Il est quand même assez surprenant que le premier vrai album d’
Eugene McGuiness (son premier effort,
‘The Early Learnings Of’, n’était qu’un mini-lp) ne fasse pas plus parler de lui que cela. Pourtant, derrière sa belle gueule et sa ressemblance avec
Alex Turner, le leader des
Arctic Monkeys et des
Last Shadow Puppets, notre homme laisse percevoir à travers ce premier album, sobrement intitulé
‘Eugene McGuiness’, un certain de nombre de qualités et un songwriter qui ne s’ignore plus.
Ce disque là est un concentré assez énergique de 12 morceaux, qui émergent tous dans un format classique de trois à quatre minutes. Au programme, une plongée dans les années 60, aussi bien du côté anglais (ça tombe bien, lui qui déclare avoir
«toujours aimé les Kinks») que du côté américain.
Entre rock, pop, glam, rockabilly, balades touchantes et belles orchestrations,
Eugene McGuiness sort de sa besace un disque où chaque titre à sa couleur, chaque morceau est vraiment différent du précédent ; mais, et c’est sûrement son plus grand talent, il en résulte pourtant un album des plus homogène. Que
Nightshift – superbe titre urgent et court, emmené par une guitare sautillante – précède une chanson à la mélodie aussi fine qu’
Atlas n’est pas choquant : bien au contraire, tout coule de source.
Signé chez Domino, pourvoyeur de talents par excellence,
Eugene McGuiness me fait penser à une sorte d’
Elliott Smith version 2010 (toutes proportions et tous styles gardés bien sûr): un même don pour la composition, une même voix pas anodine et un touché mélodique assez imparable (son
Moscow State Circus en est l’exemple type, voir clip plus bas).
Toutefois, avant de rejoindre le cercle fermé des artistes au talent aussi grand qu’
Elliott Smith, il reste encore du chemin à parcourir à
Eugene McGuiness. Mais ce départ est des plus réussi. Car à 22 ans et en même pas quarante minutes, l’Irlandais prouve et assure par son songwriting qu’il faudra compter sur lui dans les prochaines années.
(sortie : 12 octobre 2008)
Son :
Myspace (Trois titres de ce ‘Eugene McGuiness’, ainsi qu’une version alternative de Nightshift)
Deux titres en écoute : Wendy Wonders, bluette pop aux jolis chœurs et God In Space, qui ferme l’album, dans le luxe, le calme et la volupté (malheureusement plus en écoute).
Et pour finir, le clip du premier single extrait de ce ‘Eugene McGuiness’, Moscow State Circus : une joyeuseté pop qui a le bon goût de s’emballer à chaque nouvelle mesure. Euphorique :