Commençons, une fois n'est pas coutume, par relever le seul défaut de la chanson du jour : sa toute fin. Pourquoi terminer un titre comme Nothing Really Changes par un fade out - et qui, qui plus est, arrive très tôt après la dernière relance ? Pourquoi ne pas donner à ce morceau un vrai point final et arrêter les guitares plutôt que les laisser lentement disparaître ?
Mais cessons d'être sévère (car cette première remarque l'est) et disons tout le bien que l'on doit en dire. Œuvre de RVG (pour Romy Vager Group, du nom de la chanteuse), quatuor australien
venu de Melbourne, Nothing Really Changes est le premier extrait de 'Brain Worms', leur troisième album à venir le 2 juin prochain.
Une chanson qui annonce peut-être un changement de dimension pour RVG après un 'Feral' charmant à bien des égards même si un poil inconsistant sur la longueur, entre jangle et garage-pop aux effluves eighties. Car Nothing Really Changes n'y va pas par quatre chemins : la production est musclée, les guitares sont massives, la construction du morceau, faites de strates qui s'accumulent et se relancent, vous tient tout du long et le petit gimmick au synthé fait office de cerise sur le gâteau. Une chanson qui pourrait être une sorte de synthèse entre les Kills (de seconde partie de carrière) et les Sons and Daughters (ou en tout cas ce qu'ils auraient pu ou dû être au sortir de leur premier Ep 'Love The Cup'). Mais qui est avant tout, fade out ou pas, une grande chanson, catchy à souhait.
Album : Brain Worms Année : 2023 Label : Ivy League Records / Fire Records
Après un premier billet consacré aux formats courts (lire ici), deuxième partie de mon bilan musical de l'année 2011 avec cette fois la partie Singles. Ou chansons. Ou morceaux. Ou titres. Ou tubes. Appelez ça comme vous le voulez.
Cette année 2011 aura, à mes oreilles en tout cas, produit de grands morceaux. Des chansons dont je ne me lasse pas, loin de là. Il y a un peu de tout sur ces 50 titres, peu de hip-hop c'est vrai, et une majorité de chansons prenant leurs influences directement dans les années 80, ce qui n'est pas pour me déplaire. Mais plus que de longs discours, écoutons: en bas se trouve un lecteur Grooveshark compilant ces 50 chansons. A (re)découvrir. Bonne(s) écoute(s). Et à ce week-end pour le top album!
50. Adele – Rolling in the Deep [XL] 49. Clap Your Hands Say Yeah – Same Mistake [Self-Released] 48. Francis – Here Is The Key [Strangers Candy] 47. The Decemberists – This Is Why We Fight [Rough Trade] 46. The Tallest Man on Earth – Weather of a Killing Kind [Adult Swim] 45. Mitten – Similar Sense [Self-Released] 44. British Sea Power – We Are Sound [Rough Trade] 43. Girls – Vomit [True Panther] 42. Metronomy – She Wants [Because] 41. Yellowcard – Life Of Leaving Home [Hopeless] 40. Lanterns on The Lake – If I've Been Unkind [Bella Union] 39. Ellen Allien – The Kiss [BPitch Control] 38. Kim Novak – New-York [Kütü Folk] 37. Vandaveer – Concerning Past & Future Conquests [Alter-K] 36. Buck 65 – She Said Yes [WEA] 35. Bright Eyes – Shell Games [Saddle-Creek] 34. Theophilus London – Love Is Real (Feat. Holly Miranda) [Reprise] 33. Botibol – Friends [HipHipHip] 32. Battles – Futura [Warp] 31. The National - Think You Can Wait (feat. Sharon Van Etten) [Self-Released] 30. Kwoon – The Last Trip Of A Drunken Man [Self-Released/Fin de Siècle] 29. L'Altra – Black Wind [Acuarela] 28. Radical Face – All is Well (Goodbye, Goodbye) [Self-Released] 27. Cheveu – Charlie Sheen [Born Bad] 26. 13 & God – Armored Scarves [Alien Transistor] 25. Those Dancing Days – Can't Find The Entrance [Wichita] 24. Aidan Moffat & Malcolm Middleton – Two Cousins (Slow Club cover) [Moshi Moshi] 23. Hal – Be With You [Self-Released] 22. Destroyer – Savage Night At The Opera [Merge] 21. Low – Nothing but Heart [Sub Pop] 20. Maria Taylor – Masterplan [Saddle-Creek] 19. Snow Patrol – Called out in the dark [Polydor] 18. Tapes n' Tapes – Freak Out [Ibid] 17. Sons and Daughters – Rose Red [Domino] 16. The Kills – Future Starts Slow [Domino] 15. Handsome Furs – Repatriated [Sub Pop] 14. Para One & Tacteel – Touch [Fool’s Gold] 13. M83 – Midnight City [Naïve] 12. The Dears – Galactic Tides [Dangerbird] 11. The Weeknd – The Birds Part. 1 [Self-Released] 10. Dum Dum Girls – There is a Light That Never Goes Out (The Smiths Cover) [Sub Pop] 09. Four Tet – Pyramid [Text] 08. The Pains of Being Pure at Heart – Tomorrow Dies Today [Slumberland] 07. Apparat – Black Water [Mute] 06. The Vaccines – Post Break-Up Sex [Columbia] 05. Miossec – Chanson Pour Les Amis [PIAS] 04. Lescop – La Forêt [Pop Noire] 03. Cold Cave – Villains of The Moon [Matador] 02. The Lonely Island – I Just Had Sex (feat. Akon) [Universal Republic] 01. dEUS – Ghost [PIAS]
Comme prévu et promis, un lecteur grooveshark qui compile ces 50 chansons, dans l'ordre croissant :
J'aurais aimé vous parler d'un autre album qui m'a émoustillé le pavillon dernièrement mais je n'ai pas eu/pris (c'est selon) le temps de le faire. Surtout qu'après le toujours si entêtant Future Starts Slow des Kills d'hier, il fallait un enchainement de qualité: et cet album avait ce qu'il faut pour remplir ce rôle.
Mais passons. Et changeons totalement de registre avec Vincent Bestaven qui commence aujourd'hui à être connu sous le nom de Botibol. Chez ce bordelais, pas de rock ni de guitares abrasives. Juste de la folk énergique et pleines de mélodies qui rappelle, au hasard Mouammar, les Toy Fight.
Je n'ai pas encore assez écouté 'Born From a Shore', le premier album de Botibol, pour avoir un avis ferme (pour ca, allez faire un tour chez Panda Panda). Par contre, j'ai écouté plus que de raisons Friends, la chanson par laquelle j'ai découvert cet artiste (grâce à Antoine Mairé soit dit en passant): xylophone, jolis chœurs, guitare électrique légère, mélodies endiablées. Un petit régal, très classique dans sa construction, mais terriblement, absolument magnifique. Et accessoirement une des plus belles choses entendues en 2011.
Album: Born From a Shore Année: 2011 Label: HipHipHip
Allée se perdre avec Jack White le temps de deux albums douteux, la belle Alison Mosshart semble avoir retrouvée la raison en rejoignant son compère Jamie Hince et en revenant à son premier amour: The Kills.
Quatrième album pour le duo anglo-américain, 'Blood Pressures' est un disque rentre-dedans avec un son puissant et qui propose d'ouvrir les hostilités avec Future Starts Slow (en écoute aujourd'hui), «un des tubes de l'année selon des auditeurs». Dans le genre bonne idée...
On trouvera à redire sur quelques titres (l'inutile Wild Charms qui vient couper sans finesse un bel enchainement de titres puissants, un Damned Is She Do à l'enregistrement particulier. Notamment). Mais au final The Kills proposent via ce 'Blood Pressures'un album solide bien campé sur ses bases et qui en met plein la vue et les oreilles, même quand ils s'essaient à la balade presque sirupeuse (The Last Goodbye, charmant).
Quand j’étais plus jeune, dans la vieille bâtisse qui fait office pour ma famille de maison de vacances, en haut des escaliers qui menaient au deuxième étage, trois affiches étaient placardées contre un mur qui décrépissait minutes après minutes : une de Bauhaus, une de The Jam et une de The Human League. Trois affiches installées là par mes cousins plus âgés et nés au milieu des années 60. Et trois affiches restées gravées dans ma mémoire.
Les années ont passé et j’ai découvert The Jam de Paul Weller. Reste Bauhaus. Et donc The Human League. Un groupe que je croyais forcément ridicule et qui symbolisait, pour l’adolescent que j’étais, les années 80, décennie que je détestais par-dessus tout (avant de me rendre compte, quelques années plus tard, que j’avais totalement tort). Erreur. Car The Human League n’est rien de tout cela. Tout du moins avec ‘Travelogue’, l’album qui nous intéresse aujourd’hui.
The Human League est un groupe qui voit le jour en 1977, en pleine explosion du punk, quand Martyn Ware et Ian Craig Marsh convient leur ami Philip Oakey à les rejoindre. Rapidement, le trio, sûr de son talent, se met à démarcher les labels ; c’est Fast Records qui répond le premier à leur demande et leur fait signer leur premier contrat. Being Boiled est leur premier single. Tiré à très peu d’exemplaires et au succès relatif, le groupe se voit toutefois encensé par le NME et qualifié par Johnny Rotten des Sex Pistols de groupe de «trendy hippies» (hippies qui ont du goût).
The Human League décide alors de défendre sa musique sur scène. Après leurs premiers concerts, le groupe décide d’embaucher Philip Adrian Wright, ami de Philip Oakey. Sa mission ? Donner un univers visuel au groupe.
Son travail est rapidement récompensé; le groupe obtient une certaine notoriété et enchaîne les premières parties. Celle de décembre 1978, pour Siouxsie & The Banshees, va changer la donne. Ce soir là, un certain David Bowie est dans la salle. Il en ressort totalement abasourdi et déclare qu’il vient «de voir le futur de la pop». Rien de moins !
Inspiré, The Human League sort son premier Ep, ‘The Dignity of Labour’, composé de quatre titres instrumentaux assez expérimentaux. Malgré cela, Virgin Records se montrent très intéressés par le groupe, le débauchent de Fast Records et les font signer.
Le souci, c’est que sortir des disques sur une structure indépendant n’a rien à voir avec travailler pour une major. The Human League va vite l’apprendre à ses dépends. Malgré une promesse de liberté artistique totale, Virgin souhaite voir le groupe prendre une direction plus commerciale. Dans l’incapacité morale de refuser (le groupe a reçu une énorme avance à la signature), Martyn Ware accepte. A une condition : que les singles qui sortiront sous cette forme là le soit sous un autre nom que The Human League.
C’est donc sous le nom The Men que I Don’t Depend on You voit le jour. Un titre qui n’a rien à voir – ou presque – avec la musique originelle de la bande à Ian CraigMarsh. Le hic – et la chance du groupe – c’est que le tube n’en est pas un et Virgin, comprenant son erreur, décide d’arrêter d’imposer au groupe un style qui ne lui convient pas.
The Human League se remet alors au travail et sort enfin son premier album, ‘Reproduction’, en août 1979. Le disque est un tel bide que le label annule la tournée du groupe en 1979. Pas désabusé, le groupe décide de repartir à l’attaque, sort ‘Holiday ‘80’ Ep en avril 1980 et connaît un premier vrai succès – ils sont invités à Top of The Pops, référence parmi les références à l’époque. Dans la foulée, The Human League enregistre ‘Travelogue’.
Un disque audacieux, dans la droite lignée de son prédécesseur, avec un tantinet plus de tubes, mais toujours aussi froid, frigorifique même. ‘Travelogue’ est un album noir et austère, porté par la voix de Phil Oakey et les synthétiseurs de Martyn Ware et Ian Craig Marsh ; à la fois pop mais electro, expérimental mais dansant, synthétique et visionnaire. Car ‘Travelogue’ est plus qu’un simple album. Il est une bénédiction et une œuvre qui a une décennie d’avance – il est dur de ne pas entendre dans Dreams of Leaving ou Life Kills des sonorités de groupes actuels, ne serait-ce qu’Animal Collective.
Malgré une 16è place dans les charts, le disque reste un échec. De plus en plus miné, le groupe se déchire, Oakey et Ware ne se supportent plus. Le divorce est consommé. Mais bizarrement, c’est le dernier arrivé qui obtient la garde de The Human League. Les deux fondateurs laissent donc leur bébé à leur ancien ami et partent fonder Heaven 17. Pendant ce temps là, Oakey recrute deux voix féminines, reforme The Human League, change de registre et compose l’énorme Don’t You Want Me. Nous sommes en 1981. Et The Human League s’apprête à dominer le monde.
Son: Myspace Site officiel Première sortie: 1980 [Virgin] Dernière réédition: 1988 [Virgin] En écoute, trois titres. The Black Hit of Space composé dans l’hyper-espace, Dreams of Leaving étonnamment actuel et Being Boiled, le vrai tube de cet album, composé par Phil Oakey, dont Visage piquera quelques parties pour composer son Fade to Grey :
Après les Eps, 7" et autres compilations, il est temps de passer au top "chansons" de l'année. Comme l'an passé, et vu que j'ai écumé beaucoup de sillons cette année, j'ai choisi de présenter un top 75. Car si je n'ai pas été touché (loin de là) par tous les disques que j'ai écouté, beaucoup contenaient de petites merveilles.
Le meilleur exemple est l'album de Dancing Mice, groupe écossais de son état, qui aura sorti un 'Eroded' d'un ennui sans nom... mais qui débute par une merveille de revival songs et qui rend un hommage aux 80s assez magistral, comme rarement entendu ces derniers temps d'ailleurs, It's Abnormal.
Le top 20 (hormis les trois premiers) est presque totalement interchangeable, suivant l'humeur. Et au final donc, un classement des 75 chansons qui m'auront fait vibrer, danser, pleurer, frissonner, voire bien plus, en 2008
Un top 75, en écoute comme à chaque fois au bas de ce papier, cette fois en un seul et même lecteur en un lecteur et quelques vidéos youtube.
Demain, Top Albums-1ère partie.
75. James – Bubbles [Mercury]
74. Lightspeed Champion – Dry Lips [Domino]
73. Late of The Pier – Focker [Parlophone]
72. Feeder – Miss You [Echo]
71. The Automatic – Steve McQueen [B-Unique]
70. Metronomy – The End Of You Too [Because Music]
69. Melpo Mene – Hit The Boys [Imperial]
68. Human Highway – Moody Motorcycle [Secret City]
67. Earlimart – Town Where You Belong
66. The Black Keys – Psychotic Girl [Nonesuch]
65. Sebastien Tellier – Divine [Discograph]
64. The Young Republic – Girl From The Northern States [End Of The Road]
63. Destroyer – Foam Hands [Merge]
62. The Gutter Twins – God's Children [Sub Pop]
61. Estelle (feat. Kanye West) – American Boy
60. The Decemberists – Valerie Plame [Rough Trade]
59. Gregory And The Hawk – Stone Wall Stone Fence [Fat Cat]
58. A Weather – Spiders, Snakes [Team Love]
57. The Twillight Sad – Cold days from the birdhouse [Fat Cat]
56. Air France – Collapsing outside your doorstep [Sincerely Yours]
55. The Tallest Man on Earth – Honey Won't You Let Me In
54. Piano Magic – Vacancies [Make Music Mine]
53. The Helio Sequence – Broken Afternoon [Sub Pop]
52. The Futureheads – The Beginning of The Twist [Null]
51. The Last Shadow Puppets – Separate And Ever Deadly [Domino]
50. British Sea Power – Lights out for darker skies [Rough Trade]
49. Envelopes – Party [Brille]
48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix) [ABKCO]
47. Bon Iver – For Emma [Jagjaguwar]
46. The Black Kids – I Wanna Be Your Limousine [Almost Gold]
45. The Wedding Present – I lost the monkey [Talitres]
44. BoB – Lonely People [Grand Hustle]
43. Eugene Mcguinness – Moscow State Circus [Domino]
42. Jenny Lewis – Sing a Song For Them [Rough Trade]
41. Born Ruffians – I Need a Life (Four Tet Remix) [Warp]
40. datA – Rapture [Ekleroshock]
39. Guernica – Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini [Vlas Vegas]
38. Santogold – L.E.S Artistes [Downtown]
37. Broken Records – Lies [Distiller]
36. Port O'Brien – Fisherman's son [City Slang]
35. Sufjan Stevens – Joy to The World [-]
34. The Kills – Black Balloon [Domino]
33. Iron & Wine – Arms of a thief [Transgressive]
32. Ladytron – Runaway [Nettwerk]
31. Adem – Oh My Lover [Domino]
30. Morley – Call On Me [Polydor]
29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix) [City Slang]
28. Justice – Phantom II (live) [Ed Banger]
27. Noah and The Whale – Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
26. Fleet Foxes – Your Protector [Sub Pop]
25. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
24. Sons & Daughters – Killer (Adamski cover) [Domino]
23. The Magnetic Fields – California Girls [Nonesuch]
22. Cornflakes Heroes – Is Mother Right? [Greed Recordings]
21. Oasis – The Shock of The Lightning [Big Brother]
20. Nada Surf – See These Bones [Barsuk]
19. The Sleeping Years – Dressed For Rain [Talitres]
18. Styrofoam – My Next Mistake (feat. Jim Adkins) [Nettwerk]
17. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Letter From God To Man [Sunday Best]
16. Ladyhawke – Magic [Modular]
15. Alain Bashung – Tant de Nuits [Barclay]
14. Hot Chip – Ready For The Floor [DFA]
13. Coldplay – Viva La Vida [Parlophone]
12. Duke Spirit – Send a Little Love Token [You Are Here]
11. Parenthetical Girls – Windmills Of Your Mind (Michel Legrand cover) [Tomlab]
10. Kiko – Slave of My Mind [Different]
09. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – BlindBlindBlind [Constellation]
08. Tv On The Radio – Lover's Day [4AD]
07. Wolf Parade – Kissing The Beehive [Sub Pop]
06. MGMT – Kids (Soulwax Remix) [Columbia]
05. Okkervil River – Lost Coastlines [Jagjauwar]
04. Malcolm Middleton – Love Comes In Waves [Full-Time Hobby]
03. Dancing Mice – It's Abnormal [Squeak Audio]
02. Cloud Cult – No One Said It Would Be Easy [Rebel Group] 01. MGMT – Time to Pretend [Columbia]
Sept titres sont introuvables sur Spotify. Mais ils sont en écoute ci-dessous :
12. Duke Spirit – Send a Little Love Token
29. The Notwist – Boneless (Panda Bear Remix)
36. Port O'Brien – Fisherman's son
37. Broken Records – Lies
44. BoB – Lonely People
48. The Rolling Stones – You Can't Always Get What You Want (Soulwax Remix)
64. The Young Republic – Girl From The Northern States
Un peu de son black (ça faisait longtemps), quelques nouveautés et avant-premières ainsi qu'une reprise des plus délicates. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, colonne de droite).
Lundi 10 mars 2008:
* Sebastien Tellier - La Ritournelle [Recordmakers] La France a donc choisi Sebastien Tellier pour la représenter à l'Eurovision. On se fout de cette compétition à deux sous certes, mais ça fait quand même plutôt plaisir de voir un gars comme lui sur le devant de la scène. Histoire donc de célébrer l'évènement (et parce que je n'ai toujours pas écouté son tout nouveau 'Sexuality'), replongeons nous dans sa Ritournelle qui l'a rendu (presque) célèbre. Toujours aussi délicieux. (disponible sur Politics, 2003)
Dimanche 9 mars 2008:
* The Kills - Black Balloon [Domino] Sur leur nouvel album, 'Midnight Boom', The Kills y sont surprenant et s'écartent de ce qui a fait leur succès avec leur deux premiers opus. Il n'empêche que Alison Mosshart (dit VV) et Jamie Hince (aka Hotel) y sont très convaincants. La preuve avec ce Black Balloon, tout en douceur. (disponible sur Midnight Boom, 2008)
Samedi 8 mars 2008:
* Feeder - Miss You [Echo] Alors que le trio est toujours en studio, ce premier titre du prochain album (prévu pour cette année) vient de faire son apparition sur le net. Un Miss You nerveux et concis, tubesque à mort, qui devrait enfin faire de Feeder un des groupes à succès des prochains mois. (disponible sur leur futur nouvel album, 2008)
Vendredi 7 mars 2008:
* The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) [Ninja Tune] En 2005, The Herbaliser rendait hommage à Serge Gainsbourg avec ce titre sobrement intitulé Serge, sur lequel Katerine vient poser sa voix dans un déluge de cordes à la Melody Nelson. Grand moment. (disponible sur Take London, 2005)
Jeudi 6 mars 2008:
* Danger Mouse & Jemini - The Only One [Lex] Premier album à faire éclater le talent dingue de Danger Mouse, le 'Ghetto Pop Life' avec Jemini (ce dernier au flow, lui à la prod) s'imposera à la fin de la décennie comme un des meilleurs disques hip-hop de son temps. Fin, pas gling-gling pour un sou, encore moins vulgaire: juste énormément bon. (disponible sur Ghetto Pop Life, 2003)
Mercredi 5 mars 2008:
* Dub Incorporation - Life (feat. Tiken Jah Fakoly) [Productions Speciales] Les Stéphanois de la Dub Incorporation invitent Tiken Jah Fakoly sur leur premier album. En résulte ce duo reggae-mais-pas-que Life d'une efficacité sans borne, entre accents africains et chants kabyles. (disponible sur Diversité, 2003)
Mardi 4 mars 2008:
* Keren Ann - Hallelujah [Delabel] La belle Keren Ann reprend le Hallelujah de Leonard Cohen (ou plutôt la version de John Cale, à peine différente de l'originale) et la pond à sa sauce. Intimiste, charmante. Comme elle. (disponible sur Keren Ann (Bonus CD), 2007)
200 concerts. 4 labels. 5 singles. Et un Ep. Même pas d’album. Voilà pour le moment la carrière courte (mais prometteuse) des Blood Red Shoes, duo mixte de Brighton, célèbre cité balnéaire anglaise aux longs et majestueux piers, plutôt habituée aux charmes brutaux de l’électro made in UK qu’aux riffs tendus du rock indé.
Un duo qui a de l’avenir. Si si. Loin des phénomènes éphémères aussitôt-écouté-aussitôt-oublié (ajoutes ici le groupe de ton choix), les Blood Red Shoes devraient encore faire parler d’eux dans les mois et les années à venir. Et ce, pour plusieurs raisons.
Premièrement parce qu’ils ont un nom qui a de la gueule : il vient de l’actrice Ginger Rogers qui, dans les années 50, finit un jour une journée de travail, les pieds en sang, suite à un nombre de prise incalculable de plans pour une séquence de danse pour un film.
Deuxièmement, parce qu’ils ont du talent. Steve Ansell, à la batterie, semble avoir fait ça toute sa vie et Laura-Marty Carter – à la guitare – n’est pas la dernière pour placer ici et là quelques riffs bien sentis et hargneux.
Vu que le talent ne suffit pas (cf. partie Oldies de ce blog), la troisième raison du futur radieux qui leur tend les bras est leur songwriting. Car ces jeunes là savent écrire des chansons. Des vraies. It's Getting Boring By The Sea ou Box Of Secrets sont des morceaux qui luttent dans la catégorie haut-du-panier des groupes émergeant.
Comme tout ceci n’est pas forcément (et malheureusement) suffisant à faire d’un groupe talentueux un groupe à succès, ajoutons que leurs concerts sont de très bons moments. Pour les avoir vu, au Sonic à Lyon, mardi dernier, les Blood Red Shoes ont une présence sur scène assez dingue. Ils sont deux, elle à la guitare et lui à la batterie. Et pourtant, on dirait qu’ils sont trois ou quatre. Ils ont un tel magnétisme, un tel son, qu’ils rendent leurs prestations ébouriffantes. Et moins rock que sur leurs enregistrements disques, ils sont beaucoup plus punk et ce n’est finalement pas plus mal.
Alors oui, certes, leurs sets sont un peu courts (une cinquantaine de minutes). Mais qui pourrait les blâmer ? Ils n’ont que quelques singles et ce 'I'll Be Your Eyes Ep' sorti chez V2 en juin dernier à leur actif (un premier album devrait voir le jour au début 2008). Rien de plus normal donc.
Ceci posé, il semble donc évident que leur rock nerveux, bien plus intéressant et bandant que celui des gentils (mais chiants) White Stripes (pour citer un autre duo célèbre… même si j’aurais pu parler de The Kills, mais j’ai une petite tendresse pour le groupe de VV. Bon, ok, pour VV tout court), va percer. Mais comme on n’est jamais sûr de rien, on ajoutera l’argument fatal. Imparable. Celui du charisme de Laura-Marty Carter qui assure une partie des chants. Cette jeune fille respire la musique. La voir tenir sa gratte et la faire hurler avec une classe et une énergie folle est assez jouissif. Et puis la demoiselle est belle comme chou, anglaise jusqu’au bout du riff, avec cette jolie mèche qui lui tombe sur les yeux, cet air hautain mais coquin et cette petite poitrine qui sautille à chaque nouveau déferlement d’accords.
Bref, les Blood Red Shoes ont tout pour réussir. Ce 'I'll Be Your Eyes Ep' le prouve cent fois. On attendra leur premier album pour confirmer tout ça. Mais à moins de tomber dans le piège de l’industrie musicale et de faire un gros fuck à leur intégrité, il n’y a pas de raison qu’on n'entende pas parler d’eux dans le futur. Riot.