dimanche 18 novembre 2007

[Oldies] The Hollies – For Certain Because... (1966)

Autant se l’avouer tout de suite, ce ‘For Certain Because…’ des Hollies est tout sauf un classique, un de ces disques qui marquent des générations entières. Pour plein de raisons. Il n’empêche, c’est un album sur lequel j’aime retomber, au hasard d’un énième rangement de discothèque. Et donc, en ce froid week-end de novembre, je me suis dit qu’un peu de pop sixties ne ferait de mal à personne. Encore moins à ce blog.

The Hollies, s’ils ont connu un vrai succès commercial dans les années 1960, ne sont donc pas restés dans les mémoires. La faute à quatre garçons dans le vent, adulés aux quatre coins du globe depuis près de 50 ans, qui ont un peu vampirisé toute la pop de cette décennie magique.

The Hollies se sont formés, en quelque sorte, à l’école maternelle quand, à l’âge de cinq ans, Allan Clarke et Graham Nash (le Nash de Crosby, Still, Nash & Young, c’est lui), les deux leaders du groupe, font connaissance à Salford, dans la banlieue de Manchester. A l’adolescence, les deux garçons forment un duo et écument les pubs et autres coffee-houses du coin sous différents noms (The Guytones, The Two Teens, …) avant de créer, suite à une rencontre avec Don Rathbone et Eric Haydock, The Hollies.

Très pop aux harmonies vocales inspirées par les Everly Brothers, The Hollies deviennent rapidement un groupe Beatles-alike. La faute à ce son, ces mélodies et ces morceaux courts qui rappellent tant les Fab 4. Mais également à leur histoire propre. Car en 1963, le groupe est repéré par un des managers d’EMI, Ron Richards au Cavern Club, à Liverpool, là même où la bande de Paul et John avait été découverte quelques années plus tôt, par l’ami George Martin.

'For Certain Because...' sort en 1966. Concrètement, c’est leur neuvième sortie discographique, tout pays confondus (rappelons qu’à l’époque, les sorties Uk et Us étaient différentes) et leur quatrième (sur cinq !) de l’année en cours ! Un rythme de fou, hallucinant. Cet album là marque toutefois une rupture avec le reste de leur discographie : pour la première fois, le disque ne contient aucune reprise de vieux standards ou d’obscurs titres oubliés (comme c’était courant à l’époque). Surprenant changement de direction pour un groupe qui enchaîne les tubes. Mais plutôt logique finalement.
Car en 1965, The Hollies sortent leur version à eux de If I Needeed Someone des Beatles. Si le titre se classe dans les hit-parades, les critiques sont cinglantes, la plus virulente venant directement de Georges Harrison qui qualifie la reprise de soulless.
Ainsi donc, et pour la première fois, The Hollies ne sort que des compositions originales et d'une grande efficacité.

'For Certain Because...' est court, dépasse à peine la demi-heure, compte douze titres et fait montre d'un vrai talent d’écriture. Bien sûr, l’influence d’album comme 'Rubber Soul', 'Revolver' ou 'You Really Got Me' de Ray Davies et de ses Kinks est énorme. Mais le groupe, beaucoup plus que le passé, appose sa patte et pond quelques titres vraiment très réussi (l’hispanisant Crusader, le bondissant Tell Me To My Face ou le Beatles-ien It's You, voir plus bas). Et sort un album plus que réussi, concis, carré et qui fait mouche.

Aujourd’hui, qui se souvient de The Hollies dans le grand public ? Plus personne. Ou presque. Un groupe oublié mais qui aura marqué son époque et ses hit-parades. Peut-être des sous-Beatles. Peut-être des sous-Kinks. Voire des sous-Beach Boys. Ce qui n’en fait pas pour autant des tâcherons de premier ordre, bien au contraire.

Première sortie: 1966 (Parlophone)
Réédition: 2000 (EMI)


Son:
Myspace
Site officiel


Trois titres en écoute: It's You, Crusader et Tell Me to My Face :


jeudi 15 novembre 2007

Radical Face – Ghost [Morr Music]

De tous les disques que j’ai pu écouter et aimer cette année, celui-là est le premier qui m’a renversé. Mis les larmes aux yeux. Procurés des frissons dans le dos, dans les bras, au bout des doigts. De partout. Mon premier choc musical de 2007.

De tous les disques que j’ai pu écouter et aimer cette année, l’album de Radical Face (alias Ben Cooper) est sans conteste celui sur lequel j’ai mis le plus de temps à me jeter. Le nom m’a rebuté : j’avais peur de me trouver face à un album de gangsta rap mal torché. Je ne sais pas d’où cette idée un peu incongrue m’est venue. Mais j’ai pensé à cela. Et j’ai laissé traîner l’écoute. Avant de me rattraper, comme un fou désespéré de ne pas avoir compris plus tôt.

De tous les disques que j’ai pu écouter et aimer cette année, 'Ghost' est, avec l’album de Rien, un petit bijou d’objet : un artwork splendide, un packaging cartonné et léger, à trois volets, contenant un petit livret, tout de couleur or vêtue. En ces temps où l’industrie du disque vend de moins en moins, cet album est une preuve qu'il faut garder foi en l'objet ; loin des boîtiers en plastoc tout moche, des livrets de quatre feuillets et des pochettes hideuses, qui se détachent et donnent envie de vomir sur le pas que prend chaque jour un peu plus la numérisation de la musique (dans un but commercial) sur l’objet physique.

De tous les disques que j’ai pu écouter et aimer cette année, 'Ghost' de Radical Face est indubitablement un des tous meilleurs. Si ce n’est le meilleur. Pop planante atmosphérique et romantique, folk serein et céleste, accordéon en bandoulière, piano délicat, rythmiques et clappings endiablés et embruns en fond sonore. Un peu comme si Why? (hip-popeur de chez Anticon) avait enregistré son 'Elephant Eyelash' de l'an passé chez Morr Music avec Page France en charge des chœurs.

De tous les disques que j’ai pu écouter et aimer cette année, cet album est celui dont j’aurais aimé pouvoir parler beaucoup mieux que je ne le fais actuellement. Histoire d’insister sur des titres comme Glory (voir plus bas) – une des perles de 2007 avec ce rythme quasi militaire auréolé de sifflements tout en cadence –, sur ces morceaux à géométrie variable qui se finissent rarement là où ils ont commencé ou sur ces paroles oniriques comme jamais.

De tous les disques que j’ai pu écouter et aimer cette année, ce premier album de Radical Face est une (avec le Cloud Cult) de mes plus grandes découvertes. Touché, retourné, subjugué le Twist. 'Ghost' est un chef d’œuvre. Frissons garantis. (Sortie : 20 mars 2007)

Son:
Myspace (deux titres en écoute)
Site Officiel (carnet de bord, titre en écoute, un vrai petit régal)


Deux titres en écoute. Déjà, la merveille qu'est Glory (je pèse mes mots) et le très beau Wrapped Up In Strings (malheureusement plus en ligne).

mardi 13 novembre 2007

C-Rayz Walz and Parallel Thought – Chorus Rhyme [Urchin Studios]

Ami poppy/poppeux, ne quitte pas cette chronique qui débute à peine, effrayé que tu es par cette pochette qui appelle tout sauf des balades au piano aux contours de guitares acoustiques. Toi qui n’aimes pas ce qui ressemble de près ou de loin à du hip-hop et à un flow soutenu, ne pars pas. Reste même. Car ce disque est fait pour toi. Et parce que ce disque est grand. Le meilleur en tout cas dans le genre en cette année 2007. De loin. Et qu’il t’ouvrira sûrement les yeux sur le monde merveilleux du hip-hop.

C-Rayz Walz. Le genre d’artiste à côté duquel on passe sans vraiment savoir pourquoi. J’ai dans un coin de ma cédéthèque un album de lui, son deuxième, 'Year of the Beast', récupéré à je-ne-sais-plus-quel destockage. Et bien qu’il soit sorti chez Definitive Jux, label référent dans le genre (certes, avec d’autres, mais quand même), je n’y ai encore jamais posé une oreille. Pas une. Pas l’once d’un lobe. Rien. Je trouvais la pochette hideuse et cela a suffi à briser le peu de curiosité qui m'habitait. Quant à Parallel Thought, je n’en avais pour ainsi dire jamais entendu parler.

Pourtant, quand ce 'Chorus Rhyme' m’a été conseillé par Knight of Ni, j’y suis allé les yeux fermés. Va comprendre Charles. Et je n’ai pas été déçu. Quelles productions ! Quel flow ! Quelles lyrics ! Et quelle intelligence dans la conception du disque!

Reprenons : déjà, au niveau de la production, tout est tellement juste et dans le ton que ça en est stupéfiant. L’album s’ouvre sur une ambiance très soul avec en guise de métronome une trompette répétitive. Le second morceau, Chorus I, s’annonce par quelques notes de guitare acoustique. Et tout au long du disque, c’est la même chose : du hip-hop oui mais qui vit avec son temps, qui se marie avec d’autres rythmes et d’autres influences, comme savent le faire les artistes du genre les plus intéressants depuis quelques années (on pense souvent ici à 'Ghetto Pop Life' de Danger Mouse & Jemini, un des mètres étalon des années 2000).

Mais en dehors de cette ouverture, on retrouve dans ce 'Chorus Rhyme' tout ce qu’on aime dans le hip-hop : ces flows qui se croisent sans jamais se marcher dessus dans une sorte de ballet auditif, ces scratches dans tous les sens (et pour être honnête, cela faisait un moment que je n’avais pas écouté un titre aussi bien scratché que DJ Chorus, voir par ailleurs), ces mouvements musicaux répétitifs (ces passage de violons en boucle) et ces punch-line, ces paroles, ces rimes percutantes. Bref, du grand art.

L’album me plairait déjà assez s’il était dans ce genre là. Sauf qu’histoire d’enfoncer le clou, le duo propose un Chorus Collection dément. Oui oui, d-é-m-e-n-t. Quinze minutes barjots avec plus de trente emcee (et pas les plus mauvais !) qui se succèdent au micro pour, à chaque fois, le même nombre de rimes. Et ce qui aurait pu être LE projet casse-gueule par excellence se révèle être un moment purement génial où chaque featuring est au diapason de son prédécesseur. Un titre grand comme ça, vraiment affolant qu’on se surprend à écouter et réécouter plus souvent que de raison.

Ajoutez à cela que MF Doom est présent sur Vomit Chorus, posant comme à chaque fois avec une classe folle (on n’est pas le meilleur rappeur du monde pour rien) et vous obtenez sans conteste le disque hip-hop de l’année. Et l'un des tous meilleurs disques de 2007. C-Rayz Walz and Parallel Thought ou comment rendre mon mois de novembre plus beau! « I Love My Life I Live My Soul » comme ils disent. (Sortie : 31 juillet 2007)

Nb: pour information, ce disque là n’est que le deuxième opus d’un triptyque, commencé fin 2006 avec 'The Dropping' et qui s’achèvera dans quelques semaines avec la sortie de ‘Angel & Preacher’. Trois sorties, toutes en éditions très limitées (3000 copies monde). Donc pour ceux qui veulent leur copie, jetez-vous là. Histoire de.

Son :
Myspace de C-Rayz Walz (un titre en écoute).

Vu qu'il faut au moins avoir écouté ce titre une fois en 2007, voilà donc ce Chorus Collection (dont voici la liste complète des featurings: Levi, Hykoo, Messiah-J, Icon The Mic King, Kwote Scriptures, MC Caness, Wordworth, Karniege, Double AB, Dusted Dons, Tame One, Glock Rockwell, R.A. The Rugged Man, Stahhr the Femcee, L.I.F.E. Long, Sha-Dula, Marq Spekt, C-Rayz Walz, Thirstin Howl III, KLU Sheisty, Sean Price, Swave Sevah, Poison Pen, Chan, MC Unknown, Kosha Dillz, Block McCloud, Many Styles, Omega Moon, Immortal Technique). Ainsi que Dj Chorus, qui clôt le disque, histoire de. Prenez-en plein la tronche. Ouch (malheureusement plus en écoute).

lundi 12 novembre 2007

Track of The Day (06-12novembre 2007)

Cette semaine, étaient au programme quelques « vieilleries », un des tubes de l'année et une reprise on-ne-peut-plus bandante. Notamment. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, colonne de droite).

Lundi 12 novembre 2007 :
* Modest Mouse - Spitting Venom [Epic]
Un des tous meilleurs titres de l'année. C'est beau, c'est fort, c'est prenant. C'est long aussi. Y a des cuivres. Pfu. A vous retourner le cerveau. Grande grande classe.
(disponible sur We Were Dead Before The Ship Even Sank #2007)


Dimanche 11 novembre 2007 :
* Fiona Apple - Across The Universe (The Beatles cover) [Sony]
Une « vieillerie » pour un dimanche. Tout ce que touche la belle Fiona Apple se transforme en or. Comme cette reprise (qui a déjà dix ans) d'Across The Universe des Beatles absolument splendide. Supérieure à l'originale ? Peut-être pas (quoique). Mais largement devant tous les autres essais du genre.
(disponible sur Pleasantville: The Original Soundtrack # 1998)

Samedi 10 novembre 2007 :
* Shivaree - Don't Stop 'Til You Get Enough (Michael Jackson cover) [Zoë]
La belle Ambrosia se plait à reprendre avec ses compères quelques vieux classiques de l'histoire de la musique, dont ce tube en or massif de Michael Jackson, dont ils sortent une version très lascive et plutôt bandante.
(disponible sur Tainted Love : Mating Calls and Fight Songs # 2007)


Vendredi 09 novembre 2007 :
* Dungen - En Gång I År Kom Det En Tår [Kemado]
Suédois de leur état, les Dungen reviennent avec un nouvel album qui se termine par cette douceur pop, assez loin de leur psychédélisme seventies habituel. Un disque sur lequel il faudra trouver le temps de revenir.
(disponible sur Tio Bitar # 2007)


Jeudi 08 novembre 2007 :
* Arcade Fire - Poupée de Cire Poupée de Son (France Gall cover) [Merge]
Sortie sur un split 7" avec les LCD Soundsystem, enfin un enregistrement studio du tube de France Gall par les Canadiens. Un titre qui leur va à merveille et à qui ils insufflent une fascinante fraîcheur.
(disponible sur Arcade Fire/Lcd Sound System Split 7" # 2007)


Mercredi 07 novembre 2007 :
* Pumuckl - Sommeil Léger [Autoproduction]
Alors que Pumuckl commence à enregistrer de nouveaux titres pour donner suite à l'excellent 'Carbone' sorti l'an passé, retour avec un de ses tous meilleurs titres, Sommeil Léger. Et ce mec n'est même pas signé...
(disponible sur Sommeil Léger Ep # 2005)


Mardi 06 novembre 2007 :
* The Devastations - Rosa [Beggars Banquet]
Loin du somptueux 'Coal' (qui était mon album de l'année 2006), les aussies reviennent avec un 'Yes, U' très décevant, dont on ressortira quand même ce Rosa, plutôt bien tourné.
(disponible sur Yes, U # 2007)

dimanche 11 novembre 2007

[Oldies] David Ackles - American Gothic (1972)

De toute sa vie, David Ackles n’aura jamais su quoi faire, n’aura jamais su sur quel pied danser, passant d’une activité à son opposée en un claquement de doigts. Une débauche d’énergie qui le priva sûrement d’un succès musical qu’il aurait mille fois mérité.

Car oui, David Ackles est un artiste à la trajectoire fluctuante. Né en 1937 dans l'Illinois au sein d'une famille baignée par le monde artistique (un grand père comédien de music-hall et une grand-mère à la tête d’un quatuor féminin), il débute – très jeune – comme acteur au sein de séries américaines des années 40. Quelques années plus tard, il se tourne vers l’université, part étudier la littérature à Édimbourg, avant de revenir aux États-Unis empocher son diplôme de cinéma.

Il fait montre rapidement de grandes capacités artistiques, aussi bien pour le ballet que pour la comédie musicale ou le théâtre. Malgré cela, et alors qu’il écrit déjà pour la télévision, il devient détective privé puis gardien de nuit (!). On évoque même le fait qu’il ait pu faire quelques séjours en prison. Bref, une image brouillée, une ligne de vie qui part dans tous les sens, sans jamais arriver à s’arrêter sur une activité en particulier.

A la fin des années 60, il rentre chez Elektra, un des labels les plus importants de l’époque – au catalogue assez fascinant, arrivant à regrouper en son sein, notamment, Love, les Doors, le MC5 ou encore les Stooges.
La différence entre David Ackles et les groupes pré-cités, c’est que lui n’arrive pas comme artiste maison. Mais uniquement comme songwriter. Jac Holzman, fondateur d’Elektra, a en effet beaucoup aimé Blue Ribbons, un titre composé par notre homme, mais ne se voit pas lui confier plus.

Les mois passent et finalement, David Ackles arrive, à force de persuasion, à obtenir un contrat qui donnera naissance à trois albums. Un triptyque acclamé par tous les critiques du monde mais qui ne vendra jamais rien (ou presque).

'American Gothic' conclut cette trilogie (qui n’en est pas une). Un disque miraculeux, en forme d’apogée artistique, assez déroutant, et dont il est difficile de se remettre. Un album produit merveilleusement par le pourvoyeur de tube d’Elton John, Bernie Taupin, avec Robert Kirby aux arrangements (célèbre pour avoir travaillé sur le ‘Five Leaves Left’ de Nick Drake) et le London Symphony Orchestra pour backing-band.

Un album qui est en quelque sorte un résumé des multiples carrières artistiques d’Ackles. Folk ou pop, ce disque est surtout influencé par l’opéra ou le théâtre, arrivant ici et là à recréer des ambiances qui sont propres à ces univers là (Oh California!, voir par ailleurs) : ces passages de cordes, ces cuivres n’attendant que la réponse d’un ténor, ces vocalises stupéfiantes.

Stupéfiant, 'American Gothic' l’est également par sa description sans concession des États-Unis, entre déclarations d’amour et critiques acerbes, toute en vérité (le plus bel exemple restant ce Montana Song de dix minutes qui ferme l’album, où l’on découvre les États-Unis vu par les yeux des pionniers), même s’il s’octroie de temps à autres quelques jolies balades beaucoup moins virulentes.

Largement influencé par Jacques Brel ou Frank Sinatra (cette emphase dans les paroles et dans le chant, ces constructions de morceaux), 'American Gothic' est un chef d’œuvre. Derek Jewell, un des plus influents critiques musicaux de l’époque, décrit même l’album, dans une chronique restée célèbre, comme le « Sergent Pepper of Folk ». Rien que ça.
Mais au-delà de ces considérations comparatives, ce disque fait partie de ces albums qui demandent plusieurs écoutes pour vraiment s’en imprégner. Et comprendre à quoi on a à faire. Un disque romantique, inspiré, judicieusement bonifié par un London Symphony Orchestra qui ne fait qu’un avec le piano de David Ackles. Un disque qui n’aura pas connu le succès espéré et qui sonnera le glas de la collaboration avec Elektra.

Des années plus tard, Phil Collins (!) et Elvis Costello, entre autres, lui tresseront des couronnes de louanges. Et on jurerait entendre du David Ackles chez la grande Joanna Newsom. Mais cela n’y changera rien. Lui d'ailleurs s’en foutait sûrement, reparti qu’il était à suivre et découvrir d’autres vies artistiques. Mais il aurait sans doute aimé, comme il l’expliquait au milieu des années 90, retravailler avec Bernie Taupin, sur quelques morceaux. Le temps et un cancer auront finalement raison de ces retrouvailles. Entre tous les génies oubliés et disparus, ça doit être un bordel magnifique là haut…

Première sortie : 1972 (Elektra)
Réédition : 2005 (Elektra)


Pour bien faire, trois titres en écoute. Je dois avouer avoir eu du mal à choisir les trois titres. Je pense qu’ils sont plutôt représentatifs du disque: Oh California!, Love's Enough et Montana Song :