L'an dernier, c'est Aloe Blacc, 31 ans au compteur, qui avait fait l'actualité soul par sa voix, ses compositions et le groupe qui l'accompagnait.
Cette année, il y a des chances que cela soit Charles Bradley et 'No Time For Dreaming' son premier album à… 62 ans!
Cuisinier pendant toute sa vie mais fan de musique depuis encore plus longtemps, Charles Bradley ne doit son changement de carrière qu'aux oreilles sûres de Gabriel Roth, patron de Daptone Records, le label de Sharon Jones and The Dap Kings.
On parle souvent des p'tits jeunots qui remettent au gout du jour une musique qui a connu son heure de gloire dans les années 70. Sauf que lui, Charles Bradley sort un disque des années 70, tout bêtement. Il a la voix, rocailleuse et puissante, un groupe qui assure sacrément (ces cuivres!) et quelques chœurs pas piqués des hannetons.
'No Time For Dreaming', qui porte pour le coup bien mal son nom, est un très bel album de soul/funk à l'ancienne, réalisé par un ancien qui n'aurait vraiment pas fait tâche aux côtés de certains monstres de l'époque. James Brown pour ne citer que lui.
Nb: pour en savoir plus sur ce disque, jetez-vous sur la chronique de PandaPanda, en cliquant ici.
Album: No Time For Dreaming Année: 2011 Label: Daptone
Et pour finir, le premier clip de Charles Bradley. Celui de The World (Is Going Up in Flames), forcément:
Il est minuit passé. Et j'ai beau avoir les yeux qui se ferment tout seul et une longue journée qui m'attends demain, j'ai comme une incapacité à quitter cet écran et les touches noir de mon ordinateur. Lassitude? Peut-être. Envie d'aller au bout de la fatigue pour finir un truc ou deux? Sûrement.
Il faut dire aussi que je suis bien accompagné. Son nom? La basse. Instrument des plus sous-estimés de l'histoire de la musique, il est le pivot central de She Wants, le nouvel single des anglais de Metronomy.
Une chanson très smooth, très cotonneuse, qui pourrait être très cool si elle n'était empreinte si d'une grande noirceur. A l'image finalement de son clip (voir plus bas), sorte de rêve-trip qui bascule et qui commence et se termine dans des plumes d'oreilles.
She Wants ou la chanson de nuit parfaite qui accompagne depuis quelques jours mes veillées nocturnes prolongées. Demain matin, le réveil sera ardu. Mais comme dit le vieil adage: «Aide toi et la basse t'aidera». Amen.
Album: The English Riviera Année: 2011 Label: Because Music
She Wants est à télécharger gratuitement et légalement sur le site officiel des Metronomy (contre la traditionnelle adresse mail). Ici.
A voir, le très beau clip de ce She Wants des Metronomy:
Après avoir perdu Jonathan Meiburg parti se concentrer uniquement sur Shearwater; après avoir donné la musique qu'il fallait à la voix de Roky Erickson, revoilà les Okkervil River à quelques semaines de sortir leur nouvel album, 'I Am Very Far', point de départ d'une nouvelle aventure pour les texans.
Un disque (le sixième) qui s'annonce ambitieux, avec la présence de pas moins de deux batteurs, deux pianistes et sept guitaristes sur certaines chansons si l'on en croit Will Sheff tête de proue du combo.
'I Am Very Far' est annoncé pour mai prochain mais est amené tranquillement mais sûrement par une première sortie, 'Mermaid 12"' à l'artwork bien propret pour les Okkervil River et sur laquelle on trouve deux chansons.
Si Walked Out on a Line a un intérêt relatif, ce 'Mermaid 12"' vaut largement le coup pour la chanson titre Mermaid, bien belle balade mélancolique, très orchestrée et toute en progression qui voit Will Sheff se lâcher au fur et à mesure de l'avancement du morceau (à tel point qu'on le croirait revenu, le temps d'un instant, à l'époque bénie de 'Down The River of Golden Dreams').
Originellement enregistrée en 2007 pour la bande originale du film 'In Search of a Midnight Kiss', la version 2011 de Mermaid n'a plus rien à voir avec sa devancière. Et quand on entend cette chanson et que Will Sheff déclare que ca ne sera qu'une face-b de 'I Am Very Far', on peut être confiant pour la suite des évènements. Très.
Album: Mermaid 12" Année: 2011 Label: Jagjaguwar
Profitons en aussi pour signaler la très belle nouvelle mouture de Playlist Society, blog de Benjamin, devenu site/webzine collaboratif depuis hier 10h. Du beau boulot. A voir ici.
Si je voue un culte chaque jour plus grand aux années 80, décennie décriée alors qu'essentielle à mes yeux (en tout cas bien plus que les années 90 par exemple), j'ai toujours eu beaucoup de mal, allez comprendre, pour les groupes français de cette époque là. A commencer par les affreux Indochine (j'ai beau avoir eu des cousins fans du groupe, rien n'y a fait, j'ai toujours été allergique à la musique de la fratrie Sirkis, à quelques litres de whisky près ceci dit).
Sans aller jusqu'à comparer La Femme à Indochine, Niagara et autres Rita Mitsouko (le raccourci est une bien trop grosse ficelle), il y a tout de même un peu de cela. J'aurais donc du détester le premier Ep de La Femme, groupe biarrot qui fait dans la pop-à-synthé, wavienne et lo-fi orientée années 80. Sauf que… ça marche.
Et plutôt très bien. Paroles au sens abscons, chansons en mouvement constant, rythmiques très efficace pour un tout extrêmement dansant. Rien que pour Sur La Planche, tube immédiat certifié "or en barre", ou Télégraphe presque à tiroir, ce premier Ep a de la gueule. Une sacrée. (merci à Sami de la découverte)
Album: La Femme Ep Année: 2011 Label: -
'La Femme Ep' est en écoute complète ainsi qu'en achat physique ou virtuel sur le bandcamp de La Femme. Ici même.
Anna Calvi ou la petite jeune femme qui fait débat. A ma droite, les amoureux de cette londonienne, nouvelle venue sur la scène musicale indé et signée chez Domino, qui voient en elle une nouvelle Patti Smith ou PJ Harvey, qui aiment son charme, sa voix et son premier album. Une fan-base qui compte, hormis les médias classiques qui lui ont tous (ou presque) tressés des lauriers ici ou à l'étranger, des gens bien comme Nick Cave, Brian Eno ou même… Jessica Alba (oui je sais, pour cette dernière, on s'en fout).
A ma gauche, ses détracteurs. Ceux qui trouvent qu'elle geint plus qu'elle ne chante, qu'elle n'est qu'un ersatz de PJ Harvey ou d'autres "rockeuses" passées, que ses chansons ne sont que des resucées bien fadasses de titres et de mélodies déjà mille fois entendus. Et que l'emballement médiatique (le nerf de la guerre est là) autour de cette jeune femme est totalement injustifié. Des détracteurs qu'on découvre essentiellement sur le net et dans la blogosphère.
Où est la vérité? A mes oreilles, au milieu. Milieu plus même. Car même si je m'attendais ici à quelque-chose de plus écorché, de plus punk, de plus hurleur; même si je ne suis pas totalement convaincu par ce premier album d'Anna Calvi; même si je lui trouve quelques temps faibles et des passages qui auraient mérités d'être plus rentre dedans, j'avoue avoir été plutôt conquis, aussi bien par la voix de l'anglaise (elle chante bien, n'en fait pas des caisses alors qu'il y avait matière à), ses compositions (de Desire à First We Kiss, de Suzanne & I à No More Woods) que par son rock sombre, électrique, rêche voire parfois voluptueux.
Plus que PJ Harvey (et dont l'ancien comparse Rob Ellis est présent à la production de cet album d'Anna Calvi, ceci expliquant sans doute cela) ou Patti Smith citées ici ou là, j'y vois personnellement plus l'ombre de Jeff Buckley (The Devil) et surtout de Chrissie Hynde autant dans le chant dans des certaines orientations musicales un peu plus lourdes.
Finalement, beaucoup de réactions face à son disque sont la preuve que l'industrie musicale et tout ce qui gravite autour a bien changé. Certains encensent un album honnête, tentant de surfer sur un buzz pour vendre plus. Et d'autres détruisent l'affaire à coups de critiques assassines pleines de mauvaise foi, en reprochant en filigrane à Anna Calvi de ne pas avoir sorti un album révolutionnaire et qui fera date dans l'histoire de la musique.
Je ne pense pas qu''Anna Calvi' est un album qui restera. Ce n'est en rien un chef d'œuvre et encore moins une bouse. Juste une belle entrée en matière pour - ce qui ne gâche rien - un joli bout de femme qui est en train de poser les bases d'une future discographie qui pourrait s'avérer être vraiment intéressante. Cette fille a quelque-chose. (Sortie: 17 janvier 2011)