Il y a trois chansons marquantes sur le nouvel album de Benny Sings, artiste néerlandais de son état dont j'avais évoqué l'anecdotique 'City Pop'
en 2019 (avec quelques jolis moments néanmoins, soyons honnêtes) : The Only One, petit tube sautillant d'électro-pop, la courte et sublime balade Love Will Find a Way qu'on jurerait avoir été composée par Daniel Johnston, et Pyjamas, chanson solaire et légère que Benny Sings chante avec l'américaine Remi Wolf.
Difficile de trancher tant ces trois chansons ont toutes un charme différent. Mais à l'orée d'une semaine écrasante de chaleur entre Rhône et Saône et qui promet d'être encore plus insupportable que les cinq derniers jours, partons donc sur Pyjamas pour rafraîchir nos oreilles. Quand bien même on dort à poil depuis un bail.
Album : Young Hearts Année : 2023 Label : Stones Throw Records
Décidément, Róisín Murphy est partout cet été. Et elle a décidé de mettre du hit un peu de partout. Non contente d'appâter le chaland avec quelques extraits de son nouvel album à venir le 8 septembre prochain (on y reviendra), voilà que l'incroyable chanteuse de feu Moloko vient d'être invitée par Jessie Ware à reprendre Freak Me Out, un des tubes de son 'That! Feels Good!' sorti au printemps dernier (et plus que recommandable par ailleurs).
Si la chanson originale, extrêmement bien produite et aux multiples couches
réjouissantes, était déjà un tube, cette version monte encore le niveau d'un cran. Le mariage des deux voix est impeccable, celle de Róisín Murphy apportant ce je ne sais quoi en plus qui rend
l'ensemble encore plus dansant et immédiat. Un titre à l'efficacité peu commune cette année et incontestablement un des sommets de cet été 2023.
Je ne sais pas si c'est la même chose pour vous, mais le 15 août marque chez moi la fin officielle de l'été. Peut-être à cause d'une rentrée qui s'approche à grands pas, ramenant avec elle tous les aoutiens dans les bureaux et sur les routes désertées depuis près de trois semaines. Ou parce que le grand raout familial annuel passé à discuter et festoyer avec des cousines, des cousins et autres oncles et tantes a tiré sa révérence après sa 72è édition.
Pour autant, nous sommes toujours (et encore pour plus d'un mois) en été. Et au niveau musical, il reste encore quelques chansons estivales à dégotter. J'avais évoqué mi juin le Bang des Melenas, qui s'est imposé comme le morceau de mon été 2023 - avec quelques autres. Rajoutons à cette courte liste le nouveau single des anglais d'Hot Chip, Fire of Mercy. Enregistré avec l'aide prépondérante de Yunè Pinku, jeune artiste irlando-malaisienne, ce titre (qui semble être un one-shot) a une vibe très The Postal Service sur tous les couplets. Un morceau dansant autant que lascif, avec une mélodie entêtante au possible. Comme Hot Chip le chantait en 2005, « Hot chip will break your legs, snap off your head. Hot Chip will put you down, under the ground ».
En 2008, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band (c'était leur nom d'alors) avait publié en ouverture de '13 Blues for Thirteen Moons' un de leurs plus grands morceaux, 1000000 Died to Make This Sound. Quinze ans plus tard, leurs confrères Explosions in the Sky font mieux en publiant Ten Billion People. Dix mille fois plus, rien que ça.
Ce morceau sera le titre d'ouverture de leur prochain album à paraitre le 15 septembre prochain, au nom énigmatique de 'End' mais qui ne signifierait pour autant pas la fin des aventures du quatuor d'Austin si l'on en croit les protagonistes. Toujours est-il que 25 ans après leurs débuts, les Explosions in the Sky semblent encore avoir envie d'en découdre. Puissant, avec notamment une rythmique très présente, leur post-rock n'en reste pas moins toujours mélodieux et mélancolique, agencé pour mieux faire chavirer les choeurs, les faire exploser avant de les cajoler sur la fin.
Album : End Année : 2023 Label : Temporary Residence / Bella Union
Après une vie incroyable faite d'insuccès incompréhensible aux États-Unis et en Europe (pourtant souvent terre d'accueil d'artistes ignorés outre-atlantique), de grosse popularité en Australie et surtout dans une Afrique du Sud encore sous le régime de l'apartheid et d'une vie de labeur ingrat longtemps loin des spotlights, Sixto Rodriguez vient donc de tirer le rideau et remiser définitivement sa guitare au placard à 81 ans, après quinze dernières années folles qui l'auront vu lui (et son entourage) essayer de rattraper le temps perdu.
« But thanks for your time, then you can thank me for mine » chante Rodriguez en ouverture de Forget It, chanson d'amour aussi courte que superbe. Au lendemain de sa disparition, il ne reste plus que cela à faire, oui : dire merci.