vendredi 11 avril 2025

Marble Sounds - Core Memory [Mayway Records]

Elle n'a beau avoir que 11,7 millions d'habitants, ne faire que 31 000 km² de superficie, on a parfois tendance à l’oublier, mais la Belgique est vraiment l’autre pays de la pop. Si les exemples sont légions sur les trente dernières années (je ne vous ferais pas l’insulte ici de les nommer), la source semble intarissable et les spécimen continuent d’affluer. Dernier exemple en date, Marble Sounds. Un groupe (belge donc) formé à la fin des années 2000 autour de Pieter Van Dessel et qui vient de publier son sixième album, 'Core Memory'.

Un disque qui frappe avant tout par la beauté de sa pochette. Œuvre de Elke Verschatse, elle est l'aboutissement du travail réalisé sur les visuels des singles sortis en amont (An Emotional High, If You Would Prove Me Wrong Now et Give or Take a Few) : un design minimaliste et géométrique, des couleurs vives et chaudes ; une esthétique qui rappelle évidemment certaines œuvres de Peter Saville et qui surtout colle parfaitement avec le titre de l'album, 'Core Memory', nom qui vient d'un livre de photographies consacré à l'évolution des ordinateurs de leur création à nos jours, publié en 2007 par Mark Richard et que Pieter Van Dessel a découvert lors d'une visite au Computer History Museum de la Silicon Valley aux États-Unis.

Et la musique dans tout ça ? Aguichante dès les premières notes de An Emotional High, morceau d'ouverture du genre qui vous happe instantanément avec ses nappes pleines de mélancolie, elle ne relâche son étreinte qu'aux toutes dernières notes de A Place to Call Mine. Marble Sounds démontre tout au long de 'Core Memory' un vrai talent pour déployer des chansons pop pleines de synthé, de magnifiques guitares et de basses profondes, souvent marquantes, accrocheuses quand elles ne sont pas carrément excitantes, tout en étant touchant dès que le tempo ralentit, que les balades prennent le lead et que l'ambiance se fait plus intimiste (le superbe Give or Take a Few, tout au piano et qui est, pour la petite histoire, une sorte de réponse au tube A Thousand Miles de Vanessa Carlton de 2002).

Extrêmement bien construit, sombre autant que lumineux, pas avare de grands moments (An Emotional High donc, Hear Me Talking ou Not All Is Vain, tube de l'album qui ne cesse de prendre de l'ampleur tout du long et qui se finit en sorte d'électro-pop dansante à souhait), relevant chaque morceau d'un pont diablement efficace (comme s'il était besoin), rappelant plus souvent qu'à son tour les Postal Service autant que Wolf Parade de 'Cry Cry Cry' (If You Would Prove Me Wrong Now), et s'autorisant même un Catch It Alive presque FM mais très efficace, 'Core Memory' de Marble Sounds fait partie de ces disques immédiats et parfaits, qui placent les mélodies et la mélancolie au-dessus de tout et s'y tiennent et dont la qualité des dix compositions ne se dément jamais, faisant mouche à chaque nouvelle écoute. Un coup de cœur immense et assurément un des très grands albums de 2025. (Sortie : 7 mars 2025)


Plus :
'Core Memory' de Marble Sounds est en écoute sur la page bandcamp du groupe
'Core Memory' de Marble Sounds est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Core Memory' de Marble Sounds est à l'écoute un peu de partout

Trois chansons de 'Core Memory' de Marble Sounds en écoute aujourd'hui. Hear Me Talking pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog), son énergie et ses belles guitares. Puis le morceau d'ouverture An Emotional High. Et enfin, last but not least, Not All Is Vain, tube évident de l'album :

A ce jour, une seule chanson de 'Core Memory' de Marble Sounds a été clipée. Mais pas la plus laide, vu qu'il s'agit de An Emotional High :

jeudi 10 avril 2025

[Track of The Day] Floodlights - The Light Won’t Shine Forever

Plus de trois mois passés en 2025 et il n'a pas été encore question d'Australie dans ces pages. Une incongruité tant le pays continent a été pourvoyeur de nombre coups de cœur de ce pages depuis quelques années. Réparons vite cela en évoquant aujourd'hui The Light Won’t Shine Forever de Floodlights, avant-dernière chanson de 'Underneath', troisième album de Floodlights et sans doute sa meilleure. Un disque d'indie-rock à la tonalité très pop, fait pour chanter à tue-tête et séduire les foules, mais dont la production trop riche, massive et au final assez balourde, gâche un peu l'ensemble. 

Rien de remarquable donc (ni de bien honteux non plus), à l'exception notable de The Light Won’t Shine Forever, superbe chanson à l'énergie progressive et communicative, au petit hook très accrocheur, où le chant plein d'émotions ne surjoue pas ici, et qui a le bon goût de mettre de côté la trompette, présente comme un agent étranger un peu partout sur l'album.

Album : Underneath
Année : 2025
Label : [PIAS] Australia

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, The Light Won’t Shine Forever de Floodlights est également en écoute ci-dessous :

Pour chanter à tue-tête The Light Won’t Shine Forever de Floodlights, cette lyric-video est faite pour vous : 

mardi 8 avril 2025

[Track of The Day] Chris Garneau - Goldmine

Depuis son premier album 'Music For Tourists' en 2007 - qui m'avait procuré quelques frissons et beaucoup d'émoi (ou l'inverse), je ne crois pas avoir écouté d'autres disques de Chris Garneau. A peine ai-je du jeter une oreille sur 'El Radio' en 2009. Tout juste ai-je souvenir qu'il a du venir jouer à Lyon il y a quelques années. Mais à part ça ? Rien. Totalement perdu de vue.

Alors que je retombe sur lui au hasard des playlists mensuelles du toujours très à la pointe de l'actualité Ben Laredo, j'apprends que Chris Garneau a eu une carrière très erratique, à la discographie chiche (trois albums et un Ep seulement depuis 2009), qu'il a composé quelques pièces de musique pour des spectacles de danse et, plus improbable, qu'il a notamment fait une pause de deux ans pour aller vivre dans une ferme et élever des animaux au début des années 2010.

Retomber sur lui est donc une surprise. Et une surprise de taille tant son nouveau single Goldmine (en écoute aujourd'hui), est une franche réussite. Une sorte de blues synthétique, faussement léthargique, étouffant de prime abord, avec une voix qui semble se balader d'écho en écho, un phrasé piqué, et un trio guitare/basse/batterie presque intermittent mais aux éclats savoureux qui donnent du corps à la mélodie au fur et à mesure de l'avancée du morceau. Magnétique.

Album : -
Année : 2025
Label : Arcadia Sound / Creepy Crawler

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Goldmine de Chris Garneau est également en écoute ci-dessous :

Si vous souhaitez chanter à tue-tête Goldmine de Chris Garneau, voilà sa lyric-video

jeudi 3 avril 2025

[Track of The Day] The Serfs - Bodies in Water

The Serfs est un de ces groupes à-part. Du genre sans compromission, qui trace sa voie de post-punk perturbé, de synth-wave plus que pop avec ce soupçon d'indus sans se retourner, toujours sûr de lui, avec une ligne directrice dont il ne démord pas. Comme s'il se fichait du succès et n'entendait rien d'autre que sa vision, qu'elle plaise ou non.

Après trois albums (le dernier, 'Half Eaten by Dogs', date de 2023), le trio de Cincinnati revient petit à petit aux affaires : un 45-tours pour Trouble In Mind Records à l'automne dernier et un nouveau single le 26 mars dernier, Bodies in Water (en écoute aujourd'hui). Une chanson synthétique à la voix pleine d'écho, presque indolente mais à l'efficacité hypnotique, genre de New Order sous tranxène, à la mélodie et aux waves dansantes autant que langoureuses et nébuleuses, et toujours un rien désespérés (« Born with two hearts. One for destruction, and one just to stay alive »).

Album : -
Année : 2025
Label : Future Shock Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bodies in Water de The Serfs est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 2 avril 2025

[Track of The Day] Vundabar - Life Is A Movie

J'ai tout fouillé. Tout. J'ai passé ma collection de disques en revue. Deux fois. J'ai fouillé les archives de ce blog de fond en comble. J'ai lu toutes les chroniques à leur propos que j'ai pu trouver. J'ai demandé à des amis. J'ai ressorti ma vieille collection de CD mp3 qui traine au fond d'un placard et qui n'avait pas vu le jour depuis sans doute une décennie. J'ai même demandé (première fois pour moi) à Chat GPT. Et... rien. Nada. Que tchi. J'ai beau écouter, réécouter, et reréécouter depuis quinze jours Life Is A Movie, la chanson qui ouvre 'Surgery and Pleasure' de Vundabar, je n'arrive pas à mettre l'oreille sur le groupe auquel ce trio américain me fait penser - et pas qu'un peu.

Pourtant, il y a tout dans ce morceau qui devrait sonner comme une évidence : la production comme granuleuse, ces guitares nerveuses et leur façon de sonner, ce chant et surtout ce refrain (ce foutu refrain même !). Mais non, toujours rien. Et le reste de l'album, dans la lignée de cette chanson d'ouverture, ne m'a pas plus aidé. On a beau y entendre du Interpol, du Against Me, du Editors, un rien de Pavement (la longue balade I Need You), de Franz Ferdinand aussi (ce côté dansant qui ressort ici et là) et plus globalement toute une flopée de groupes des années 2000 (et sans doute même plutôt dans sa deuxième moitié), rien n'y fait et surtout, rien de quoi me convaincre totalement. Non, la vérité est ailleurs semble-t-il, mais où ? La question est là.

Vous me direz, est-ce vraiment crucial ? Pour ma santé mentale, sans doute, oui. Mais en vérité, non, Life Is A Movie (en écoute aujourd'hui) étant une sacrée bonne chanson, qui ouvre qui plus est un bel album, plus anglais qu'on pourrait le croire, et qui, s'il ne réinvente pas la roue vous l'aurez compris, le fait bien. Surtout, un morceau qui se suffit à lui-même, aguicheur, riffeur, nerveux et sacrément bien tourné. Mais tout de même, si quelqu'un a une idée, l'illumination ou ne serait-ce qu'un bout de piste, je suis preneur : je suis sur le point de devenir fou.

Album : Surgery and Pleasure
Année : 2025
Label : Loma Vista

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Life Is A Movie de Vundabar est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait recommandable de 'Surgery and Pleasure' de Vundabar, voilà I Got Cracked :

Le clip de Life Is A Movie de Vundabar :