jeudi 20 mars 2008

Tanakh - Ardent Fevers [Alien8]

En cette période de paresse musicale (comprendre: une préférence à plonger dans quelques vieux disques plutôt qu'autre chose), je me suis dit qu'il serait temps de vous présenter (enfin, pour ceux qui ne le connaissent pas) un songwriter que j'aime beaucoup: Jesse Poe.

Américain de son état, Jesse Poe n’est pas quelqu’un qui se laisse aller à la facilité. Jesse Poe n’est pas du genre à perdre son temps à faire deux fois la même chose. Non. Bien au contraire, Jesse Poe est quelqu’un qui a une vision bien singulière de sa passion, tentant de défricher un grand nombre de styles musicaux. Et à chaque fois, il le fait avec classe.

Tanakh, en dépit de nombreuses autres collaborations et d’autres groupes dont il assume le leadership, reste sa principale «créature». Une bête fascinante qui dévoile à chaque nouvel album un visage qu’on ne lui connaissait pas.

De 'Villa Claustrophobia', on se souvient d’un disque plein d’abstraction, de grands espaces d’orients aux contrées occidentales. De son successeur, le splendide 'Dieu Deuil', on a la réminiscence d’un folk planant, très post-rockien. Quant à leur album éponyme sorti en 2004, c'était un grand moment de musique expérimentale, aussi délicat d’accès qu’hypnotique.

En 2006, le bougre a pris tout le monde a revers en osant sortir 'Ardent Fevers', un disque de folk/folk-rock, chez Alien8 (et un dans mon top 3 de l'année). Un disque d’une beauté manifeste et d’une classe folle. Car autant ne pas cacher la fin de l’histoire plus longtemps, 'Ardent Fevers' est un grand album. Indéniablement, le plus beau de folk/folk-rock sorti cette année là. Un album digne des plus grands qui frappe par la force de ses compositions et par une production absolument effarante de précision et de perfection.

En onze titres, Tanakh convie guitares sèches et électriques, batterie soignée, cuivres lyriques, chœurs apaisés et cordes déchirées. Il faut se voir frissonner devant la trompette de Grey Breathes, humer l’air des Etats-Unis des années 50 sur Hit The Ground ou fredonner un Restless Hands très sixties.

Sans s’éloigner des codes traditionnels du folk, Jesse Poe y apporte sa touche, en prenant un malin plaisir à laisser la musique prendre le pas sur le chant, autorisant ainsi l’esprit de l’auditeur à aller vagabonder et se perdre dans des contrées oniriques faites de plaines désertiques ou embrumées, parfois uniquement troublées par quelques accords bluesy d’une guitare acérée (les splendides Still Trying to Find You Home et Takes and Read).

Il y a dans les morceaux de Tanakh ce je-ne-sais-quoi de Neil Young et de Leonard Cohen. Un petit riff pour sublimer un rien, un souffle pour faire frissonner, une phrase pour dérouter. Un grand songwriter qui à chaque nouvel album confirme encore plus tout le bien que l’on pensait de lui. Un artiste assez hors-norme, comme cet album qui reste longtemps en bouche, tel un succulent bonbon que l’on voudrait éternel. (sortie: 4 avril 2006)

Son:
Myspace (4 titres en écoute)

Deux titres en écoute, un tout en douceur (
5 a.m) et un autre qui semble rendre hommage aux années 70 et à ses longs solo qui pourraient (devraient?) en faire hurler quelques uns (Take and Read). (malheureusement, plus en écoute).

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