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jeudi 9 avril 2009

[Track of The Day] The Beatles - Lucy In The Sky With Diamonds (Us mono version)

Si l'on ne sait pas encore quel sera l'album de l'année, on peut d'ores et déjà annoncer que l'évènement 2009 sera la réédition complète du catalogue Beatles. ENFIN! Depuis des années, cette histoire était devenue l'arlésienne du monde musical. Et puis finalement...

Au programme des réjouissances donc, le remastering complet du catalogue en version stéréo, avec livret fouillé et tout le toutim ainsi (et c'est là que ça devient intéressant) qu'un remastering mono! Oui, mono!
Il faut savoir que The Beatles ont enregistré tous leurs albums (sauf 'Abbey Road') en mono et pas en stéréo. Pourtant, en 1987, ce sont des versions stéréo qui ont vu le jour. Une aberration finie.

Il y a quelques mois, grâce à un web-ami fan des Fab 4, j'ai découvert les versions mono du 'White Album', de 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band', de 'Revolver' et de 'Rubber Soul', compilées par un certain Dr Ebbetts, fou furieux et Beatlesmaniac qui avait tout nettoyé et encodé à partir de vinyles d'époque. Et là, c'est presque comme si j'avais redécouvert l'œuvre de Paul, John, George et Ringo.

Car les différences sont notables: la basse est bien mieux mise en valeur, le son est meilleur, et bizarrement je trouve le groupe plus proche. Surtout, leurs compositions me semblent moins lisses (et je ne m'étais pas fait la remarque avant d'écouter les versions mono) et tout sonne juste.
Sur 'Sgt. Pepper' par exemple, les trois premiers titres sont une mise au point flagrante: le titre éponyme qui ouvre l'album est plus nerveux (la fin du morceau n'est pas avare en riffs comme la version stéréo), A Little Help From My Friends a plus d'effets sur les voix et quant à Lucy In The Sky With Diamond, elle est plus lente dans sa forme originale (et pleine d'effets aussi). Étonnant. Et très intéressant. Bref, une foultitude de petits détails qui, certes, pris un à un ne change pas la face du monde mais sur 40 mns, renverse tout.
Mais surtout et avant tout, l'intérêt de ces versions mono réside dans le fait que que ce sont celles que les Beatles et George Martin ont voulu et ont enregistré. Rien de moins logique au final.

Pour info, ces rééditions verront le jour le 9 septembre prochain. D'ici là, il reste toujours les versions du Dr Ebbetts, comme celle de Lucy In The Sky With Diamond, en écoute aujourd'hui. 

Album: Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (US Mono version) 
Année: 1967 
Label: Apple

lundi 30 octobre 2017

Chad VanGaalen - Light Information [Sub Pop]

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Ou qui ne prennent pas le temps d'écouter. Imbécile je l’ai été un long moment avec Chad VanGaalen. La faute à un ‘Skelliconnection’ en 2006 qui ne m’avait vraiment pas plu. Et pourtant, l’étiquette Sub Pop était déjà là. Et comme un imbécile, j’avais laissé là le canadien aller jouer avec ses mélodies lo-fi qui ne me touchait pas le moins du monde.

Sa venue à Lyon pour défendre son nouvel album aura donc eu raison de mon entêtement. Car avant d’aller le voir jouer sur scène, j’ai écouté ‘Light Information’, son dernier (et sixième) album en date. Je ne parlerai peut-être pas de révélation mais pour le coup, ce disque est un sacré coup de tête bien placé dans mon entêtement à ne pas m’intéresser à cet artiste.

Brinquebalant, pleins de guitares, de mélodies accrocheuses et même de tubes potentiels (évident Old Heads, vrai tube indie en puissance, avec une mélodie catchy au possible qui débarque au moment du refrain, mais aussi Mind Hikacker’s Curse, qui ouvre l'album), le tout porté par une production (qui me rappelle par moment celle de George Martin pour les Beatles) qui donne un corps à toutes ses chansons, ‘Light Information’ est un disque épatant. Pop (il y a du Fab 4 dans cet album et un je ne sais quoi qui me fait dire qu’Elliott Smith aurait très bien pu écrire ce genre d’album s’il était encore parmi nous), wave par moments mais noisy-lo-fi à la fois, il rabat mon caquet.

Et sur scène, c'est sans doute encore mieux. Accompagné d'un batteur aux faux airs de Newman de Seinfeld, d'un bassiste et d'un guitariste en version cheap de Jay Mascis/Lou Barlow, Chad VanGaalen, calé sur un côté de la scène, balance ses chansons comme s'il était dans les années 90. Et rappelle furieusement Pavement (et pas parce que sa voix sonne comme celle de Malkmus).

Je ne sais pas si le reste de la discographie de Chad VanGaalen sur laquelle je ne me suis jamais penchée vaut le coup, mais ce ‘Light Information’, depuis sa découverte, est un album épatant. Et qui grow, qui grow, qui grow… (Sortie : 8 septembre 2017)

Plus :
'Light Information' de Chad VanGaalen est en écoute sur son bandcamp
'Light Information' de Chad VanGaalen est à l'achat sur son bandcamp
'Light Information' de Chad VanGaalen est en écoute (notamment) sur Deezer et Spotify

Trois titres de ce 'Light Information' de Chad VanGaalen. A tout seigneur tout honneur, Old Heads, le tube certifié de ce disque (en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer dans la colonne de gauche de ce blog). Puis, Mind Hikacker’s Curse, la chanson qui ouvre l'album. Et pour finir, Static Shape, la chanson qui clôt 'Light Information' de Chad VanGaalen :





Enfin, le clip de Pine and Clover, le premier single de ce 'Light Information' de Chad VanGaalen :


dimanche 18 novembre 2007

[Oldies] The Hollies – For Certain Because... (1966)

Autant se l’avouer tout de suite, ce ‘For Certain Because…’ des Hollies est tout sauf un classique, un de ces disques qui marquent des générations entières. Pour plein de raisons. Il n’empêche, c’est un album sur lequel j’aime retomber, au hasard d’un énième rangement de discothèque. Et donc, en ce froid week-end de novembre, je me suis dit qu’un peu de pop sixties ne ferait de mal à personne. Encore moins à ce blog.

The Hollies, s’ils ont connu un vrai succès commercial dans les années 1960, ne sont donc pas restés dans les mémoires. La faute à quatre garçons dans le vent, adulés aux quatre coins du globe depuis près de 50 ans, qui ont un peu vampirisé toute la pop de cette décennie magique.

The Hollies se sont formés, en quelque sorte, à l’école maternelle quand, à l’âge de cinq ans, Allan Clarke et Graham Nash (le Nash de Crosby, Still, Nash & Young, c’est lui), les deux leaders du groupe, font connaissance à Salford, dans la banlieue de Manchester. A l’adolescence, les deux garçons forment un duo et écument les pubs et autres coffee-houses du coin sous différents noms (The Guytones, The Two Teens, …) avant de créer, suite à une rencontre avec Don Rathbone et Eric Haydock, The Hollies.

Très pop aux harmonies vocales inspirées par les Everly Brothers, The Hollies deviennent rapidement un groupe Beatles-alike. La faute à ce son, ces mélodies et ces morceaux courts qui rappellent tant les Fab 4. Mais également à leur histoire propre. Car en 1963, le groupe est repéré par un des managers d’EMI, Ron Richards au Cavern Club, à Liverpool, là même où la bande de Paul et John avait été découverte quelques années plus tôt, par l’ami George Martin.

'For Certain Because...' sort en 1966. Concrètement, c’est leur neuvième sortie discographique, tout pays confondus (rappelons qu’à l’époque, les sorties Uk et Us étaient différentes) et leur quatrième (sur cinq !) de l’année en cours ! Un rythme de fou, hallucinant. Cet album là marque toutefois une rupture avec le reste de leur discographie : pour la première fois, le disque ne contient aucune reprise de vieux standards ou d’obscurs titres oubliés (comme c’était courant à l’époque). Surprenant changement de direction pour un groupe qui enchaîne les tubes. Mais plutôt logique finalement.
Car en 1965, The Hollies sortent leur version à eux de If I Needeed Someone des Beatles. Si le titre se classe dans les hit-parades, les critiques sont cinglantes, la plus virulente venant directement de Georges Harrison qui qualifie la reprise de soulless.
Ainsi donc, et pour la première fois, The Hollies ne sort que des compositions originales et d'une grande efficacité.

'For Certain Because...' est court, dépasse à peine la demi-heure, compte douze titres et fait montre d'un vrai talent d’écriture. Bien sûr, l’influence d’album comme 'Rubber Soul', 'Revolver' ou 'You Really Got Me' de Ray Davies et de ses Kinks est énorme. Mais le groupe, beaucoup plus que le passé, appose sa patte et pond quelques titres vraiment très réussi (l’hispanisant Crusader, le bondissant Tell Me To My Face ou le Beatles-ien It's You, voir plus bas). Et sort un album plus que réussi, concis, carré et qui fait mouche.

Aujourd’hui, qui se souvient de The Hollies dans le grand public ? Plus personne. Ou presque. Un groupe oublié mais qui aura marqué son époque et ses hit-parades. Peut-être des sous-Beatles. Peut-être des sous-Kinks. Voire des sous-Beach Boys. Ce qui n’en fait pas pour autant des tâcherons de premier ordre, bien au contraire.

Première sortie: 1966 (Parlophone)
Réédition: 2000 (EMI)


Son:
Myspace
Site officiel


Trois titres en écoute: It's You, Crusader et Tell Me to My Face :