Y a des fois, vous fêtez votre anniversaire. Vous êtes heureux. Vraiment. Et puis, bam, au moment où vous vous y attendez le moins, la vie, cette vieille salope, vous rappelle à l’ordre et vous fait bien comprendre que
«non mon p’tit pote, c’est pas pour tout de suite», en vous envoyant en travers de la gueule une nouvelle qui vous mouille les yeux et vous envahie d’une immense tristesse.
Et pourtant, je ne peux pas dire que le
Djezon je le connaissais plus que cela. Un mec rencontré sur un forum (de football en plus!) et que je croisais plus souvent qu’à mon tour à la sortie d’une page html ou, plus épisodiquement, à la terrasse d’un café ou sur le ghorre pourri d’un terrain de foot de banlieue.
Et alors que je devrais m’en foutre limite si l’on en croit tous ces spécialistes qui nous expliquent qu’aujourd’hui, la société est devenue totalement individualiste (égoïste même qu’ils disent) et que l’on vit trop dans l’irréalité (Internet, forums, msn) pour créer du lien du social, ben je suis triste. Triste de voir partir un mec aussi doué avec les mots (
voir ici) que maladroit avec les pieds, chambreur comme pas deux et à l’humour corrosif (bien trop pour beaucoup). Triste de perdre un compagnon de route, un camarade de vannes. Triste. Tout bêtement.
Donc nous y voilà. Un Top 6 'RIP'. Et dans tous les styles, avec
Miss Kittin & The Hacker et leur
Frank Sinatra,
The Roots et leur hommage vibrant et terrible à
J. Dilla (
Can’t Stop This) et
The Herbaliser, avec
Katerine à la voix, qui y vont de leur obole pour
Gainsbourg avec un
Serge aux faux airs de
Melody Nelson.
Vu qu’il fallait bien un peu de mauvais goût dans tout ça (et histoire de lui donner l’occasion de me traiter une fois de plus, de là-haut, d’
«imbécile heureux, mais imbécile quand même»), enchaînons avec
No One But You de
Brian May,
Roger Taylor et
John Deacon pour (officiellement en tout cas) réveiller la mémoire de
Freddie Mercury (mais plus objectivement pour remplir les caisses).
Pour finir sur une note plus artistique, deux bijoux. Deux merveilles. La première, déjà diffusée dans ces pages à l’occasion d’une chronique de son
‘On Leaving’,
Bird of Cuzco de
Nina Nastasia en mémoire de
John Peel, décédé brutalement il y a bientôt 4 ans, dans la ville de (justement) Cuzco, au Pérou. La seconde est, quant à elle, à pleurer. Ou comment le hip-hop se met à nu pour allumer une lumière acoustique au génie de ce géant que fut
Johnny Cash, via la voix de
Sage Francis et de ses acolytes, avec un
Jah Didn’t Kill Johnny déchirant.
Bref, six titres pour rendre hommage à un pote. Lui dire qu’on pense à lui, à sa famille. Lui dire aussi que sa prose précise, ses vannes pourries, ses posts délicieux sur le forum des cahiers du foots et ses dribbles ratés vont nous manquer. Même qu'ils nous manquent déjà tiens. Et comme dit
Sage Francis :
«but before I die, please don’t take anymore of my friends». Rest In Peace mecton. Et so long. Bises.
Tracklisting:
Miss Kittin and The Hacker – Frank Sinatra (First Album, 2001)
The Roots - Can't Stop This (Game Theory, 2006)
The Herbaliser - Serge (feat. Katerine) (Take London, 2005)
Queen - No One But You (Queen Rocks, 1997)
Nina Nastasia - Bird of Cuzco (On Leaving, 2006)
Sage Francis - Jah Didn't Kill Johnny (A Healthy Distrust, 2005)


