mardi 22 janvier 2008

Rivulets – You Are My Home [Important]

Lundi matin. 9h30. Arrivée au bureau. Lendemain d’une pendaison de crémaillère, alcoolisée et festive. Six heures de sommeil pour récupérer. C’est peu. Déjà pas mal oui. Mais c’est peu surtout. Plongée dans mes disques. Qu’écouter ? La première écoute du Silver Mount Zion m’ennuie, celle du Why? aussi. Le hip-hop ne passe pas et le kepon à roulettes, pourtant ma faiblesse, non plus.

Et puis là, sans savoir vraiment pourquoi, je suis retombé sur ‘You Are My Home’ de Rivulets. Celui de 2006. Une jolie pochette, contemplative, une belle voix, d’une douceur essentielle en cette journée de reprise, et de belles mélodies. Emballé c’est pesé.

Et comme Rivulets a pensé à convier quelques amis de talent (Jessica Bailiff, Chris Brokaw de Codeine, Christian Frederickson de Rachel's, Fred Lonberg-Holm de Boxhead Ensemble, ou encore Bob Weston de Mission of Burma et Shellac), le résultat n’en est plus que juste : du folk, illuminé par quelques notes d’un piano délicat et enrobés de discrètes mais belles cordes, et des passages beaucoup plus nerveux, conséquence directe des divers invités présentés plus haut. Et toujours de la mélancolie qui transpire par tous les sillons, et pas mal d’Elliott Smith aussi.

Oh, ‘You Are My Home’ ne changera pas la destinée de l’histoire de la musique. D’ailleurs, il est complètement passé inaperçu (comme ses prédécesseurs) lors de sa sortie. Ce n’est en rien un disque important. Juste un album mignon, que j’aime habituellement écouter les matins d’été, au réveil, perdu dans une vieille maison ardéchoise, avec pour « seul » panorama un soleil levant et une forêt immense.
A ma grande surprise, ce disque marche donc également pour les journées grises et froides. Le label a beau annoncer que "This is not a folk album. This is an album about hearts breaking, tearing it down, and moving on", cet album de Rivulets reste un disque pour les matins difficiles, bande son idéale pour rentrer dans une semaine qu’on sait par avance interminable. (sortie : 28 novembre 2006)

Son :
Myspace
Site Officiel

Si jamais toi aussi ton lundi est pourri que le mardi s’annonce comme tel, n’hésite pas à te plonger avec délice dans ces deux titres là, Can't I Wonder et Happy Ending, beaux, nerveux et pas du tout folk pour le coup. (malheureusement, plus en écoute).

lundi 21 janvier 2008

Track of The Day (15-21 janvier 2008)

Retour depuis lundi dernier du titre du jour, du 'Track of The Day'.
Quelques modifications: Deezer a changé et ne permet de diffuser que des titres qui sont disponibles dans leurs bases de données. Ce qui implique un choix beaucoup plus limité (la selection de la semaine s'en ressent d'ailleurs). Donc, à moins de trouver une solution plus adéquate... bonne(s) écoute(s)! (toujours dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 21 janvier 2008:
* Dntel - Umbrella [Sub Pop]
Une des nombreuses merveille que compte le somptueux 'Life is full of Possibilities', premier album de Dntel, de 2001. Et puis sur un blog où on perd ou on oublie son chapeau, en ces temps hivernaux, un Umbrella c'est toujours bien utile.
(disponible sur Life is full of Possibilities, 2001)

Dimanche 20 janvier 2008:
* Mice Parade - Night Wave [Bubble Core]
Adam Pierce (l'anagramme du nom du groupe) est revenu l'an passé avec un disque une nouvelle bien torché. Et en 2005, il composait ce Night Wave, invitait Anna Valtysdottir de Mùm à poser sa voix et décidait de foutre des frissons dans tous les bras des chanceux qui mettraient une oreille sur ce titre là.
(disponible sur Bem-Vinda Vontade, 2005)

Samedi 19 janvier 2008:
* Paul McCartney - House of Wax [Mercury]
L'an passé, le grand Macca a sorti un bien joli disque, le réussi 'Memory Almost Full' dont on gardera longtemps en mémoire ce vibrant House of Wax, plein de solo années 80-staïle, qui aurait été d'une vulgarité sans nom avec n'importe quel autre artiste. Sauf qu'avec lui, c'est juste classe comme jamais.
(disponible sur Memory Almost Full, 2007)

Vendredi 18 janvier 2008:
* Para One - Turtle Trouble [Institubes]
Alors que l'an passé, l'ami Para One prenait des accents de Boards of Canada pour la bo de 'Naissance des Pieuvres', revenons le temps de 4'27'' sur son premier album à la pochette aussi moche que son contenu est sympa. Et au hasard, mettons ce Turtle Trouble en écoute, pétaradant.
(disponible sur Epiphanie, 2006)


Jeudi 17 janvier 2008:
* The Decemberists - O Valencia! [Capitol]
En 2006, le nouvel album des Decemberists avait été aussi figue que raisin. Figue pour quelques titres vraiment mineurs voire ratés. Et raisin pour des morceaux comme O Valencia!, le genre de trucs qui, plus d'un an plus tard, ne lassent toujours pas.
(disponible sur The Crane Wife, 2006)

Mercredi 16 janvier 2008:
* Frog Eyes - Bushels [Absolutely Kosher]
Dans le genre combo déjanté, je voudrais les Frog Eyes. Sur leur dernier album en date, le réussi 'Tears of the Valedictorian' l'an passé, ils pondent notamment un bijou de titre, Bushels, de plus de 9 mns, sorte de petite soeur délurée de Swans (Life After Death) des Islands. Merveilleux.
(disponible sur Tears of the Valedictorian, 2007)

Mardi 15 janvier 2008:
* Buck 65 - The Chromatics [Strangefamous]
Nouvel album du hip-hopeux canadien qui aime le crossover. Sauf que sur ce 'Situation', il revient à ses premiers amours. Et il ennuie. Pas mal d'ailleurs. Et puis, sans crier gare, à la toute fin du disque, arrive The Chromatics, titre somptueux , sorte de Jeux Interdits-2008 qui sauve la baraque avec sa guitare hispanisante du meilleur effet.
(disponible sur Situation, 2007)

dimanche 20 janvier 2008

[Oldies] Amnesty – Free Your Mind: The 700 West Sessions (1973)

Pour tout ceux à l’esprit ouvert et éclectique, le nom de Stones Throw dira forcément quelque chose : terre d’accueil des Madlib, Percee P et autres (feu) Jay Dee, il reste un des tous meilleurs labels hip-hop des années 2000, pleins de productions qui dépotent et d’artistes qui envoient.

Moins connu est Now Again, petit frère funk de Stones Throw, label mené de main de maître par Egon, un passionné et un fou furieux de funk, de soul et de leurs dérivés. Son but avec Now Again ? Remettre sur le devant de la scène des disques de black music passés directement par la case oubliettes, à la manière de Rhino Record (entres autres) ou des coffrets Nuggets pour le rock.

Avec une cinquantaine (en gros) de sorties depuis sa création (7’’, 12’’ et LP confondus), le label s’appuie surtout sur la réédition de quelques albums assez magistraux dont on se demande encore, comment à l’époque, le monde a pu passer à coté. Il faudra ainsi qu’un jour j’évoque dans ces pages les L.A Carnival, la palanquée de groupe originaire de Floride ou le funk made in Texas.

Mais pour commencer cette belle plongée dans les sillons des disques de chez Now Again, j’avais plutôt envie de vous parler d’Amnesty et de ce 'Free Your Mind : The 700 West Sessions'. Un album de 1973, testament d’un groupe méconnu mais ô combien estimable.

Amnesty voit le jour en 1968 quand The Embers, quatre vocalistes d’Indianapolis, fans des Temptations, choisissent de sortir du carcan dans lequel ils se sont enfermés (mais ont connu de petits succès) pour ajouter une vraie section musicale de talent afin d’envoyer tout funker un peu plus haut. C’est là qu’ils rencontrent les Crimson Tide. L’alliance des deux est une réussite artistique et décide de nommer la nouvelle entité Amnesty.

Cinq ans plus tard, après quelques séparations et rabibochages, le groupe conclue son aventure discographique avec ce 'Free Your Mind : The 700 West Sessions'. Un album qui propose un habile mélange de soul et funk (il faut écouter la profondeur de la basse, le rythme des congas et le génie de la trompette, l’instrument le plus fameux du disque), mâtiné de gospel, avec des harmonies vocales absolument terribles, dingues, souvent perchées dans les aigues mais jamais perdues. Un régal je vous dis.

Le hic, c’est que je vous vois méfiant, suspicieux. Je vous conterais donc, histoire de définitivement vous convaincre, l’anecdote suivante. Un soir qu’Amnesty ouvre pour les Jackson Five, alors en pleine montée en puissance, c’est un Joe Jackson (manager tyrannique du groupe formé de ses fils) furibard qui débaroule sur scène alors que la bande à Damon Malone aligne ses titres. Sûrement déboussolé et/ou effrayé de voir un groupe si talentueux piquer la vedette à ses poulains, il invective directement le management d’Amnesty puis de la salle de concert, menacant de ne pas faire jouer ses fils ce soir là si Amnesty n’arrete pas tout de suite. Un Joe Jackson vraisemblablement pris de panique qui préfère prendre les devants. Convaincu?

Alors oui, peut-être que ce soir là, s’ils avaient pu finir leur set, s’ils avaient eu le temps d’aller au bout, Amnesty seraient devenus énorme et n’auraient pas eu besoin d’Egon pour les sortir des tréfonds des trésors perdus et cachés de l’histoire du funk. Mais au final, qui s’en soucie vraiment ? Personne. L’important reste au final ce disque absolument parfait, petite merveille de black music, un brin psyché, aux harmonies vocales délicieuses, voix d’anges dans un écrin de cuivre. Le tout dans une alchimie parfaite. Funk’soulement votre comme on dit.

Première sortie : 1973
Réédition : 2007 (Now Again)



Et comme d’habitude (on ne change pas une équipe qui gagne), trois titres en écoutes. Commencez à vous lécher les babines avec l'enchainement Can I Help You? - Mister President (une seule écoute quotidienne pour vous le garder au fond de votre tête) et un We Have Love sensuel à souhait :



jeudi 17 janvier 2008

Eddie Vedder – Into The Wild OST [RCA]

En 2008, que serez-vous ? Qui serez-vous ? Et où serez-vous ? Questions existentielles à la mords-moi-la je veux bien l’avouer, mais qui ont le bon goût de changer un peu des traditionnelles et sempiternelles « cette année, j’arrête de fumer » et autre « en 2008, j’arrête de faire de la merde, à tous les niveaux », résolutions aussi révélées aussitôt abandonnées.

Ces questions, Christopher McCandless se les est posées. Ce gamin de 22 ans, étudiant modèle qui, une fois ses diplômes en poche, décide de partir. De tout plaquer. De tout quitter. Cette vie moderne, étouffante, toute tracée qui s’avance devant lui. Sans prévenir personne, il vide son compte en banque, n’en garde que 500$, détruit ses cartes de crédit, ses papiers d'identités et part vivre une vie de nomade, dont le bout du chemin est l’Alaska, là il pourra être libre, seul et loin des hommes.

Cette histoire vraie est l’objet du tout nouveau film de Sean Penn, ‘Into The Wild’. Un film brillant, dérangeant, plein de questions, superbement réalisé, touchant et qui ne laisse pas insensible. Un road movie épatant sublimé par la musique d’Eddie Vedder.

Ah, Eddie Vedder. Le leader de Pearl Jam. Un des groupes qui n’a jamais provoqué autre chose chez moi qu’un ennui poli ou profond, c’est selon. Même 'Ten', pour dire. Oh, bien sur, il y a bien quelques titres ici et là qui ont fait vibrer le fan de musique que je suis. Mais pas tant que ça.

Et puis là, gros changement de registre. Notre homme compose la bande originale d’’Into The Wild’ et se mue en Bruce Springsteen, période ‘Nebraska’ ou ‘The Ghost of Tom Joad’. Si le début de l’album, enlevé comme des Jayhawks un peu énervés, convainc moyennement, les huit titres suivants sont de grandes réussites, rappelant à chaque accord une scène, une phrase ou une photographie du film. Mention spéciale à Rise et Society (voir plus bas), deux vrais bijoux que je ne me lasse pas d’écouter depuis que j’ai eu le plaisir de visionner cette petite merveille.

Alors oui, cette BO n’est pas un disque indispensable (d'ailleurs, pour être honnête, j'ai écrit ce papier en premier pour mettre en avant ce film). Même pas de 2007. Est-ce que j’aurais autant aimé cet album si je n’avais pas autant été touché par le film de Sean Penn ? Certainement pas, à bien y réfléchir. Mais l’alchimie est telle qu’on ne peut qu’applaudir des deux mains et se repaître jusqu'à plus soif de ces belles mélodies, de ce folk tout simple mais vraiment lumineux. Eddie Vedder n’en fait pas trop. A tel point qu’à l’écoute du disque, on ne pense pas une seconde au leader de Pearl Jam mais plutôt à la destinée de Christopher McCandless, ce jusqu’au-boutiste de la liberté. (sortie le 18 septembre 2007)

Ps : Lors de mon premier papier de 2008, j’ai oublié, honte à moi, de vous présenter mes meilleurs vœux pour l'année qui s'ouvre. Donc je le fais maintenant. Et j’en profite en deux mots pour faire de la pub (même si elles n’ont pas vraiment besoin de cela) pour deux bloggueuses au talent culinaire certain et au touché gustatif délicieux. Ces deux jeunes femmes ont été les cuistotes de mon réveillon 2008. Et je dois avouer qu’à relire le menu de cette soirée là, je m’en pourlèche encore les babines. Donc je fais du copinage. Et je vous encourage fortement à aller jeter un palet sur le blog de la Turtle ainsi que sur celui de Chocolat et Caetera. Conseil d'ami.

Son :
Site Officiel du Film
Lecteur streaming Officiel

Pour ne pas vous laisser sur votre faim, deux titres en écoute comme d’habitude, Rise et Society (malheureusement, plus en écoute).
Pour finir, et au cas où, la bande-annonce d’’Into The Wild’, avec un bout de Calexico and Iron & Wine, histoire de motiver les plus réticents d’entres vous :


mardi 15 janvier 2008

Yeasayer – All Hours Cymbals [We Are Free]

Entre noël et le jour de l’an dernier, alors que ma petite cousine Stella, avec une guitare-jouet électronique, se prenait pour Hendrix au niveau de la gestuelle et pour Lee Ranaldo pour le riff tortueux (cette jeune fille sera fan de Sonic Youth, foi de -Twist-) et qu’une grand-mère merveilleuse préparait le traditionnel repas du 25, je m’échenillais à finir mon top 50 de l’année. Un vrai sacerdoce. Un travail de titan. Ou de gros débile. Ou un peu des deux. Il n’empêche, ce (que dis-je, ces) top de l’année 2007, m’a pris du temps, entre réécoute, choix difficiles et sélection interminable.

Alors que j’arrivais à la fin de ma tâche et vu qu’il m’est impossible (ou quasi) de travailler sans musique, j’ai lancé un disque dont on m’avait vanté les mérites et que j'avais laissé de côté pour je ne sais quelles obscures raisons : ‘All Hours Cymbals’ de Yeasayer. Après avoir tant bien que mal tenté de trouver une prononciation adéquate au nom du groupe, je suis tombé sous le choc. Une écoute m’aura fallu pour me dire que «oula, ça, c’est du lourd, ça va me plaire. Et pas qu’un peu». J’ai même failli en manger mon chapeau, que j’ai toujours malheureusement paumé, et remettre en cause ce classement qui m’avait pris tant de temps à monter.
Mais comme l’affaire était lancée et comme je suis un garçon soucieux d’une certaine cohérence, je me suis dit qu’il me faudrait bien plus qu’une écoute, même attentive, pour savoir si oui ou non, cet album était un des grands disques de 2007.

Quinze jours plus tard, une seule réponse possible : oui. Mais alors un grand oui, de ceux qu’ont surligne avec le pouce le levé et quelques «fouyayas» estomaqués. Car ‘All Hours Cymbals’ est renversant, sorte d’Animal Collective (et surtout Panda Bear) en beaucoup moins barré et en bien plus accessible, très mélodique, auquel viendrait se mêler clappings, chœurs gospels, ambiances orientales et rythmiques entêtantes.
Ajoutez à cela un peu de Tv On The Radio par ci (Sunrise), un brin de Jane’s Addiction par là (Wintertime), un peu de Battles aussi (dont ils sont presque frères de label) et quelques riffs circa-1980s (No Need to Worry) pour parfumer le tout et vous obtenez un groupe (et un disque) qui regorge de références, totalement assumées et assimilées.

‘All Hours Cymbals’ est un album qui passe d’un genre à l’autre, de la pop au rock, du folk décharné à l’expérimental soft, sans qu’il y ait le moindre souci de cohérence dedans. Au contraire même. Ce disque est d’une qualité folle, d’une richesse incroyable qui se nourrit du passé pour mieux composer la musique du futur. Des titres comme Red Cave (un canon à tomber, voir plus bas), Sunrise (qui ouvre l’album) ou 2080 (peut-être le tube du disque) envoient ce ‘All Hours Cymbals’ au firmament des grands albums des années 2000. Puissant. Déroutant. Les qualificatifs d’enthousiasme ne manquent pas pour décrire ce petit bijou de Yeasayer.

Je ne sais pas si ma petite cousine aimera ce disque, mais même à 3 ans, elle l’écoutera, je me le promets. Quant à moi, quand je remettrais mon classement 2007 à jour, cet album là intégrera sans problème mon top 5. Voire même encore plus haut. (Sortie le 23 octobre 2007)

Son :
Myspace (4 titres en écoutes)
Site Officiel
 

Deux titres en écoute, avec un Red Cave tout en canon et un Wait For The Summer aux sonorités orientales (malheureusement, plus en écoute).