mardi 25 décembre 2007

Top 75 'Morceaux 2007'

Après les concerts, le top singles. Ou plutôt le top "morceaux" car tous les titres là ne sont pas sortis en single. Un top 75. Oui, bizarre pour moi qui me limite la plupart du temps à un top 50. Sauf que cette année regorge de titres forts, de chansons renversantes et souvent perdues dans des albums "anodins" ou presque.

Je me suis toujours interdit lors de la réalisation de ce genre de tops de mettre deux titres tirés d'un même album. La seule exception cette fois vient d'un morceau, All My Friends des LCD Soundsystem, présents deux fois: une, l'original par James Murphy et ses potos et l'autre par Franz Ferdinand.

Une année musicale (la mienne) en partie résumée par ces 75 titres (complétée en fin de semaine par le top album) et notamment par les 25 premiers, presque tous interchangeables (si l'on excepte les trois premiers). On trouvera sûrement à redire, mais aujourd'hui, là, maintenant, si je devais partir sur une île déserte avec que des morceaux de 2007, je prendrais ces 75 là.

Vu qu'un top singles n'a pas d'intérêt si on ne peut pas écouter les dits titres, vous trouverez en bas deux lecteurs deezer: un premier contenant les titres 1 à 40 et un second les titres 41 à 75. Et juste en dessous, les titres18, 29,36, 43, 45 et 61 qui ne voulaient pas s'uploader dans les lecteurs sus-nommés (pour info, les plages correspondantes dans les lecteurs deezer ont été remplacées par une minute de blanc). un lecteur Spotify ainsi que quelques vidéos youtube (oui, Spotify n'a malheureusement pas tout).


Bonne écoute. Et j'attends vos critiques et/ou top perso dans les commentaires.

75. Pinback - Off By 50 [Touch & Go]
74. The Polyphonic Spree - Oh I Feel Fine [TVT]
73. The Kissaway Trail - It's Close Up Faraway [Bella Union]
72. Perry Blake - Something Still Reminds You [Orchard Music]
71. Rosie Thomas - These Friends of Mine [Nettwerk]
70. Bloc Party - Hunting for Witches [Wichita]
69. Calexico - The Guns of Brixton (The Clash Cover) [City Slang]
68. Bishop Allen - Rain [Dead Oceans]
67. The Innocence Mission - Brotherhood of Man [Badman]
66. Piano Magic - Halfway Through [Green Ufos]

65. Yellowcard - Afraid [RCA]
64. 1990s - You Made Me Like It [Rough Trade]
63. Josh Ritter - Still Beating [V2]
62. Of Montreal - The Past is a Grotesque Animal [Polyvinyl]
61. Apples in Stereo - Beautiful Machine, Pts 3-4 [Simian]
60. Lesbians On Ecstasy - Sisters In The Struggle [Alien8]
59. Teenage Bad Girl - Cocotte [Citizen]
58. Black Strobe - I'm a Man [Playlouder]
57. Belleruche - Northern Girls [Tru-thoughts]
56. Dungen - En Gång I År Kom Det En Tår [Kemado]

55. Over The Rhine - Trouble [Great Speckled]
54. The Cinematic Orchestra - To Build a Home (feat. Patrick Watson) [Ninja Tune]
53. Maria Taylor - No Stars [Saddle Creek]
52. Blood Red Shoes - It's Getting Boring By The Sea [V2]
51. Franz Ferdinand - All My Friends (Lcd Soundsystem Cover) [DFA]
50. Panda Bear - Comfy in Nautica [Paw Tracks]
49. Thurston Moore - Fri/End [Ecstatic Peace]
48. Maximo Park - Karaoke Plays [Warp]
47. Gruff Rhys - Lonsome Words [Rough Trade]
46. Britney Spears - Gimme More [Jive]

45. Joanna Newsom - Colleen [Drag City]
44. Digitalism - Idealistic [Kistune]
43. Amandine - New Morning [Fat Cat]
42. Iron & Wine - Boy With a Coin [Sub Pop]
41. Calla - Dancers In The Dust [Beggars Banquet]
40. Hell Razah - Renaissance (feat. Tragedy Khadafi, Timbo King, R.A. The Rugged Man) [Nature Sounds]
39. Arca - Sunday Negative [Ici d'Ailleurs]
38. Bright Eyes - No One Would Riot For Less [Saddle-Creek]
37. Arctic Monkeys - Do Me a Favour [Domino]
36. Tulsa Drone - The Catch [Dry county]

35. Blonde Redhead - 23 [4AD]
34. Chris Garneau - Halloween [Absolutely Kosher]
33. Beirut - Nantes [Ba Da Bing]
32. 50 Cent - She Wants It (feat. Justin Timberlake) [Shady]
31. Malcolm Middleton - Four Cigarettes [Full Time Hobby]
30. The National - Fake Empire [Beggars Banquet]
29. Dinosaur Jr - Pick Me Up [Domino]
28. Joe Henry - Our Song [Anti]
27. Editors - Smokers Outside The Hospital Doors [Kitchenware]
26. Florent Marchet - La Chimie [Barclay]

25. !!! - Hearts of Hearts [Warp]
24. Help She Can't Swim - All The Stars [Fantastic Plastic]
23. Arcade Fire - Poupée de Cire/Poupée de Son (France Gall cover) [Merge]
22. Angels of Light - Not Here Not Now [Young God]
21. C-Rayz Walz and Sharkey - Electric Avenue [Babygrande]
20. Rihanna - Don't Stop The Music [Def Jam]
19. Von Südenfed - Fledermaus can't get enough [Domino]
18. C-Rayz Walz and Parallel Thought - Chorus Collection (feat. various) [Urchin Studios]
17. Vitalic - La Rock 01 (live) [Different]
16. Loney, Dear - I Am John [Sub Pop]

15. Sage Francis - Going Back to Rehab [Epitath]
14. Liars - Plaster casts of everything [Mute]
13. Modest Mouse - Spitting Venom [Epic]
12. Animal Collective - Peacebone [Domino]
11. Why? - The Hollows [Anticon]
10. Psykick Lyrikah - Pres d'une vie (l'air de rien) [Idwet]
09. Justice - D.A.N.C.E (MSTRKRFT remix) [Ed Banger]
08. Nine Horses - Money For All [Samadhisound]
07. Battles - Atlas [Warp]

06. Clap Your Hands Say Yeah - Satan Said Dance [Wichita]
05. Cloud Cult - Take Your Medecine [Rebel Records]
04. Dntel - Breakfast in Bed (feat. Conor Oberst) [Sub Pop]
03. Radical Face - Glory [Morr Music] 
02. Tunng - Bullets [Full Time Hobby]
01. Lcd Soundsystem -All My Friends [DFA]























Les 9 titres non disponibles sur spotify sont à l'écoute ci-dessous :

08. Nine Horses - Money For All




18. C-Rayz Walz and Parallel Thought - Chorus Collection


23. Arcade Fire - Poupée de Cire/Poupée de Son (France Gall cover)


45. Joanna Newsom
- Colleen

63. Josh Ritter - Still Beating


69. Calexico - The Guns of Brixton (The Clash cover)

 
71. Rosie Thomas - These Friends of Mine


72. Perry Blake - Something Still Reminds You


74. The Polyphonic Spree - Oh I Feel Fine


lundi 24 décembre 2007

Top 10 'Concerts 2007'


2
007 touche ENFIN à sa fin! Pas trop tôt! Vraiment il était temps. Oui, vraiment. Pourtant, elle avait tout pour être aimée, appréciée, et tout et tout cette année là. Sauf que non, elle a tout fait à l'envers. Tout fait pour me contrarier. La coquine.

Afin donc de clore cette année que l'on pourra qualifier de "pourrave" les jours sans et de "bof bof" dans les jours avec, je viens, devant vos yeux encore pleins de foie gras vous présenter, en plus de mes voeux de fin d'année, mes tops 2007.
La période est propice à l'affaire, la tradition est tenace et, en bon geek qui se respecte, je m'y suis attelé tout ce mois de décembre, réécoutant des disques que j'avais laissé passer, changeant d'avis comme de chemises, remisant au placard des albums qui m'avaient touchés dès les premiers accords avant de m'ennuyer profondément au bout de dix. Bref, un bilan de 365 de musique, de son.

Et pour commencer en douceur, le top concert. Seulement dix (sur une trentaine de show, c'est déjà beaucoup) mais quelques belles claques (avec, dans la mesure du possible, quelques extraits, courts la plupart du temps, des dits concerts). Le quatuor de tête se tient dans un mouchoir de poche, tel Laurent Fignon et Greg Lemond au Tour de France 1989. Soyons clair, ils m'auront procuré eux quatre des émotions bien différentes, mais surtout bien réelles.


01. Damien Rice @ Transbordeur, Lyon - 6 mars 2007
Et à ce petit jeu, le concert de Damien Rice au Transbordeur, un soir de retour (perdu) de 1/8è de finale de Ligue des Champions, remporte la palme. Ce concert était somptueux, touchant et, si l'on en croit quelques articles, le dernier de la belle Lisa Hannigan. Bref, déjà mythique. Ajoutez à cela The Magic Numbers venus assurer la première partie avec des tubes péchus dans tous les sens, un final en apothéose (I Remember/The Blower's Daughter) et vous avez une soirée de rêve, ou quasi.

Damien Rice - The Professor



02. Arcade Fire @ Amphithéâtre de Fourvière, Lyon - 18 juillet 2007
Dans le genre soirée très réussie, le concert des Arcade Fire dans ce lieu magique qu'est l'amphithéâtre de Fourvière se pose là: un groupe ravi d'être là, halluciné par la beauté du lieu, des tubes à la pelle, une belle assurance. Moins foufou que leur premier passage français au Nouveau Casino il y a deux ans (où ils avaient fini dans la rue Oberkampf!). Mais quand même, un trip continu et bandant dans une ambiance survoltée.

Arcade Fire - Wake Up



03. Laurent Garnier @ La Plateforme, Lyon - 13 décembre 2007
Ambiance survoltée, la Plateforme elle connaît. Voir Laurent Garnier n'était pas forcément une priorité, car je l'avais déjà vu au Rex à Paris il y a quelques années. Sauf que si on peut, on y va: Laurent Garnier quoi. Je dois avouer ne pas m'être attendu une seule seconde à ça.
Il aurait du jouer de 1h30 à 4h30. Il aura joué de 0h50 à 6h20. Il aura pris son pied avec un set tout en montée qui se termine par quelques remix de tubes mondiaux (du New Order, un peu de Blur, du Nirvana, les Berus aussi...). Une claque monumentale. Grand monsieur qui se sera tapé un smile toute la soirée.

Les Béruriers Noirs - Salut à Toi



04. !!! @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 4 novembre 2007
Grâce à l'annulation d'une date chez nos voisins Suisse (si j'ai bien tout compris) et surtout grâce à l'entêtement des très sûrs Grrrnd Zero, les New-Yorkais débarquent à Lyon pour un concert d'1h30, bon comme du pain chaud, funk à souhait dans une ambiance électrique. Un groupe de scène ahurissant, dynamité par une chanteuse au charisme et au caractère bien trempé.



05. Liars @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 21 novembre 2007
Concernant les Liars, j'ai pris la baffe attendue: on m'en avait tellement parlé que je n'ai pas été surpris. Un groupe déjà culte, qui a une énorme présence scénique, dont on reparlera dans une vingtaine d'années. Et qu'on se targuera d'avoir vu en concert à l'époque. Grand moment.

Liars - The other side of mt. heart attack



06. Thee Silver Mount Zion @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 19 avril 2007
Deuxième concert du groupe pour ma pomme. Et même si la claque de la première fois n'est pas là, il n'est reste pas moins que Efrim et ses amis ont un don: celui de subjuguer une salle comme personne. Des amis qui ne connaisssaient pas le groupe sont ressortis abasourdis.



07. La Blanche @ Médiathèque de Meyzieux - 23 novembre 2007
Une médiathèque, une salle remplie à 90% de personnes que nous qualifierons d'âgées et un groupe de pré-trentenaires venu en découdre avec La Blanche. Un concert acoustique (lui au chant, un guitariste, une violoncelliste) où Eric La Blanche déclame ses chansons d'amour, ses poésies d'aujourd'hui avec un vrai plaisir. Et quand la sono fait des siennes, il décide de la jouer sans micro, juste à la voix. Bref, un énorme pied. Et la confirmation que ce mec là a une des toutes meilleurs plumes de ce pays.


08. Apparat + Modselektor @ La Plateforme, Lyon - 27 septembre 2007
Enième soirée électro à La Plateforme et énorme moment aussi. Si le set d'Apparat est de qualité, que dire de celui des Modselektor qui vont poser un set hip-hop affolant! Les reviews des concerts du groupe avant et après Lyon confirmeront ces dires: les allemands sont au sommet et s'ils avaient voulu, ils auraient coulé la péniche à faire danser les gens. Fichtre.


09. Volcano The Bear @ Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon - 5 décembre 2007
L'expérience de l'année. Poussé à aller les voir par deux marseillais frappés (et fans), Volcano The Bear s'est avéré être un grand moment. Certes très loin d'être accessible. Mais quand même: une vraie musicalité, un vrai don pour faire avancer un morceau dans ses derniers retranchements et un jeu de scène complètement déjanté. Hypnotique.


10. Souvaris @ Le Sonic, Lyon - 16 avril 2007
Groupe ami anglais, Souvaris a organisé son petit tour de France à sa sauce, faisant le temps d'une soirée escale à Lyon. Un Sonic vide comme c'est pas permis (23 personnes en comptant les gens du Sonic, les membres du groupe et des premières parties) mais un concert violent et maîtrisé. Du post-rock comme ça, on en redemande.






(... à suivre: top singles...)

lundi 17 décembre 2007

Track of The Day (11-17 décembre 2007)

Une semaine une fois de plus fixée sur 2007 alors que la fin d'année approche à grands pas. (et toujours dans le lecteur deezer à droite)


Lundi 17 décembre 2007:
* Blonde Redhead - 23 [4AD]
Alors qu'on atteint la fin de l'année, je me retrouve embourbé avec peu de temps et tant de disques qui ont rythmé mon année à remettre sur le devant du blog. Ce '23' des Blonde Redhead, même s'il est sorti il y a une paye, aurait mérité une belle chronique. Car il est superbe. Le titre éponyme, et qui ouvre l'album, en est la preuve resplendissante.
(disponible sur 23, 2007)

Dimanche 16 décembre 2007:

* Josh Ritter - Still Beating [V2]
C'est dingue comme ce mec en quelques mots, quelques accords de guitare, deux trois cris discrets de cuivre, quelques intonations, est capable de retourner le bide de votre serviteur. Ce Still Beating est d'une simplicité toute bête. Et d'une beauté à pleurer
(disponible sur The Historical Conquests of Josh Ritter, 2007)

Samedi 15 décembre 2007:
* Okkervil River - John Allyn Smith Sails [Jagjaguwar]
Will Sheff délaisse Shearwater, reprend les renes de ses Okkervil River qui prennent de l'envergure et sorte un disque de folk endiablé, luxuriant et qui se termine par ce touchant John Allyn Smith Sails, dont la fin n'est pas sans rappeler un des tubes d' un des tubes plus grands réacs que la variétoche française ait jamais comptée.
(disponible sur The Stage Names, 2007)

Vendredi 14 décembre 2007:
* Eluvium - Requiem on Frankfort Ave [Temporary Residence]
Planant, ambiant, atmosphérique, un disque d'une beauté céleste. A chaque année son album de nuit. En 2007 c'est Eluvium qui remporte la mise. Au nez et à la barbe des Stars of The Lid et consorts. Rien que ça!
(disponible sur Copia, 2007)


Jeudi 13 décembre 2007:
* Rand and Holland - The Light [Spunk]
Un peu de Nick Drake, des touches de Jim O'Rourke, pas mal de Kings of Convenience. Voyage en caravane en plein cœur d'une americana et d'un folk lumineux, symbolisé par ce The Light parfait. Assurément un des très grands disques de l'année.
(disponible sur Caravans, 2007)

Mercredi 12 décembre 2007:
* Glenn Mercer - Morning Lights [Pravda]
Ex-membre des Feelies, où sont passés tes années folles? Ben le post-punk est loin, la jeunesse aussi. Il n'en reste pas moins un beau disque assagi (bien qu'un peu produit à la pelleteuse). Et quelques fameux titres, à l'image de ce Morning Lights.
(disponible sur Wheels in Motion, 2007)

Mardi 11 décembre 2007:
* Kaiser Chiefs - Love's Not a Competition (but I'm Winning) [B-Unique]
Les Kaiser Chiefs sur leur premier opus avait sorti quelques titres pas dégueu mais sur la durée, on s'emmerdait profond. Là, c'est pareil. A sauver, ce Love's Not a Competition (but I'm Winning), brit popien jusqu'au bout des accords
(disponible sur Yours Truly, Angry Mob, 2007)

dimanche 16 décembre 2007

[Oldies] Ike and Tina Turner - River Deep Mountain High (1966)

Si l’on demande au premier pékin venu – et qui n’a aucun intérêt spécial pour la musique et son histoire – son avis sur messieurs Ike Turner et Phil Spector, on devrait s’en tirer avec les réponses suivantes :

- "Phil Spector ? C’est pas le producteur qui a buté sa femme y a quelques années ?"
- "Ike Turner ? Le mari de Tina Turner non ? D’ailleurs, il ne la tapait pas un peu beaucoup, passionnément à la folie ?"

Avant toutes choses, il faudra admettre l’évidence : oui, Phil Spector a foutu une bastos entre les deux yeux, non pas à sa femme mais à la comédienne Lana Clarkson et oui, Ike Turner n’avait pas son pareil pour envoyer à sa douce (et à quelques autres, il était partageur) deux trois torgnoles bien senties en pleine poire. Oui, clairement, deux sacrés connards, on ne va pas se le cacher.

Mais, vu que nous sommes sur un blog musical, les affres et les tourments personnels de ces deux bourrins ne nous intéressent pas outre mesure, malgré les scandaleux actes dont ils ont été les auteurs. Non. Ce qui attise et éveille notre curiosité voire nos sens, ce sont plutôt leurs actions en tant qu’artistes. Et alors qu’Ike Turner vient de passer de vie à trépas, il semblait normal de lui rendre un (rapide) hommage. Et comment le faire autrement qu’en parlant du grand œuvre auquel il a participé : 'River Deep Mountain High'. Un disque essentiels des années 60 et, osons le, de l’histoire de la musique.

Un album que l’on doit à trois personnes. A Ike Turner donc, à Tina, son épouse d’alors et à Phil Spector, THE producteur du moment (et le plus grand des 50 dernières années ?). A eux trois, ils vont pondre en 1966 un must-have de soul-pop-music, porté par une voix, une production aux oignons, un jeu d’une justesse folle et un single absolument monumental :

* Phil Spector est ici à son apogée. Il le déclarera lui-même : 'River Deep Mountain High' est son chef d’oeuvre, son Everest. Jamais son célèbre Wall of Sound n’a aussi bien fonctionné et n’a autant porté les chansons. Jamais il n’a été aussi précis, percutant, parfait.
* Tina Turner, elle, ne chantera plus jamais aussi bien. Elle possède ici une force et une puissance vocale ahurissante, capable de susurrer comme de monter au septième ciel en deux temps trois mouvements, sans jamais hurler et nous déchirer les tympans. Elle est dans le ton, juste à l’endroit où il faut. Et la production de Spector semble avoir été créée pour sa voix et rien que pour sa voix.
* Quant à Ike Turner, le père du rock’n’roll (son premier enregistrement, Rocket 88, avec les Kings of Rhythm en 1951, est considéré par le très officiel Rock and Roll Hall of Fame comme le premier morceau rock’n’roll de l'histoire de la musique. Rien de moins), ses compositions sont d’une qualité affolante, une écoute (même rapide, partielle et en diagonale) de Such a fool for You, I Idolize You (voir plus bas) ou Make ‘Em Wait permettant de s’en rendre compte.

Et surtout, cet album là est porté par un des plus grands single qui soit et qui porte le nom du disque : River Deep Mountain High (voir plus bas bis). Un monument de soul endiablée, de pop libérée, de douceurs à fleur de peau. Tina Turner semble en transe. Muscialement, on touche au génie pur. Un des plus grands singles de l’histoire. A mettre au même niveau que le Like a Rolling Stones de Dylan ou le God Only Knows des Beach Boys. Ce genre de choses.

'River Deep Mountain High' est un classique parmi les classiques. Des chœurs, une grande voix, une production soignée et un jeu parfait. La symbiose du trio est déroutante, fascinante car jamais après, ni l’un, ni l’une ni l’autre n’arriveront à se rapprocher de ce disque là. Tout est là. Fermez le ban.

Alors oui, Ike Turner vient de passer l’arme à gauche au grand soulagement de ses anciennes compagnes, Spector a assassiné sa femme et Tina Turner incarne comme personne depuis 20 ans la vulgarité faite femme. Mais en 1966, ces trois là auront sorti un disque essentiel. Et sans nullement vouloir absoudre les actes de cette brute d’Ike, on a quand même, à l’écoute de ce 'River Deep Mountain High', envie de dire : RIP Mister Turner.


Première sortie: Septembre 1966 (A&M)
Dernière réédition: 2001 (Polygram)

Trois chansons. Forcément River Deep Mountain High. Et pour ne pas être en reste, deux autre bijoux, I Idolize You et I'll Never Need More Than This. Bordel Tina quoi...

 

mardi 11 décembre 2007

Apples in Stereo – New Magnetic Wonder [Simian]

C’est dingue comme en deux temps, trois mouvements et une lecture de leur bio, les Apples In Stereo m’ont paru éminemment sympathique. Et ce, avant même d’écouter une seule de leurs chansons. Jugez plutôt.

1 - leur nom leur vient d’une chanson de Pink Floyd. Mais pas tirée d’un album des années 70 ni même de 'The Wall' ou de 'The Dark Side of The Moon'. Que nenni chez ces Américains originaires du Colorado et de Denver : leur nom vient d’Apples and Oranges, un des tous premiers titres du Floyd, quand Barrett était encore aux commandes. On a vu pires références.

2 - le leader des Apples in StereoRobert Schneider – est le créateur d’Elephant 6, label ricain qui, depuis le début des années 90 (et malgré une interruption de quelques années), propose une structure pour indie bands talentueux et qui en veulent. Un collectif qui peut se targuer d'avoir dans ses rangs des groupes comme Olivia Tremor Control, Neutral Milk Hotel, Of Montreal et autres Beulah. Bref, du lourd.

3 - Robert Schneider, toujours lui, est un très grand fan de l’œuvre Beach Boys-ienne, allant même jusqu’à nommer son (puis celui d’Elephant 6) studio d’enregistrement "Pets Sounds Studio". Classe.

Bref, avant même d’avoir posé une esgourde sur ce ‘New Magnetic Wonder’, je savais déjà que j’allais aimer les Apples In Stereo. Une écoute complète de cet album, à première vue copieux mais seulement long d’une cinquantaine de minutes, plus tard, j’étais totalement conquis.

A l’heure où l’on se retrouve sans véritable meneuse de revue power-pop après l’abandon de Nada Surf l’an passé (avec un album bien décevant), la découverte des Apples in Stereo (qui compte toutefois déjà six albums à leur actif) est une bénédiction pour votre serviteur. Pop, pop-power, rock, la bande de Schneider arrive à faire de tons différents un disque d’une grande cohérence, avec des chansons à vous redonner le sourire, juste aérées par quelques plages de repos et/ou de transition façon interlude instrumentaux.

Et entre voix passées aux vocoder, chœurs dans tous les sens et guitares sautillantes partout, ‘New Magnetic Wonder’ est un disque qui fait du bien. De la power-pop de qualité. Pas étonnant que l’homme de goût qu’est Elijah Wood (le Frodon Saquet du Seigneur des Anneaux) ait fait de ce disque la première sortie officielle de son tout jeune label Simian Records. (sortie le 6 février 2007)

Son :
Myspace (Trois titres de cet album là et un autre de leur 'The Discovery of a World Inside the Moone’ de 2000)
Site officiel

Can You Feel It ouvre 'New Magnetic Wonder'. Beautiful Machine, Pts. 3-4 le (presque) referme. Une sorte de tour horizon rapide du disque avec deux titres sensiblement différents. (malheureusement plus en écoute).

Pour finir ce long post, deux vidéos, deux clips. Le premier est celui de 'Same Old Drag', assez hilarant. Et juste en dessous, celui d'Energy, tourné par Elijah Wood en personnne. Vintage 70s powa !