Après quelques semaines de vacances les pieds dans l'eau, le vent dans les cheveux et le soleil sur le visage, retour aux affaires avec Running From Myself, une des trois nouvelles chansons de l'anglaise Caity Baser, sans doute prélude à un nouvel album à venir.
Un morceau enregistré à grand renforts de musiciens (quatorze aux cordes, six aux
cuivres, rien que ça), de clappings et de chœurs sur le refrain, qui fait tout bien en 2'37" tout pile, entre une ligne de basse on ne peut plus classique (combien de chansons a-t-elle déjà accompagné ?), une énergie communicative et un rythme
échevelé. Certes, Running From Myself de Catie Baser ne passera peut-être pas l'été, mais si c'est le cas (ce qui reste à prouver), elle a déjà de quoi habiller bon nombre de soirées d'ici la fin du mois d'août.
Si elle ne truste plus les couvertures des magazines, si ses principaux moteurs ne font
plus dans les déclarations tapageuses tels leurs glorieux ainés
aujourd'hui plus que cinquantenaires et qui ont appris entre temps à
s'apprécier, si les débats "Beatles ou Rolling Stones ? Blur ou Oasis ?" n'ont pas trouvé de successeurs, la pop anglaise (au sens large) se porte bien, merci pour elle. Portée par une nouvelle génération épatante et très diverse, la scène britannique n'arrête pas de se renouveler, de se réinventer, et de produire des albums, si ce n'est majeurs, au moins marqueur de leur époque.
Alors certes, il n'est pas dit que les londoniens de Gingerella révolutionneront un jour la pop, le rock ou tous ses courants, mais après un premier Ep 'Eat Your Heart Out' (publié chez les français de Pop Supérette), revoilà le quatuor avec un nouveau single, Party Girls, diablement efficace. Une chanson basée sur un canevas usé jusqu'à la corde mais à l’efficacité indéniable, au rythme et à la mélodie entêtants. Un tube, rien de moins, anglais jusqu'au bout des ongles, et qui a tout pour accompagner vos prochaines semaines estivales.
Né en 1977, Cass McCombs a toujours eu un rythme d'un album tous les deux/trois ans environ depuis ses débuts en 2023. Pourtant, depuis 2020, il semble ne jamais avoir été productif ; à croire que la crise de la quarantaine n'a pas eu prise sur lui. 'Interior Live Oak' (à paraitre le 15 août prochain) sera son quatrième disque en quatre ans tout simplement, un an après 'Seed Cake on Leap Year', une collection de chansons enregistrées il y a bientôt trente ans avec Jason Quever de Papercuts (qu'on retrouvera d'ailleurs ce ce nouvel album, à l'instar de Chris Cohen et Matt Sweeney notamment).
Sur 'Interior Live Oak', on trouvera Peace (en écoute aujourd'hui), chanson qui n'est pas une supplique désespérée aux fous furieux qui nous dirigent actuellement mais une belle ode aux adieux, parfois définitifs, auxquels nous devons tous faire face un jour ou l'autre (« Peace is what we say when we say goodbye, when we say goodbye we say peace »). Surtout une très belle chanson folk-pop, superbement produite, aux cymbales qui bourdonnent, aux guitares électriques qui s'y noient (à moins que ce ne soit l'inverse), le tout relevé d'un petit gimmick lumineux et emballant.
Album : Interior Live Oak Année : 2025 Label : Domino Records
Quoi que son nom pourrait faire croire, JayWood n'est pas la contraction de deux patronymes de rappeurs venus enregistrer un disque ensemble genre J Dilla (20 ans bientôt) et Billy Woods (dont il faudra parler du dernier 'GOLLIWOG' un de ces jours), mais le simple nom de scène de Jeremy Haywood-Smith, artiste canadien originaire de Winnipeg.
Un musicien souvent croisé mais jamais écouté qui s'apprête à publier son troisième album (le deuxième pour Captured Tracks) 'Leo Negro' le 5 septembre prochain. Et si les deux premiers extraits ne m'ont pas vraiment renversé (même s'il faut admettre que BIG TINGS avec Tune-Yards a un truc), il en va autrement de ASSUMPTIONS (oui, JayWood a la passion des majuscules). Une chanson qui commence comme une balade mais qui se transforme très vite en hip-hop plein de clappings, de guitare pop dans le fond, en s'offrant même le luxe d'un petit passage r'n'b à l'ancienne sur la toute fin. Grand morceau, efficace d'un bout à l'autre.
Album : Leo Negro Année : 2025 Label : Captured Tracks
En ces jours de canicule désormais habituels mais toujours plus longs et insupportables (il y a des gens qui aiment vraiment l'été. Mais qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ?), restons dans l'ambiance avec Weight of It All, un des morceaux du nouvel album des anglais de The Golden Dregs, projet solo créé par Ben Woods, depuis devenu sextet.
Une chanson lancinante et langoureuse, aux atours étouffants et inquiétants, où Ben Woods (et sa voix profonde, sorte de Matt Berninger en plus grave) laisse exceptionnellement le micro à Isabelle Armstrong, qui déroule avec force et élégance des paroles peu réjouissantes, sur fond de beaux cuivres. La vraie réussite de ce 'Godspeed' et un compagnon adéquat à ces jours de fournaise.
Album : Godspeed Année : 2025 Label : Joy of Life International / End Of The Road Acheter