lundi 22 septembre 2014

[Track of The Day] Papercuts - Still Knocking At The Door

De retour dans mes pénates après la 2è édition du formidable Festival « Heart of Glass, Heart of Gold », fatigué mais heureux, j'avais besoin de pop joliment ouvragée pour ouvrir cette semaine. Papercuts me l'offre sur un plateau.

Le retour des Papercuts donc, ou un groupe que je croise de temps à autres avant de le perdre de vue à nouveau. Il faut dire que le quatuor de San Francisco, mené par Jason Robert Quever, ne m'a jamais plus passionné que cela, même s'il faut avouer que leur 'Fading Parade' était mignonnet - à défaut d'être irrésistible, certes.

Retour aux affaires avec 'Life Among The Savages', leur sixième album, chez Memphis Industries (leur présence chez Sub Pop aura été courte). Un album globalement réussi, très aérien, ne lésinant pas sur des cordes que l'on retrouve sur toutes les chansons. Alors oui, sur un album entier, comme à chaque fois avec les Papercuts, je ne peux m'empêcher de trouver ça redondant.

Mais ce 'Life Among The Savages' me semble plus consistant que les précédents. Il a un petit goût de reviens-y pas désagréable, notamment grâce à son air mélancolique à ne pas y toucher. Et puis, rien que pour une chanson comme Still Knocking At The Door avec ses faux airs de Cold White Christmas (sur 'Etiquette') de Casiotone for The Painfully Alone... En clair, âmes sensibles, surtout, ne vous abstenez pas.

Album : Life Among The Savages
Année : 2014
Label : Easy Sound Recording Co. / Memphis Industries

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Still Knocking At The Door est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous :


Life Among The Savages (la chanson donc), autre chanson extraite de l'album du même nom, est également en écoute :


vendredi 19 septembre 2014

[Track of The Day] Amen Dunes - Rocket Flare

Découverte du week-end, bonjour. Amen Dunes, projet de Damon McMahon, américain de, comme c'est surprenant, New-York. 'Love' est son quatrième album et je suis passé à côté des trois précédents.

Il faudra voir à régler ce souci et rattraper le retard. Car ce 'Love' a beaucoup de qualités. La première, cette voix, qui semble maniérée au premier abord mais qui s'avère finalement être le principal atout du disque.

Mais au-delà, musicalement le reste suit. Aidé de quelques Ice Age, Colin Stetson et d'Efrim (Godspeed You ! Black Emperor ou Thee Siver Mt. Zion, choisi ton camp ami lecteur), Amen Dunes propose des chansons assez longues, très psychédéliques, principalement folk, parfois rock (la fin du disque notamment) ; de longues mélopées, comme la chanson titre, avec ce piano obsédant qui pourrait devenir insupportable pour certains (à l'image de celui de All My Friends des Lcd Soundsystem, bien que dans un autre genre), mais qui tiennent à chaque fois la distance (ce qui est assez remarquable), le tout enveloppé dans un production pleine d'écho.

Aux premières écoutes de ce 'Love', on perçoit ici et là des mélodies qu'on rattacherait à d'autres artistes - sans arriver pour autant à mettre le doigt dessus -  avant d'arrêter rapidement de chercher tant les mélodies d'Amen Dunes se suffisent à elles-même (pour ainsi dire, je n'en ai retrouvé qu'une seule : sur White Child, la chanson qui ouvre 'Love', beaucoup de passages (chant et mélodie) me font penser au Country Leaver des Dandy Warhols).

Mais au-delà de cette bizarrerie, cet album d'Amen Dunes est en tout cas une belle découverte. Qui sera présent à la deuxième édition du festival 'Heart of Glass, Heart of Gold' dès ce soir.

Album : Love
Année : 2014
Label : Sacred Bones

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En plus de Rocket Flare, voilà Lonely Richard, chanson sur laquelle la voix de feu Nico aurait fait merveille :




I Can't Dig It, la chanson la plus nerveuse de ce nouvel album d'Amen Dunes :



Pour finir, le clip de Lilac in Hand, autre très belle réussite de ce 'Love' :


jeudi 18 septembre 2014

[Track of The Day] BRNS - My Head Is Into You

La Belgique a beau être très petit pays, les groupes important qui en sont sortis depuis une vingtaine d'années forcent le respect, de dEUS à Venus, de Girls in Hawaï à K's Choice (oui oui, K's Choice). Et je ne parle même pas de Jacques Brel, évidemment.

Il y a deux ans, un petit nouveau a montré le bout de sa chope : BRNS. Quatuor de Bruxelles, dont le 2è EP (ou sorte de mini-album) 'Wounded' avait eu une jolie résonance. Et pour cause, le disque était réussi, rock aux rythmiques obsédantes et aimant bien les boucles.

Un an a passé, et revoilà le quatuor pour un premier album, 'Platine', qui sortira en octobre prochain. Pour l'instant, un premier extrait est disponible, My Head Is Into You, qui voit le groupe garder sa passion pour les phrases répétées, le tout sur des guitares qui sonnent incroyablement dEUS-ienne.

Hâte d'écouter en tout cas comment ce 'Platine' sonnera sur scène. Ca tombe bien, BRNS sera au Festival Heart of Glass, Heart of Gold ce week-end. Chouette.

Album : Platine
Année : 2014
Label : PIAS


My Head Is Into You est en écoute également sur le soundcloud ci-dessous :


Void, autre chanson découverte cette année, est en écoute via son clip :


mercredi 17 septembre 2014

[Track of The Day] The Twilight Sad - Last January

Arab Strap ayant pris sa retraite depuis quelques années déjà, le meilleur groupe écossais actuel est sans nul doute The Twilight Sad. Originaire de Kilsyth, formé autour de James Graham, les Twilight Sad ne savent faire que des choses de bon goût.

Musicalement déjà : sombre et nerveuse, leur musique se décline en guitares rugueuses, batterie martelée avec un rythme implacable et une basse métronome.

Visuellement ensuite, car les Twilight Sad n'ont toujours eu qu'un très bon goût en ce qui concerne les artworks de leurs albums passés. Et celui de 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave', leur nouvel album prévu pour le 27 octobre prochain ne déroge pas à la règle (voir ci-contre).

Un disque très attendu pour ma part tant je ne trouve aucun défaut à leur discographie jusque là. Et si j'avais été décontenancé par 'No One Can Ever Know' et la production d'Andrew Wetherall de prime abord, j'avais rapidement succombé car le style restait quand même impeccable.

'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave' ne voit pas le groupe changer ni de voie (les deux premiers extraits sont là pour le prouver) ni de voix (celle de James Graham et ses « r » qui roulent). Mieux, avec Last January, en écoute aujourd'hui, The Twilight Sad s'offrirait presque un single radiophonique potentiel. Et ce qui ne signifie aucunement que le groupe a mis de l'eau dans son vin. Et c'est bien là la meilleure des nouvelles.


Album : Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave
Année : 2014
Label : Fat Cat

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Last January de The Twilight Sad est également en écoute sur le soundcloud de Fat Cat :



Premier extrait de 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave', There's a Girl in the Corner est également en écoute :


mardi 16 septembre 2014

[Track of The Day] Sufjan Stevens - A Little Lost (Arthur Russell Cover)

On dira ce qu'on veut, mais rien ne détrônera la radio. Comme à mon habitude, hier soir j'étais branché sur les ondes de France Musique pour écouter l'émission hebdomadaire de Vincent Théval Label Pop. Et à un moment donné, sans crier gare, après Kraftwerk, bim, un nouveau Sufjan Stevens.

Bon, calmons nous, ce n'est pas une nouvelle composition. Mais quand même ! Il s'agit là d'une reprise d'Arthur Russell pour une compilation à l'artiste new-yorkais qui sort le 20 octobre prochain. Arthur Russell, américain mort du sida en 1992 à l'âge de 41 ans, était un artiste a plusieurs vies, entre minimalisme, expérimental, arty-pop et productions disco. Le tout sans se départir (la plupart du temps) de son violoncelle.

Personnellement, j'ai découvert Arthur Russell via la réédition de 'World of Echo' en 2005 par Rough Trade (magnifique album s'il en est); un artiste pas toujours facile d'accès cependant (j'ai mis un peu de temps à l’apprivoiser), mais dont on sent toute l'importance et l'influence aujourd'hui, quand bien même il n'est pas cité à longueur d'interview.

Sufjan Stevens reprend A Little Lost, une chanson en forme de belle déclaration d'amour tirée de 'Another Thought', un disque posthume de 1994 compilant beaucoup de ses chansons restées inédites à l'époque ; chanson que l'on retrouve sur 'The World of Arthur Russell', compilation de Soul Jazz en 2003 qui aura remis notre homme sous la lumière (encore et toujours faiblarde) des projecteurs.

Je ne pensais pas que la version de Sufjan Stevens était déjà en écoute, mais si, et depuis fin juillet dernier. Ça m'apprendra à travailler les mois d'été tiens.
Et, ô surprise, Sufjan Stevens s'en sort divinement bien. Et pourtant, ce n'était pas gagné. Sa version tranche franchement avec l'originale (en écoute plus bas) ; et alors que le A Little Lost d'Arthur Russell ressort comme une belle chanson pop, entre guitare acoustique et son inusable violoncelle, Sufjan Stevens prend le pari des beats qui lui colle à la peau depuis quelques années déjà. Et en s'appuyant sur des parties différentes de la mélodie qu'Arthur Russell, il fait de sa version une belle chanson pop, très ample, où un clavier lumineux tranche avec une production plus pesante.

Mais à le lire, ce n'est pas une surprise, tant il semble apprécier, aussi bien A Little Lost que le travail d'Arthur Russell (merci à Pitchfork) :

« I like “A Little Lost” because it’s all about kissing. I love kissing. If I could kiss all day, I would. I can’t stop thinking about kissing. I like kissing more than sex because there’s no end to it. You can kiss forever. You can kiss yourself into oblivion. You can kiss all over the body. You can kiss yourself to sleep. And when you wake up, you can’t stop thinking about kissing. Dammit, I can’t get anything done because I’m so busy thinking about kissing. Kissing is madness! But it’s absolute paradise, if you can find a good kisser.

Arthur’s music is all over the place, but most of it seems to be about embracing darkness (loneliness) and ambiguity (confusion) with the biggest bear hug in the world. Catharsis! He didn’t give a shit about fads or fashion even as he was influenced by popular music, club music, and all that shitty art music at the Kitchen. He kind of cobbled it all together to create his own diverse musical language, He was funny as shit (a wordsmith, a master of the innuendo), but also dead serious (and blunt) about the deepness of his feelings, unafraid to express affection in his songs, without pandering or cliche. Arthur was real as shit. You can’t fake realness. »

Tout est dit. Reste donc plus qu'à écouter, réécouter et encore écouter cette version de Sufjan Stevens. Se (re)plonger dans l’œuvre (peu pléthorique de son vivant, plus importante depuis) d'Arthur Russell. Et de découvrir cette compilation qui convie du beau monde à l'hommage, d'Hot Chip à Arcade Fire, de Robyn à Phosphorescent en passant par les Scissor Sisters, Cults et Devendra Banhart. Le tout sous le haut patronage de Red Hot Organization, déjà responsable d'une compilation encensée en ces pages, 'Dark Was The Night'. Où apparaissait déjà un Sufjan Stevens (chanson en écoute ici). Tiens donc...


Album : Master Mix: Red Hot + Arthur Russell
Année : 2014
Label : Yep Roc.

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La reprise d'A Little Lost par Sufjan Stevens est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

La version d'A Little Lost par Arthur Russell est quant à elle en écoute ici :