C'est un fait établi : on va rarement à un concert pour la première partie. Pourtant, le 1er octobre prochain à L'Epicerie Moderne, j'irai avec plaisir voir Angel Olsen présenter sur scène son dernier - et réussi - album en date 'Big Time', mais je n'aurais sans doute d'oreilles et d'yeux que pour Tomberlin, qui ouvrira la soirée.
Américaine de de 27 ans originaire de Brooklyn, cette dernière a en effet sorti un de ces petites douceurs mélancoliques et déchirantes au début du printemps dernier. Un disque nommé 'I don’t know who needs to hear this...' où l'on trouve onze chansons qui prennent leur temps et que Tomberlin chante d'une voix belle, qui n'en fait jamais trop, ne se met jamais dans ses retranchements, pour mieux toucher, séduire, enivrer.
A l'image de sa pochette, sobre, entre clarté et obscurité, où elle n'occupe qu'à peine un quart de la place disponible, comme
pour s'effacer, disparaître, Tomberlin ne se départit jamais de sa langueur, de ses silences (et qu'ils sont beaux), de ses douleurs tout au long des cinquante minutes de 'I don’t know who needs to hear this...'. Et même si quelques chansons rompent avec tout cela (Stoned et Happy Accident, nerveuses à souhait), c'est tout un univers mélancolique, fait autant de guitare, de piano suspendu que flûte, clarinette et autre saxophone, qui vous enserre le coeur, le corps et les sentiments - il n'est d'ailleurs pas étonnant d'avoir quelques réminiscences des débuts de Damien Rice, quand la voix de Lisa Hannigan venait habiller quelques unes de ses compositions, sur le sublime Idkwntht qui clôt l'album du même nom.
Merveilleusement produit, 'I don’t know who needs to hear this...' est un disque délicat et touchant, aussi aérien que vaporeux, langoureux et gracile, où la voix de l'américaine coule, comme lovée dans l'air, sur des mélodies qui semble sur le point de s'évaporer. « Je ne sais pas qui a besoin d'écouter ça... » se demande-t-elle en une de ce disque. Beaucoup de monde Sarah Beth Tomberlin. Le plus de monde possible. (Sortie : 29 avril 2022)
'I don’t know who needs to hear this...' de Tomberlin est également en écoute, notamment, chez Spotify et Deezer
Trois chansons de 'I don’t know who needs to hear this...' de Tomberlin sont en écoute aujourd'hui. Le splendide et délicat Memory au synthé hypnotique (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Easy, la chanson d'ouverture parfaite pour rentrer dans son univers. Et enfin Idkwntht, avec Felix Walworth en contrepoint, plein d'une ambiance jazzy délicieuse :
Trois clips parmi ceux publiés depuis la sortie de 'I don’t know who needs to hear this...' de Tomberlin : Happy Accident,Sunstruck et Idkwntht.
Disons le tout de suite : ce n'est pas parce que 2017 vient d'ouvrir les yeux qu'il faut tirer un trait sur 2016. Oh bien sûr, je vais doucement mais sûrement me plonger dans ce qui va faire l'année musicale qui s'ouvre devant nous. Mais je n'ai pas encore eu le temps d'évoquer tous les disques dont j'avais envie de parler. Donc, continuons à regarder quelques mois en arrière.
Prenons par exemple 'The Wild Mercury', nouvel album de Vandaveer, groupe a géométrie variable et formé principalement de Mark Charles Heidinger (artiste australien déjà évoqué dans ces pages - voir ici et là - mais surtout mémorable pour être le chanteur de The Apparitions, éphémère groupe de dont le fantastique 'As This is Futuristic' aurait du connaitre un bien meilleur sort en 2006) et Rose Guerin ; Vandaveer dont la blogothèque avait réalisé un bien joli « concert à emporter » (voir plus bas).
'The Wild Mercury' est le cinquième album de Vandaveer, peut-être pas le plus réussi, mais qui a le bon gout de distiller ici et là quelques jolies bluettes folk-pop de fort bon calibre ; et si l'on n'atteint toujours pas les sommets de Damien Rice / Lisa Hannigan, le duo vocal Heidinger / Guerin fonctionne parfaitement une nouvelle fois.
Bref, 'The Wild Mercury' de Vandaveer, un disque sans doute pas essentiel de l'année qui vient de s'achever. Mais pour ouvrir 2017, il est parfait. Et il marche très bien un lendemain de réveillon arrosé, de verres échangés et de danses chaloupées (ou non) jusqu'au petit matin. D'ailleurs, vu qu'on y est : bonne année mesdames messieurs !
Album : The Wild Mercury Année : 2016 Label : Ramshackler Music
En plus des lecteurs Spotify et Deezer à gauche, But Enough On That For Now de Vandaveer est également en écoute sur le lien ci-dessous :
Vu que c'est fête, deux autres chansons tirées de ce 'The Wild Mercury' : The Final Word (l'histoire d'un homme qui se rappelle de ses conquêtes passées ayant échouées) et Absolutely Over The Moon, vaporeuse à souhait :
Enfin et pour finir, la session de 2008 du Take Away Show de la Blogothèque est à voir ici :
Il lui aura fallu huit ans. Huit longues années pour le voir revenir. Qu'est ce qui bien pu le pousser à se faire aussi discret pendant autant d'années, lui qui avait pourtant eu un succès phénoménal avec son premier (et magnifique) album 'O' (bien aidé par le film à succès 'Closer') et le suivant '9', lui aussi disque de platine ? Est-ce sa rupture professionnelle avec Lisa Hannigan à la fin de la tournée pour '9', elle qui avait fait tant pour la beauté de ses albums ? On ne sait pas trop. Mais l'important est ailleurs : Damien Rice est donc de retour.
L'album s'appellera 'My Favourite Faded Fantasy', comptera 10 chansons et verra le jour officiellement le 3 novembre prochain.
A en croire le premier extrait à disposition, Damien Rice ne semble pas avoir perdu son sac de mélodies. My Favourite Faded Fantasy (chanson titre donc) dure plus de 6 mns, et est une longue montée mélodique au climax magnifique, comme il savait le faire notamment sur 'O'.
My Favourite Faded Fantasy est une chanson menée de main de maitre, qui ne tombe jamais dans la facilité (couper court à l'emballage final, beaucoup ne l'aurait pas fait), et qui est portée par une voix que Damien Rice sait toujours haut percher.
Bref, une très belle entrée en matière pour ce nouvel album que l'on attendait plus et qui sera habillée d'une belle pochette. En espérant que la suite soit du même niveau. Et que Lisa Hannigan (on a le droit de rêver non ?) soit de la partie...
Album : My Favourite Faded Fantasy Année : 2014 Label : Wea
2007 touche ENFIN à sa fin! Pas trop tôt! Vraiment il était temps. Oui, vraiment. Pourtant, elle avait tout pour être aimée, appréciée, et tout et tout cette année là. Sauf que non, elle a tout fait à l'envers. Tout fait pour me contrarier. La coquine.
Afin donc de clore cette année que l'on pourra qualifier de "pourrave" les jours sans et de "bof bof" dans les jours avec, je viens, devant vos yeux encore pleins de foie gras vous présenter, en plus de mes voeux de fin d'année, mes tops 2007. La période est propice à l'affaire, la tradition est tenace et, en bon geek qui se respecte, je m'y suis attelé tout ce mois de décembre, réécoutant des disques que j'avais laissé passer, changeant d'avis comme de chemises, remisant au placard des albums qui m'avaient touchés dès les premiers accords avant de m'ennuyer profondément au bout de dix. Bref, un bilan de 365 de musique, de son.
Et pour commencer en douceur, le top concert. Seulement dix (sur une trentaine de show, c'est déjà beaucoup) mais quelques belles claques (avec, dans la mesure du possible, quelques extraits, courts la plupart du temps, des dits concerts). Le quatuor de tête se tient dans un mouchoir de poche, tel Laurent Fignon et Greg Lemond au Tour de France 1989. Soyons clair, ils m'auront procuré eux quatre des émotions bien différentes, mais surtout bien réelles.
01. Damien Rice @ Transbordeur, Lyon - 6 mars 2007 Et à ce petit jeu, le concert de Damien Rice au Transbordeur, un soir de retour (perdu) de 1/8è de finale de Ligue des Champions, remporte la palme. Ce concert était somptueux, touchant et, si l'on en croit quelques articles, le dernier de la belle Lisa Hannigan. Bref, déjà mythique. Ajoutez à cela The Magic Numbers venus assurer la première partie avec des tubes péchus dans tous les sens, un final en apothéose (I Remember/The Blower's Daughter) et vous avez une soirée de rêve, ou quasi.
Damien Rice - The Professor
02. Arcade Fire @ Amphithéâtre de Fourvière, Lyon - 18 juillet 2007 Dans le genre soirée très réussie, le concert des Arcade Fire dans ce lieu magique qu'est l'amphithéâtre de Fourvière se pose là: un groupe ravi d'être là, halluciné par la beauté du lieu, des tubes à la pelle, une belle assurance. Moins foufou que leur premier passage français au Nouveau Casino il y a deux ans (où ils avaient fini dans la rue Oberkampf!). Mais quand même, un trip continu et bandant dans une ambiance survoltée.
Arcade Fire - Wake Up
03. Laurent Garnier @ La Plateforme, Lyon - 13 décembre 2007 Ambiance survoltée, la Plateforme elle connaît. Voir Laurent Garnier n'était pas forcément une priorité, car je l'avais déjà vu au Rex à Paris il y a quelques années. Sauf que si on peut, on y va: LaurentGarnier quoi. Je dois avouer ne pas m'être attendu une seule seconde à ça. Il aurait du jouer de 1h30 à 4h30. Il aura joué de 0h50 à 6h20. Il aura pris son pied avec un set tout en montée qui se termine par quelques remix de tubes mondiaux (du NewOrder, un peu de Blur, du Nirvana, les Berus aussi...). Une claque monumentale. Grand monsieur qui se sera tapé un smile toute la soirée.
Grâce à l'annulation d'une date chez nos voisins Suisse (si j'ai bien tout compris) et surtout grâce à l'entêtement des très sûrs Grrrnd Zero, les New-Yorkais débarquent à Lyon pour un concert d'1h30, bon comme du pain chaud, funk à souhait dans une ambiance électrique. Un groupe de scène ahurissant, dynamité par une chanteuse au charisme et au caractère bien trempé.
05. Liars @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 21 novembre 2007 Concernant les Liars, j'ai pris la baffe attendue: on m'en avait tellement parlé que je n'ai pas été surpris. Un groupe déjà culte, qui a une énorme présence scénique, dont on reparlera dans une vingtaine d'années. Et qu'on se targuera d'avoir vu en concert à l'époque. Grand moment.
Liars - The other side of mt. heart attack
06. Thee Silver Mount Zion @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 19 avril 2007 Deuxième concert du groupe pour ma pomme. Et même si la claque de la première fois n'est pas là, il n'est reste pas moins que Efrim et ses amis ont un don: celui de subjuguer une salle comme personne. Des amis qui ne connaisssaient pas le groupe sont ressortis abasourdis.
07. La Blanche @ Médiathèque de Meyzieux - 23 novembre 2007
Une médiathèque, une salle remplie à 90% de personnes que nous qualifierons d'âgées et un groupe de pré-trentenaires venu en découdre avec La Blanche. Un concert acoustique (lui au chant, un guitariste, une violoncelliste) où Eric La Blanche déclame ses chansons d'amour, ses poésies d'aujourd'hui avec un vrai plaisir. Et quand la sono fait des siennes, il décide de la jouer sans micro, juste à la voix. Bref, un énorme pied. Et la confirmation que ce mec là a une des toutes meilleurs plumes de ce pays.
08. Apparat + Modselektor @ La Plateforme, Lyon - 27 septembre 2007 Enième soirée électro à La Plateforme et énorme moment aussi. Si le set d'Apparat est de qualité, que dire de celui des Modselektor qui vont poser un set hip-hop affolant! Les reviews des concerts du groupe avant et après Lyon confirmeront ces dires: les allemands sont au sommet et s'ils avaient voulu, ils auraient coulé la péniche à faire danser les gens. Fichtre.
09. Volcano The Bear @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 5 décembre 2007 L'expérience de l'année. Poussé à aller les voir par deux marseillais frappés (et fans), Volcano TheBear s'est avéré être un grand moment. Certes très loin d'être accessible. Mais quand même: une vraie musicalité, un vrai don pour faire avancer un morceau dans ses derniers retranchements et un jeu de scène complètement déjanté. Hypnotique.
10. Souvaris @ Le Sonic, Lyon - 16 avril 2007 Groupe ami anglais, Souvaris a organisé son petit tour de France à sa sauce, faisant le temps d'une soirée escale à Lyon. Un Sonic vide comme c'est pas permis (23 personnes en comptant les gens du Sonic, les membres du groupe et des premières parties) mais un concert violent et maîtrisé. Du post-rock comme ça, on en redemande.