vendredi 5 décembre 2008

[Track of The Day] Jason Webley - Raise Them Higher

Au départ était Jason Webley, musicien américain qui jouait de l'accordéon dans les rues de Seattle à la recherche d'un penny ou deux pour s'acheter le début d'un panini. A la fin, il reste une belle découverte: celle d'un artiste qui a le sens de la mélodie et qui navigue entre folk, punk et airs à la Kusturica. Beau. Bien. Bon. Franche et grande réussite. Si ce disque était sorti en 2008 (il a seulement été réédité cette année par Eleven Records), il aurait terminé dans mon top 20 de l'année. 

Album: The Cost of Living 
Année: 2007 
Label: -

jeudi 4 décembre 2008

The Welcome Wagon – Welcome to The Welcome Wagon [Asthmatic Kitty]

Depuis que Sufjan Stevens a décidé d’être une vieille feignasse après deux années de sorties en tous genres, il a fallu me rabattre sur d’autres disques, d’autres artistes, capable de me rappeler en quelques notes tout le talent de l’auteur de ‘Come On Feel The Illinoise’.

Faites donc place à ‘Welcome to The Welcome Wagon’ de The Welcome Wagon, duo formé par le Reverend Thomas Vito Aiuto et sa femme Monique, dernière sortie en date de chez Asthmatic Kitty. Elle, a une voix qui rappelle celle de Deb Talan de The Weepies. Lui possède un timbre qui pourrait facilement le faire passer pour le frère de Sufjan Stevens (c’est affolant sur certains titres).

Et c’est tout sauf surprenant vu que l’on retrouve ce dernier à la production de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’. Et au-delà de se voir (la pochette fait furieusement penser à celle de 'Greetings from Michigan, the Great Lake State'), cela s’entend, que cela soit dans le son de la batterie, la simplicité et la beauté des mélodies, le touché de banjo et jusque dans les notes de xylophone (il faut écouter American Legion, le titre qui a le plus de similitudes avec le songwriting de Sufjan Stevens). A tel point que si l’on tombait sur un titre de ce groupe sans savoir de qui il s’agissait, on jurerait ses grands dieux qu’il s’agit de Sufjan.

L’idée de The Welcome Wagon semble simple : sortir le disque pop délicat de cette fin d’année, avec des cordes par ci, des cuivres par là. Mais surtout y insuffler un peu de soul. But For You Who Fear My Name (voir plus bas) avec ses notes de banjo, ses chœurs quasi-gospel couplés à des clappings incessants, est une réussite totale à ce niveau. Tout comme I Am A Stranger, mais dans un genre totalement différent, guitare et chœurs qui n’arrêtent de chanter au diapason.

Alors oui, comme tout groupe qui compte en son sein un révérend qui se respecte, The Welcome Wagon parle beaucoup de Dieu et de religion dans ses compositions. Énormément même. Mais ce n’est pas forcément gênant, tant leur musique adoucit les mœurs et les possibles griefs. Donc pour une fois, zappons les paroles et concentrons-nous sur la musique, qui a un côté divin par moments.

Bref, que dire en conclusion à part ce que me faisait remarquer dernièrement Bopper à propos de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’ : «Ca sonne comme du Sufjan... C'est signé sur le label de Sufjan... Mais ce n'est pas du Sufjan... Mais ça y ressemble quand même drôlement... Normal c'est produit par Sufjan...». CQFD. Et sacré disque en tout cas. (sortie : 9 décembre 2008)

Son :
Myspace (Deux titres de ce ‘Welcome to The Welcome Wagon’ en écoute)
Site officiel (le titre Sold! To The Nice Rich Man est en téléchargement gratuit et légal en faisant "click-droit-enregistre-sous" ici.

Et deux titres en écoute : Up On A Mountain, balade on ne peut plus Sufjanienne et But For You Who Fear My Name, le titre le plus gospel de l’album (malheureusement plus en écoute).

mercredi 3 décembre 2008

Web Sheriff, Fais Moi Peur!

Il fallait bien que cela arrive. Dans la nuit de mardi à lundi, je mets en ligne ma chronique des 3 Eps des Decemberists (que vous pouvez retrouver ici), avec deux titres en écoute. Comme d'habitude. Quelques heures plus tard, la chronique disparaît, sans autre forme de procès, sans avertissement aucun, faute d'une major ou d'un label indépendant complètement demeuré qui aura préféré appeler à la rescousse un web-sheriff plutôt que me demander directement par mail d'enlever les titres mis en écoute.

Sachez, sages massacreurs d'industrie que vous êtes, que ce genre de blog, le mien, celui du voisin ou de ma cousine, ont un seul but: faire connaître des artistes ou des œuvres confidentielles d'artistes connus (et souvent vénérés), ou pas. Rien d’autre.

Le temps béni (pour vous s’entend) où le lecteur lambda pouvait se satisfaire d’une chronique dithyrambique pour acheter un album les yeux fermés est bel est bien derrière nous. Non, aujourd’hui, le lecteur a besoin d’écouter. De mettre un son sur quelques lignes, une voix sur une pochette avant d’envisager l’achat. D’où l’intérêt de mettre des titres en ligne, le temps de quelques semaines, histoire que les lecteurs potentiels, puissent se faire une idée de ce que le groupe a à leur proposer.

J’imagine très bien que vous vous dites que je ne suis qu’un petit peigne cul qui se plaint d’avoir vu une sanction lui tomber dessus alors qu’il était en infraction. Et rien d’autre. Ce n’est pas totalement faux. A ceci près que je pense que justement, vous faites fausse route.

Si je vous suis totalement sur le fait de fermer les blogs qui balancent des disques entiers, heures après heures, sans but réel, je ne vois pas en quoi, poster un mp3 ou deux, qui plus est en streaming, va changer et mettre au fond du trou le monde de la musique.

Vous allez me répondre : pourquoi ne pas mettre un titre dans un lecteur deezer, comme pour Track of The Day ? Tout simplement parce qu’un son encodé dans deezer n’aura jamais la même force qu’un son en streaming, directement tiré du mp3. C'est très pratique, bien foutu, mais malheureusement pas de si bonne qualité qu'un son mp3.
Je sais que nous vivons dans une société qui se soucie de peu de la qualité d'écoute et pour qui un album écouté dans une chaine hi-fi, ou directement via les enceintes d’un ordinateur, c’est du pareil au même. Triste constat certes, mais que nous sommes nombreux à ne pas vouloir accepter.

Alors non, quand je pense qu'un disque mérite une chronique de plusieurs dizaines de ligne, je trouve normal que le son qui lui est associé soit de qualité, autrement que dans un lecteur deezer ou sur myspace.

Quand vous aurez enfin compris que c'est par une recherche artistique de qualité, par un travail sur les artworks et par une attitude à mille lieux de celle hautaine que vous adoptez depuis des années, que la solution se trouve. Redonnez goût aux gens d'acheter un disque, d'en déflorer la pochette, d'en humer le parfum, dans écouter le craquement. Faites leur comprendre qu'il y a autre chose que Jenifer, Christophe Maé, la Star Academy ou La Nouvelle Star ; qu'il existe des artistes qui restent encore dans l'ombre, qui savent écrire de grandes chansons mais qui n’ont pas les moyens pour les faire arriver jusqu’à leurs oreilles. Et qu'il ne tient qu'à vous de défendre et de faire connaitre. Faites leur comprendre qu’un album en 128 kbps n’aura jamais la même saveur, le même cachet que le même album en version cd ou en version vinyle.

Malheureusement pour vous, pour cela, vous avez besoin de nous. C'est bête et méchant, sûrement. Mais c'est la vérité: la promo d'un album se fait aujourd'hui énormément par le net. Les succès dans ce genre là sont légions: sans le web, Arcade Fire ou les Clap Your Hands Say Yeah n'aura jamais connu de succès planétaire.

Donc au lieu de pourfendre ceux qui font tout pour promouvoir, de façon malhabile sûrement mais avec beaucoup de cœur (et de façon totalement désintéressée : ce blog ne contient pas une once de pub et la majorité de mes blogs amis et qui font vivre cette blogosphère non plus), vos artistes, vos albums, ceux qui dépensent des fortunes chaque année pour acheter des disques et dans tous les formats qui soit, encouragez les. Et surtout, ne les traitez pas comme des moins que rien.

Tout ce que vous gagnerez, c'est qu'un jour on ne parle plus de vos artistes, de vos sorties ou tout simplement de vous, là où le fric est roi et où l'artistique passe en dernier, loin derrière le business plan et tous ses copains.
D’ailleurs, pourquoi s’entêter ? Pourquoi continuer à évoquer dans nos pages des groupes signés sur de grosses structures et qui malgré tout nous font vibrer, puisque l’on sait que de toutes façons, un web-sheriff, un bouton erase au bout du doigt, est prêt à sévir?

Bref, zappons tous les labels indés qui se prennent pour des majors. Zappons tous les artistes qui n’ont rien compris au système et qui donnent leur aval à ce genre de procédure. Et enfin, continuons à zapper les majors et leurs irrépressibles - et à vomir - stratégies marketing. Un jour, ces gens là seront morts, écrasés par leur suffisance et leur incompétence crasse. Ce jour là, on boira du champagne. Et le monde ira bien mieux.

[Track of The Day] Laura Veirs - Freight Train (Elizabeth Cotten Cover)

Sans crier gare, et après un Saltbreakers dans la même lignée que ses albums précédents mais toujours aussi bon, Laura Veirs et ses lunettes rondes reviennent dans l'actualité avec un Ep, sorti en édition limitée, 'Two Beers Veirs Ep'. Un disque de cinq titres, cinq reprises venant d'artistes lui ayant donné l'envie de faire de la musique.
On retrouve ainsi des chansons de Mississippi John Hurt, Irving & Webster, Clarence Ashley, Mike Dumorich et d'Elizabeth Cotten. C'est la reprise de cette dernière que je vous propose aujourd'hui en écoute: Freight Train. Une guitare et la voix de Laura Veirs. Délicatement parfait. 

Album: Two Beers Veirs Ep 
Année: 2008 
Label: Raven Marching Band

Un 'Two Beers Veirs Ep' que l'on peut acheter ici.

mardi 2 décembre 2008

The Decemberists – Always the Bridesmaid: A Singles Series [Rough Trade]

(suite à la suppression du texte par blogger (voir 'WebSheriff fais moi peur'), je le reposte donc, à la date initiale. A la différence près que les deux titres en écoute se trouvent au format deezer. Bonne lecture!).


On avait laissé The Decemberists avec un ‘The Crane Wife’ en 2006, concept album plutôt réussi n’hésitant pas à aller lorgner prêt d’un rock rappelant tantôt les Pink Floyd, tantôt les Who. Mais on gardait surtout en tête leur ‘Picaresque’ l’année d’avant ou même leurs deux premiers albums. Car ils ne sont jamais meilleurs que quand ils officient dans ce qu'ils ont toujours fait: du pop-folk teinté de rock, de cuivres, de cordes et d'extravagance.

Deux ans donc plus tard, revoilà la bande à Colin Meloy. Avant de sortir son nouvel album – un opera-rock qui portera le nom de ‘Hazards of Love’ (où l’on devrait retrouver Shara Worden de My Brightest Diamond et Becky Stark, la voix de Lavender Diamond) – qui devrait être disponible au printemps 2009, The Decemberists sortent trois singles-eps sous le nom 'Always the Bridesmaid: A Singles Series'. Sept titres au total, trois disques différents (et collector) qui résument en quelques notes la discographie du groupe.

Premier seven-inch, ‘Valerie Plame’ est un duo de chansons qui rappelle les premiers albums jusqu'à 'Picaresque', avec notamment un titre éponyme (du nom de l’agent de la CIA dont l’identité avait été révélée par le New-York Times) enlevé qui se finit avec des chœurs qui ont un je-ne-sais-quoi de ceux de Hey, Jude des Beatles.

Le volume II de ces 'Always the Bridesmaid: A Singles Series', ‘Days of Elaine’, se rapproche plus de ce que le groupe proposait sur ‘The Crane Wife’. Les deux titres sont excellents (Days of Elaine et sa guitare électrique pleine de riffs est addictive), notamment la reprise du Velvet Underground, I'm Sticking With You, qui résonne encore plus que l’originale comme une jolie comptine.

Enfin le dernier volume, ‘Record Year’ (du nom du premier morceau), est moins nerveux, moins fougueux que le reste. Record Year est une chanson calme, d’une beauté fracassante (le mélange des cordes, des notes du banjo et de la voix de Meloy fait merveille) tandis que Raincoat, qui finit l’affaire, n’est rien d’autre qu’un guitare-voix absolument délicieux.

Bref, en sept titres (dont une version longue de Days of Elaine) et 3 Eps, The Decemberists font une sorte de tour d’horizon de leur discographie et rassurent tout leur monde en prouvant qu’ils n’ont rien perdu de leur songwriting. On peut attendre avec calme – mais impatience – ce 'Hazards of Love'.

(Sortie :
Volume I ‘Valerie Plame’ : 14 octobre 2008
Volume II ‘Days of Elaine’ : 4 novembre 2008
Volume III ‘Record Year’ : 2 décembre 2008)

Son :
Myspace (un titre de ces ‘Always The Bridesmaid: A Singles Series’ en écoute).
Site officiel

Et deux titres en écoute. Le déjà classique dans leur discographie Valerie Plame ainsi qu’un Days of Elaine très réussi, pour cette fois dans un lecteur deezer (malheureusement plus en écoute).