mercredi 12 novembre 2008

[Track of The Day] Piano Magic - Vacancies

Après un joli 'Part-Monster', Piano Magic revient avec un nouveau label et un nouvel Ep, toujours dans la même veine. Plus calme que sur le précédent disque, mais plus habité, c'est sur Vacancies que le groupe affole les compteurs. Klima est à la voix, le tout est très poppy avec un coté Blonde Redhead affirmé.

Album: Dark Horses Ep
Année: 2008
Label: Make Mine Music

En écoute dans le lecteur deezer à droite.

mardi 11 novembre 2008

Guernica - Who Are Your Songs For? [Greed Recordings]

Si j’osais, pour chroniquer cet album, j’aurais évoqué mon voyage à Madrid en mai 2005. J’aurais parlé de cette ville formidable, de son architecture, de ses grandes artères, et de ses musées. Notamment celui de la Reina Sofia, un des plus grands musées qu’il m’a été donné de visiter. Et pas seulement parce qu’on y trouve le plus tableau du monde, le Guernica de Pablo Picasso.
Certes, c’est un peu cliché de dire cela. Mais le problème c’est que c’est vrai. Sa taille imposante, ses vérités cachées dans tous les coins, la souffrance qui en ressort, tout ceci m’avait soufflé, scotché, perturbé. J’étais resté un long moment stoïque à essayer d’en admirer les moindres recoins et d'en comprend tout le sens.

J’aurais pu dire tout ça pour parler de la première sortie discographique de Guernica, groupe belge responsable d’un petit buzz Outre-Quiévrain en début d’année lorsque leur premier mini-album ‘Who Are Your Songs For?’ avait suscité bien des commentaires élogieux.

Et à l’écoute il y a de quoi. Post-punk teinté d’avant-rock, la musique de Guernica est du genre explosive, nerveuse, acérée, avec cette voix qui rappelle tantôt Tom Smith (Editors) tantôt Tom Barman (dEUS). ‘Who Are Your Songs For?’ tient vraiment la route, mené tout du long par une volonté mélodique implacable, comme souvent avec les groupes du plat pays qui n'est pas le nôtre.

Ce disque se veut à l’image du tableau dont il reprend le nom, distordu mais cohérent, chaotique mais pertinent. Le dernier titre de ‘Who Are Your Songs For?’ en est peut-être la meilleure preuve. Concluant l’album, ce n’est rien de moins qu’un chef d’œuvre belge de post-punk. Et je n’ai pas abusé de substance illicite avant de dire cela : que ce soit dans sa construction – et ses multiples renversements de riffs – ou dans sa mélodie imparable, Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini est un titre grand, très grand, capable de retourner le cerveau des plus blasés d’entres nous.

Quelques mois après sa sortie chez Vlas Vegas, c’est au tour de Greed Recordings de sortir le disque en France. En espérant le même succès pour le petit label parisien, qui une nouvelle fois illumine mes journées de par ses choix discographiques. La France a toujours réservé un accueil très chaleureux aux groupes Belges. Je ne vois pas comment elle pourrait passer à côté de ce mini-album là. (sortie française : 10 septembre 2008)

Son :
Myspace (Deux titres de ‘Who Are Your Songs For?’ disponible).
Page officielle sur le site de Greed Recordings (Deux titres en mp3 à télécharger)

On peut acheter le disque ici.

Et deux titres en écoute. I Wish I Was American, qui ouvre l’album et Conscientiously Escaping The Chains Of Western Civilization I Am What You Could Call A Postmodern Houdini dont j’ai tenté de conter plus haut les qualités, qui ferme ce ‘Who Are Your Songs For?’ détonnant (malheureusement plus en écoute).

lundi 10 novembre 2008

[Track of The Day] MGMT - Kids (Soulwax Remix)

MGMT est toujours dans toutes les cordes vocales suite à leur impressionnant premier album, 'Oracular Spectacular'. Justice s'était planté royalement avec sa cover de Electric Feel. Soulwax, pas du tout échaudé (faut dire aussi qu'ils sont parmi les meilleurs remixeurs du monde, comme le confirme leur compilation (pour le fun, mettons le titre en entier) 'Most of the remixes we've made for other people over the years except for the one for Einstürzende Neubauten because we lost it and a few we didn't think sounded good enough or just didn't fit in length-wise, but including some that are hard to find because either people forgot about them or simply because they haven't been released yet, a few we really love, one we think is just ok, some we did for free, some we did for money, some for ourselves without permission and some for friends as swaps but never on time and always at our studio in Ghent'. Record de Fiona Apple battu), tente l'expérience avec le titre Kids. Résultat? Un bonheur de remix, dans une pure tradition Soulwaxienne. Ça doit emballer sec sur le dancefloor.

Album: Kids 7"
Année: 2008
Label: Columbia

samedi 8 novembre 2008

[Oldies] Rodriguez – Cold Fact (1970)

Quand un ami m’a présenté ce ‘Cold Fact’, j’ai d’abord cru à une blague en voyant la pochette : en quoi pourrais-je être intéressé par un album de rap hispanique à l’allure kitch sorti au début des années 90 ? En rien. Pour la simple et bonne raison que ce disque n’a pas 20 ans mais 40 et qu’il ne s’agit pas de rap, loin de là.

‘Cold Fact’ est un album de 1970, composé par Sixto Diaz Rodriguez, sorti sous le nom de Rodriguez, trésor oublié de la fin des années 60 – rien de moins – et réédité cette année par Light In The Attic. Un songwriter américain qui avait tout pour, au moins le temps d’un album, mettre le monde à ses pieds avec ses balades et son folk psychédélique. Mais il n’en fut rien. Une fois de plus dans cette rubrique.

Il y aurait beaucoup à dire sur notre homme. Mais on sait finalement peu de choses sur lui, à part qu’il est né en 1942, et qu’il est le sixième enfant (d’où son surnom de Sixto) d’une fratrie d’immigrés Mexicains.

L’histoire (connue) de Rodriguez démarre vraiment en 1967 avec la sortie de son premier single, I’ll Slip Away qui ne connait rien d'autre que l’anonymat. Trois ans d’inactivité plus tard, il signe chez Sussex Records, pour qui il enregistre deux albums, dont ce ‘Cold Fact’.

Un disque court comme le veut l’époque (32 minutes) et qui présente un Rodriguez qui se balade dans toutes les discographies des grands artistes de l’époque, allant faire un coucou à Dylan (superbe texte que celui de This Is Not A Song, It's an Outburst: Or, The Establishment Blues), revenant serrer la pince à Donovan, jammant avec Love (on jurerait que feu Arthur Lee est derrière les manettes), demandant conseil aux Beatles ou prennant un verre avec les producteurs de Motown.
‘Cold Fact’ est un peu tout cela à la fois. Un album de folk psyché, éclaboussé de pop et de blues (Gommorah (A Nursery Rhyme)), le tout aussi bien ancré sur son époque, les années 60 (sur la majorité du disque) que sur les années 70 (Only Good For Conversation) et entouré d’une production soulful, très Motown, au son très chaud (son I Wonder aurait pu sortir en single sur le label de Diana Ross et de Marvin Gaye).

Malgré la qualité d’écriture (il y dépeint une Amérique complètement désabusée) et de composition, ce disque sera un flop total. Comme le suivant, ‘Coming From Reality’, sorti en 1971. Enfin, aux Etats-Unis.

Car si son pays d’origine le snobe, d’autres vont au contraire lui vouer un véritable culte. A commencer par les Australiens, via Goose Recordings pour qui il sortira ‘Alive’ en 1979, un album live de sa tournée au pays des kangourous cette année là. Mais c’est surtout en Afrique du Sud qu’il connaîtra un succès fou, ses disques devenant platines, les salles de 5000 places débordants lors d’une tournée en 1998 qu’il fera dès qu’il y apprendra son incroyable célébrité (et ce même alors qu’il a arrêté toute production près de deux décennies plus tôt). L’apogée de cette arrivée sur le devant de la scène (on ne peut pas vraiment parler de retour), Rodriguez la doit à David Holmes qui l’inclut à sa compilation ‘Come Get It, I Got It’ de 2002 et à Large Professor, producteur de hip hop, qui sample son Sugar Man pour Nas et son You’re Da Man.

Depuis, Light in The Attic s’est emparé des droits et a ressorti de fort belle manière ‘Cold Fact’. Bien leur en a pris. Depuis quelques semaines, un buzz tout droit venu du net monte concernant cet album oublié. Et il est mérité. Espérons juste que le succès sera au rendez-vous. Histoire d’avoir une réédition digne de ce nom de ‘Coming From Reality’, le second (et dernier) album de Rodriguez, lui aussi totalement tombé dans l'oubli. Ce mec le mérite. Nos oreilles aussi.

Première sortie : 1970 [Sussex]
Réédition : 2008 [Light In The Attic]

Son :
Myspace (six titres dont quatre de ‘Cold Fact’)
Sugar Man en téléchargement gratuit (et légal) ici (click droit et enregistre sous l'ami).

Retrouvons également les bonnes habitudes avec trois titres en écoute dans le lecteur deezer ci-dessous. Un langoureux Crucify Your Mind, un roots Hate Street Dialogue et un Jane S Piddy et ses cordes délicieuses :


vendredi 7 novembre 2008

[Track of The Day] Enablers - The Destruction Most of All

Si la musique des Enablers était une rêverie, celle-ci tournerait vite au cauchemar. Car elle est très sombre, comme habitée. Du rock, du blues, un brin de noise, mais qui semblent venir des ténèbres. Comme si la fin du monde allait venir. Pete Simonelli ne chante pas, il raconte. Et avec une voix de crooner. Les démons ne sont pas bien loin. The Destruction Most of All est proche.

Album: TundraAnnée: 2008Label: Lancashire and Somerset