Ceux qui avaient aimé leur 'What Chaos Is Imaginary' de l'an passé en seront pour leur argent : le nouveau single du duo Girlpool change de cap et abandonne son indie-rock 90s style et sa propension à rappeler Elliott Smith (qui faisait merveille sur une chanson comme Hire).
Définitivement ? Nul ne le sait. Mais au moins le temps d'un single (celui-ci n'annonçant pour l'instant pas de nouvel album) : Like I'm WinningIt. Ici, le duo part dans des contrées plus eighties, à l'ambiance poisseuse et au chant coquin. Totalement validé.
Pendant longtemps, The Avalanches fut un groupe « mythique ». Le genre de ceux coupables d'un extravagant et brillant premier album aux 3500 samples, à la beauté incontestée. Leur chef d’œuvre s'appelait 'Since I Left You', était sorti au début du millénaire, et avait marqué son époque.
Seize ans plus tard, après d'innombrables annonces en forme de promesses toujours déçues, les australiens, alors qu'on n'y croyait plus, revenaient aux affaires avec un disque réussi mais - forcément - moins marquant.
Il n'est donc pas si étonnant que l'annonce de la sortie prochaine de leur troisième album ne remue pas les foules. En brisant l'attente, The Avalanches a perdu en magie et est rentré dans le rang en sortant des disques à un rythme - presque - régulier. Pour autant, on aurait tort de les délaisser. Car à l'écoute des deux premiers extraits, ils ont encore la patte, des samples plein la besace et des invités en pagaille.
Mi-février, ils publiaient We Will Always Love You, avec le featuring de Dev Hynes (ici sous son alias Blood Orange), tout en samplant, notamment, Smokey Robinson et The Roches, un trio féminin de New-York dont la Hammond Song de 1979 est plus que présente ici.
Mais il y a mieux. Car il y a Running Red Lights. Une petite merveille, écrite en hommage à Los Angeles, mais surtout à David Berman, le leader de Silver Jews et auteur l'an passé d'un album terrifiant de beauté et de tristesse sous l'entité Purple Mountains. Un Berman qui aura frayé un peu avec The Avalanches (sur 'Wildflower'), les aura aidés (« David wrote to me often through some dark, dark years and really pulled me through » raconte Robbie Chater. Pas rien tant on sait à quel point l'américain était mal dans sa peau) et à qui les australiens rendent un vibrant hommage en faisant slammer à Pink Siifu quelques vers de sa chanson Darkness and Cold. L'entêtante mélodie, la construction de l'ensemble et le chant - exquis ici - de Rivers Cuomo, un temps libéré de ses obligations d'avec Weezer, font le reste.
En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (YouTube, Qobuz), Running Red Lights (avec donc les participations de Pink Siifu et Rivers Cuomo) est également en écoute ci-dessous :
Premier single de ce nouvel album à venir de The Avalanches, voilà We Will Always Love You (feat. Blood Orange) :
Le clip de Running Red Lights (feat. Pink Siifu & Rivers Cuomo) de The Avalanche, entre celui Happy de Pharrell Williams et Weapon of Choice de Fatboy Slim :
Pour ouvrir cette sixième semaine de confinement général (ou presque), allons donc voir ce qu'il se trame du côté du seul pays européen qui n'a pas fermé boutique et qui a préféré tabler sur l'immunité de groupe : la Suède.
C'est de là-bas que nous vient Thea Gustafsson et son Becky and The Birds. Un projet qui compte déjà deux singles (tous deux sortis chez 4AD), dont le dernier en date se nomme Wondering Un titre smooth au possible, une voix r'n'b qui monte haut et qui « hum hum » plus souvent qu'à son tour, une production ronde, le tout dans une ambiance nu-soul délectable.
En plus des playlists Spotify, Deezer et SoundsGood (YouTube, Qobuz), Wondering de Becky and The Birds est également en écoute, via son clip, ci-dessous :
Le second single de Becky and The Birds, Do U Miss Me :
Après deux Ep compilés en un album épatant ('begginings'), la jeune norvégienne Marie Ulven, qui officie sous le nom de girl in red et qui n'aime pas les majuscules, vient de publier son nouveau single, midnight love.
Une sorte d'anti bad idea! (son formidable single de 2019) à tous les points de vue. Musical déjà, vu que les guitares ont été remplacées par un piano et une ambiance dream-pop. Mais aussi au niveau du texte. Car si là aussi girl in red évoque les plans d'un soir ou les relations sans - trop - de
lendemains, elle se met cette fois dans la position de la personne qu'on
appelle à chaque fois qu'on veut tirer son coup. Une personne qui prend soudainement conscience de sa position (« I can't be your second best
close but not your favorite », « i’m not your consolation prize ») et qui décide de mettre un terme à ces appels de fin de soirée (« I can’t be your midnight love when your silver is my gold in this light »). Une très belle chanson une nouvelle fois pour la norvégienne qui prouve, s'il en était encore besoin, qu'elle a un sacré talent de compositrice.
Un temps tête de proue dans les années 2000 d'une pop indie américaine autant noise qu’expérimentale, les californiens de Deerhoof ne m'ont jamais plus transcendé que cela avant de disparaître totalement de mes radars depuis une dizaine d'années. Les voir encore en activité en 2020 (et pas qu'un peu, les albums se succèdent à un rythme plutôt soutenu) est donc une surprise.
Tout comme Future Teenage Cave Artists, chanson d'ouverture de leur nouvel album (du même nom) à venir fin mai et premier extrait. Un titre très réussi, autant par sa mélodie que ses répétitions et son côté bancal.