Quatorze ans. Il m'aura fallu près de 14 ans et plus de 1600 billets pour évoquer dans ces pages Jean-Jacques Goldman, un de ces artistes qui me restent de mon enfance/adolescence et pour les disques duquel j'ai une profonde affection. Un artiste qu'un jour on considèrera à sa juste valeur et non pas simplement que comme un simple chanteur de variétoche aux chansons guimauves.
Mais pourquoi donc Jean-Jacques Goldman aujourd'hui me direz-vous ? A cause de Jumbo, duo bristolien composé de Joe Sherrin et Kane Eagle qui vient de sortir deux nouveaux singles, Chump et Mute. Et notamment à Mute justement, chanson à l'écoute de laquelle il est difficile de ne pas penser à la mélodie d'Ensemble, qui ouvrait le dernier album du français préféré des français (disque au nom débile d'ailleurs, 'Chansons Pour Les Pieds', mais qui sans être un chef d’œuvre loin de là valait bien mieux que ce que certains journalistes faussement punk avaient bien voulus en dire à l'époque). Ensemble n'est sans doute pas la meilleure chanson de JJG mais tout de même, pas la plus vilaine non plus. Et sa mélodie qu'on croit reconnaître à chaque début de refrain ici sied plutôt bien à ce Mute de Jumbo. Souviens toi, était-ce mai, novembre...
Album : Chump / Mute Single Année : 2021 Label : -
Ce qui au départ n'avait sans doute pas vocation à être autre chose qu'un one-shot s'est transformé avec les années en une machine de guerre musicale et médiatique, à la discographie conséquente (ce nouvel album est le neuvième) et aux concerts qu'on s'arrache. Revoilà donc Gorillaz, sorte de "Les Enfoirés" de la pop internationale, toujours mené par le Jean-Jacques Goldman anglais Damon Albarn. Au programme de 'The Mountain', pas moins de quinze chansons, plus d'une heure de musique et une pelleté, comme d'habitude, d'invités, triés - ou non - sur le volet : beaucoup de vivants (les Sparks, Jalen Ngonda, Gruff Rhys, Black Thought, Johnny Marr, Paul Simonon des Clash, IDLES, et j'en passe), pas mal de morts (Dennis Hopper, Mark E. Smith, Proof, Bobby Womack, David Jolicoeur de De La Soul, Tony Allen tous avec des enregistrements non utilisés de leurs précédents passages chez Gorillaz) et quelques artistes indiens inconnus à mon bataillon (Ajay Prasanna, Anoushka Shankar, Amaan Ali Bangash, Ayaan Ali Bangash).
Pas étonnant d'ailleurs, car c'est l'Inde qui est la fondation même de ce disque (d'ailleurs, 'The Mountain' n'est que le nom anglais ou commercial de cet album - il n'apparaît pas sur la pochette -, son vrai titre étant पर्वत, mot qui signifie évidemment « montagne » dans plusieurs dialectes indiens), même s'il y beaucoup de choses latino ou arabisante dans le lot. Et c'est plutôt bien vu et surtout plutôt bien fait. Peut-être trop long pour tenir la longueur, mais les mélodies chiadées, l'univers cohérent créé par Albarn, les featuring de qualité (notamment Black Thought, présent sur trois titres et surtout le duo Omar Souleyman/ Yasiin 'Mos Def' Bey sur Damascus, à l'ambiance indo-arabe, en écoute aujourd'hui), tout rend ce 'The Mountain' plus que sympathique, lui qui est sans doute l'album le plus homogène et le plus Gorillaz originals depuis un bail.
Album : पर्वत (The Mountain) Année : 2026 Label : Kong
En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Damascus de Gorillaz avec les featuring de Omar Souleyman et Yasiin Bey est également en écoute ci-dessous :
Autre chanson réussie de 'The Mountain' de Gorillaz, voilà The Empty Dream Machine avec les participations de Black Thought, Johnny Marr et Anoushka Shankar :
Le clip (forcément avec Gorillaz !) de Damascus, avec les featuring de Omar Souleyman et Yasiin 'Mos Def' Bey :