200 concerts. 4 labels. 5 singles. Et un Ep. Même pas d’album. Voilà pour le moment la carrière courte (mais prometteuse) des
Blood Red Shoes, duo mixte de Brighton, célèbre cité balnéaire anglaise aux longs et majestueux
piers, plutôt habituée aux charmes brutaux de l’électro made in UK qu’aux riffs tendus du rock indé.
Un duo qui a de l’avenir. Si si. Loin des phénomènes éphémères
aussitôt-écouté-aussitôt-oublié (ajoutes ici le groupe de ton choix), les
Blood Red Shoes devraient encore faire parler d’eux dans les mois et les années à venir. Et ce, pour plusieurs raisons.
Premièrement parce qu’ils ont un nom qui a de la gueule : il vient de l’actrice
Ginger Rogers qui, dans les années 50, finit un jour une journée de travail, les pieds en sang, suite à un nombre de prise incalculable de plans pour une séquence de danse pour un film.
Deuxièmement, parce qu’ils ont du talent.
Steve Ansell, à la batterie, semble avoir fait ça toute sa vie et
Laura-Marty Carter – à la guitare – n’est pas la dernière pour placer ici et là quelques riffs bien sentis et hargneux.
Vu que le talent ne suffit pas (cf. partie
Oldies de ce blog), la troisième raison du futur radieux qui leur tend les bras est leur songwriting. Car ces jeunes là savent écrire des chansons. Des vraies.
It's Getting Boring By The Sea ou
Box Of Secrets sont des morceaux qui luttent dans la catégorie haut-du-panier des groupes émergeant.
Comme tout ceci n’est pas forcément (et malheureusement) suffisant à faire d’un groupe talentueux un groupe à succès, ajoutons que leurs concerts sont de très bons moments. Pour les avoir vu, au Sonic à Lyon, mardi dernier, les
Blood Red Shoes ont une présence sur scène assez dingue. Ils sont deux, elle à la guitare et lui à la batterie. Et pourtant, on dirait qu’ils sont trois ou quatre. Ils ont un tel magnétisme, un tel son, qu’ils rendent leurs prestations ébouriffantes. Et moins rock que sur leurs enregistrements disques, ils sont beaucoup plus punk et ce n’est finalement pas plus mal.
Alors oui, certes, leurs sets sont un peu courts (une cinquantaine de minutes). Mais qui pourrait les blâmer ? Ils n’ont que quelques singles et ce
'I'll Be Your Eyes Ep' sorti chez V2 en juin dernier à leur actif (un premier album devrait voir le jour au début 2008). Rien de plus normal donc.
Ceci posé, il semble donc évident que leur rock nerveux, bien plus intéressant et bandant que celui des gentils (mais chiants)
White Stripes (pour citer un autre duo célèbre… même si j’aurais pu parler de
The Kills, mais j’ai une petite tendresse pour le groupe de
VV. Bon, ok, pour
VV tout court), va percer. Mais comme on n’est jamais sûr de rien, on ajoutera l’argument fatal. Imparable. Celui du charisme de
Laura-Marty Carter qui assure une partie des chants. Cette jeune fille respire la musique. La voir tenir sa gratte et la faire hurler avec une classe et une énergie folle est assez jouissif. Et puis la demoiselle est belle comme chou, anglaise jusqu’au bout du riff, avec cette jolie mèche qui lui tombe sur les yeux, cet air hautain mais coquin et cette petite poitrine qui sautille à chaque nouveau déferlement d’accords.
Bref, les
Blood Red Shoes ont tout pour réussir. Ce
'I'll Be Your Eyes Ep' le prouve cent fois. On attendra leur premier album pour confirmer tout ça. Mais à moins de tomber dans le piège de l’industrie musicale et de faire un gros fuck à leur intégrité, il n’y a pas de raison qu’on n'entende pas parler d’eux dans le futur. Riot.