mardi 18 septembre 2007

Loney, Dear - Loney, Noir [Sub Pop]

Il est 8h du matin. J'arrive au bureau. Je viens de glisser une pièce dans la machine à café. Les paupières toujours attachées aux pommettes, je me dirige, en traînant des pieds, vers mon bureau. Ma camel est au bout de mes lèvres. Je l'allume. En même temps que mon pécé.

Ces derniers temps, y a pas l’envie. Pas le goût. Des heures de sommeil réduites à la portion congrue pour on ne sait trop quelle raison. Et puis ce vent frisquet début septembre qui vous fouette le visage au petit matin sans qu’on ait rien demandé, ça a le don de me rendre bougon.

L’écran est allumé. Avant toute chose et histoire de se donner un semblant de courage pour affronter cette journée qui s’annonce longue comme une nuit chez nos copains les esquimaux, je lance winamp. Et pourquoi pas écouter ce Loney, Dear, depuis le temps qu'on m’en parle ? Allez hop, tentons le coup. I Am John résonne dans les enceintes.

Trois minutes trente s'écoulent.

Les yeux sont désormais bien ouverts. La clope se consume, seule, dans le cendrier. Le café refroidit. Je me regarde dans le reflet de l’écran. Qu’est ce que c'est que … ? Uhm. Je la remet. Histoire d’être sur. Trois minutes plus tard, même constat : non mais au secours, c’est quoi ce truc ?

Ce « truc » c’est Emil Svanängen a.k.a Loney, Dear, jeune songwriter folk avec plein de pop autour, qui connait un succès plutôt intéressant chez lui en Suède, bien que ne vendant ses albums que sur CD-R. Et puis un jour, I’m From Barcelona et son leader Emanuel Lundgren le met en lumière en lui laissant le micro sur un des titres du premier album de sa foutraque chorale.
Ni une ni deux, Sub Pop tombe sous le charme. Et le signe. Pour un premier album déjà, 'Sologne', sorti l’an passé.

Et puis pour un second, 'Loney, Noir', cette année. Un album dans la lignée de ceux de la scène folk-poppy. On sent bien un peu de Sufjan Stevens par ici ; un peu de Belle & Sebastian (période Jeepster) par là. Mais au final, Loney, Dear pond vraiment sa musique à lui, sans vraiment se soucier des autres.

Enlevé par moments, plus posé à d’autres, 'Loney, Noir' est un disque absolument splendide, fait de xylophone et de guitares folk déchainées, dont on a clairement du mal à se détacher. On oserait, on dirait qu’il est aussi frais pour son genre que le 'Funeral' d’Arcade Fire l’a été pour la pop.

Il faut, non pas se jeter dessus, ca serait bien trop facile, mais se ruer comme des morts de faim sur ce disque. Prendre sa claque. Être émerveillé par tant de belles mélodies à ne plus savoir qu’en faire. Sentir son ventre se nouer à l’écoute de la plupart des morceaux. Avoir envie de chanter à tue-tête. Caler la fonction repeat dès le début de l’écoute. Faire découvrir ce 'Loney, Noir' au plus grand nombre de personnes possible. Bref, tomber amoureux d’un album après quatre accords. C’est un besoin de santé publique. Car il redonne le moral. Le sourire. Et l’envie d’être heureux. Même un matin, à 8h, face à un écran d’ordinateur et une journée d’une dizaine d’heures devant soi. (Sortie : 6 février 2007)

Son :
Site Officiel
Myspace

Au programme, deux titres en écoute
(malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, le joli clip de I Am John, meilleur titre du de 'Loney, Noir', réalisé par Andreas Nilson (qui a notamment bossé avec The Knife) :



lundi 17 septembre 2007

Track of The Day (13-17 septembre 2007)

Ah Internet. L'avènement de la découverte tout azimut, de petites perles perdues au fond d'un Myspace écouté par dix péquins.
Histoire de faire découvrir mes derniers coups de coeur (mais pas que), à mon modeste niveau, j'essaierai autant que faire se peut de mettre en ligne un titre par jour. Track of the day quoi (oui, en anglais, ça a plus de gueule).
Chaque morcea
u sera en ligne dix jours avec un renouvellement jour après jour. Un titre sort, un autre rentre.
Un
petit récap se trouve sur la droite du blog, juste en dessous du lecteur. Mais afin d'être plus complet, je tenterais de faire un bilan de temps en temps. Et d'ailleurs, il est temps de faire le premier.

Lundi 17 septembre 2007 :
* Calexico - Guns of Brixton (The Clash cover) [City Slang]
Sortie sur un split 7" avec Beirut en début d'année (en édition très limitée), reprise tout en douceur du tube des Clash. Version épurée et superbe. Alors oui, ce n'est pas punk pour un sou, le texte perd forcément de sa force initiale. Mais ça n'en reste pas moins splendide.


Dimanche 16 septembre 2007 :
* Piano Magic - Halfway Through [Green Ufos]
'Part-Monster' est le nouvel album de Piano Magic qui depuis quelques temps prend un virage clairement pop. Ce nouvel opus, dont on reparlera prochainement, est particulièrement réussi, avec en point d'orgue un Halfway Through aux cuivres pleins de grâce qui font s'envoler le titre sur les derniers instants.

Samedi 15 septembre 2007 :
* Hot Chip - Shake a Fist [DFA]
'The Warning' était un bijou d'album, pleins de tubes electro-pop et un Over and Over titre de l'année 2006 pour votre serviteur. Prévu pour le début de l'année prochaine, ces bidouilleurs de lap-top commencent le teasing avec un Shake a Fist qui annonce déjà des jours encore plus heureux pour nos amis anglais. Les remix de ce titre vont pleuvoir. Miam !

Vendredi 14 septembre 2007 :
* Belleruche - Northern Girls [Tru-thoughts]
Flâneur myspacien devant l'éternel, l'ami Philou n'a pas tari d'éloge sur ce titre de Belleruche, combo anglais faisant dans la soul anglaise new-generation. Et c'est qu'il a raison le bougre. Beat entêtant, accords de guitare, violons samplés et tout le toutim. Dommage que l'album ne soit pas à la hauteur de ce titre promis à un bel avenir.

Jeudi 13 septembre 2007 :
* Nathan Fake - You Are Here (Four Tet Remix) [Border Community]
Nathan Fake fait sa petite tournée française, un an après la sortie de son réussi 'Drowning in a Sea of Love'. Il y a quelques semaines, l'Ep 'You Are Here' voyait le jour, avec notamment un remix de Four Tet. Et comme toujours avec Kieran Hebden, on atteint des sommets. Le tout surpasse même l'original, c'est dire.

Hell Razah - Renaissance Child [Nature Sounds]

Dernièrement, je me lamentais dans ses pages sur les productions hip-hop circa 2007 qui ne m'avaient pas ébouriffé, renversé, tourneboulé comme celles des années précédentes avaient su le faire. Et puis j'ai remis le Hell Razah dans le lecteur. Et pouf, rebaffe. Comme il y a quelques mois à l'époque des premières écoutes. Qu'on soit hip-hop ou pas, qu'on ait une sensibilité pour le flow racé ou non, ce disque devrait plaire à beaucoup. A tous même.

Hell Razah donc. Wu-Tang Affiliate (membre du Sunz Of Men, le groupe qui a collaboré avec IAM). Et un premier album qui fait du bien par où il passe.

Ce disque a du chien. De la gnac. Du bon hip-hop comme on l'aime, des textes bien sentis et surtout des prods qui passent toutes seules, avec piano, violons, samples et quelques tendances jazzy pas piqués des vers.

Certes, tout n'est pas forcément du génie absolu, il y a quelques longueurs ici et là (et encore c'est vraiment histoire de pinailler). Mais ce disque tiendra une bonne place dans le haut de mon top de fin d'année. Et ce rien que pour deux morceaux: celui avec Talib Kweli et MF Doom (rien que ça !) qui, soyons clair, démontent des ours. Et celui avec Ras Kass, grand lyricist devant l'éternel qui envoie le bois pendant quatre minutes. Deux grands moments, deux titres de haute volée, entourés par quatorze autres morceaux, moins forts mais qui restent dans le ton (l'excellent Renaissance, en écoute plus bas).

Alors oui, après, la pochette ne donne pas envie. Mais c'est l'année qui veut ça: plus les artworks sont moches, plus le son est bon. Je vous laisse donc imaginer la classe de ce premier album d'Hell Razah... (Sortie : 20 février 2007)

Son :
Myspace
(le titre avec MF Doom et Talib Kweli y est en écoute)

Site Officiel

Et on a beau être parti sans notre chapeau, on essaie quand même au maximum de mettre en écoute quelques titres. Histoire de vous donner envie d'en savoir plus (malheureusement plus en ligne).

dimanche 16 septembre 2007

[Oldies] John Phillips - John, The Wolf King Of L.A. (1969)

69 année érotique. Et d'émancipation. John Phillips, chef de file des sympathiques Papas et Mamans, décide de vivre son rêve californien à fond les manettes, et sort son premier album solo.

Jeune divorcé (de Michelle Gilliam, sa compagne de The  Mamas & The Papas), l'inventeur de la sunshine pop délaisse les tubes sucrés qui sentent bon le chaud soleil de L.A et pond dix titres country-folk teintés de piano de très grande tenue, avec chœurs et tout le toutim, emmenant son songwriting à un très haut niveau (Malibu People, Someone's Sleeping, ce genre de trucs), se la jouant limite soul-singer avec un Captain (The Mermaid) fabuleux.

Niveau chant, notre homme est plus Dylan (en moins nasillard) que Lennon, avec une voix plus banale que belle mais qui donne un gros charme à l'ensemble... Et derrière, une partie du groupe d'Elvis Presley de l'époque, fait le boulot.
'John, The Wolf King Of L.A'. est un grand disque, assez méconnu, et un ratage commercial complet. A propos duquel Denny Doherty, un des membres de The Mamas & The Papas déclarera à de nombreuses reprises que si le groupe avait enregistré cet album, il aurait été sûrement leur plus grand. C'est vrai qu'on aurait vu pire épilogue.
Sept ans plus tard, Bob Dylan sort Desire, avec peu ou prou la même pochette. Hommage inconscient ? On dira oui. Mais hommage mérité surtout.

Ps: Notons que la réédition de 2006 contient des bonus tracks du niveau de l'album en question. Limite indispensable d'avoir ces 7 titres inédits en plus (+ une version single de Mississippi), dont la chanson Black Girl, ritournelle classique américaine dont Kurt et ses copains feront un Where Did You Sleep Last Night.


Première sortie : 1969 (Dunhill)
Réédition : 2006 (Varese Sarabande)

 

Pour le plaisir, trois titres (Captain (The Mermaid), Malibu People et Drum) à écouter en boucle, et en boucle, et en boucle, et...


jeudi 13 septembre 2007

Von Südenfed - Tromatic Reflexxions [Domino]

Prenez deux souris dj-ettes. Prenez l’icône la plus punk encore vivante aujourd’hui. Faites les se rencontrer. Enfermez les dans un studio d’enregistrement. Donnez leur un nom un peu abscon. Ajoutez un artwork qui rappelle un vieux best-of d'Abba. Présentez le projet à un des labels les plus passionnants de ces dernières années. Et préparez vous à danser.

Mouse On Mars, duo electro allemand, et Mark E. Smith, la voix, le rythme, le cerveau, les textes, la folie (rayez les mentions inutiles) de The Fall, groupe punk parmi les groupes punk, aux dizaines de séparations et reformations, ont donc créé Von Südenfed, groupe sûrement éphémère (Smith n’aime pas se répéter), à l'electro-punk des plus efficaces.

Un trio assez inattendu pour ces vieux de la vieille et un résultat des plus euphorisant. La voix de Smith, cette nonchalance dans le timbre et dans l’élocution, colle à merveille aux gros beats déchirés des Mouse On Mars. C'est crade. Mais c'est bon.

Rien que pour le titre d’ouverture, Fledermaus Can't Get Enough, ce disque doit atterrir dans vos oreilles en cette année 2007. D'ailleurs, si la vie était bien faite, on aurait du entendre ce titre (et pas que) dans tous les clubs de la terre cet été.

Malheureusement, ça n'a pas été le cas (damn you Sinclar!). On se contentera donc d'écouter ce Tromatic Reflexxions dans notre coin. Et en bons punks que nous sommes tous un peu, on n'oubliera pas d'hurler quelques 'Von Südenfed... riot'. Histoire de. (Sortie : 21 mai 2007)

Son:
Myspace

Afin de bien rentrer dans l'univers de ces trois furieux, le clip cheap mais déjanté de Fledermaus Can't Get Enough :