lundi 13 octobre 2008

Puisqu'il faut bien évoluer...

... j'ai décidé de donner un petit coup de fouet à ce blog, en modifiant une rubrique qui me tient beaucoup à cœur et qui n'a pas bougée depuis la création de ce blog il y a plus d'un an: Track of The Day. Un blog se doit de vivre. Et celui-ci a la fâcheuse tendance, depuis quelques mois déjà, à ne pas vivre assez selon moi. Redonnons lui un peu de vigueur donc!

But du jeu: mettre plus en avant le titre du jour, et pas simplement le lundi, perdu qu'il est avec six autres titres.
Ainsi, désormais, chaque morceau mis en ligne via le lecteur deezer immuablement à droite (le système reste le même: le titre le plus récent est le premier dans la playlist) trouvera à sa gauche sa chronique que j'aurai bafouillé en quelques lignes. Plus de clarté, plus de visibilité pour des titres qui me tiennent à cœur.

Bref, un peu de changement (ce n'est pas grand chose mais c'est déjà cela) qui, je l'espère, vous satisfera comme il me satisfait (en tout cas pour le moment).

Bonnes écoutes!

jeudi 9 octobre 2008

Air France – No Way Down Ep [Sincerely Yours]

S'énerver. Bloquer. Buter sur un problème. Sur des sujets qui n'avancent pas. Qui s'amoncellent. Se plaindre des solutions qui s'éclipsent. Des journées qui n'en finissent pas de s'allonger. De ses matins trop matinaux. Râler contre ce temps qui change. Ces saisons qui se décalent. Cette rentrée qui n'en finit plus de durer. Devenir irascible. Susceptible. Con.

Et puis souffler. Prendre son temps. Se remémorer les doux souvenirs de l'été. Du soleil. Des vagues. De la farniente. S'évader. Changer d'atmosphère. D'horizon. Pour mieux rebondir. Pour mieux redémarrer. Avec un regard neuf. Avec une envie retrouvée.

Fermer les yeux. Embarquer sur un vol Air France à destination de Göteborg, qui promet, sur la brochure, 'No Way Down'. Se mettre en condition avec l'ambiant Maundy Thursday, commencer à lâcher prise sur June Evenings , décoller sur Collapsing at Your Doorstep et son électro-pop sautillante, sourire béatement à l'écoute de sa guillerette petite sœur No Excuses, amorcer une descente en douceur avec le très lounge No Way Done pour finalement atterrir sur Windmill Wedding, annonciateur de la fin du voyage.

Rouvrir les yeux. Sourire. S'allumer une cigarette. Garder en tête ces mélodies qui respirent le bonheur et la simplicité. Se dire qu'Air France est un sacré nom pour un groupe Suédois. S'amuser à imaginer la rencontre entre ces jeunes gens heureux et les trop rares Australiens de The Avalanches, dont ils partagent certaines idées. Regretter la durée limitée de ce 'No Way Down'. Se rappeler que c'est un Ep et que 23 minutes pour un tel format, c'est très honnête.

Se remettre au travail, du soleil plein la tête, du vent plein les cheveux. Se promettre de partir plus souvent en voyage dans le ciel Suédois. Se dire de faire ça vite. Et repartir pour un tour, là, maintenant, tout de suite. Avec Air France pour seule compagnie. (sortie : 17 juin 2008)

Son :
Myspace (deux titres de ce
'No Way Down Ep' en écoute).


Deux morceaux pour s'envoler. L'electro-poppy Collapsing at Your Doorstep et le discret, ambient et atmosphérique Windmill Wedding (malheureusement plus en écoute).

mardi 7 octobre 2008

Cornflakes Heroes – Dear Mr Painkillers [Greed Recordings]

Dans l’absolu, à quoi ressemble un bon groupe – et un bon album – de rock made in France? À des textes forcément en français ? A une bande d’ado qui se veut Libertines mais sonne plus comme les Forbans, sauce années 2000 ? A une suite de paroles débiles posées sur quelques accords on ne peut plus mineurs? A un combat à mort de fourchettes en plastique ?

Malgré ce que peuvent asséner à longueur de unes quelques magazines spécialisés et dits de référence, rien de tout cela finalement. Un peu tout l’opposé même.

Prenons les Cornflakes Heroes, groupe caennais, signé sur le label parisien Greed Recordings (voir ici ou là), petit par la taille mais grand par la qualité de ses sorties, qui sort ces jours-ci son deuxième album, ‘Dear Mr Painkillers’. Malgré leur nom un peu idiot et qui résonne comme celui d’un groupe faiseur de pop échevelée et débridée, les Cornflakes Heroes incarnent totalement la vision que je peux avoir du rock made in France

‘Dear Mr Painkillers’ continue de tracer la voie ouverte avec ‘Off With Your Heads!’. Celle d’un rock chanté en anglais et qui prend ses influences aussi bien outre-manche qu’outre-atlantique. Sur le premier album, on retrouvait facilement celles de Sebadoh, Pavement, Dinosaur Jr, voire même du Velvet Underground ou Nick Drake sur certains passages. Sur ce disque, ces influences sont toujours là, mais encore mieux assimilées et plus discrètes.

Le groupe se les approprie réellement pour en sortir un son qui lui appartient. En y apportant souvent des touches aux couleurs punk, blues ou pop et en agrémentant beaucoup de titres d’un moog, d’une trompette, d’un ukulele, ainsi que d’une bonne dose d’humour (écouter Let Me Be Your Tamagochi) et de saturations, ‘Dear Mr Painkillers’ s’impose rapidement comme une franche réussite, qui n’hésite pas à reprendre l’ouvrage là où il l’avait laissé pour mieux continuer à avancer.

Les Cornflakes Heroes prouvent surtout (et une seconde fois) qu’il est possible de sortir un disque rock en France, sans être petit bras et/ou ridicule, avec de vrais textes, des riffs tendus, une basse qui sonne et des mélodies torturées, chaloupées qui ne cherchent jamais la facilité mais qui tapent juste. Car ‘Dear Mr Painkillers’ est tout cela à la fois. Un très bon disque rock, qui a du coffre et du chien. (sortie: septembre 2008)

Son :
Myspace (2 titres de ce 'Dear Mr Painkillers')
Site officiel

Deux titres en écoute. Le nerveusement pop Bloody Valentine et le splendide Is Mother Right?, peut-être le plus grand titre composé par les Cornflakes Heroes, jusque là (malheureusement plus en écoute). 

Rajout d'un titre, disponible gratuitement sur le site de Greed Recordings (malheureusement plus en écoute).

lundi 6 octobre 2008

Track of The Day (30 septembre-6 octobre 2008)

Éclectique la semaine, éclectique. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer à droite).


Lundi 6 octobre 2008:
* The Twilight Sad - Cold Days From The Birdhouse [Fat Cat]
Écossais de leur état et signé chez Fat Cat depuis quelques disques déjà, voilà les Twilight Sad, un groupe qui aime le shoegaze, le post-rock mais surtout les mélodies. Grand groupe, totalement méconnu. Quand on écoute un titre comme Cold Days From The BirdHouse (en téléchargement ici, click droit et enregistres-sous ami lecteur), avec son côté drone prononcé, sa montée, ses cordes et cette voix, on se demande encore comment une telle chose est possible.
(disponible sur Here It Never Snowed Afterwards It Did Ep, 2008)

Dimanche 5 otobre 2008:
* Shearwater - On The Death Of The Waters [Matador]
"Libéré" de la contrainte Okkervil River, Jonathan Meiburg continue de tracer sa route avec ce cinquième album de SON groupe. Shearwater ou l'émotion à fleur de peau. Un piano et des mélodies célestes pour Un bien bel album donc, même si quelques élans un peu trop grandiloquents et des mélodies qui tombent à plat viennent gâcher le tout. Extrait avec ce On The Death Of The Waters, qui ouvre 'Rook'.
(disponible sur Rook, 2008)

Samedi 4 octobre 2008:
* Human Highway - Moody Motorcycle [Secret City]
Enième projet parallèle de Nick Thorburn, déjà à la base des Unicorns puis d'Islands. Un album qui tranche avec le trop plein de chantilly du dernier opus de ces derniers et qui revient à l'essentiel: de petites balades, la plupart du temps folk et acoustiques. Jim Guthrie (de la première fournée d'Islands) est aussi de la partie. Et les deux composent même un morceau, Moody Motorcycle, qui pourrait devenir un tube.
(disponible sur Moody Motorcycle, 2008)

Vendredi 3 octobre 2008:
* Ra Ra Riot - Dying Is Fine [Barsuk]
Quelques premières écoutes positives, réminiscences de la pop d'Anathallo en 2006, et des suivantes très décevantes: ce 'The Rhumb Lime' ne tient pas la route finalement. Des idées de mélodies mais rien qui ne survit pas à plus d'une minute. Une production étouffante, un manque d'inspiration assez criant quand même. Rien de bien bandant en somme sous le cellophane. Rien, hormis ce Dying If Fine qui trotte longtemps dans la tête.
(disponible sur The Rhumb Line, 2008)

Jeudi 2 octobre 2008:
* B.o.B - Lonely People [Grand Hustle]
Nouvelle tête - il n'a que 19 ans - (et futur héraut?) de la scène hip-hop mondiale, B.o.B commence à faire parler de lui via une mixtape qui a du coffre. Écoutez ce Lonely People ou la réécriture façon 2008 d'Eleanor Ribgy des Beatles pour vous en convaincre. Un futur grand.
(disponible sur Hi! My Name Is BoB Mixtape , 2008)

Mercredi 1er octobre 2008:
* DatA - Rapture [Ekleroshock]
Annonciateur d'un album à venir, ce nouvel Ep de trois titres (dont deux remixes) de DatA fracasse. Enfin, surtout Rapture, son titre. Un morceau, entre eighties et années 2000. Efficace, à fond les manettes et qui devrait cartonner sur les dance-floor.
(disponible sur Rapture Ep, 2008)

Mardi 30 septembre 2008:
* Jim O'Rourke - Despite The Water Supply part. 2 [Touch]
Première sortie de Jim O'Rourke depuis 2006 avec ce "7" limited edition" 'Despite The Water Supply', dans la série pour Touch. Deux titres de drone, de musique expérimentale, presque atmosphérique, qui vole au-dessus de cordes qui font furieusement penser au début de Moya de Godspeed You ! Black Emperor. Huit minutes dans les hauteurs, divisées en deux parties. Voilà la seconde. Vivement la suite.
(disponible sur Despite The Water Supply 7", 2008)

jeudi 2 octobre 2008

Max Richter – 24 Postcards In Full Colour [Fat Cat]

Vingt-quatre titres. A peine plus de trente-trois minutes. Qu’est-il donc arrivé à Max Richter, guide de mes nuits de décembre 2004, quand j’avais découvert le bougre, un peu par hasard, via son ‘The Blue Notebooks’, album parfait de post-classicisme à la beauté fracassante. Lui qui aimait prendre son temps pour mieux développer ses mélodies encordées et pleines d’un piano délicat ?

Rien. Ou presque. Il a juste voulu écrire une sorte de concept album sur, tenez-vous bien, les sonneries de téléphones. Partant du postulat suivant «Pourquoi une sonnerie de téléphone devrait-elle être nulle?», il a donc composé 24 morceaux, tous de très courtes durées (de 50’’ à 2’51’’), qui pourraient, pour la plupart, faire office de ringtones (écoutez In Louisville At 7, c’est flagrant): ‘24 Postcards In Full Colour’.

Comme d’habitude, violons, violoncelles et piano sont au rendez-vous, avec en guest une guitare. Les ambiances propres à Max Richter, ces atmosphères planantes, vaporeuses et oniriques, elles aussi. Ce sont d’ailleurs elles qui servent de fil conducteur à cet album, dont chaque titre est différent de son prédécesseur et explore des univers parallèles.

Et si le procédé peut paraître assez frustrant parfois, tant on aimerait que l’Écossais développe ses titres et fasse muer quelques secondes de musique en un ensemble plus consistant, on ne peut quand même que s’incliner devant le talent de Max Richter, compositeur post-classique émérite, qui compose des albums comme d’autres font des rêves, et qui, avec ce ‘24 Postcards In Full Colour’ nous invite à un voyage dans le beau, le doux, le planant et l’éphémère. (sortie : 25 août 2008)

Son :
Site Officiel
Myspace

Vu la longueur des morceaux, trois titres en écoute : The Picture of Us, A Song For H/Far Away et Cradle Song For A [Interstate B3] (malheureusement plus en écoute).