mardi 5 mai 2009

Jeniferever – Spring Tides [Monotreme]

Le post-rock est une musique à deux visages : soit elle est ennuyeuse à mourir, fait de morceaux volontairement interminables et passablement chiants (lister les groupes qui jouent dans cette catégorie relèverait de la gageure et en ce lundi soir, je n’en ai pas spécialement la force ni l’envie) soit elle est passionnante, étonnante, stimulante, capable de transporter en son sein tous les sentiments du monde (je ne vais pas là aussi me lancer dans un name-dropping aussi inutile qu’indigeste, mais rentrent dans cette catégorie les Godspeed You ! Black Emperor, ses diverses entités parallèles, Explosions In The Sky ou encore Souvaris).

Jeniferever, groupe d’Uppsala en Suède, appartient à la seconde catégorie présentée plus haut: celle des artistes qui ne se regarde pas jouer, qui ont une vraie vision de leur art et des compositions qui sans cesse évoluent. Leur second album, 'Spring Tides' en est l'illustration parfaite.

Mélange de post-rock et de pop avec de longues plages instrumentales, de déluges de guitares et d'arrivées impromptues – et qui changent tout – de cordes avec de grands élans vocaux et des ambiances entre shoegaze et new-wave, Jeniferever pond même un manifeste de postrockpop. Oui, l'appellation est légèrement lourdingue, pas très réfléchie, mais je n'ai pas trouvé mieux pour présenter la musique des suédois. Car c'est un peu tout cela à la fois, tout en gardant un sacré caractère et en apposant une vraie empreinte personnelle.

Extrêmement fin, diablement beau (une écoute de Nangijala suffira pour vous en rendre compte), ne tombant jamais dans la facilité et sorti sur Monotreme Records, le label anglais à qui l'on doit le dernier effort en date de Barzin, 'Notes to an Absent Lover', ‘Spring Tides’ est un album sublime, travaillé, pleins de mélodies tuantes et qui se déguste d'une seule traite. Jeniferever? Au moins pour 2009. (sortie: 13 avril 2009)

Son:
Myspace (trois titres de ‘Spring Tides’ en écoute)

Deux titres en écoute. Le premier, Nangijala, est tout simplement magnifique et pourrait déclencher chez certains (comme chez moi) une bonne rafale de frissons. Le second, Ox-Eye, plus nerveux, a comme des airs à Robert Smith (malheureusement plus en écoute).

Et pour finir, le clip de Great Meadow Island, esthétiquement très réussi et que je vous conseille de regarder en plein écran :


5 commentaires:

KMS a dit…

AH voilà j'adore ce disque. Ca fait plus de deux mois que je l'écoute (oui je sais c'est maaaaaaaal) presque tous les jours (bon ok j'exagère, tous les deux jours, voire trois)(mais quand même)(c'est bien le seul album de 2009 à cette cadence)

Erwan a dit…

Mouais, c'est du post-rock quoi...
(pas taper pas taper)

-Twist- a dit…

Mr KMS est un homme d'extreme bon gout.

Après Erwan, limiter ce disque à du post-rock, c'est faire fausse route... :)

Dahu Clipperton a dit…

Ouh, tout ça me donne trèèèès envie d'écouter l'album, merci ^^
(et merci KMS pour le lien)

Post-rock, c'est un peu réducteur, c'est sûr, ça m'évoque pas mal Hood (mais que deviennent-ils, d'ailleurs ???)

-Twist- a dit…

Je trouve Hood plus "calme" disons. D'ailleurs, ils deviennent quoi eux?