mardi 17 septembre 2013

Six. By Seven - Love and Peace and Sympathy [Borrowed Tune Motion Pictures]

Connaissez-vous le Colosseum ? Assurément non. The Colosseum est un club de Coventry, une ville à une quarantaine de kilomètres de la fière Birmingham. Mais surtout la ville la plus totalement rasée d'Angleterre pendant la seconde guerre mondiale (à un bout d'église près). Et le trou du cul du Royaume-Uni - ce n'est pas pour rien d'ailleurs qu'une expression anglaise dit de quelqu'un en quarantaine « he has been sent to Coventry ».

Coventry, j'y ai passé une année Erasmus il y a désormais plus de 10 ans. La meilleure année de ma vie. La liberté, la vie anglaise, ses rues de briques rouges, ses maisons de deux étages, son isolation pourrie, sa bière, ses house parties, etc.

Le Colosseum était un club où nous allions en pélerinage tous les lundis, mes colocs, mes amis espagnols, grecs, italiens, j'en passe et des meilleurs (en gros, tous les étudiants du coin), et moi-même. Oh, non pas que le son soit meilleur qu'ailleurs. Ou que l'ambiance soit à nulle autre pareille. Non, rien de tout cela. La raison tient juste en un fait : la boisson n'était qu'à 50p. Oui, 50 pennies. De la bière à la vodka aromatisée qui ne vous saoulait pas, ne vous egayait même pas mais vous donnait mal au bide. 50pennies pour danser sur tout et n'importe quoi, de Common People à S Club Seven.

Le Colosseum, c'est également là que, dans une des salles adjacentes, Six. By Seven était passé en concert. Et en 2001, Six. By Seven dans un boui-boui comme The Colosseum, dans une ville comme Coventry, pour le jeune français que j'étais, c'était totalement fou !
Ce n'était pas le groupe le plus dingue du moment, ni le plus populaire, mais leurs deux premiers albums avaient un peu de bruit, ne serait ce que du côté de la critique.

Ainsi donc, voilà les Six. By Seven dans cette salle sombre à la sono affreuse et dégueulasse, devant un public assez clairsemé - et pourtant, des groupes intéressants qui passaient à Coventry, ce n'était pas tous les jours. Je crois me souvenir avoir payé £3 l'entrée. En sortant, les oreilles encore bourdonnante, je me rappelle m'être dit que je n'étais pas prêt de revoir le groupe sur scène.

Et j'avais raison. Six. By Seven n'a jamais connu le succès, malgré des albums solides et une critique très positive à son égard. Mais non, ca n'a jamais pris auprès du grand public. Et quand ca ne prend pas au niveau des ventes, malgré tout le talent du monde... A tel point que le groupe a décidé de se séparer en 2008.

Et puis, ô surprise, Six. By Seven s'est reformé (en recrutant Steve Hewitt, l'ancien batteur de Placebo).  Et a enregistré un nouvel album, 'Love and Peace and Sympathy'. Un disque qui se traine un peu en longueur, qui aurait mérité de raccourcir quelque peu ses morceaux (deux chansons de moins de 4mns uniquement, cinq de plus de 6mns) et de changer ses constructions qui se répètent un peu tout du long. Mais 'Love and Peace and Sympathy' reste quand même de qualité. Sa première moitié est très prenante. 

Très produit, ce Six. By Seven rappelle plus souvent qu'à son tour les Doves ou Calla, deux autres groupes au talent certain et qui auront vu passer le rail du succès sous leur nez. Et que j'aurais bien vu à l'époque, dans la moiteur d'un club d'une ville sans grand intérêt et qu'il faut connaître étudiant. (Sortie : 16 avril 2013)


Son :


Deux chansons en écoute de 'Love and Peace and Sympathy' des Six. By Seven : Sympathy, toute en tension qui semble ne jamais vouloir s'arrêter de monter. Et Crying, single de l'album (fort heureusement, loin des hurlements de Steven Tyler).  (malheureusement plus en écoute)

lundi 16 septembre 2013

[Track of The Day] Minks - Doomed and Cool

Ce qu'il y a de plus surprenant avec Minks, nouvelle pépite de Captured Tracks, ce ne sont pas ses compositions. Elles sont solides. Il y a dans 'Tides End' (leur deuxième album) de grandes chansons à peu près à toutes les plages (Painted Indian, Romans, Margot, Doomed and Cool), de belles mélodies et des constructions efficaces. Bref, un vrai disque de pop.

Ce qu'il y a de plus surprenant avec Minks, ce n'est pas cet hommage appuyé aux années 80. Le revival est toujours aussi actuel (et il me va bien personnellement). Ici, pas de circonvolutions : Minks prend son inspiration dans cette période. Que ce soit sur la basse de Doomed and Cool (tellement New Order - en écoute aujourd'hui) ou dans les guitares (les Smiths) et la voix (le cousin vocal de Morrissey est de passage) de Margot.

Non, ce qu'il y a de plus surprenant avec Minks, c'est que ce groupe sonne si anglais alors qu'il vient des États-Unis. Comme à l'époque du premier album de The Pains of Being Pure at Heart, une seule questions reste : et si le meilleur groupe anglais du moment était donc américain ?

Album : Tides End
Année : 2013
Label : Captured Tracks

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En plus de Doomed and Cool, certifié single de ce 'Tides End', deux autres morceaux, aussi réussis : Margot et Everything's Fine :


vendredi 13 septembre 2013

[Track of The Day] Fuzz - Rich Man, Poor Man (The Groundhogs cover)

Au printemps dernier, le Liverpool Psych Fest a proposé au label chicagoan Trouble in Mind de tenir une scène à eux tout seul. En a résulté une compilation (format 12"), au tirage limité (500 exemplaires) et à la vente exclusive sur le site du festival, présentant certains des meilleurs groupes du label. Parmi eux, Maston et Jacco Gardner.

Découverte pour moi, Fuzz. Trio américain qui comprend l'intenable et insatiable Ty Segall. Au programme de ce trio qui porte bien son nom, une reprise de Rich Man, Poor Man de The Groundhogs, chanson composée en 1970.

Bien plus « fuzz » et plus rentre dedans que l'originale, la reprise des Fuzz dit tout en 2 minutes et 49 secondes précisément. Belle porte d'entrée vers ce groupe dont le premier album devrait voir le jour début octobre (et chez In The Red s'il vous plait).

Album : Liverpool 2013
Année : 2013
Label : Trouble in Mind


La reprise de The Groundhogs Rich Man, Poor Man est également en écoute ci-dessous, sur le soundcloud de Troubled in Mind :


jeudi 12 septembre 2013

[Track of The Day] Laura Veirs - That Alice

C'est dans un anonymat certain (ou alors « c'est mes yeux » comme disait l'autre) que Laura Veirs est revenue, ses petites lunettes (de plus en plus ovales) bien posées sur le nez et ses compositions délicates sous le bras.

Toujours signée chez les soigneux Bella Union, comme pour son précédent 'July Flame', Laura Veirs ne change pas son fusil d'épaule et ne s'est pas lancée dans la drum'n'bass. 'Warp & Theft' (son huitième album) est dans la continuité de ce qu'elle a toujours fait, plutôt dans la veine de 'Years of Meteors', déjà un bien beau disque, même si cette fois plus qu'avant, la production est très chiadée, fourmillant de petits détails, avec guitare électrique bien plus présente (That Alice, en écoute ce jour, devrait vous convaincre en quelques secondes).

Le résultat ? Brillant. D'ailleurs, le saviez-vous ? 'Warp & Theft'  est peut-être son meilleur album; si si. Le plus orchestré, le mieux mis en valeur. Douze chansons de haute volée (à commencer par un formidable Sun Song pour se mettre dans l'ambiance), qu'elle aime à faire durer sans que cela soit à un moment donné un handicap.

Comme depuis des années, Laura Veirs enchaîne les albums de grand classe. Ses suiveurs sont ravis. Les autres le seraient aussi. Ah si seulement, ils étaient au courant...

Album : Warp & Weft
Année : 2013
Label : Bella Union

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En plus de That Alice, Sun Song, la chanson qui ouvre 'Warp & Weft' (et celle du jour donc) est également en écoute. Un petit bijou :

mercredi 11 septembre 2013

[Track of The Day] Rose Windows - Walkin' With a Woman

La pochette peut-être parfois un bon indice de la tonalité d'un album. Celle de 'The Sun Dogs' de Rose Windows en dit déjà beaucoup : collage et peinture, pleine de détails, portée dans sa partie basse par une cinquantaine de petites ombres, marchant sur une reconstitution de "La Création d'Adam" de Michel-Ange (et portant en elle un je ne sais quoi de couleurs  du plafond de La Chapelle Sixtine). 'The Sun Dogs' sera psyché ou ne sera pas.

Orienté Black (Sabbath pour les riffs puissants, Mountain pour l'ambiance générale) mais pas métal, psychédélique donc, distillant guitares aiguisées et batterie meneuse de revue, rappelant Pink Floyd (formidable Walkin' With a Woman), ce premier album de Rose Windows (groupe de Seattle, forcément signé chez Sub Pop, mais qu'on aurait plus vu chez Jagjagwuar) est des plus réussis, pour qui aime en tout cas le son aux deux pieds bien ancrés dans les années 70.

Album : The Sun Dogs
Année : 2013
Label : Sub Pop

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En plus de Walkin' With a Woman, un autre morceau de 'The Sun Dogs', premier album de Rose Windows, Native Dreams.  (malheureusement plus en écoute)


Le clip de Wartime Lovers :