mardi 17 septembre 2019

[Track of The Day] Lankum - The Wild Rover

Si comme moi vous ne connaissez pas The Wild Rover, sachez qu'il s'agit d'une balade irlandaise très populaire, dans la première trace écrite remonte à 1845. Une chanson où il est question d'un vagabond, de retour au pays, les poches pleines d'or et qui va les dépenser dans un bar, se promettant qu'après, il arrêtera tout cela et se rangera. Une chanson surtout qui fait partie du folklore irlandais, qui a ses quartiers dans bons nombres de pubs et stades de football (au premier rang desquels Celtic Park à Glasgow), et qui a été reprises de nombreuses fois sur disques par tout et son contraire (The Pogues, Stiff Little Fingers, André Rieu ou Soldat Louis).

Et également par Lankum, quatuor irlandais (forcément), sur son nouvel album à venir fin octobre prochain, 'The Livelong Day'. Mieux, elle ouvrira le disque, ce qui relève tout de même de la gageure quand on sait que la chanson fait plus de 10 mns. Pour autant, est-ce un problème ? Non. Car Lankum prend ces dix minutes pour ce qu'elles sont : du temps. Et le groupe le prend pour faire progresser sa version de The Wild Rover, ajoutant des voix et des instruments au fur et à mesure, et fait passer la chanson du folk traditionnel initial à un folk énervé qui lâche les chevaux. Une chanson qui dans sa construction n'est pas sans rappeler le Thee Silver Mt Zion de l'époque '13 Blues for Thirteen Moons' (notamment). Splendide.

Album : The Livelong Day
Année : 2019
Label : Rough Trade Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Wild Rover de Lankum est également en écoute ci-dessous via son clip, mais dans sa version « edit », moitié moins longue que l'originale :




lundi 16 septembre 2019

[Track of The Day] Swans - It's Coming It's Real

Séparés, reformés, puis en hiatus puis de retour : l'histoire des Swans est une immense suite de montagnes russes toutes plus vertigineuses les unes que les autres (il faudra penser à mettre à jour 'Swans et le dépassement de soi' de Benjamin Fogel).

Ainsi donc, Swans est toujours. Et Michael Gira est toujours. Après avoir mis un terme à la dernière mouture de son groupe, il vient lancer le prochain cycle, avec l'annonce de 'Leaving Meaning.', le quinzième album du combo. Une sorte de Marvel Cinematic Universe de la musique, mais en moins rébarbatif et abrutissant, certifié sans fond vert. Le disque sortira à la fin octobre et comptera l'essentiel des Swans post-reformation (Norman Westberg, Thor Harris, etc) et inclura de nouveaux membres.

Une première chanson a été dévoilée : It's Coming It's Real. A son écoute, on devrait être dans la veine de 'To Be Kind' ou des Angels of Light de Michael Gira ; voire de 'The Glowin Man' (avec qui elle fait d'ailleurs le lien : « Reach up for the hand of the glowing half-man ») et 'The Great Annihilator'. Toute en montée, Anna et Maria von  Hausswolff s'occupant de la mélodie avec leurs « ouh ouh » répétés à l'infini, qui donnent une grande ampleur à l'ensemble en mettant encore plus la voix de Michael Gira (avec un léger halo autour) en valeur, le titre est d'une noire - et en même temps lumineuse - beauté, très mélodieuse. Splendide chanson.

Album : Leaving Meaning.
Année : 2019
Label : Young Gods Records


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), It's Coming It's Real de Swans est également en écoute ci-dessous :



vendredi 13 septembre 2019

[Track of The Day] Panda Bear - Inner Monologue

Il y a 10 ans, cet album de Panda Bear aurait été un évènement, quand bien même il fut uniquement indie. Mais tout de même. Malheureusement, les années ont passé et Noah Lennox et ses Animal Collective sont quelque peu rentrés dans le rang, après avoir passé tant de temps à animer et à façonner le son des années 2000 et des suivantes.

Pour autant, malgré les années, Panda Bear a encore des choses à dire et des chansons à partager. Sans doute son disque le plus abouti depuis le merveilleux 'Person Pitch' en 2007, 'Buoys' est en tout cas un album à côté duquel il serait dommage de passer tant il y a de belles choses ici.
Un album simple, peu joyeux mais pas torturé, où Panda Bear, sa guitare folk sous le bras, invite reverb, boucles, mélodies qui divaguent, samples incongrus (un robinet qui goutte par-ci, quelques lasers par là) et produit un gros travail sur sa voix (doublée, éloignée, proche, un peu tout cela à la fois), qui a d'ailleurs rarement été aussi belle et qui rappelle plus que jamais, par ses intonations ou ses inflexions, un certain Brian Wilson.

Album : Buoys
Année : 2019
Label : Domino


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Inner Monologue de Panda Bear est également en écoute ci-dessous :


Autre chanson très réussie de 'Buoys' de Panda Bear, voilà le premier single Dolphin :


Pour finir, le clip de Token de Panda Bear :



jeudi 12 septembre 2019

[Track of The Day] Daniel Johnston - Some Things Last a Long Time


On dit souvent que le premier album du Velvet Undergroud, à sa sortie, a très peu vendu ; mais que tout ceux qui ont écouté le disque à l'époque ont tous monté un groupe ensuite. Que dire de Daniel Johnston ? Combien d'artistes a-t-il influencé ? Combien de groupes ont puisé chez lui leur inspiration ? Et mieux, combien de gens a-t-il touché par ses enregistrements brinquebalants, ses instruments de guingois, ses mélodies sur un fil, ses chansons déchirantes ? A lire le flot de remerciements (souvent très touchants) qui inonde le message Facebook annonçant la mort de l'américain posté hier par sa famille, ils sont très nombreux. Et bien plus que ça sans doute.

Reposez en paix jeune homme torturé. Non, quoi que vous en chantiez, votre vie n'a pas été vaine. Et je ne sais pas si au final vous avez trouvé l'amour, le vrai, en arrivant au bout du chemin, mais sachez que ceux qui restent ici bas continueront de chercher. Nous vous devons bien ça.



mercredi 11 septembre 2019

[Track of The Day] Fennesz - Rainfall

Dans cette semaine très « ambiant », après Tim Hecker et son 'Anoyo', place à un autre maître du genre, Christian Fennesz, et à son nouvel album sorti au premier trimestre 2019.

Forcé de quitter son studio d'enregistrement pour quelque temps, sans pouvoir prendre avec lui tous ses instruments ou ses machines, Fennesz explique que l'enregistrement d''Agora' a été très minimal et, notamment, réalisé au casque, comme à l'époque de ses premiers disques.

Est-ce que ceci est la raison de la beauté vaporeuse de cet album ? Difficile à dire. Mais il n'en reste pas moins que ce long disque (4 morceaux pour 47 mns) est une immense réussite. Accumulant les couches sonores et laissant chacune vivre sa vie, rendant sa musique plus organique et vivante que jamais, Fennesz fait de 'Agora' un voyage brumeux et hypnotique ; avec en point d'orgue, Rainfall (en écoute ce jour), ses couches de guitare fuzz superposées et ses boucles de synthés.

Album : Agora
Année : 2019
Label : P-Vine / Touch


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Rainfall de Fennesz est également en écoute ci-dessous :