore plus puissant. Le numéro 1 a été évident du moment où j'ai posé mes oreilles dessus (je vous conseille d'ailleurs de regarder le clip, d'une classe et d'une beauté folle). Le numéro 2 est un titre fou, du post-punk qui finit comme en électro. Quant à la troisième marche du podium, c'est la plus belle chanson française de l'année, sans conteste possible (et qui ouvre un album qui a raté le cut d'un rien de mon top album). Le reste ? Des chansons presque du même acabit, avec beaucoup de guitares, de la pop dans tous les sens, des vieux sur le retour qui font dans le cliché mais qui le font bien, quelques petites douceurs dont je n'arrive pas à me lasser et quelques tubes sur lesquels on dansera encore dans vingt ans. Bref, cinquante titres. Cinquante chansons. A découvrir ci-dessous.
Et évidemment, au bas de ce classement, des lecteurs Spotify, Deezer et Youtube pour écouter - et voir - ces 50 chansons. Bonne lecture et surtout, bonne écoute !
Et vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait pas d'intérêt, ci-dessous, non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube (qui permettra notamment de voir le clip aussi formidable que la chanson d'Introvert de Little Simz). Bonnes écoutes !
Ca y est : 2024. Mon moi de 2005 n'y croit toujours pas. 2024. C'est quand même dingue quand on y pense. C'est donc vrai : la veillesse n'est donc pas que l'apanage des autres. Très bien, c'est noté. Alors faisons style de rien. Après le top listant les 45-tours et autres compilations de l'année, après le top album en deux parties (ici et là), voilà donc, pour fêter la nouvelle année, les cinquante chansons qui n'auront pas arrêté de tourner chez moi. Peut-être pas les meilleures (ça je n'en sais rien, c'est à vous de juger) mais en tout cas, celles qui m'auront le plus marqué. Le tout en ayant une pensée pour tous ces disques trop vite écoutés, trop vite catalogués « ratés » ou « pas intéressants » et qui à un autre moment se seraient peut-être révélés comme essentiels.
Mais avant de dévoiler ce Top 50 traditionnel, allons visiter les voisins. Et cette fois, pas cinq mais pas moins de dix liens à découvrir. Au cas où vous manqueriez de chansons à écouter ! - La playlist 2023 du toujours de très bon goût La Discothèque de l’Amateur (à retrouver ici ou là)
Cinquante chansons donc. Un quintet totalement féminin (ou quasiment). De l'électro par un pape du genre, de la pop échevelée, du jazz venu d’Égypte, une reprise parmi les plus belles que j'ai pu écouter, une des meilleures chansons par un groupe ô combien essentiel, du post-punk tu en veux, t'en as, de la pop achalandée comme il faut, des chansons touchantes comme jamais, du blues délectable, des chansons pop jazzy à faire fondre le coeur le plus endurci, des morceaux à hurler à tue-tête, un banger absolu en première position, j'en passe et sans doute des meilleures. Tout est à découvrir ci-dessous.
Et évidemment, un top singles n'aurait aucun sens s'il ne pouvait pouvait pas être écouté. Donc, forcément, au bas de ce billet, trois players pour écouter les cinquante chansons en question : un YouTube, un Spotify et un Deezer. Bonne écoute !
Il va de soi qu'un top 50 chansons ou singles sans pouvoir écouter les dits morceaux n'auraient pas beaucoup d'intérêt. Alors comme promis, ci-dessous trois lecteurs, selon vos préférences et/ou vos abonnements : un player YouTube, un player Spotify et un player Deezer. Bonne écoute !
Il y en avait vingt. Et voilà les vingt autres. La crème de la crème pour mes oreilles en cette année 2022. Loin de moi l'idée de dire qu'il s'agit là des meilleurs albums de l'année et que cette sentence est irrévocable. Car ce sont uniquement les albums que j'ai le plus écoutés de l'année. Ceux qui m'auront émerveillés, émus, enthousiasmés plus que de raison.
Mais avant d'aller plus loin dans l'exposé des disques en question, continuons notre traditionnel tour pour voir ce qui est ressorti de l'année 2022 chez les voisins - plus ou moins proches : - Le bilan 2022 de Marc d’Esprits Critiques - Les 50 meilleurs albums de 2022 selon The Revue - Des artistes, des réalisateurs, des écrivains donnent leur bilan 2022 : c'est le très cool "Année des VIP" de Pop News - Le best of 2022 de la rédaction de Stars Are Underground - Le bilan de la rédaction d'Another Whisky For Mister Bukowski
Ils sont donc vingt à composer cette deuxième partie de mes albums de l'année. Vingt albums entre pop à chanter à plein poumons, mélancolie à tous les étages, folk bien ouvragé, rock et post-punk épatants, pop en équilibre précaire, quand elle ne voyage pas dans un expérimental cristallin, hip-hop sans frontière, chansons ethérées et vaporeuses, légende du néo-folk, garage à la sauce pop et en haut, tout en haut, un disque à la simplicité folle mais tellement puissant. Et comme à chaque fois, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous, ainsi qu'un lecteur bandcamp pour le seul morceau absent des plateformes de streaming. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) et à dimanche pour le Top 50 singles (et la bonne année aussi).
20. Courting - Guitar Music [Pias Recordings] Non, Courting n’est pas un énième groupe lambda de post-punk. Comme le laissaient présager leurs premiers singles, ils sont plus que cela. Car 'Guitar Music', son post-punk aux quelques échappées belles vers un rock marqué 90s et sa production maligne, cinglante et métallique, a tout pour leur permettre de s'inviter à la table de la nouvelle génération anglaise.
19. Cloud Cult - Metamorphosis [Earthology Records] Six ans après 'The Seeker', Craig Minowa et ses Cloud Cult ont fait leur retour. Et avec ce qu’ils savent faire le mieux : des chansons qui respirent la pop par tous les pores, les mélodies attachantes, les orchestrations qui s’emballent. Et la mélancolie, toujours cette mélancolie qui s’immisce, s’étend et vous étreint.
18. Micah P. Hinson - I Lie to You [Ponderosa] Micah P. Hinson a toujours l’air aussi malheureux, mais dieu sait qu’il connaît l’art de la belle composition comme personne. 'I Lie to You' est sans doute un de ses albums les plus aboutis de toute sa discographie, un disque très beau où les chansons amples côtoient des titres plus simplement folk - et pas les moins réussis d’ailleurs.
17. Marmalade Mountain - Strange Angels [Magic Nothing] Découvert l’an passé avec un 'Ditties'purement folk, Zack Fischmann sous son alias Marmalade Mountain prend ses aises sur 'Strange Angels' son nouvel album. Un disque bien plus orchestré et produit que le précédent, qu’il n’aborde pas seul et où ses chansons folk sont magnifiées par une joyeuse bande de troubadours autour de lui.
16. Surf Curse - Magic Hour [Atlantic Records] En signant chez les pas vraiment indie Atlantic Records, le duo Surf Curse est devenu un quatuor. Et le résultat est imposant. Porté par quelques titres ébouriffants (Lost Honor ou Fear City notamment), une production qui sait mettre en valeur autant leurs mélodies que l’énergie de leurs compositions, 'Magic Hour' s’avère vite être un de ces petits bonheurs du quotidien, avec sa pop riffeuse, énervée et un rien slacker.
15. Pumice - Phylis [Soft Abuse] Amateurs de pop en équilibre précaire,
le trentième album de Pumice est fait pour vous. Avec sa voix étouffée,
ses instruments qui flemmardent sans jamais s'ennuyer, grincent sans
jamais agacer, enivrent sans jamais étourdir, Pumice crée ici des
structures faites de plusieurs strates et divers niveaux d'écoute pour
un ensemble cohérent dans son instabilité.
14. Porridge Radio - Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky [Secretly Canadian] 'Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky' est le disque qui aurait du faire exploser Porridge Radio. Ce n’est pas encore vraiment le cas (la faute à l’absence d’un titre aussi puissant que Long ?) et pourtant, plus consistant que son prédécesseur (pourtant déjà très réussi), il est un disque d’une grande qualité, plein de passion et de rage, très bien écrit, avec pour tête de proue Dana Margolin, femme aussi incroyable sur disque que sur scène et une future star assurément.
13. Tomberlin - I don’t know who needs to hear this... [Saddle Creek] Merveilleusement produit, 'I don’t know who needs to hear this...' est un disque délicat et touchant, aussi aérien que vaporeux, langoureux et gracile, où la voix de Tomberlin coule, comme lovée dans l'air, sur des mélodies qui semblent sur le point de s'évaporer. « Je ne sais pas qui a besoin d'écouter ça... » se demande-t-elle en une de ce disque. Beaucoup de monde Sarah Beth. Le plus de monde possible.
12. Little Simz - No Thank You [Age 101 Music] Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de 'No Thank You', c'est qu'il semble transpirer de colère. Une colère froide, sourde, que Little Simz contient du mieux qu'elle peut pour éviter qu'elle n'explose, mais qu'elle n'hésite pas à afficher clairement dans des textes pugnaces et qui ne transigent pas. Et puis il y a les productions d'Inflo chiadées, les compositions solides et ce flow inimitable. Dix chanson et cinquante minutes qui oscillent en rap, hip-hop, soul/neo-soul qu'elle agrémente de chœurs gospel à faire frissonner le plus sévère des hommes. Si 'Sometimes I Might Be Introvert'était le côté pile de Little Simz, 'No Thank You' semble être son côté face. A la chaleur des compositions du premier, il y a un sentiment plus froid, plus sombre sur le second. A l'image de la pochette : extravagante et pleine de couleur d'un côté, sérieuse et aux tons noir et blanc de l'autre. Mais dans les deux cas, une grande œuvre d'une artiste qui compte. Qui fait ce qu'elle veut. Comme elle le veut. Quand elle le veut.
11. Pascal Comelade - Le non-sens du rythme [Because Music] Sur 'Le non-sens du rythme', Pascal Comelade fait avancer puis reculer (et l'inverse est aussi vrai) ses mélodies, les détourne pour mieux les pousser dans quelques retranchements, leur faire faire un pas de côté pour mieux les voir prendre de longs raccourcis, quand il ne leur fait pas faire la grande traversée. Tout à la fois pop, rock, psyché, il intrigue, épate et parfois même émeut, que ce soit par la constructions de ses morceaux, pleins de couches et sous-couches qui s'empilent, s'emboitent, se répondent et se complètent, ou par ses mélodies sublimes. Le tout sans jamais perdre une seconde l'auditeur. Du grand Art. En savoir plus Acheter
10. Richard Dawson - The Ruby Cord [Weird World] Sur 'Peasant', Richard Dawson posait ses valises dans l’Angleterre du Moyen-Âge. Sur '2020', dans la même Angleterre mais à l’époque actuelle. Avec 'The Ruby Cord',
il clôt son triptyque en se projetant dans un futur lointain. Et comme à
chaque album, il le fait avec un incroyable sens de la composition
folk, qu’elle soit longue et torturée (le premier titre fait plus de 40
mns !), ou qu'il s’engage dans des territoires plus orchestrés - qui
rappelleraient presque par moment Sufjan Stevens - et aux choeurs
majestueux. Une trilogie monumentale.
Très bien construit, évitant la redite et tenant son auditoire par des mélodies souvent cristallines que la voix de Karie Rich habille à merveille, voilà un album souvent minimaliste, plein de langueur et empreint d'expérimentations légères de la part d’un trio pour qui la scène expérimentale, ambiante et d’avant-garde n’a pas de secret. Un disque somptueux, captivant et enchanteur, à l’immédiateté assez folle. En savoir plus Acheter
08. Team Me - Something In The Making [Propeller Recordings]
Avec Into The Wild et surtout Song For a Drummer lancés en éclaireurs l’an passé, il était presque sûr que les Team Me, de retour aux affaires, allaient satisfaire tous les amoureux de pop qui se respectent. Et de fait, avec ses mélodies en pagaille, ses refrains chantés à chœur plein et sa mélancolie doucereuse, 'Something In The Making' a souvent été un refuge pop ensoleillée tout au long de cette année 2022 pleine de grisaille. Un grand album dont il n’est pas facile de se passer. En savoir plus Acheter
07. Panda Bear & Sonic Boom - Reset [Domino Records] Entre titres de leurs compositions et samples à foison (Randy & The Rainbows, Everly Brothers, Eddie Cochran), Panda Bear et Sonic Boom plongent dans la pop et le rock de la fin des années 50 et du début des années 60, où trames répétitives, reverb, loops, clappings et autres touches synthétiques se tutoient, se mélangent, se complètent ou s'évitent tout à la fois, toujours avec justesse, sans que cela ne semble jamais forcé. Avec toujours cette ombre de Brian Wilson qui plane sur les élans vocaux de Panda Bear, en un peu moins de quarante minutes, le duo réussit sa première grande collaboration. 'Reset' est un disque qu'on qualifiera de pudiquement formidable, rétro dans ses fondations mais actuel dans ses finitions. Un album simple, lumineux à bien des égards, superbement produit - et sans doute le plus facile d'accès de la discographie de Panda Bear. En savoir plus Acheter
06. Billy Woods - Aethiopes [Backwoodz Studioz] Avec Preservation derrière la console qui amène autant de boucles répétitives, de samples que de productions venues de tous les continents sans que cela ne soit un frein à l'unité du disque, ramenant en studio quelques invités de prestige ne tirant jamais la couverture à eux (El-P, Quelle Chris), 'Aethiopes' de Billy Woods se révèle vite être un disque de hip-hop, souvent abstract, à la finesse et l'écriture impeccables. Très grand album. En savoir plus Acheter
05. CMAT - If My Wife New I'd Be Dead [AWAL Recordings] Souvent doo-wop, un rien cheesy, rappelant ces girl band des années 60, et avec une voix qui sait monter dans de belles hauteurs, l'Irlandaise CMAT (pour les initiales de son nom: Ciara Mary-Alice Thompson) aura été une des révélations de mon année. Avec son canevas country pop, elle alterne ici tubes, balades country et petites douceurs mélancoliques, avec de belles orchestrations qu'elle agence joliment en y cachant moult détails, des textes bien écrits, pas dénués d'humour (grinçant) et où se cachent souvent beaucoup de souffrances passées. En savoir plus Acheter
04. Current 93 - If A City Is Set Upon A Hill [HomAleph] Perdu de vue depuis 2014 et un 'I Am the Last of All the Field That Fell' sombrement beau et qui m’avait enchanté, Current 93 et David Tibet auront fait un retour remarqué dans mes oreilles en 2022. 'If A City Is Set Upon A Hill'
est un disque somptueux, qui a les atours d’un disque neo-folk mais qui
est bien plus que ça, et où ses mélodies lumineuses sur lesquelles
David Tibet vient raconter ses histoires, font merveille.
03. Weird Nightmare - Weird Nightmare [Sub Pop] Projet solo du leader de METZ, Alex Edkins, Weird Nightmare aura été un des disques qui aura le plus tourné cette année. Loin de la fureur de son groupe d’origine, on est ici entre garage-rock et indie où la pop a son mot à dire. Des compositions soignées, de la guitare en veux-tu, en voilà, des hymnes à chanter à tue-tête (Lusitania), ce premier album est impeccable de bout en bout. Immense coup de coeur.
02. Black Country, New Road - Ants From Up There [Ninja Tune]
Février 2022 ou « vie et mort d'un groupe ». Voilà ce qui pourrait être épitaphe de ce 'Ants From Up There' de Black Country, New Road, deuxième album mais le dernier avec son chanteur Isaac Wood qui, peu de temps après sa sortie, décidait pour des raisons de santé psychologiques de quitter ses six amis. Un choc tant sa voix en forme de montagnes russes, qui rappelle Bowie par moment, se marrie tellement bien avec ces compositions qui ici délaissent les guitares de 'For The First Time' (leur premier album) pour mieux exposer un côté folk-pop, aussi arty, orchestral que post-rock. Disque ambitieux et superbement composé, 'Ants From Up There' est en tout cas la mort d’un groupe. Son épitaphe. A lui de trouver leur nouvelle route pour ses aventures futures.
C'est par quelques simples mots que Nina Nastasia est revenue aux affaires en avril dernier. Un texte pas loin d'être poignant qui explique les raisons de son absence pendant douze longues années. Elle y revient sur ses malheurs et sa très longue relation avec son producteur et compagnon qui n'a fait que de se détériorer au fil des ans, devenir malsaine, la coupant du monde, pour se terminer dans le drame, Nina Nastasia décidant finalement de le quitter, lui, préférant dans la foulée mettre un terme à ses jours.
Deux ans après les faits, l'américaine publie 'Riderless Horse', son septième album, et celui de mon année. Un disque très simple (elle est seule avec sa guitare) mais aux textes aussi touchants que durs, joyeux, tristes, bouleversants à bien des égards ; qui reviennent sur sa vie d'avant autant que sur ce qui s'ouvre devant elle. Comme elle le dit elle même : « Riderless Horse documents the grief, but
it also marks moments of empowerment and a real happiness in
discovering my own capability ».
Produit par son ami de toujours Steve Albini, enregistré dans le plus simple appareil dans un phare, 'Riderless Horse' est l'album le plus dépouillé et à la fois le plus puissant de l'année. Sur Afterwards, le morceau qui clôt l'album, elle finit par ces mots : « Oh, how I wanna live ». Oh oui, vous pouvez madame. Vous devez même. Votre retour est une bénédiction. Bon retour à la vie Nina.
Comme
promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous, avec également un lecteur bandcamp pour le morceau extrait de l'album de Current 93, absent des plateformes de streaming (de la place 01 à 20) :