vendredi 25 novembre 2011

[Track of The Day] Queen - Under Pressure (Live at Wembley 1986)



Le premier émoi musical de la fin de mon enfance et du début de mon adolescence, devant Nirvana, a été Queen. Queen, le groupe qui se faisait démonter (j'imagine que c'est encore le cas) par Nicolas Ungemuth dans la partie Rééditions de Rock'n'Folk. Queen le groupe honni par beaucoup.
Mais Queen, le plus grand groupe du monde dans les années 80. Queen et son quatuor hétéroclite, entre sa grande diva à moustache, son guitar-hero aux cheveux longs, son batteur sans génie et son bassiste que l'on a trop souvent tendance à mésestimer.

J'avais dix ans et la musique alors se résumait pour moi aux artistes préférés de mes parents. Et puis, un jour en ouvrant la radio, je suis tombé sur Bohemian Rhapsody, la chanson à tiroir totalement intemporelle du groupe (la seule chanson à avoir été numéro 1 du hit parade à près de 20 ans d'intervalles: en 1975 et en 1992 à l'occasion de la sortie du film Wayne's World), et qui m'avait totalement scotchée.
Peu après, on m'avait offert le premier de leur 'Greatest Hits' en K7 (il était écrit que mon premier disque ne serait pas un best-of). J'ai usé cette cassette comme rarement un autre album depuis. Tout comme j'ai pu user le 'Greatest Hits II' peu de temps plus tard.

Depuis cette époque, j'ai remonté toute la discographie de Queen, je l'ai écouté. J'y ai trouvé de vraies horreurs (les deux premiers albums passables du groupe, les abominables 'Hot Space' - qui contient pourtant une des plus belles chansons de Queen, le single pop par excellence, Under Pressure, et 'Flash Gordon', bande originale du film du même nom) mais aussi des albums d'une qualité indéniable (le triptyque 'Sheer Heart Attack', 'A Night at The Opera', 'A Day at the Races' notamment).
Le groupe a composé des chansons aussi vaines que formidables (vraiment!), au premier rang desquelles on retrouve évidemment Bohemian Rhapsody, Under Pressure mais aussi The Show Must Go On, le titre qui termine le dernier album du groupe, 'Innuendo' sorti quelques mois avant la mort de Freddy Mercury où ce dernier, rongé par la maladie, n'a pourtant peut-être jamais aussi bien chanté.

J'ai acquis une partie de la discographie de Queen en cd. J'ai acheté 'Made in Heaven' à sa sortie (je lui trouve même un certain charme) ainsi que le seul album solo de Freddy Mercury. J'ai consenti à donner pour des best-of contenant de vraies-fausses nouveautés, confectionnés par un Brian May sûrement en manque de liquidités.
Et quand je retombe sur le 'Freddy Mercury Tribute' de 1992, où toute la plèbe du rock - FM ou non - vient rendre hommage à Freddy, je ne peux m'empêcher d'aller au bout, malgré la qualité discutable de l'ensemble. De frissonner devant cette foule immense reprenant d'une seule voix toutes ces chansons que je connais par cœur, de chanter à tue-tête la très belle reprise de Somebody to Love par George Michael (le seul qui aurait pu prétendre à prendre la place de Freddy Mercury après sa mort) ou de m'émouvoir devant David Bowie, éteignant en quelques gestes et quelques mots une foule bouillante pour une prière, à genoux, sur le scène de Wembley.

Depuis, Queen reste comme une madeleine de Proust que je ne ressors que très épisodiquement. J'ai préféré m'en éloigner finalement, pour ne pas subir les choix désastreux de Brian May et Roger Taylor, envieux de retrouver une gloire passée et qui ne reviendra pas.
C'est pour cela que j'ai suivi de très loin la reformation et la tournée des stades avec Paul Rodgers du groupe Free.

L'autre jour, en naviguant de site en site, je suis retombé sur leur 'Live at Wembley' de 1986. Encore une cassette que j'ai abîmé tant je l'ai écoutée. Et bien que cela fasse 15 ans - au bas mot - que je n'avais pas mis les oreilles sur ce double album live, j'en connaissais encore toutes les paroles, toutes les réactions du public, tout le blabla de Freddy, par cœur.

Lorsque Freddie Mercury est mort, j'avais 12 ans. J'avais été perturbé, étant partagé entre l'envie de chialer pour un type que je vénérais et la difficulté à comprendre comment je pouvais être triste de la mort d'un mec que je n'avais jamais connu.

Quand j'étais en 4è, Fun Radio et Skyrock avaient annoncé qu'Axl Rose allait reprendre la place laissée vacante par Freddie Mercury et que Queen allait continuer à faire des disques. Effroi. Heureusement, il n'en a rien été.
Car on ne remplace pas Freddie Mercury qui malgré son côté diva et sa passion pour quelques arrangements pompeux avait un sacré organe vocal et était un de ces entertainers comme on n'en fait plus.

Queen de toutes façons est mort un jour froid de novembre 1991. C'était il y a 20 ans. Vingt ans et un jour.


jeudi 24 novembre 2011

[Track of The Day] Leonard Cohen - Show Me The Place

A chaque nouvel album, la voix de Leonard Cohen devient de plus en plus grave. Sur Show Me The Place, premier extrait de 'Old Ideas' son nouvel album à paraître début 2012, la voix du canadien n'a jamais été aussi caverneuse. Comme s'il sortait tout droit de la tombe. Comme me le faisait justement remarquer Kill Me Sarah hier, «Tu te demandes s'il ne va pas clamser à la fin». Effectivement.

Mais ce Show Me The Place me plaît beaucoup. Je trouve cette chanson très touchante, aussi bien par son orchestration, cette façon bien à lui de «chanter», cette orchestration discrète, que par ses paroles.

Show Me The Place ne respire pas la joie de vivre, n'est pas un ouragan de couleur et de bonheur intense, mais elle est belle.

Album: Old Ideas
Année: 2012
Label: Columbia


Show Me The Place est également en écoute sur le soundcloud officiel de Leonard Cohen et ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

mercredi 23 novembre 2011

[Track of The Day] Elliott Smith - Misery Let Me Down


L'histoire est assez belle. Et pourrait être une des dernières tant le monde numérique dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui empêchera ce genre de découvertes tardives.

Racontée en longueur par le Washington Post (lire ici), je me permets ici de résumer l'affaire:


Nous sommes en 1997. Et Elliott Smith vient de sortir 'Either/Or', son troisième album et un de ses chefs d'oeuvre. La radio universitaire de l'Université du Maryland, WMUC FM, l'accueille dans ses locaux en mai de cette année là pour qu'il vienne jouer quelques unes de ses compositions.
Juste avant de se lancer dans la session, Elliott Smith demande s'il peut se préparer à enregistrer et se chauffer la voix en jouant une chanson, histoire de. Et lance, au débotté, une chanson d'à peine deux minutes (non-terminée?), Misery Let Me Down.


Malgré l'aura qu'a gagné Elliott Smith depuis cette époque là, la chanson n'a depuis jamais été jouée. Elle a même disparu des radars. Forcément, à l'époque, Elliott Smith n'est pas encore le talent reconnu qu'il est devenu (les Oscars le couronnent en 1998 pour la BO de Will Hunting). Et qui plus est, Internet n'est pas partout, gardant des traces de tout et de n'importe quoi.

La session terminée et enregistrée, Misery Let Me Down termine sur un mini-disc (vous savez les cassettes numériques de Sony, invention que je trouvais à l'époque géniale) et au fond d'un placard des archives de WMUC FM.


En 2002, pour les besoins d'une compilation consacrée à Elliott Smith, la radio étudiante tente de remettre la main sur ces sessions. Sauf qu'elles sont introuvables! Le mini-disc a disparu.

En mai 2011, un ancien dj de WMUC-FM décide de se faire un peu d'argent et met en vente son lecteur mini-disc sur e-bay… avant de se rendre compte qu'à l'intérieur de celui-ci se trouve un mini-disc… contenant la dite session et donc Misery Let Me Down. Qui voit "officiellement" le jour quelques mois plus tard, cet automne donc.


Cette chanson n'est pas forcément mémorable comparativement à tout ce qu'Elliott Smith a déjà sorti à l'époque ou sortira après. Mais la voix est sûre. La mélodie est jolie. Et puis l'histoire est belle.
Mais surtout, cette chanson, jouée sur le pouce, prouve si besoin était tout le talent qui vivait dans les mains d'Elliott Smith et dans son cerveau torturé.

Album: -
Année: Enregistrée en 1997 / Redécouverte en 2011
Label: -


lundi 21 novembre 2011

[Track of The Day] Alamo Race Track - Apples


Perdu de vue depuis un brillant 'Black Cat John Brown', les néerlandais d'Alamo Race Track sont de retour cinq ans plus tard avec un troisième album. Et ça sent un peu la fin des haricots. Le line-up a changé et surtout eux qui avaient un son bien à eux perdent leur identité et prennent à droite à gauche pour en faire un mélange pop pas inintéressant au final mais franchement pas affolant.



A la fin de l'écoute de 'Unicorn Loves Deer' (tout un programme), on se dit qu'on pourrait réécouter les disques de Mojave 3 ou le 'Come on Feel The Illinoise' de Sufjan Stevens (Hypnotised II pompe une partie de sa mélodie sur la chanson Come On! Feel the Illinoise!(Part I: The World's Columbian Exposition – Part II: Carl Sandburg Visits Me in a Dream)). Et on ne pense déjà plus à Alamo Race Track.


Attention: 'Unicorn Loves Deer' n'est pas un mauvais album. Il y a d'ailleurs de beaux moments à picorer, et le tout s'écoute sans déplaisir. Mais le côté ténébreux, acide, malsain même de leurs compositions passées manque. Et pas qu'un peu.

Album: Unicorn Loves Deer
Année: 2011
Label: Excelsior Recordings


Apples est également en écoute ci-dessous (et en téléchargement libre et légal en cliquant sur la petite flèche noire à droite). (malheureusement plus en écoute)

Le reste de 'Unicorn Loves Deer' est également en écoute complète sur le soundcloud des Alamo Race Track, ici même. (malheureusement plus en écoute)

vendredi 18 novembre 2011

[Track of The Day] Lambchop - If Not I'll Just Die


Vous venez de rentrer. Il est déjà 19h et la nuit est tombée depuis près de 2h. La journée a été longue. Il fait froid. Vous avez froid.



Vous allez dans la cuisine. Vous prenez un verre. Non, pas celui que vous utilisez quotidiennement. Non, le beau verre. Celui pour les belles occasions. Celui que vous n'utilisez que trop rarement.


L'autre placard. Vous prenez cette belle bouteille de whisky que vous ne sortez que pour les belles occasions elle-aussi. Débouchez la bouteille. Hummez le houblon. Prenez deux glaçons. Non pas trois, pas un. Deux. Versez vous un verre.


Tiens, à votre droite, il y a vos cigarettes. Elles n'ont pas encore ces triple anneaux supplémentaires à la con. Vous en prenez une. Vous l'allumez.

Et puis vous lancez If Not I'll Just Die, la première chanson du prochain album du Lambchop de Kurt Wagner, écrit en hommage à Vic Chesnutt. Ambiance d'un autre temps, ouatée, violons frémissants, piano discret, voix sur la corde raide.


Dehors, la foule se presse pour rentrer chez elle ou allez gouter le beaujolais nouveau qui comme chaque année doit avoir un gout de banane.

Vous? Vous êtes debout derrière votre vitre, un verre de whisky dans la main droite, une cigarette dans la main gauche, Lambchop dans les oreilles. Vous êtes en week-end. Et vous êtes bien. 

Album: Mr. M 
Année: 2012 
Label: City Slang 

If Not I'll Just Die est également en écoute dans le player soundcloud ci-dessous (et en téléchargement gratuit et légal en cliquant sur la petite flèche noire). (malheureusement plus en écoute)