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jeudi 11 décembre 2008

Top 6 "Drug"

Comme je l’expliquais dans un billet du 14 février dernier, à l’occasion de la Saint Valentin, «l’artiste musical écrit principalement sur trois thèmes : l’amour (le plus largement répandu, le léger aussi), la drogue (on y reviendra un jour dans ces pages) et la peine, la douleur ou la déception amoureuse». Après avoir traité de la déception amoureuse (voir ici), il est temps de passer à un sujet tout sauf tabou dans la musique, la drogue. En plus, j'avais promis.

Car oui, le sujet est vaste et regorge de chansons traitant de toutes sortes de stupéfiants. Bien sûr, il y a tous les classiques des artistes des années 60/70, traitant aussi bien de la cocaïne (J.J. Cale, Clapton, Johnny Cash), que de l’héroïne (The Velvet Underground, Brown Sugar des Rolling Stones), sans oublier le LSD (Lucy in the Sky with Diamond des Beatles évidemment, Purple Haze de Jimi Hendrix) ou les champignons et toute la clique de drogue hallucinogènes (White Rabbit des Jefferson Airplane). Il aurait été facile de reprendre ces titres là, d’en choisir les six meilleurs et d’en faire un top. Car ce sont toutes des grandes chansons.

Mais il existe bien d’autres morceaux traitant du sujet (et pas que des drogues douces), et dans tous les styles, du hip-hop au folk, de l’electro au rock. Et comme j'ai plutôt envie de vous proposer des titres moins connus mais d'aussi bonne qualité.
Prenons par exemple Jack The Ripper et son I Was Born a Cancer qui nous raconte son «divine holocauste» en parlant de la fumée de sa camel qui vient chatouiller quelques notes de guitare et de violons. Ou Baxter Dury qui «wear friendly smiles» sur Cocaine Man et sa guitare lancinante ; The Who et leur histoire triste à pleurer de cet homme dépendant au whisky qu’ils racontent avec leur touché si reconnaissable.

Et puis il y a les autres : Madlib et MF Doom qui évoquent, pleins d’images dans la bouche, un de leurs sujets préférés, la weed ; les !!! qui reprennent une bien belle chanson des Magnetic Fields, au titre très explicite (Take Ecstasy With Me) et la font durer deux fois plus longtemps par rapport à l’originale, comme une seconde invitation à gober avec eux ; et enfin Vitalic et un de ses premiers titres, You Prefer Cocaine, exubérant et efficace, comme toujours.

Bref, un tour rapide du monde de la drogue, entre fumée de cigarettes, alcool à gogo, roulage de joints, ligne de coke et gobage d’ecstasy. A quelques heures de noël, ce n’est pas forcément trop dans l’esprit. But who cares vu qu’on plane à 10 000 ?



Tracklisting:
Jack The Ripper - I Was Born a Cancer (Ladies First, 2005)
Baxter Dury - The cocaine man (FloorShow, 2004)
The Who - Whiskey Man (A Quick One, 1966)
Madvillain - America's Most Blunted (Madvillainy, 2004)
!!! - Take Ecstasy With Me [Magnectic Fields cover] (Take Ecstasy With Me 12")
Vitalic - You Prefer Cocaine (Poney Ep, 2004)
















Et pour finir, exceptionnellement dans un Top 6, un clip qui résume bien le sujet: celui de E-Talking des Soulwax (le côté rock des 2 Many Dj's). Une de mes vidéos préférées. Un clip fascinant, très drôle et bien évidemment interdit de diffusion télé :


mardi 4 septembre 2007

Vitalic - V-Live [Citizen]

27 octobre 2006. Bruxelles. Ancienne Belgique. PIAS Nites. 2500 personnes viennent d'assister à un set d'une heure des Infadels, groupe anodin parmi les groupes de rock anodins actuels, certes pas risible mais pas renversant non plus. La salle est à moitié pleine; l'autre moitié se trouve dehors, aux bars, histoire de se désaltérer avant le set de celui que tout le monde attend: Vitalic.

Pascal Arbez
, chauve dijonnais de son état a sorti deux ans plus tôt son premier album 'Ok Cowboy', mélange dépotant des meilleurs titres tiré de ses Eps précédents et de nouvelles compositions démentes. Depuis cette date là, et même si le phénomène existe depuis 2001 (tous les djs du monde ne voient pas leurs titres joués par Aphex Twin ou les 2Many Dj's, excusez du peu), Vitalic est devenu plus qu'une valeur sûre de la scène électro. Et on loue ses sets de partout, certes courts (une heure) mais d'une intensité folle, notre homme démarrant pied au plancher pour ne le relever que lorsque les lumières se rallument.Alors quand la salle s'est remplie jusqu'à ras-bord, il y avait de l'électricité dans l'air. Comme une envie de se dire « bondiou, ca va être court. Tachons d'en profiter ». Et puis Polkamatic a coupé net le brouhaha ambiant et les questions. C'est juste un cri de joie qui a retenti.

Un cri qui ne s'est pas éteint tout au long de la grosse heure de live que nous a offert Vitalic, caché derrière un drap blanc translucide, habillé d'images et de jeux de lumières des plus adéquats.

Un rythme ahurissant, des montées tonitruantes, des explosions sonores inimaginables, des breaks renversants. Oui, beaucoup de superlatifs mais son set n'en manque pas. Et notre homme a tellement de talent que même lorsque ses machines plantent (à la fin de La Rock 01), personne dans le public ne s'en rend compte, préférant imaginer une coupure naturelle et voulue.
Un public et une salle qui tangue tout du long. 2500 personnes à bloc, sautant à pied-joints, les bras en l'air, chacun et chacune « trippant » (ce mot n'a peut-être jamais eu autant de sens) seul mais formant un tout d'une rare cohésion. 2500 personnes n'hésitant à créer et brailler ses propres hymnes sur les airs plus calmes du set. Et même quelques dizaines de personnes n'hésitant pas à monter sur scène, une banane collée jusqu'aux oreilles.

Au final, quinze titres. Sept connus (la Rock 01, un My Friend Dario en format bombe-H sonore, un No Fun démoniaque) et huit nouveautés qui laissent augurer de très bonnes choses pour le futur dont un Rhythm In a Box 1 et 2 et un Anatoles des plus réussis et efficaces.

Quand Valetta Fanfares a clos le live, quand les lumières se sont rallumées, quand le public a commencé à juste vouloir voir son héros du jour, sans forcément en redemander, encore sonné de la claque qu'il venait de recevoir, Vitalic est arrivé sur scène, gêné mais heureux, acclamé par 2500 personnes encore déchaînées, prenant un rapide bain de foule. Et puis il est parti. Et la salle s'est vidée.Sur le trottoir le long de l'avenue qui longe l'Ancienne Belgique, c'est un public hagard qu'on a retrouvé. Hagard mais content. Une foule ravie d'avoir pris une telle baffe, la trace de la baffle encore sur la joue.

Et alors qu'on attendait un nouvel album (un deuxième opus qui aurait pu déjà voir le jour mais le perfectionniste Arbez aurait préféré retravailler certains morceaux), voilà que Citizen (via Pias) a l'excellente idée de sortir ce concert sur galette sous le sobre titre de 'V-Live'.

Le live en entier, plein de basses montées sur ressort et d'un public que l'on entend orgasmer tout du long du concert. Un savant mix des différentes sources sonores qui rend l'ensemble très « comme si vous y étiez ». Un grand moment. Et un disque à posséder. Mais fissa. Le disque ultime pour commencer une journée quand on a les paupières encore collées aux pupilles. Ou pour la finir. Ou pour faire partir une soirée. Ou pour rouler la nuit sur de longues nationales toutes droites.

Bref, ce V-Live n'est rien d'autre qu'un bonheur auditif assez ahurissant. Indispensable après un été pourri et une rentrée déprimante. Et le disque électro de l'année. (sortie le 24 septembre 2007)

Lien: 
Myspace

Et deux morceaux. A ne pas écouter au bureau au risque de se taper la tête contre les murs. Et de passer pour un débile:. Deux morceaux malheureusement plus en ligne.

Tracklisting:
01. Polkamatic
02. Disco Nouveau-live intro *
03. Bambalec *
04. Anatoles *
05. Follow The Car *
06. Bells
07. The 30000 feet club *
08. Rhythm In A Box 1 *
09. Rhythm In A Box 2 *
10. La Rock 01
11. Detroit Grand Pubahs & Dave the Hustler presents "Filth' n' dirt - Go Ahead" (Vitalic Garage Remix)
12. My Friend Dario
13. No Fun (Play The Guitar Johnny)
14. Fast Lane *
15. Valletta Fanfares live version outro

*: titres inédits.