samedi 8 décembre 2007

[Oldies] The Homosexuals – The Homosexuals' Record (1984)

Pour la première fois depuis la création (certes récente) de ce blog et de cette récurrente rubrique, délaissons quelque peu les années 60-70, la pop, le folk et la soul pour se plonger avec envie dans les eighties, cette décennie magique mais malheureusement maudite selon beaucoup. Et présentons The Homosexuals, trio punk briton totalement (ou presque) méconnu mais pourtant indispensable et, avec d’autres, précurseur du post-punk.

Un groupe qui se forme en 1977 autour d’Anton Hayman (aka Amos), Bruno McQuillan (L. Voag) et Jim Welton (Xentos). Alors certes l’époque est propice à créer un groupe punk. Mais c’est surtout une réponse politique que veulent apporter The Homosexuals en se donnant naissance avec un tel nom, provocateur à souhait pour l’époque, suite à un grand rassemblement du National Front, le parti extrémiste anglais.

La carrière du groupe sera courte et sa discographie légère et souterraine. Car en tout et pour tout, The Homosexuals ne sortiront que deux 7’’ et deux 12’’ entre 1978 et 1980. Des sorties sporadiques mais également limitées en nombre, rendant leurs disques quasiment introuvables très rapidement. Au début des années 80, le groupe splitte sans avoir sorti un seul album et laisse le temps les oublier.

Sauf que leur histoire ne s’arrête pas là. En 1984, Bruno McQuillan donne une cassette de différents vieux titres à Chris Cutler, fondateur et directeur de Recommended Records (ReR), ce sans consulter les deux autres membres du groupe.
Sans avoir le temps aux autres de répondre et/ou de contester quoique ce soit, le label sort l’album 'The Homosexuals' Record' en un temps record et en très faible quantité, vend toutes les copies et fait du groupe une légende punk.

Car cet album reste un disque majeur de ce mouvement et des années 80. A l’instar de Wire, The Homosexuals jouent dans la cour arty du mouvement, loin des Ramones, Sex Pistols ou Clash. Punk mais power-pop avec des chœurs et des passages limite dub (et même pas chiant, c’est dire !), post-punk mais aventureux et presque distordue (ils reprendront même du Faust), la bande de Jim Welton est un peu touche à tout. Et si 'The Homosexuals' Record' n’a pas une cohérence folle, il n’en reste pas moins particulièrement indispensable pour comprendre le mouvement punk et tous ses dérivés (le post-punk donc, dont ils sont, avec Wire, les pionniers).

La sortie de ce disque là ne changera pas grand-chose à la carrière du groupe : il restera séparé, chacun vaquant à ses occupations musicales. En 2004, Hyped to Death Records sortira 'Astral Glamour' (du nom d’un de leurs morceaux), boxset de trois cds compilant entièrement leur discographie. Un coffret aussi indispensable que cet album majeur, passé (presque) inaperçu à l’époque et devenu par la même mythique.

Première sortie : 1984 (Recommended Records)
Réédition : 2004 (Recommended Records)


Son:
Myspace (quatre titres dont trois de 2006 ce qui signifierait un retour aux affaires pour le trio. Trois titres que je n'ai pas écouté, histoire de ne pas briser une nouvelle icône).

Comme d'habitude, trois titres. Incisifs et courts. Boum: Technique Street, Neutron Lover et Astral Glamour :




 

mardi 4 décembre 2007

Pumuckl - Carbone [Rain Cloud]

Alors que l'année touche à sa fin, alors que l'on peaufine son 'top albums 2007', revenons quelques instants sur un des disques de l'an passé. Un album auto-produit (en tout cas à l'époque puisqu'il a depuis trouvé un petit label indé) absolument divin, l’œuvre d'un jeune français touche à tout et au son mélodique très sur.

Pourquoi revenir là-dessus me direz-vous? Premièrement parce que l'artiste mérite franchement le détour, deuxièmement parce qu'à part sur certains webzine ce disque est honteusement passé inaperçu, troisièmement parce que cet album là revient régulièrement sur ma platine et enfin, dernièrement parce qu'il vient de se remettre au travail pour donner une suite à son 'Carbone' de 2006.

"Il", c'est Pumuckl (aka Stéphane Lherault), orléannais de son état. Un mec bluffant, tout simplement. Auteur de (déjà) quelques bonnes sorties au début des années 2000, il a donc donné suite l'an passé à son 'Sommeil Léger Ep' qui nous avait émoustillé les écoutilles. Et quelle suite!

Au programme, 5 titres presque entrelacés. Les quelques errements que l’on pouvait trouver sur son précédent disque (une production qui n’osait parfois pas assez et qui freinait des quatre fers là où il aurait fallu lâcher les chevaux), sont balayés, emportés par un son cristallin, lumineux qui donne une classe et une beauté renversante à l’ensemble. Tout scintille et brille d’une évidence et d’une clarté rare.

Les ambiances sont planantes, avec ce je-ne-sais-quoi de Sigur Ros. Mais Pumuckl conserve ce brin de folie qui lui sied si bien, comme sur Buprénorphine (voir plus bas), qui amoncelle scratchs et petites touches électros sous couvert de chœurs avant de lâcher la cavalerie avec quelques accords de guitares tendues à souhait.

En fin d’album, il donne même naissance au petit frère du titre Sommeil Léger, qui ouvrait l’Ep du même nom (et que j'avais mis en écoute dans la partie 'Track of The Day' avec Une Vie = Une Seconde (voir plus bas bis)). Un morceau qui devrait/aurait du faire un tube si l’industrie du disque ne marchait pas sur la tête. Pumuckl y chante en français, toujours avec ce même brin de voix à la Dominique A, le tout mené par une mélodie répétitive du meilleur effet.

Un an plus tard, le constat reste le même: 'Carbone' est un album ravissant, planant. Divin même. Ce type là a de l’or dans les pognes. Et même si ses disque ont une durée plutôt réduite à chaque fois (à peine une demi-heure ici), ils ne sont rien d’autres qu’un éternel émerveillement à chaque nouvelle écoute. Un jour, Pumuckl connaîtra le succès. Un jour, les gens se rendront compte de son talent. Vous ne pourrez pas dire que vous n’aurez pas été prévenu.

Son:
Site Officiel
Myspace (deux titres de 'Carbone', deux titres de 'Sommeil Léger Ep')
Le dernier titre en date

Pour acheter le disque, cliques ici l'ami(e)

Et histoire de faire les choses dans le bon ordre, deux titres en écoute, Buprénorphine et Une Vie = Une Seconde, malheureusement plus en ligne.

lundi 3 décembre 2007

Track of The Day (28 novembre-3 décembre 2007)

De l'électro matinée de pop grandiloquente et de hip-hop précurseur. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 3 décembre 2007:
* Amélie - In a Bag Under The Sea [Boxson]
Guitare-voix avec Neman d'Herman Dune aux percussions, la belle Amélie, contrairement à dEUS, se trouve dans un sac sous un bar. Titre joliment troussé avec une voix et des ambiances à la Cocorosie, mais en bien moins chiant.
(disponible sur The Real Nature of the Fantastic Ice-Cream Car, 2007)


Dimanche 2 décembre 2007:
* Deltron 3030 - 3030 [75 Ark]
En 2000, bien avant Damon Albarn, Del The Funkee Homosapien, Dan The Automator et Kid Koala inventaient Gorillaz. Mais sous un autre nom, Deltron 3030. Un des très grands disques de cette première décennie du millénaire, magnifié par ce 3030 parfait tout du long de ses 7'29.
(disponible sur Deltron 3030, 2000)

Samedi 1er décembre 2007:
* Biffy Clyro - Living Is A Problem Because Everything Dies [14th Floor]
Les Ecossais se la jouent symphonique avec ce titre là, tout en conservant ces riffs acérés et cette batterie nerveuse qui sont leur marque de fabrique. A s'en lécher les babines.
(disponible sur Puzzle, 2007)



Vendredi 30 novembre 2007:
* Tepr - Thunderdome [Idwet]
Sorti sur, concrètement, un des tous meilleurs albums dansants des années 2000, ce Thunderdome d'une des moitié d'Abstrackt Keal Agram est un bonheur jouissif et une bombe dance-floor (comme l'album dont il est extrait). A se taper la tête contre les murs.
(disponible sur Côte Ouest, 2005)


Jeudi 29 novembre 2007:
* Boys Noize - & Down [Boys Noize]
Allemand de son état, Boys Noize a beaucoup écouté Daft Punk étant plus jeune. Vu que la période est dans cet état d'esprit, 'Oi Oi Oi' a été bien accueilli, bien qu'il soit un peu long pour être totalement réussi. Et si on pourra préférer ses remixes dépotants, on n'ira pas cracher sur ce disque là, loin d'être décevant et qui s'ouvre par ce & Down. On a vu pire.
(disponible sur Oi Oi Oi, 2007)

Mercredi 28 novembre 2007:
* Guillemots - Go Away [Fantastic Plastic]
Malgré un premier album décevant et très décousu, il reste un premier Ep fameux, un des tous meilleurs disques de 2006. Et au hasard Balthazar, ce Go Away en écoute, où cuivres et guitare affutée font l'amour à une rythmique reggae. Il ne vous reste plus qu'à répéter à l'envie: 'When you cannot love with both your hands...'. Trippin'!
(disponible sur From The Cliffs Ep, 2006)

Mardi 27 novembre 2007:
* Duke Special - Freewheel [V2]
Pop romantique par un jeune anglais à dread, la musique de Duke Special est pleine d'emphase, d'élégance et de grandiloquence. Trop? Sûrement. Mais on ne va pas bouder notre plaisir pour autant.
(disponible sur Songs From The Deep Forest, 2006)

samedi 1 décembre 2007

[Oldies] Tim Hardin – Bird on a Wire (1971)

Si l’on devait résumer la carrière discographique de Tim Hardin, ange déchu de la folk-music des années 60/70, on citerait deux titres. Le premier serait If I Were a Carpenter, son morceau qui a connu le plus de succès - pas forcément sa version, mais celle d’autres, comme Bobby Darin qui hissera le titre tout en haut, ou presque, des charts US en 1966.

Le second serait Bird on a Wire, une reprise de Leonard Cohen qui, osons-le, surpasse l’original. Un titre soulfull comme disent les anglophones (voir plus bas), plein d'ambiances et avec un chant noir surprenant. C'est ce morceau qui donne son nom au disque dont il est question ici. Et qui l’ouvre même.

Septième album (si l’on compte les lives) de Tim Hardin, 'Bird on a Wire' est un des tous derniers enregistrements correct du folkeux de l’Oregon. Un beau disque qui compte presque à part égale des compositions originales et des reprises de standards vraiment aguicheuses (celle de Georgia on My Mind est assez réussie avec une voix qui rappelle par moment celle de Stevie Wonder).

Trente-cinq minutes pour dix morceaux dont quelques grands moments comme ce Southern Butterfly tire-larmes malgré un côté classique et basique (ces quelques accords de guitares folk, surmontés de cuivres et de cordes toutes légères, voir plus bas) ou ce Satisfied Mind (écrit par Joe Hayes et Jack Rhodes) somptueux et délicat comme jamais.

'Bird on a Wire' n’est peut-être pas le meilleur album de Tim Hardin. Ses premiers opus (I, II et III) sont sûrement plus beaux, plus grands. Mais ce disque là reste la dernière vraie production discographique du compositeur américain. Dès 1973 et jusqu’à sa mort en 1980, ses albums ne seront qu’une suite de déceptions et de titres sans force, sans grâce, sans talent. La faute à une addiction beaucoup trop grande à une poudre blanche légèrement destructrice.

Lorsque le 29 décembre 1980, il subit finalement les lois conjuguées de l’héroïne et de la morphine, Tim Hardin vient tout juste d’avoir 39 ans. Et laisse derrière lui un sac entier de chansons indémodables (qu’ils seront nombreux à aller reprendre, de Johnny Cash à Okkervil River, des Small Faces à Paul Weller), quelques jolis (voire même plus) albums et une reprise renversante en guise d’oraison funèbre. Comme un oiseau sur un fil barbelé…

Première sortie : 1971 (Columbia)
Réédition : 2005 (Sony)


Son :
Myspace (trois titres dont un de ce ‘Bird on a Wire’)

Et en écoute, Bird on a Wire (bien sûr), A Southern Butterfly, à tomber et Love Hymn, qui clôt le disque : 

 

vendredi 30 novembre 2007

Top 6 "Weather"

Un top6 sur la météo, c’est assez peu courant pour être signalé. Vous répondriez que c’est peut-être parce que c’est un peu con que vous n’auriez pas tort. Vous auriez même sûrement raison tiens.

Depuis quelques temps, je tentais vainement de trouver une idée pour alimenter cette rubrique assez faiblement pourvue. J’ai passé en revue diverses idées plus nulles les unes que les autres. Et puis, en ressortant un vieille compilation de voiture que j’avais faite il y a de cela quelques années, je suis retombé sur In The Sun de Joseph Arthur, chanson belle par excellence. Et je me suis dit qu’il y avait là matière à lister quelques morceaux chatoyants.

Un top 6 donc sur le temps. The weather. Et qui commence donc avec un titre de circonstance en cette période qui hésite entre le froid et le très froid, le Snow d’Emiliana Torrini (qui serait d’ailleurs assez gentille de répondre à mes nombreuses demandes en mariage que je lui fait parvenir mentalement depuis des années). Réchauffement climatique oblige, on passe ensuite à la pluie, version Ed Harcourt, artiste on ne peut plus talentueux mais concrètement ignoré du grand public, avant de subir les attaques du breton Miossec et de son Tonnerre nerveux.
Classique (car il faut toujours un classique), c’est sur sa belle moto que Bruce Springsteen nous emmène sur une route pleine d’éclairs (même si évidemment, le temps n'a pas grand chose à faire dans l'histoire) et qui débouche en plein soleil avec Joseph Arthur en guise de guide. Et c'est finalement une tempète canadienne Godspeedienne longue de vingt minutes qui finit, en quatre temps, par nous emporter dans un autre monde, ailleurs, dans un chaos magique.

Alors, certes, on aurait pu sentir sur notre visage le vent de Patrick Swayze ou éviter les éclairs de Kiss. Mais finalement, je trouve c’est bien mieux comme ca. Du classique, du français, un groupe mythique et quelques belles balades pop. Histoire d’affronter cette froide fin de semaine qui nous attend avec le sourire (ou pas). Bonne écoute.



Tracklisting : 
Emiliana Torrini Snow (Fisherman’s Woman – 2004) 
Ed Harcourt - Rain on The Pretty Ones (The Beautiful Lie – 2006)
MiossecTonnerre (Brûle – 2001)
Bruce Springsteen - Thunder Road (Born to Run – 1975)
Joseph Arth
ur - In The Sun (Come to Where I’m From – 2000)
Godspeed You ! Black EmperorStorm
(Lift Yr. Skinny Fists Like Antennas To Heaven! 2000)